Fraternité Saint Pierre - Val de Marne
Communauté attachée à la liturgie traditionnelle,
bénéficiant du Motu proprio " Ecclesia Dei "
du 2 juillet 1988 de S.S. Jean-Paul II
Eglise Saint André
22 Avenue de Verdun
94410 Saint Maurice


Bulletin de Fevrier 2006







« Deus Caritas est »


Elle était promise, elle était attendue, et elle est arrivée! La première encyclique de notre Pape Benoît XVI. Le choix du sujet, la charité, dévoile une préoccupation chez le Pasteur Suprême: que les chrétiens n'oublient pas et ne déforment pas ce qui est sans doute la plus surprenante pour ne pas dire la plus révolutionnaire des révélations du Nouveau Testament, celle qui en est finalement le coeur: Dieu est Amour.

Comme le déplore le Pape (cf n° 2), le mot est tellement galvaudé qu'il en vient à perdre son sens. Il est urgent de montrer aux hommes la source où puiser tout amour vrai et éternel (quel amour vrai n'aspire pas à être éternel ?). Face à tous les courants dualistes qui compromettent l'unité de la personne en opposant le corps et l'âme, il est bon de rappeler que si l'amour tend à l'union de ceux qui s'aiment, il prend en compte l'unité de celui qui aime, corps et âme.

Nos contemporains ayant une culture religieuse limitée et une foi chancelante, l'islam qui s'étend chez nous ne risque-t-il pas de leur imposer de plus en plus l'idée d'un Dieu justicier, vengeur et guerrier? Pour tous ceux-là, la parole de Benoît XVI est particulièrement opportune. Il est vrai que cette affirmation de saint Jean: « Dieu est charité» (1 Jn 4, 16) n'a pas d'écho dans le coran et moins encore dans les courants montants de l'islam d'aujourd'hui. C'est un défi pour l'Eglise. Nous, chrétiens, devons continuer à affirmer, par la parole et par l'exemple, que Dieu est charité.

L'encyclique insiste sur l'unité indissoluble qui existe entre les deux préceptes de la charité: amour de Dieu et amour du prochain. L'un ne va pas sans l'autre. « Si le contact avec Dieu me fait complètement défaut dans ma vie, je ne peux jamais voir en l'autre que l'autre, et je ne réussis pas à reconnaître en lui l'image divine. Si par contre dans ma vie je néglige complètement l'attention à l'autre, désirant seulement être «pieux» et accomplir mes «devoirs religieux», alors même ma relation à Dieu se dessèche. Alors, cette relation est seulement «correcte», mais sans amour. Seule ma disponibilité à aller à la rencontre du prochain, à lui témoigner de l'amour, me rend aussi sensible devant Dieu. Seul le service du prochain ouvre mes yeux sur ce que Dieu fait pour moi et sur sa manière à Lui de m'aimer » (n° 18).

Ne nous contentons pas d'un vernis de piété ou de charité, mais laissons-nous envahir davantage par la charité de Dieu, laissons-nous embraser du feu de son Esprit. Soyons pour ceux qui nous entourent témoins de cet amour de Dieu manifesté pour nous en Jésus-Christ (cf n° 17).

Abbé Hugues de MONTJOYE



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Prière pour demander la Charité

Sancti Spíritus grátia, quæsumus, Dómine, corda nostra illlúminet: et perféctæ caritátis dulcédine abundánter refíciat. Per Dóminum... in unitáte eiúsdem Spíritus Sancti... Que la grâce du Saint-Esprit, Seigneur, illumine nos coeurs et par la douceur d'un parfait amour leur apporte un puissant réconfort. Par N-S Jésus-Christ... en l'unité du même Saint-Esprit.

(Missel Romain [1962], Oraisons diverses, 29, postcommunion)



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Synthèse de l’encyclique Deus caritas est :
de l’amour «galvaudé» à l’amour concret des saints


ROME, Mercredi 25 janvier 2006 (Agence Zenit) - La première encyclique de Benoît XVI publiée aujourd’hui à midi, a pour titre «Dieu est Amour», «Deus Caritas est». Elle est consacrée à la spécificité de l'amour chrétien, et vise à raviver cette «charité» qui vient de Dieu au coeur de l’Église. En date de Noël, le 25 décembre 2005, elle compte deux parties, et 42 paragraphes, soit, en français, 78 petites pages.
Nous en proposons cette synthèse, inspirée de la synthèse proposée en italien par la salle de presse du Saint-Siège.

La première partie de l’encyclique a pour titre : «L'unité de l'amour dans la création et dans l'histoire du salut». Elle propose une réflexion à la fois philosophique et théologique, biblique et spirituelle sur la réalité de l’amour sous ses différentes formes, spécialement celles désignées par les mots grecs éros et agapè auxquels la révélation biblique a donné un sens nouveau.

La seconde partie de l’encyclique a pour titre : «Caritas - L’exercice de l'amour de la part de l'Église en tant que communauté de l'amour», et présente la mise en pratique du commandement de l'amour.

L’éros inscrit dans l’homme par le Créateur

Au début de son encyclique, le pape évoque un «problème de langage». Il fait remarquer que le terme «amour» est l’un des mots les plus «galvaudés» aujourd'hui et que, parmi les différentes formes d’amour, l'amour entre l'homme et la femme est considéré comme l’amour par excellence. La Grèce antique le désignait par le terme d’éros. Dans la Bible, et en particulier dans le Nouveau Testament, le concept d’«amour» est purifié et approfondi comme en témoigne l’emploi du mot agapè pour exprimer un amour «oblatif».

A propos de la nouvelle vision de l'amour introduite par le Christ lui-même, Benoît XVI fait observer un malentendu: on l’a présentée comme un refus de l'éros et de la corporéité. Or, le pape souligne que l’éros a été inscrit dans la nature même de l'homme par son Créateur. Mais il a aussi besoin «de discipline, de purification et de maturation» pour ne pas perdre sa «dignité originelle» et ne pas être réduit à une conception du sexe quasi marchande.

Le don de soi, une «libération»

Mais la foi chrétienne considère l'homme comme un être où sont unis l'esprit et la matière. Ainsi, lorsque le corps et l'âme de l'homme se trouvent en parfaite harmonie, le défi de l’éros est en quelque sorte surmonté. L'amour devient «extase», non pas moment d’ivresse passagère mais «exode permanent du moi fermé sur lui-même vers sa libération dans le don de lui-même» : l'éros peut conduire l'être humain vers le divin.

Ces deux formes de l’amour, éros et agapè ne peuvent donc être dissociées : plus ils trouvent un juste équilibre, plus la vraie nature de l'amour se réalise. Même si l'éros est au départ essentiellement désir, lorsqu’il se rapproche de l'autre personne, il cherche le bonheur de l'autre, se donne et désire être «pour l'autre».

Enfin, du point de vue chrétien, l’éros-agapè atteint sa forme sublime dans Jésus-Christ, amour de Dieu fait chair. La mort sur la croix de Jésus qui se donne pour relever et sauver l'homme, exprime l'amour dans sa forme la plus élevée. De plus, à la veille de sa Passion, Jésus confère à cette offrande une présence durable dans le monde par l'institution de l'Eucharistie. Sous les espèces du pain et du vin, il se donne et unit les chrétiens à Lui. En participant à l'Eucharistie les chrétiens sont à leur tour entraînés dans la dynamique de ce don et deviennent «un seul corps».

L'amour pour Dieu et l'amour pour le prochain ne sont plus qu’un et l'amour peut être un «commandement» car il est déjà «donné»

Reflet de l’amour trinitaire

Dans la seconde partie de son encyclique, le pape montre que l'amour pour le prochain, enraciné dans l'amour de Dieu, est un devoir pour tout fidèle comme pour la communauté ecclésiale, qui, dans son activité caritative doit refléter l'amour trinitaire.

La conscience d'un tel devoir a eu une importance constitutive pour l'Église depuis ses débuts et la «diaconie» est apparue au sein de la structure fondamentale de l'Église en tant que service de l'amour du prochain exercé en communauté et de manière ordonnée : un service à la fois concret et spirituel.

La nature intime de l’Église s’exprime dans un triple devoir : l’annonce de la parole de Dieu (kérygme et martyre), la célébration des sacrements (liturgie) et le service de la charité (diaconie).

L’objection marxiste

Or, à partir du XIXe siècle, une objection fondamentale a mis en cause l’activité caritative de l’Église : l’Église favoriserait le maintien du système injuste et freinerait le changement pour un monde meilleur.

Le marxisme, cité explicitement par le pape, a ainsi vu dans la révolution mondiale la panacée au problème social - un «rêve» qui s’est évanoui avec le temps, remarque Benoît XVI.

Or le magistère pontifical a affronté les problèmes suscités par les changements sociaux du XIXe s. à partir de l’encyclique de Léon XIII Rerum Novarum (1891), développant une doctrine sociale très articulée qui propose des orientations valables bien au-delà des frontières de l’Église. Elle vient d’être exposée dans le Compendium publié en 2004.

Toutefois, le pape fait remarquer que la création d’un ordre juste de la société est le principal devoir de la politique, et ne peut constituer une responsabilité «immédiate» de l’Église.

L’amour ou la bureaucratie

La doctrine sociale catholique ne veut pas conférer à l’Église «un pouvoir sur l’État», mais souhaite seulement «purifier et éclairer la raison», en offrant sa contribution à la «formation des consciences», afin que les authentiques exigences de justice soient «perçues, reconnues et réalisées».

Cependant, aucune institution d’État, aussi juste soit-elle, ne peut rendre superflu le service de l’amour, objecte Benoît XVI. Un État qui voudrait tout diriger deviendrait une «instance bureaucratique» incapable d’assurer ce dont l’homme qui souffre a besoin : le dévouement personnel. «Celui qui veut s’affranchir de l’amour se prépare à s’affranchir de l’homme en tant qu’homme», avertit le pape.

Mais l’encyclique évoque également la mondialisation, soulignant qu’un de ses effets positifs est la sollicitude envers le prochain, au-delà des frontières nationales. De très nombreuses organisations à but caritatif et philanthropique ont vu le jour.

Et, au sein même de l’Église catholique, comme dans d’autres communautés ecclésiales, de nouvelles activités caritatives sont nées. Il est souhaitable, dit le pape, qu’une «collaboration fructueuse» s’instaure entre toutes ces instances.

L’action caritative propre au baptisé

Mais il est important que l’activité caritative de l’Église ne perde pas sa propre «identité» et qu’elle conserve toute la «splendeur» de l’essence de la charité chrétienne et ecclésiale.

L’activité caritative chrétienne, en plus de la compétence professionnelle, doit se fonder, recommande le pape, sur «l’expérience d’une rencontre personnelle avec le Christ», dont l’amour a touché le coeur du croyant, suscitant en lui l’amour pour le prochain.

Elle doit en outre être «indépendante de partis et d’idéologies». Le programme du chrétien - celui du Bon samaritain, le programme de Jésus, le Bon Pasteur – est d’être «un cœur qui voit» où il y a besoin d’amour et qui agit en conséquence.

Enfin, l’activité caritative chrétienne ne doit pas être un «moyen» de «prosélytisme», car «l’amour est gratuit», et ne peut viser d’autres objectifs. Pourtant, cela ne signifie pas que l’action caritative doive «laisser Dieu et le Christ de côté». Le chrétien doit reconnaître le moment de parler de Dieu ou de se taire, en laissant parler l’amour.

D’autre part, le pape recommande de considérer l’hymne de saint Paul sur la charité comme la grande charte de tout service ecclésial et bouclier contre sa réduction au pur activisme».

Celui qui prie ne perd pas son temps

Enfin, le pape réaffirme l’importance de la prière. Le contact vivant avec le Christ évite l’écueil de tomber, devant l’immensité de la tâche et les limites humaines, dans l’idéologie qui prétend de «faire maintenant ce que Dieu n’aurait soi-disant pas réussi à faire» et celui de céder à la tentation de l’inertie et de la résignation.

«Celui qui prie, affirme Benoît XVI, ne perd pas son temps», et il donne l’exemple de la Vierge Marie, à qui il adresse une prière finale, et l’exemple des saints, surtout Mère Teresa de Calcutta, invitant à «puiser en Dieu la lumière et la force de l’amour» capable de vaincre toute obscurité et tout égoïsme dans le monde.

Nous avons commandé plusieurs exemplaires de l’encyclique
S’adresser à l’abbé de Montjoye



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Un saint de Février
Claude La Colombière, jésuite (1641-1682)


Claude La Colombière

Claude La Colombière, troisième enfant du notaire Bertrand La Colombière et Marguerite Coindat, naquit le 2 février 1641 à St. Symphorien d'Ozon dans le Dauphiné. La famille s'étant déplacée à Vienne (France), Claude y fit ses premières études, qu'il compléta ensuite à Lyon jusqu'aux classes de Rhétorique et de Philosophie.

C'est alors qu'il se sentit appelé à la vie religieuse dans la Compagnie de Jésus; mais nous ne connaissons pas les motifs de son choix et de sa décision. Par contre, dans ses écrits, il nous a livré cet aveu: "J'avais une horrible aversion pour la vie que je choisissais". Cette affirmation se comprend facilement pour qui connaît la vie de Claude, dont la nature, sensible au charme des relations familiales et aux amitiés, était portée vers l'art et la littérature et attirée par tout ce qu'il y avait de plus digne dans la vie de société. Mais il n'était pas homme à se laisser guider par le sentiment.

A 17 ans, il entre au Noviciat de la Compagnie de Jésus, installé à Avignon. C'est là qu'en 1660 il passe du Noviciat au Collège pour terminer ses études de philosophie. Il y émet aussi ses premiers voeux de religion. A la fin des cours, il est nommé professeur de Grammaire et de Littérature; tâche qu'il assumera pendant cinq ans dans ce Collège.

En 1666 il est envoyé à Paris pour étudier la Théologie au Collège de Clermont; il reçoit à la même époque une charge de haute responsabilité. Sa compétence notoire pour les études d'humanités, unie à des dons exquis de prudence et de finesse, amènent les Supérieurs à le choisir comme précepteur des fils de Colbert, Ministre des Finances de Louis XIV.

Ses études terminées et ordonné prêtre, il retourne de nouveau à Lyon: il y est professeur pendant quelque temps, et ensuite se consacre entièrement à la prédication et à la direction de la Congrégation Mariale.

La prédication de La Colombière se distingue surtout par sa solidité et sa profondeur; il ne se perdait pas en idées vagues, mais s'adressait avec à propos à un auditoire concret. Son inspiration évangélique avait le pouvoir de transmettre à tous sérénité et confiance en Dieu. La publication de ses sermons produisit dans les âmes, comme elle continue à le faire, de grands résultats spirituels; en effet, si l'on considère l'endroit où ils ont été prononcés et la brièveté de son ministère, ils semblent avoir moins vieilli que les textes d'orateurs plus célèbres.

L'année 1674 est décisive dans la vie de Claude. Il fait son Troisième an de probation à la "Maison Saint-Joseph" de Lyon et au cours du mois traditionnel d'Exercices Spirituels, le Seigneur le prépare à la mission qu'il lui avait destinée. Les notes spirituelles de cette époque nous permettent de suivre pas à pas les luttes et les triomphes de son caractère, singulièrement sensible aux attraits humains, mais aussi généreux envers Dieu.

Il fait le voeu d'observer toutes les Constitutions et les Règles de la Compagnie. Il ne s'agissait pas là comme but essentiel de se lier à une série d'observances minutieuses, mais de reproduire le vivant idéal apostolique décrit par saint Ignace. Puisque cet idéal lui paraissait magnifique, Claude l'adopta comme un programme de sainteté. Cela répondait à une invitation de Jésus Christ lui-même. La preuve en est qu'il fut ensuite pénétré d'un sentiment de libération et d'extension de son horizon apostolique, comme il en témoigne dans son journal spirituel.

Le 2 février 1675 il fait la Profession solennelle et est nommé Recteur du Collège de Paray-le-Monial. Certains s'étonnèrent qu'un homme si éminent fut envoyé dans un endroit aussi retiré que Paray. On en trouve l'explication dans le fait que les Supérieurs savaient qu'au Monastère de la Visitation, une humble religieuse, Marguerite Marie Alacoque, à laquelle le Seigneur révélait les trésors de son Cœur, vivait dans une angoissante incertitude; elle attendait que le Seigneur lui-même accomplisse sa promesse de lui envoyer son "fidèle serviteur et parfait ami", qui l'aurait aidée à réaliser la mission à laquelle il la destinait: manifester au monde les richesses insondables de son amour.

Dès que le P. La Colombière fut arrivé à destination, Marguerite Marie, après l'avoir rencontré plusieurs fois, lui manifesta toute son âme et les communications qu'elle croyait recevoir du Seigneur. Le Père, de son côté, l'approuva entièrement et lui suggéra de mettre par écrit tout ce qu'elle éprouvait dans son âme, l'orientant et l'encourageant dans l'accomplissement de la mission reçue. Lorsqu'il fut certain, à la lumière de la grâce divine manifestée dans la prière et le discernement, que le Christ désirait le culte de son Coeur, il s'y livra sans réserve, comme nous en avons le témoignage dans son engagement et ses notes spirituelles. On y voit clairement, que, déjà avant de recevoir les confidences de Marguerite Marie Alacoque, Claude, en suivant les directives de saint Ignace dans les Exercices Spirituels, était arrivé à contempler le Coeur du Christ comme symbole de son amour.

Après un an et demi de séjour à Paray, en 1676, le P. La Colombière part pour Londres, où il a été nommé prédicateur de la Duchesse d'York. Il s'agissait d'un ministère très délicat, étant donné les événements religieux qui à l'époque agitaient l'Angleterre. Avant la fin d'octobre de la même année, le Père occupait déjà l'appartement qui lui avait été réservé au palais de St. James. En plus des sermons qu'il prononce dans la chapelle et la direction spirituelle, orale et écrite, à laquelle il se livre, Claude peut consacrer du temps à instruire solidement dans la vraie foi plusieurs personnes qui avaient abandonné l'Eglise romaine. Même au cœur des plus grands dangers, il eut la consolation de voir plusieurs conversions, au point d'avouer, après un an: "Je pourrais écrire un livre sur la miséricorde dont Dieu m'a rendu témoin depuis que je suis ici".

Un travail si intense et un climat pernicieux eurent raison de sa santé; des symptômes d'une grave affection pulmonaire commencèrent à se manifester. Cependant Claude continua courageusement son genre de vie.

A la fin de 1678, il fut arrêté a l'improviste sous l'accusation calomnieuse de complot papiste. Après deux jours, on l'enferma dans la sinistre prison de King's Bench, où il resta trois semaines, en proie à de graves privations, jusqu'à ce qu'un décret royal lui signifiât son expulsion de l'Angleterre. Toutes ses souffrances rendirent encore plus précaire son état de santé, qui, avec des hauts et des bas, ne fit qu'empirer à son retour en France.

Pendant l'été 1681, déjà très gravement atteint, il fut renvoyé à Paray. Et le 15 février 1682, premier dimanche du Carême, à la soirée, il fut pris d'un crachement de sang qui mit fin à ses jours.

Le Pape Pie XI a béatifié Claude La Colombière le 16 juin 1929 et le pape Jean-Paul II l’a canonisé le 31 mai 1992. Son charisme, aux dires de S. Marguerite Marie Alacoque, fut d'élever les âmes à Dieu, en suivant le chemin de l'amour et de la miséricorde que le Christ nous révèle dans l'Evangile.

Source: site internet du S.-Siège (www.vatican.va)



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Prière de saint Claude La Colombière


Sacré Coeur de Jésus, apprenez-moi le parfait oubli de moi-même, puisque c’est la seule voie par où l’on peut entrer en vous. Puisque tout ce que je ferai à l’avenir sera à vous, faites en sorte que je ne fasse rien qui ne soit digne de vous; enseignez-moi ce que je dois faire pour parvenir à la pureté de votre amour, duquel vous m’avez inspiré le désir. Je sens en moi une grande volonté de vous plaire, et une plus grande impuissance d’en venir à bout sans une lumière et un secours très particuliers que je ne puis attendre que de vous. Faites en moi votre volonté, Seigneur; je m’y oppose, je le sens bien, mais je voudrais bien ne pas m’y opposer : c’est à vous à tout faire, divin Cœur de Jésus-Christ, vous seul aurez toute la gloire de ma sanctification, si je me fais saint; cela me paraît plus clair que le jour; mais ce sera pour vous une grande gloire, et c’est pour cela seulement que je veux désirer la perfection. Ainsi soit-il.

Prière extraite de l’Acte d'offrande, in Retraite spirituelle (1684).



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Oraison liturgique (propre de Lyon, 1953)


Dómine Iesu Christe, qui beátum Cláudium sacratíssimi Cordis tui servum fidélem et amatórem exímium effícere dignátus es: eius nobis intercessióne concéde; ut eiúsdem sacratíssimi Cordis tui virtútibus induámur et afféctibus inflammémur. Qui vivis. Seigneur Jésus-Christ, qui avez daigné faire de saint Claude un serviteur fidèle et un insigne amant de votre Cœur sacré, accordez-nous, par son intercession, d’être revêtus des vertus de votre Sacré Coeur et d’en ressentir les ardeurs. Vous qui vivez et régnez...


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Le temps de la Septuagésime

(cette année: du dimanche 12 au mardi 28 février)


Après l’accueil enthousiaste fait au Verbe incarné dont la gloire divine rayonne jusque dans son humanité, l’Église nous introduit soudain dans les profondeurs ténébreuses de la déchéance humaine.

Comme au Cycle de Noël, elle reprend l’étude de l’Ancien Testament pour nous montrer toutes les grandes figures qui ont annoncé l’œuvre rédemptrice du Christ et dont l’histoire, figurative de celle de Jésus, est bien de nature à nous préparer à la grande fête de Pâques où nous célébrons son triomphe. « Interrogez les Écritures, disait Notre-Seigneur, elles vous parlent de moi »; lex gravida Christo, l’Ancienne Loi est toute remplie de la préoccupation du Messie, car tout chez le peuple de Dieu prédisait et annonçait Jésus, le Sauveur de son peuple. L’Ancien Testament est comme un évangile anticipé qui éclaire, d’une lumière singulière, l’histoire du Sauveur. Aussi l’Église aime-t-elle, dans sa liturgie, à établir un parallèle entre les premières et les dernières pages de la Bible. Ce parallélisme, qui se retrouve en maintes pages du Missel, apparaît d’une manière particulièrement saillante pendant toute la Septuagésime, pendant le Carême, le Samedi saint, et aux premiers dimanches après la Pentecôte. (...)

Jésus répare le mal causé par Adam; il est pour l’Église le véritable Noé, c’est-à-dire le fondateur d’un peuple nouveau; il est, plus qu’Abraham, le chef du peuple que Dieu s’est choisi pour être son peuple; il est, mieux encore que Jacob, le protégé et le béni de Dieu; plus que Joseph il rendit le bien pour le mal, et si Moïse put délivrer son peuple de la captivité du péché et le nourrir de la manne au désert, il n’était en cela que la figure du Christ, Sauveur de son peuple et lui-même vrai pain descendu du ciel. Fusionner de la sorte l’histoire du peuple de Dieu avec celle de Jésus et de l’Église, c’est entrer dans la mentalité qui a présidé à la composition du Missel Romain, et en nous aidant à le mieux comprendre, nous faire participer d’une façon plus profonde au mystère pascal qu’Israël a annoncé et que Jésus-Christ a réalisé.

Pendant ce Temps de la Septuagésime, l’Église s’arrête spécialement aux trois premières figures que nous avons désignées (…). Nous y voyons la chute d’Adam (péché originel) et ses conséquences funestes: Septuagésime; la malice des hommes (péchés actuels) et le déluge qui en est le châtiment: Sexagésime; et enfin le sacrifice d’Abraham et celui de Melchisédech (Quinquagésime), qui présagent le sacrifice que Dieu exigea de son propre Fils pour l’expiation des péchés de tout le genre humain. Cette affirmation du dogme du péché originel et le tableau de ses lamentables suites font ressortir en Jésus son rôle glorieux de Sauveur.

L’Évangile des ouvriers de la vigne (dimanche de la Septuagésime) et celui du semeur (dimanche de la Sexagésime) rappellent que la Rédemption s’étend à tous les hommes, Juifs et Gentils, et la guérison de l’aveugle de Jéricho, qui suit l’annonce de la Passion (dimanche de la Quinquagésime), symbolise la lumière du salut que la croix de Jésus nous a values. Les Épîtres de S. Paul viennent à leur tour durant ces trois dimanches nous rappeler que l’Église doit à cette époque achever l’oeuvre du Sauveur en entrant courageusement dans l’ascèse purificatrice de la pénitence.

Dom Gaspar Lefebvre (+1966) - Missel quotidien et vespéral, Édition 1947, p.589-590



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Intentions du Saint-Père pour Février 2006

Générale : Pour que la communauté internationale soit toujours plus consciente du devoir urgent de mettre fin au trafic d’êtres humains

Missionnaire : Pour que dans les Missions, les fidèles laïcs ressentent la nécessité de servir leur propre pays, notamment en s’engageant davantage dans la vie politique et sociale



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