Fraternité Saint Pierre - Val de Marne
Communauté attachée à la liturgie traditionnelle,
bénéficiant du Motu proprio " Ecclesia Dei "
du 2 juillet 1988 de S.S. Jean-Paul II
Eglise Saint André
22 Avenue de Verdun
94410 Saint Maurice


Bulletin d'Avril 2006






«Popule meus, quid feci tibi? Aut in quo contristavi te? Responde mihi.»


C’est par ces mots que le Seigneur souffrant nous interpelle tous dans les impropères (reproches) du Vendredi Saint. Par ces paroles douces autant que douloureuses, le Seigneur Dieu cherche à réveiller en nous des sentiments de gratitude et de compassion. Pas pour que nous pleurions comme les filles de Jérusalem. La 8e station du chemin de la croix nous rappelle la parole que le Christ leur a adressée: «Ne pleurez pas sur moi, mais sur vous et sur vos enfants» (Lc 23,28) Pleurons sur nous-mêmes et sur nos péchés qui sont la cause de tant de souffrances. «O mon peuple, que t’ai-je fait? Ou en quoi t’ai-je contristé? Réponds-moi. Est-ce parce que je t’ai tiré de la terre d’Égypte que tu as préparé une croix à ton Sauveur? Est-ce parce que je t’ai guidé dans le désert, quarante années durant, et que je t’ai nourri de la manne, et que je t’ai introduit dans une terre excellente, que tu as préparé une croix à ton Sauveur? Qu’aurais-je du faire pour toi, que je n’ai pas fait? Je t’avais planté pour être ma vigne à la beauté parfaite, et toi tu m’as abreuvé d’amertume: car dans ma soif, c’est du vinaigre que tu m’as donné à boire, et tu as percé d’une lance le côté de ton Sauveur.» Et le chant fait défiler tous les bienfaits dont Yahvé a gratifié son peuple, et pour lesquels il n’a reçu que de l’ingratitude. Et nous, qu’avons-nous rendu à Dieu pour tant de bienfaits connus et inconnus, tant spirituels que temporels? Il nous a créés. Il nous a rachetés. Il nous a adoptés pour ses enfants au saint baptême. Il veille sur nous comme un père, le meilleur des pères, comme une mère même, la meilleure des mères. Il nous a fait la grâce de grandir dans un milieu chrétien qui a su, malgré ses propres défaillances et ses faiblesses, nous transmettre les trésors de notre foi – que ce soit par la famille, première éducatrice des enfants, ou par ses auxiliaires que peuvent être une bonne paroisse, un mouvement scout ou autre... Nous avons tout reçu. Nous avons tant reçu. Nous avons tant gaspillé aussi. Et si peu manifesté de reconnaissance. L’abbé V-A. Berto, fondateur du foyer d’enfants de Pontcallec et des dominicaines du Saint-Esprit, disait à ce propos aux anciens du foyer: «La meilleure reconnaissance, c’est la fidélité aux principes qu’on a reçus: la piété, la bonne conscience, la détestation du péché, le travail, la bonne humeur, l’entrain à faire son devoir, voilà ce que vous avez appris. Allez votre chemin dans ce sens. Ce sera la vraie reconnaissance.» La vraie reconnaissance envers Dieu passe aussi par la détestation et la fuite du péché. Quelle ingratitude, en fait, que le péché! Au proconsul qui lui demandait de renier son Dieu, saint Polycarpe répondit: «Depuis quatre-vingt-six ans, je suis au service du Christ, et il n’a jamais été injuste pour moi; comment pourrais-je maudire le Roi à qui je dois mon sa-lut?» (cf. Lettre de l’Église de Smyrne sur le martyre de s. Polycarpe). Y échapper totalement dépasse nos forces; nous sommes et nous resterons pécheurs tant que nous serons sur cette terre. Mais détester le mal et essayer de l’éviter est à notre portée. Sans la volonté de nous en débarrasser, notre repentir est de pure façade. L’acte de contrition dit bien: «Mon Dieu, j’ai un très grand regret de Vous avoir offensé (...). Je prends la ferme résolution, avec le secours de votre sainte grâce, de ne plus Vous offenser et de faire pénitence.» Cette ferme résolution est la garante de l’authenticité de notre contrition. Si nous ne pleurons pas nos péchés et si nous ne ressentons rien, ce n’est pas grave, tant que nous avons cette ferme résolution. Ce n’est pas une velléité, mais une volonté arrêtée et déterminée, prête à prendre les moyens adéquats. Nous ne pensons pas assez à l’ingratitude que constitue chacune de nos fautes. Nous ne pensons pas assez que le Christ a souffert et est mort pour chacun d’entre nous, et pour chacun de nos péchés, même les véniels. L’usage qui consiste à qualifier les péchés véniels de «petits péchés» n’est pas sans danger, car on risque de se dire qu’ils sont insignifiants. Sont-ils insignifiants quand le Christ a versé telle goutte de sang pour eux? «O mon peuple, que t’ai-je fait?» Comment consentir délibérément au péché qui a été la cause des souffrances du Christ. Bien sûr, plus notre volonté sera engagée dans le péché, plus le péché sera grave, puisqu’il réside essentiellement dans la volonté; refuser de soumettre notre volonté à celle infaillible, sainte et bonne de Dieu. C’est ce qu’on appelle un péché de malice. Inversement, moins notre volonté sera engagée dans un péché, moins il sera « subjectivement» grave. C’est ce qu’on appelle un péché de faiblesse: la volonté n’a pas eu le temps d’intervenir! Le chrétien doit donc veiller au plus haut point à garder une intention droite dans toutes ses actions. Et pour cela il doit veiller à aiguiser l’œil de sa conscience par la fidélité aux premiers principes de la morale (qui s’imposent à tout homme): faire le bien, éviter le mal. Y contrevenir obscurcit la conscience, et finit par nous rendre coupables du mal qu’on ne voit plus là où il est. «Quand on ne vit pas comme on pense, on finit par penser comme on vit!» Pour éclairer notre conscience, nous avons la Parole de Dieu et le Magistère comme norme prochaine. C’est une grâce, pas une chaîne! Sur ce sujet, il faudrait relire le Cardinal Newman, déclaré vénérable par Jean-Paul II en 1991.

Revenons à la Passion. «Popule meus, quid feci tibi?» Le Seigneur nous invite à tourner nos regards vers Lui, à méditer ses souffrances en même temps que ses bienfaits. La contemplation de la Passion du Christ a toujours été considérée par les saints et par l’Église comme un moyen hors pair de nous enseigner l’amour de Dieu et l’horreur du mal. C’est la science des saints, celle de saint Paul s’écriant: «Je ne veux connaître qu’une seule chose, c’est Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié!» (1 Co 2, 2). C’est en contemplant non pas la croix nue, mais le Crucifié, le Christ en croix, que l’on mesure un peu mieux la gravité de nos fautes. Regardons attentivement ses plaies, longuement, sans détourner le regard: ses mains percées, qui avaient tant béni, guéri tant de malades, multiplié les pains... Ses pieds cloués qui avaient couru toutes les routes de Palestine à la recherche de la brebis perdue, à la poursuite des pécheurs... Son côté ouvert, comme une porte accueillante nous invitant à nous blottir sur son sein, sur son cœur, ce cœur qui avait tant aimé les siens, ce peuple infidèle, Jérusalem sur laquelle il a pleuré, jusqu’à Judas, ce compagnon qui a partagé son intimité pendant trois ans, à qui il a lavé les pieds le soir du Jeudi Saint... La tête couronnée d’épines, couronne de dérision ô combien douloureuse pour expier nos péchés d’orgueil et toutes nos mauvaises pensées «Ce n’est pas ce qui entre par la bouche qui souille l’homme, mais ce qui sort du cœur de l’homme – de son esprit» (Mt 15,11). Pour chaque souffrance nous pouvons dire: «Cela Tu l’as souffert à cause de mes péchés.» Mais la contemplation du Crucifié ne nous rappelle pas seulement ses souffrances et le poids de nos péchés; au-delà de ses souffrances, nous découvrons l’Amour infini, l’Amour fou de Dieu pour nous. Car tout cela, il l’a accepté, il l’a embrassé volontairement pour nous, pour moi, par amour pour moi. C’est la leçon finale de la croix: l’Amour. Amour exigeant, parce qu’il est vrai. Amour exigeant parce qu’il est total. Amour exigeant parce qu’il est divin!

C’est la leçon dernière du Christ et c’est la leçon première de l’Église. C’est la leçon éternelle de l’Église, et c’est la seule finalement, puisque toutes se ramènent à celle-là: le commande-ment nouveau. Pour le cardinal Pie, tout le dogme était contenu dans ce mot: «Dilexi te» («Je t’ai aimé»), et toute la morale dans cet autre: «Diligam Te» («Que je Vous aime»). Et ne rabaissons pas l’amour à la piété sensible. L’amour n’est pas dans la sensibilité, mais dans la volonté. Union de notre volonté à la volonté de Dieu; abandon total entre ses mains, même si l’on ne sent rien. On rejoint ici la définition de la sainteté que nous donne la petite Thérèse: «La sainteté ne consiste pas à dire de belles choses, elle ne consiste pas même à les penser, à les sentir» (LT 89). «La sainteté n’est pas dans telle ou telle pratique, elle consiste en une disposition du cœur qui nous rend humbles et petits entre les bras de Dieu, conscients de notre faiblesse et confiants jusqu’à l’audace en sa bonté de Père» (Derniers Entretiens, 3 août 1897).

Quel soulagement pour nous! Non que ce soit de tout repos, nous le savons, mais quel soulagement devant une telle simplicité, preuve, s’il en faut, de son origine divine, le Dieu Un et Trine, preuve de la supériorité de la Nouvelle Alliance sur l’Ancienne. Quand le découragement nous menace devant l’immensité de notre tache, quand nous sentons cruellement notre faiblesse, notre petitesse, notre pauvreté spirituelle, souvenons-nous qu’il nous suffit d’aimer. Pas petitement ni gauchement, mais parfaitement et sainte-ment. Quand l’accumulation de con-naissances nous abrutit, que la vie spirituelle nous apparaît comme un casse-tête ou un labyrinthe trop compliqué, souvenons-nous que nous serons jugés sur l’amour. Si nous faisons tout avec un maximum d’amour, nous travaillons efficacement pour le Royaume de Dieu. Peu importe que nous n’arrivions pas à faire de grandes choses, que nous rencontrions même échecs et défaites! Mais faisons tout par amour et avec amour. Comme Thérèse tiraillée entre l’infini de ses désirs et le cadre restreint du cloître, disons nous aussi: «Ma vocation, c’est l’Amour!» Nous voudrions faire de grandes choses pour Dieu et pour le bien des âmes, et nous ne faisons rien de tout cela. Mettons de l’amour dans nos moindres pensées et nos moindres actions. Essayons du moins. C’est déjà une grande et belle chose. L’Écriture ne dit-elle pas: «Il est plus beau de maîtriser son cœur que de conquérir une ville»? Les exemples des saints d’hier et d’aujourd’hui nous enthousiasment et nous transportent; mais quand vient le moment de marcher derrière eux à la suite du Christ, nous somme parfois désorientés et paralysés. Que faire? Renoncer à nos saints désirs? Certes pas. Mais commencer par aimer, par bien faire toutes choses. Du moins essayer. Thérèse nous enseigne la pauvreté spirituelle: nous présenter devant Dieu les mains vides, mais le cœur plein d’amour. La lettre apostolique de Jean-Paul II du 19 octobre 1997, proclamant Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la sainte Face docteur de l’Église universelle s’intitulait d’ailleurs: «Divini amoris scientia» («La science de l’amour divin»). Ce n’est pas par hasard! Nous voudrions avoir les mains pleines et elles restent désespérément vides? Ne nous lamentons pas, mais puisons dans la contemplation du Crucifié, dans la méditation des abaissements du Sauveur la science d’amour. Nous pourrions peut-être faire mieux que ce que nous faisons. Certainement même. Peut-être que nous ne sommes pas assez fidèles à notre devoir d’état, paresseux parfois, infidèles à la grâce du moment. Nous ne refusons pas le travail, nous ployons seulement dessous. Alors, faisons peu, mais faisons bien, c’est-à-dire avec amour. Ce qui nous regarde, c’est de nous unir à Dieu par l’amour. Et rien ni personne ne pourra nous en empêcher. «Rien ne nous séparera de l’amour du Christ» nous dit saint Paul (Ro 8, 39).

Que la méditation de la Passion, de la mort et de la résurrection du Christ ravive en nous la haine du péché et l’amour de Dieu. Qu’elle simplifie notre vie spirituelle et la recentre sur l’essentiel qui ne finira jamais: l’Amour.

Abbé Hugues de MONTJOYE



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LA CROIX

Il faut bien le dire, tout le long de votre vie, à chaque pas vous trouverez la croix de votre divin Modèle, de votre Roi crucifié et couronné d’épines, Jésus. L’humiliation est une croix amère. L’abandon est une vraie crucifixion quand il est bien compris. La messe et la communion sont inséparables du calvaire. Pas de réparation sans pénitence et sans sacrifice. Dans l’apostolat, la monnaie pour acheter les âmes, c’est la souffrance acceptée avec amour. Supprimez la croix de votre vie, tout s’affaisse. La croix est la structure. Com-me elle a porté le Sauveur, elle porte le salut, elle doit nous porter aussi, et toutes nos œuvres. (...) Mais ne regardez jamais la croix sans Jésus. Si je dois porter la croix tout seul, je renonce d’avance. Je ne veux pas toucher du bout du doigt ce fardeau rebutant; je suis trop faible, trop lâche, trop sensible; c’est trop dur de souffrir. Je mérite cent fois de souffrir sans Vous, mais, Jésus, c’est avec Vous que je veux souffrir. Avec Vous j’accepte toutes les croix, toutes, si Vous les portez avec moi.

Père d’Elbée, Croire à l’amour.



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LE FILS PRODIGUE


La parabole de l’enfant prodigue nous est donnée le samedi de la seconde semaine de Carême. Voici quelques extraits de l’explication qu’en donne saint Ambroise de Milan dans son Commentaire de l’évangile selon s. Luc (livre 7, nn. 213-214. 224-230. 232; tr. de dom Gabriel Tissot osb, SC 52, 89-90. 93-96) .

«Le plus jeune dit au père de famille: donnez-moi ma part de fortune.» Vous voyez que le patrimoine divin se donne à ceux qui demandent. Et ne croyez pas que le père soit en faute pour avoir donné au plus jeune: il n'y a pas de bas-âge pour le Royaume de Dieu, et la foi ne sent pas le poids des ans. En tout cas celui qui a demandé s'est jugé capable; et plût à Dieu qu'il ne se fût pas éloigné de son père! Il n'aurait pas éprouvé les inconvénients de son âge. Mais une fois parti à l'étranger – c'est donc justice que l’on gaspille son patrimoine quand on s'est éloigné de l'Église – après, dit-il, qu'ayant quitté la maison paternelle il fut parti à l'étranger, dans un pays lointain... Qu'y a-t-il de plus éloigné que de se quitter soi-même, que d'être séparé non par les espaces, mais par les mœurs, de différer par les goûts, non par les pays, et, les excès du monde interposant leurs flots, d'être distant par la conduite? Car quiconque se sépare du Christ s'exile de la patrie, est citoyen du monde. Mais nous autres «nous ne sommes pas étrangers et de passage, mais nous sommes citoyens du sanctuaire, et de la maison de Dieu» (Ep 2, 19); car «éloignés que nous étions, nous avons été rapprochés dans le sang du Christ» (Ep 2, 13). Ne soyons pas malveillants envers ceux qui reviennent du pays lointain, puisque nous avons été, nous aussi, en pays lointain, comme l'enseigne Isaïe; vous lisez: «Pour ceux qui résidaient au pays de l'ombre mortelle, la lumière s'est levée» (Is 9, 2). Le pays lointain est donc celui de l'ombre mortelle; mais nous, qui avons pour souffle de notre visage le Seigneur Christ (Lm 4, 20), nous vivons à l'ombre du Christ; et c'est pourquoi l'Église dit: «J'ai désiré son ombre, et je m'y suis assise» (Ct 2, 3). – Donc celui-là, vivant dans la débauche, a gaspillé tous les ornements de sa nature: alors vous qui avez reçu l'image de Dieu, qui portez sa ressemblance, gardez-vous de la détruire par une difformité déraisonnable. Vous êtes l'ouvrage de Dieu; ne dites pas au bois: «Mon père, c'est toi» (Jr 2, 27); ne prenez pas la ressemblance du bois, puisqu'il est écrit: «Que ceux qui font les (idoles) leur deviennent semblables» (Ps 113, 2, 8)! (…)

(Le père) se réconcilie volontiers, lorsqu'on l'implore avec instance. Alors apprenons par quelle supplication il faut aborder le Père. «Père, dit-il» : quelle miséricorde, quelle tendresse, chez celui qui, même offensé, ne refuse pas de s'entendre donner le nom de père! «Père, dit-il, j'ai péché contre le ciel et à votre face.» Tel est le premier aveu, à l'auteur de la nature, au maître de la miséricorde, au juge de la faute. Mais bien qu'Il connaisse tout, Dieu cependant attend l'expression de notre aveu; car «c'est par la bouche que se fait la confession en vue du salut» (Rm 10, 10), attendu qu'on allège le poids de son égarement quand on se charge soi-même; et c'est couper court à l'animosité de l'accusation que prévenir l'accusateur en avouant: car «le juste, dès le début de son discours, est son propre accusateur» (Pr 18, 17). D'autre part, il serait vain de vouloir dissimuler à Celui que vous ne tromperez sur rien; et vous ne risquez rien à dénoncer ce que vous savez être déjà connu. Avouez plutôt, afin que pour vous intervienne le Christ, que nous avons pour avocat auprès du Père (1 Jn 2,1); que l'Église prie pour vous, que le peuple pleure sur vous. Et ne redoutez pas de ne pas obtenir: l'avocat vous garantit le pardon, le patron vous promet la grâce, le défenseur vous assure la réconciliation avec la tendresse paternelle. Croyez, car Il est vérité; soyez en repos, car Il est force. Il a sujet d'intervenir pour vous, afin de n'être pas inutilement mort pour vous. Le Père aussi a sujet de pardonner, car «ce que veut le Fils, le Père le veut» (Ga 2,21). «J'ai péché contre le ciel et à votre face.» Ce n'est assurément pas pour mentionner un élément, mais pour signifier que le péché de l'âme diminue les dons célestes de l'Esprit, ou qu'il n'eût pas fallu se détourner du sein de cette mère, Jérusalem, qui est au ciel. «Je ne suis plus digne d'être appelé votre fils»: car le déchu ne doit pas s'exalter, afin de pouvoir être relevé grâce à son humilité. «Traitez-moi comme un de vos mercenaires»: il sait qu'il y a une différence entre les fils, les amis, les mercenaires, les esclaves: on est fils par le baptême, ami par la vertu, mercenaire par le travail, esclave par la crainte. Mais les esclaves mêmes et les mercenaires deviennent amis, ainsi qu'il est écrit: «Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande; je ne vous appelle plus serviteurs» (Jn 15,13s).

Ainsi se parlait-il; mais ce n'est pas assez de parler, si vous ne venez au Père. Où le chercher, où le trouver? Levez-vous d'abord: j'entends vous qui jusqu'ici étiez assis et endormis; aussi l'Apôtre dit-il: «Debout, vous qui dormez, et levez-vous d'entre les morts» (Ep 5, 14). L'iniquité est assise sur un talent de plomb (Za 5,7); mais il est dit à Moïse: «Pour toi, sois debout ici» (Dt 5,31): le Christ a choisi ceux qui sont debout. Debout donc, courez à l'Église: là est le Père, là est le Fils, là est l'Esprit Saint. A votre rencontre vient Celui qui vous entend converser dans le secret de votre âme; et quand vous êtes encore loin, Il vous voit et accourt. Il voit dans votre cœur; Il accourt, pour que nul ne vous retarde; Il embrasse aussi. Sa rencontre, c'est sa prescience; son embrassement, c'est sa clémence, et les démonstrations de son amour paternel. Il se jette à votre cou pour vous relever gisant, et, chargé de péchés et tourné vers la terre, vous retourner vers le ciel pour y chercher votre auteur. Le Christ se jette à votre cou, pour dégager votre nuque du joug de l'esclavage et suspendre à votre cou son joug suave (Mt 11,30). (…)

On tue encore le veau gras: ainsi, rendu par la grâce du sacrement à la communion aux mystères, on pourra se nourrir de la chair du Seigneur, riche de vertu spirituelle. Nul ne peut en effet, s'il ne craint Dieu, ce qui est «le commencement de la sagesse» (Ps 110,10; Pr 9, 10), s'il n'a gardé ou recouvré le sceau de l'Esprit, s'il n'a confessé le Seigneur, prendre part aux mystères célestes. Quant à l'anneau, l'avoir c'est avoir et le Père et le Fils et l'Esprit Saint, car Dieu a mis sa marque (cf. Jn 6,28), Lui dont le Christ est l'image (2 Co 4,4), et Il a déposé comme gage l'Esprit dans nos cœurs (2 Co 1,22), pour nous faire savoir que telle est l'empreinte de cet anneau qui est mis à la main, par qui sont marqués l'intime de nos cœurs ct le ministère de nos actions. Nous avons donc été marqués, comme nous le lisons: «En croyant, est-il dit, vous avez reçu le sceau de l'Esprit Saint» (Ep l,13).

Père d’Elbée, Croire à l’amour.



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LA DESCENTE AUX ENFERS
(Samedi saint)


Que se passe-t-il? Aujourd’hui, grand silence sur la terre; grand silence et ensuite solitude parce que le roi sommeille. «La terre a tremblé et elle s’est apaisée» (Ps 75,9), parce que Dieu s’est endormi dans la chair et il a éveillé ceux qui dorment depuis les origines. Dieu est mort dans la chair et le séjour des morts s’est mis à trembler.

C’est le premier homme qu’il va chercher, comme la brebis perdue. Il veut aussi «visiter ceux qui demeurent dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort» (Lc 1,79). Oui c’est vers Adam captif, en même temps que vers Ève, captive elle aussi, que Dieu se dirige, et son Fils avec lui, pour les délivrer de leurs douleurs.

Le Seigneur s’est avancé vers eux, muni de la croix, l’arme de sa victoire. Lorsqu’il le vit, Adam, le premier homme, se frappant la poitrine dans sa stupeur, s’écria vers tous les autres: «Mon Seigneur avec nous tous!» Et le Christ répondit à Adam: «Et avec ton esprit.» Il le prend par la main et le relève en disant: «Éveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera» (Ep 5,14).

«C’est moi ton Dieu, qui pour toi, suis devenu ton fils; c’est moi qui, pour toi et pour tes descendants, te parle mainte-nant et qui, par ma puissance, ordonne à ceux qui sont dans tes chaînes: Sortez. A ceux qui sont endormis: Relevez-vous.

«Je te l’ordonne: Éveille-toi, ô toi qui dors, je ne t’ai pas crée pour que tu demeures captif du séjour des morts. Relève-toi d’entre les morts: moi, je suis la vie des morts. Lève-toi, œuvre de mes mains; lève-toi, mon semblable, qui as été créé à mon image. Éveille-toi, sortons d’ici. Car tu es en moi, et moi en toi, nous sommes une seule personne indivisible.

«C’est pour toi que moi, ton Dieu, je suis devenu ton fils; c’est pour toi que moi, le Maître, j’ai pris ta forme d’esclavage; c’est pour toi que moi, qui domine les cieux, je suis venu sur la terre, et au-dessous de la terre; c’est pour toi, l’homme, que je suis devenu «comme un homme abandonné, libre entre les morts» (Ps 87,5-6); c’est pour toi, qui es sorti du jardin, que j’ai été livré aux juifs dans un jardin et que j’ai été crucifié dans un jardin.

«Vois les crachats sur mon visage; c’est pour toi que je les ai subis afin de te ramener à ton premier souffle de vie. Vois les soufflets sur mes joues: je les ai subis pour rétablir ta forme défigurée afin de la restaurer à mon image.

«Vois la flagellation sur mon dos, que j’ai subie pour éloigner le fardeau de tes péchés qui pesait sur ton dos. Vois mes mains solidement clouées au bois, à cause de toi qui as péché en tendant la main vers le bois.

«Je me suis endormi sur la croix, et la lance a pénétré dans mon côté, à cause de toi qui t’es endormi dans le paradis et, de ton côté, tu as donné naissance à Ève. Mon côté a guéri la douleur de ton côté; mon sommeil va te tirer du sommeil des enfers. Ma lance a arrêté la lance qui se tournait vers toi.

«‘Lève-toi, partons d’ici’ (Jn 14,31). L’ennemi t’a fait sortir de la terre du paradis; moi je ne t’installerai plus dans le paradis, mais sur un trône céleste. Je t’ai écarté de l’arbre symbolique de la vie; mais voici que moi, qui suis la vie, je ne fais qu’un avec toi. J’ai posté les chérubins pour qu’ils te gardent comme un serviteur; je fais maintenant que les chérubins t’adorent comme un Dieu.

«Le trône des chérubins est préparé, les porteurs sont alertés, le lit nuptial est dressé, les aliments sont apprêtés, les tentes et les demeures éternelles le sont aussi. Les trésors du bonheur sont ouverts et le royaume des cieux est prêt de toute éternité.»

Homélie ancienne pour le grand et saint Samedi (attribuée à Épiphane de Salamine, 5e s.; PG 43, 440. 452. 461-464; tr. de la Liturgie des Heures, t. 2, p. 373-375)



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LE DÉVELOPPEMENT ORGANIQUE DE LA LITURGIE
(Cardinal Joseph Ratzinger)


Dom Alcuin Reid a publié un ouvrage – non encore traduit en français – sur le sujet. Celui qui était alors le cardinal Joseph Ratzinger en a écrit la préface. 30 Jours a donné la traduction suivante (2004, n°12):

Parmi les questions qui ont animé le débat des dernières décennies autour du Concile Vatican II, de son évaluation et de son intégration dans la vie de l’Église, il en est une qui a pris une place de plus en plus centrale: c’est celle de la célébration correcte de la liturgie.

Il existe d’ardents défenseurs de la réforme pour lesquels le fait qu’ait été réadmise, à certaines conditions, la célébration de la Sainte Eucharistie selon la dernière édition du Missel précédant le Concile, celle de 1962, représente une faute intolérable. Mais la liturgie est considérée en même temps comme "semper reformanda", ce qui fait qu’en fin de compte, c’est chaque "communauté" qui fait sa "propre" liturgie, dans laquelle elle s’exprime elle-même. Un Liturgisches Kompen-dium [Précis de liturgie, ndr] protestant (présenté par Christian Grethlein et Günter Ruddat, Göttingen 2003) a récemment présenté le culte comme «projet de réforme» (pp. 13-41), ce qui reflète d’ailleurs la manière de penser de nombreux liturgistes catholiques.

D’autre part, il existe aussi des adversaires acharnés de la réforme liturgique, qui ne critiquent pas seulement son application pratique, mais aussi ses bases conciliaires. Ils ne voient de salut que dans le refus total de la réforme.

Entre ces deux groupes, les réformistes radicaux et leurs adversaires intransigeants, ceux qui considèrent la liturgie comme quelque chose de vivant, quelque chose qui grandit et qui se renouvelle par le fait même d’être reçue et appliquée ont souvent du mal à se faire entendre. Ces derniers insistent d’ailleurs, en partant de la même logique, sur le fait que la croissance n’est possible que si l’identité de la liturgie elle-même est préservée, et ils soulignent qu’un développement adéquat n’est possible que si l’on prête attention aux lois qui sous-tendent cet "organisme" de l’intérieur. De même qu’un jardinier accompagne une plante pendant toute sa croissance et porte la nécessaire attention à ses énergies vitales et à ses lois, de même l’Église devrait accompagner avec respect le parcours de la liturgie à travers les temps, en distinguant ce qui aide et ce qui assainit de ce qui détruit et de ce qui fait violence.

S’il en est ainsi, nous devons essayer de définir ce qu’est la structure interne d’un rite, ce que sont ses lois vitales, afin de trouver la bonne voie pour préserver son énergie vitale à travers la mutation des temps, pour la faire grandir et la renouveler.

Le livre de dom Alcuin Reid se place dans cette optique. Il cherche, en parcourant l’histoire du Rite romain (messe et bréviaire) de ses origines à la veille du Concile Vatican II, à établir quels sont les principes de son développement liturgique, et c’est donc de l’histoire, avec ses hauts et ses bas, qu’il puise les critères sur lesquels toute réforme doit se fonder.

Le livre est divisé en trois parties. La première, très brève, analyse l’histoire de la réforme du Rite romain de ses origines à la fin du XIXe siècle. La deuxième partie est consacrée au mouvement liturgique jusqu’en 1948. La troisième - qui est de loin la plus longue - traite de la réforme liturgique sous Pie XII, jusqu’à la veille du Concile Vatican II. Cette partie se révèle très utile, surtout parce que cette phase de la réforme liturgique est un peu oubliée malgré le fait que c’est justement dans cette période - de même, évidemment, que dans l’histoire du mouvement liturgique - qu’on retrouve toutes les questions concernant les modalités correctes pour une réforme, ce qui permet en plus d’acquérir des critères de jugement. La décision de l’auteur, de s’arrêter à la veille du Concile Vatican II, est tout à fait sage. Il évite ainsi d’entrer dans la controverse liée à l’interprétation et à l’accueil du Concile lui-même, en se bornant à décrire les circonstances historiques et la structure des différentes tendances, structure qui apparaît déterminante pour ce qui concerne les critères de la réforme.

A la fin de son livre, l’auteur énumère les principes nécessaires pour une réforme correcte: celle-ci devrait être ouverte dans la même mesure au développement et à la continuité par rapport à la Tradition; elle devrait être consciente du fait qu’elle est liée à une tradition liturgique objective et faire en sorte que la continuité substantielle soit sauvegardée. Ensuite, l’auteur, d’accord avec le Catéchisme de l’Église catholique, souligne que «même l’autorité suprême dans l’Église ne peut changer la liturgie à son gré, mais seulement dans l’obéissance de la foi et dans le respect religieux du mystère de la liturgie» (n° 1125). Enfin, nous trouvons deux autres critères, qui sont la légitimité des traditions liturgiques locales et l’intérêt pour l’efficacité pastorale.

Je voudrais souligner en outre, de mon propre point de vue, certains des critères du renouvellement liturgique indiqués brièvement ci-dessus. Je commencerai par les deux derniers critères fondamentaux. Il me semble très important que le Catéchisme, lorsqu’il mentionne les limites du pouvoir de l’autorité suprême de l’Église en ce qui concerne la réforme, rappelle ce qui est l’essence de la primauté de Pierre telle qu’elle est soulignée par les Conciles Vatican I et II: le Pape n’est pas un monarque absolu dont la volonté fait loi, mais plutôt le gardien de l’authentique Tradition et par là même, le premier garant de l’obéissance. Il ne peut pas faire ce qu’il veut, et c’est justement pour cela qu’il peut s’opposer à ceux qui entendent faire ce qu’ils veulent. La loi à laquelle il doit s’en tenir n’est pas d’agir ad libitum, mais l’obéissance à la foi. C’est pourquoi, par rapport à la liturgie, il exerce la tâche du jardinier, et non pas celle du technicien qui construit des machines neuves en jetant les vieilles. Le "rite", c’est-à-dire la forme de célébration et de prière qui mûrit dans la foi et dans la vie de l’Église, est une forme condensée de la Tradition vivante dans laquelle la sphère du rite exprime l’ensemble de sa foi et de sa prière, permettant ainsi en même temps d’expérimenter la communion entre les générations, la communion avec ceux qui priaient avant nous et prieront après nous. Ainsi le rite apparaît comme un don fait à l’Église, une forme vivante de paradosis.

Il est important, à cet égard, d’interpréter correctement la "continuité substantielle". L’auteur nous met expressément en garde contre l’erreur à laquelle nous pourrions être amenés par une théologie sacramentaire néo-scholastique détachée de la forme vivante de la liturgie. En partant de là, on pourrait arriver à réduire la "substance" à la matière et à la forme du sacrement, et dire: le pain et le vin sont la matière du sacrement, les paroles de l’institution sont sa forme; seules ces deux choses sont nécessaires, tout le reste peut être changé. Sur ce point, les modernistes et les traditionalistes se trouvent d’accord. Il suffit qu’il y ait la matière et que soient prononcées les paroles de l’institution: tout le reste est "à la carte". Malheureusement, beau-coup de prêtres agissent aujourd’hui sur la base de ce schéma, et il arrive même que les théories de nombreux liturgistes évoluent hélas dans le même sens. Ils veulent dépasser le rite comme quelque chose de rigide et élaborent des produits de leur imagination, qu’ils appellent pastorale, autour de ce noyau résiduel qui est ainsi relégué dans le règne de la magie ou vidé de toute signification.

Le mouvement liturgique avait essayé de dépasser ce réductionnisme, produit d’une théologie sacramentaire abstraite, et de nous apprendre à considérer la liturgie comme l’ensemble vivant de la Tradition qui s’est faite forme et qu’on ne peut diviser en mille morceaux, mais qui doit être vu et vécu dans sa totalité vivante. Ceux qui comme moi, ont été marqués par cette conception dans la phase du mouvement liturgique à la veille du Concile Vatican II, ne peuvent que constater avec une profonde douleur la destruction de ce qui tenait à coeur à ce mouvement.

Je voudrais commenter brièvement deux autres intuitions qui se trouvent dans le livre de dom Alcuin Reid. L’archéologisme et le pragmatisme pastoral - on pourrait d’ailleurs dire que ce dernier est souvent un rationalisme pastoral - représentent tous deux une erreur. Ils pourraient être décrits tous deux comme des jumeaux profanes. Les liturgistes de la première génération étaient pour la plupart des historiens et par conséquent, enclins à l’archéologisme. Ils voulaient exhumer les formes les plus antiques dans leur pureté originelle; ils voyaient les livres liturgiques en usage, avec leurs rites, comme des expressions de proliférations historiques, fruits de malentendus passés et d’ignorance. On essayait de reconstruire la Liturgie romaine la plus antique et de la nettoyer de tous les ajouts postérieurs. Ce n’était pas complètement faux; mais la réforme liturgique est de toute façon autre chose qu’une fouille archéologique, et les développements de quelque chose de vivant ne doivent pas tous suivre la logique d’un critère rationaliste et historiciste. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle - comme le relève juste-ment l’auteur - dans la réforme liturgique, le dernier mot ne revient pas aux experts. Les experts et les pasteurs ont chacun leur rôle, de même qu’en poli-tique, les techniciens et ceux qui sont appelés à décider représentent deux niveaux différents. Les connaissances des savants sont importantes, mais ne peuvent être immédiatement transformées en décisions des pasteurs, lesquels ont la responsabilité d’écouter les fidèles en mettant en oeuvre avec eux, et de manière intelligente, ce qui permet aujourd’hui de célébrer les sacrements avec foi ou non. Le fait que les experts aient été presque les seuls à avoir voix au chapitre a été une des faiblesses de la première phase de la réforme après le Concile, et une plus grande autonomie des pasteurs aurait été souhaitable.

Comme - évidemment - il paraît impossible d’élever la connaissance historique au rang de nouvelle règle liturgique, cet "archéologisme" s’est associé au pragmatisme pastoral. On a décidé en premier lieu d’éliminer tout ce qui n’était pas reconnu comme originel, et par conséquent comme "substantiel", pour intégrer ensuite la "fouille archéologique" - au cas où ce qui avait été fait aurait semblé insuffisant - avec le "point de vue pastoral". Mais qu’est-ce qui est "pastoral"? Les jugements intellectualistes des professeurs sur ces questions étaient souvent déterminés par leurs considérations rationnelles et ne tenaient pas compte de ce qui soutient réellement la vie des fidèles, de sorte qu’aujourd’hui, après la vaste rationalisation de la liturgie dans la première phase de la réforme, on est de nouveau à la recherche de formes de solennité, d’atmosphères "mystiques" et d’une certaine sacralité. Mais comme il existe - nécessairement et avec une évidence croissante - des jugements largement divergents sur ce qui est pastoralement efficace, l’aspect "pastoral" est devenu la brèche par laquelle a fait irruption la "créativité", laquelle dissout l’unité de la liturgie et nous place souvent devant une déplorable banalité. Ceci ne veut pas dire que la liturgie eucharistique, de même que la liturgie de la Parole, ne soient pas célébrées, en de nombreux cas, en s’appuyant sur la foi et de manière respectueuse et "belle", dans le meilleur sens du terme. Mais puisque nous cherchons les critères de la réforme, nous ne pouvons pas ne pas mentionner des dangers qui malheureusement, dans les dernières décennies, ont montré qu’ils n’étaient pas simplement des fantasmes de traditionalistes ennemis de la réforme.

Je voudrais encore m’arrêter sur le fait que, dans le précis liturgique que j’ai cité, le culte a été présenté comme "projet de réforme", c’est-à-dire comme un chantier où chacun s’agite pour trouver toujours quelque chose à faire. Cela ressemble, à quelques différences près, à la suggestion de quelques liturgistes catholiques d’adapter la réforme liturgique à la mutation anthropologique de la modernité et de la construire de manière anthropocentrique. Si la liturgie apparaît essentiellement comme un chantier dans lequel nous serions toujours à l’œuvre, cela veut dire que nous avons oublié l’essentiel: Dieu. Car dans la liturgie, il ne s’agit pas de nous, mais de Dieu. L’oubli de Dieu est le danger le plus imminent de notre temps. À cette tendance, la liturgie devrait opposer la présence de Dieu. Mais qu’arrive-t-il si l’oubli de Dieu entre jusque dans la liturgie, et si dans la liturgie nous pensons uniquement à nous-mêmes? Dans toute réforme liturgique et dans toute célébration liturgique, la primauté de Dieu devrait toujours occuper la toute première place.

Tout cela m’entraîne bien au-delà du livre de dom Alcuin. Mais je crois en tous cas avoir fait clairement apparaître que ce livre, avec la richesse de ses réflexions, nous fournit des critères et nous invite à une réflexion plus approfondie. C’est pour cela que j’en recommande la lecture.



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Intentions du Saint-Père pour Avril 2006

Générale : Pour que les droits individuels, sociaux et politiques de la femme soient respectés dans toutes les nations.

Missionnaire : Pour que l’Église puisse exercer sa mission évangélisatrice en Chine sans aucune entrave.








La neuvaine de la Miséricorde divine

La neuvaine de la Miséricorde divine demandée par N.-S. à sainte Faustine († 1938) commence le vendredi saint (14 avril) et s’achève par la fête, le dimanche in Albis (23 avril). Des images et des livrets de la neuvaine seront à la disposition de tous sur la table de presse aux alentours des Rameaux.








Confessions pascales

Lundi saint (10 avril): de 18h à 19h30
Mardi et mercredi saints (11 et 12 avril): de 8h à midi
Jeudi saint (13 avr.): de 10h à midi
Samedi saint (15 avr.): de 10h30 à midi








Carnet de famille

Naissances
Éléonore BECQUART, née le 20 mars
Augustin MERKLER, né le 15 mars
Ces deux nouveaux-nés recevront le baptême à S.-André le samedi 8 avril.








L’avenir de la Paroisse S.-André

Le P. Jérôme Gavois, curé de la paroisse, quittera ses fonctions l’été prochain. Une réunion d’information sur l’avenir, à laquelle tous sont conviés, aura lieu le dimanche 23 avril à 10h45 à la Cité paroissiale. Par conséquent, notre messe aura lieu non pas à 11h15, mais à 11h30. Une réunion plus amicale aura lieu le samedi 17 juin.

Jubilé sacerdotal
Le dimanche 15 avril 1956, l’abbé Daniel Labille était ordonné prêtre à Reims. Cela fera donc 50 ans ce mois-ci. C’est une occasion de prier pour notre Évêque qui, rappelons-le, viendra conférer le sacrement de confirmation dans notre Communauté le dimanche 11 juin.

L’abbé de Montjoye sera absent du dimanche de Pâques au vendredi suivant (du 16 au 21 avril).

Déménagement
Notre site internet change d’adresse ce mois-ci: www.fssp94.org

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