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Fraternité Saint Pierre - Val de Marne Communauté attachée à la liturgie traditionnelle, bénéficiant du Motu proprio " Ecclesia Dei " du 2 juillet 1988 de S.S. Jean-Paul II |
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Eglise Saint André 22 Avenue de Verdun 94410 Saint Maurice |
Bulletin de Janvier 2006 |
La fête de la Nativité nous fait admirer l’abaissement extrême du Seigneur, qui, alors qu’il était de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu, mais prit la condition de serviteur, se faisant semblable aux hommes (cf. Phil 2,6). Nous reconnaissons dans cette merveille de l’Incarnation la preuve de l’amour de notre Dieu pour sa créature, l’aurore du salut, et si, à l’image de la Vierge Marie, nous gardons toutes ces choses, les méditant dans notre coeur (cf. Luc 2, 19), nous ne pouvons que déborder de reconnaissance pour un si grand bienfait.
Souvent sans doute avons-nous médité sur ce troisième mystère joyeux de notre rosaire, en demandant la grâce du détachement, de l’esprit de pauvreté. Mais songeons-nous à la leçon d’obéissance que contient ce mystère ? Quel exemple pour nous ! Pour une intelligence obscurcie par le péché originel (et par ses péchés personnels ...), il y a comme un paradoxe à ce que le Christ qui vient nous libérer et nous faire entrer dans la liberté des enfants de Dieu commence son existence terrestre par une leçon d’obéissance. « Le Christ dit ceci entrant dans le monde: " Vous n'avez voulu ni sacrifice, ni oblation, mais vous m'avez formé un corps; vous n'avez agréé ni holocaustes, ni sacrifices pour le péché. Alors j'ai dit: Me voici, je viens ô Dieu, pour faire votre volonté. " » (Hébreux 10, 5-7). Sa vie entière tient dans ce simple mot, qui résume, dans l’évangile de Luc, toute la vie cachée à Nazareth : « Et Il leur était soumis » (Lc 2,51) Et jusqu’à sa Passion, Il témoignera qu’Il n’est venu que pour cela faire la volonté du Père, accomplir son dessein salvifique. « Il s’est fait obéissant jusqu’à la mort et la mort de la Croix » (Ph 2,8). Samuel insistait, quant à lui, sur la supériorité de l’obéissance sur tous les sacrifices : « Samuel dit: "Yahweh trouve-t-il du plaisir aux holocaustes et aux sacrifices, comme à l'obéissance à la voix de Yahweh? L'obéissance vaut mieux que le sacrifice et la docilité que la graisse des béliers" » (1Samuel 15,22).
Si le Christ a donné un exemple si fort d’obéissance, c’est d’abord pour racheter la désobéissance d’Adam, par laquelle la mort est entrée dans le monde, puis pour nous ouvrir la voie, nous appelant à faire comme Lui a fait et comme Il nous commande. C’est la condition de l’amitié avec Dieu, avec le Christ. « Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande » (Jn 15,14). L’obéissance à Dieu prime tout et peut conduire le chrétien jusqu’à la désobéissance civile, comme le rappelait notamment Jean-Paul II dans son encyclique « Evangelium Vitae » sur le respect de la vie, reprenant l’enseignement de saint Pierre selon lequel il faut être capable de braver un ordre qui irait contre la loi de Dieu (cf. Ac 4,19). Mais cette obéissance à Dieu, en dehors de ces cas extrêmes et rares de l’objection de conscience, se traduit par l’obéissance aux autorités humaines légitimes : parents, époux, maîtres, pouvoirs publics, en qui nous devons reconnaître une parcelle, une délégation de l’autorité de Dieu, car « Toute autorité vient de Dieu » (cf. Rm 13, 1-7 et Jn 19,11).
Tout cela semble nous entraîner bien loin de la liberté apportée par le Christ, dont nous parlions au début. Faudrait-il donc choisir entre l’une et l’autre ? Nietzsche a-t-il raison de voir dans la religion chrétienne une religion d’esclaves, au sens où elle nous enfoncerait dans une servilité pathologique ? C’est méconnaître la volonté du Christ et le dessein poursuivi par le Père en envoyant son Fils Unique. Le mot « Rédemption » qui résume l’oeuvre du Christ sur la terre ne signifie-t-il pas « délivrance », « rachat » ? Ne séparons pas ce que Dieu a uni. Cela ne vaut pas seulement pour l’union de l’homme et de la femme dans le sacrement du mariage, mais pour tout ce que Dieu a voulu unir, en l’occurrence l’obéissance et la liberté. Il nous faut corriger radicalement notre approche de la liberté, tellement faussée par une conception « libertaire », qui voudrait nous faire croire que la liberté consiste à faire ce que l’on veut, en d’autres termes de n’en faire qu’à sa tête. On se souvient de la magistrale encyclique de Jean-Paul II « Veritatis Splendor », sur les fondements de la morale, et particulièrement sur les rapports entre vérité et liberté.
Le chrétien est affranchi de la Loi, comme l’explique bien saint Paul aux chrétiens de Rome (qui cite 53 fois la Loi dans sa seule épître aux Romains : recherche effectuée par le moteur de recherche d’Ictus 3 en 0,03 secondes ...) (cf. Rm 6,14). Le chrétien est affranchi de la Loi, du moins celui qui vit du Christ, celui qui agit sous la motion du Seigneur et de son Esprit, celui-là est affranchi de la Loi. « Là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté » (2 Cor 3,17). Si saint Paul parle bien d’une loi du Christ (Ga 6,2), elle se résume dans la charité, donnée par le Christ Lui-même avant sa Passion comme son testament. Il nous enseigne dans le même temps l’obéissance et la charité, l’obéissance et la liberté. Cette liberté n’est pas chimérique, elle est réelle et concrète, car elle repose sur un événement historique, la victoire du Christ sur la Croix, elle naît, elle jaillit d’un contact personnel, d’une adhésion de tout notre être au Christ par la foi, l’espérance et la charité (nous la retrouvons...).
Alors, que nous soyons enfants ou adultes, que nous soyons esclaves ou hommes libres (exemple destiné à montrer que cette liberté se situe au-delà du plan social) comprenons que si nous voulons régner avec le Christ et être libres, et pour l’éternité, nous devons faire nôtres les sentiments qui étaient dans le Christ Jésus (cf. Phil 2,5), nous devons vivre dans notre chair les croix de l’obéissance, sources de joie pour celui qui les porte avec Notre Seigneur, pour la rédemption des âmes : « J’achève en mon corps ce qui manque à la Passion du Christ pour son corps qui est l’Eglise » (Col 1,24). C’est la clef de la sainteté, puisque la sainteté consiste essentiellement dans la conformité de notre volonté avec la volonté de Dieu. Entraînons-nous à une obéissance prompte et sans réplique, enseignons-la aux jeunes en essayant de leur en faire comprendre les bienfaits, et surtout en leur montrant toujours notre Divin Modèle, le Christ. Montrons aussi l’exemple de sa Très Sainte Mère, et celui de tant de saints de tous les âges (et de tous âges) qui sont une preuve vivante que les promesses du Seigneur ne sont pas vaines. Ne vivons pas dans l’illusion, et nous serons libres, vraiment libres. « Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres » (Jn 8,32)
Abbé Hugues de MONTJOYE
15. Quel est, pratiquement, le moyen le plus sûr de connaître avec certitude ce que Dieu vous demande ? Nul moyen n'exclut l'erreur et le doute comme l'exacte obéissance aux supérieurs ou au directeur de conscience. « La volonté de Dieu, déclarait saint Vincent de Paul. ne s'exécute jamais mieux que par l'obéissance aux supérieurs. » C'est la parole de l'Esprit-Saint: « L’obéissance vaut mieux que les sacrifices » (Eccl. IV, 17). Le sacrifice que nous faisons de notre volonté, en la pliant à l'obéissance, est préférable, aux yeux de Dieu, aux autres sacrifices en notre pouvoir. En effet, par d'autres bonnes oeuvres, comme aumônes, abstinence, austérités et choses semblables, nous donnons à Dieu ce qui nous appartient; en lui soumettant notre volonté, nous nous donnons nous-mêmes. Par nos charités et nos mortifications, nous lui cédons une part de la victime, mais, par l'offrande de notre volonté, nous la lui livrons tout entière. Aussi, quand nous avons dit: « Seigneur, manifestez-moi, au moyen de l'obéissance, ce que vous désirez de moi, car je suis prêt à l'exécuter », il ne nous reste plus rien à lui donner.
16. Celui qui s'est ainsi voué à l’obéissance doit se détacher en tout de son propre jugement. « Chacun, dit saint François de Sales, a ses propres opinions, mais cela n'est pas contraire à la perfection. Ce qui est contre la perfection, c'est l’attachement à nos opinions (Entretiens, 14). » Hélas! cet attachement est le plus difficile à rompre et voilà pourquoi bien peu d'âmes se donnent entièrement à Dieu: trop peu se soumettent en tout à l'obéissance. Il s'en trouve de tellement jaloux de leur indépendance que, en face d'un ordre, leur imposât-il même une chose de leur goût, néanmoins, par la seule raison qu'ils doivent accomplir cela par obéissance, ils en perdent l’attrait et le désir, n'éprouvant de satisfaction qu'à suivre ce que leur dicte la volonté propre. Telle n'est pas la conduite des saints. Un jour de récréation, sainte Jeanne de Chantal dit à ses religieuses d'employer leur temps, chacune à sa convenance. Le soir venu, elles allèrent, toutes, la conjurer de ne plus leur laisser pareille liberté. Aucun jour ne leur avait apporté plus d'ennui que celui où elles s'étaient vues déliées de l'obéissance.
17. C'est une illusion de penser qu'on puisse trouver une oeuvre préférable à celle imposée par
l'obéissance. Suivant saint François de Sales, « quitter les occupations légitimes pour s'unir à
Dieu par l'oraison, la lecture, le recueillement, c'est plutôt quitter Dieu pour s'unir à soi-même
et à son amour-propre » (Esprit, p. 18, ch. 19). Et, d'après sainte Thérèse, celui qui se livre à
une oeuvre, même de piété, contrairement à l'obéissance, agit certainement à l'instigation du démon
et non par inspiration divine, comme il s'en flatte peut-être; car, affirme-t-elle, les inspirations
de Dieu sont toujours d'accord avec l'obéissance. Ailleurs, elle écrit : « D’une âme résolue à
l'aimer, Dieu n'exige rien autre sinon qu'elle obéisse. » Une oeuvre faite par obéissance l'emporte,
dit le P. Rodriguez, sur toutes celles que nous pourrions imaginer. Il est plus méritoire de soulever
de terre un fétu de paille par obéissance que de faire une longue oraison et de se donner la
discipline jusqu'au sang par notre libre choix. Aussi, sainte Marie-Madeleine de Pazzi préférait se
tenir en quelque exercice d'obéissance plutôt qu'en oraison, car, disait-elle, « dans l'obéissance,
je suis sûre de la volonté de Dieu, mais aucune autre occupation ne me donne la même assurance »
(Cepari, c. 5).
Les maîtres de la vie spirituelle sont unanimes à déclarer qu'il vaut mieux omettre un exercice
de piété par obéissance que de l'accomplir en dehors d'elle. Suivant une révélation de la sainte
Vierge à sainte Brigitte, « omettre par obéissance une mortification, c'est faire double gain; on
gagne d'abord le mérite de la mortification, parce qu'on avait bonne volonté de se mortifier; on
obtient, en outre, le mérite de l'obéissance à laquelle on sacrifie la mortification »
(Rév. l. 4, 26). Un jour, le célèbre P. François Arias alla rendre visite au bienheureux Jean
d'Avila, son intime ami. Le trouvant triste et pensif, il lui en demanda la cause. « Heureux,
lui répondit le serviteur de Dieu, vous qui vivez sous l’obéissance ! Vous avez la certitude
d'accomplir la volonté de Dieu. Mais, moi, qui m'assurera de ce qui est le plus agréable à Dieu,
que j'aille de village en village instruire les pauvres paysans ou que je m'enferme dans un
confessionnal pour recevoir les pénitents qui se présentent ? Celui qui vit sous l'obéissance
est sur qu'en obéissant il accomplit la volonté de Dieu et même ce qui plaît davantage à Dieu. »
Consolantes paroles pour toutes les personnes vouées à l'obéissance.
18. L'obéissance sera parfaite à la condition d'être obéissance de la volonté et du jugement. Obéir avec la volonté, c'est obéir de bon coeur et non par force, comme des esclaves. Obéir avec le jugement, c'est conformer notre manière de voir à celle du supérieur sans soumettre à un examen et l'ordre donné et la manière dont il est donné. De là ce mot de sainte Marie-Madeleine de Pazzi: « La parfaite obéissance demande une âme sans jugement. » Saint Philippe de Néri disait pareillement: « Pour bien obéir, il ne suffit pas d'exécuter l'ordre du supérieur, il faut l’exécuter sans raisonner, persuadés que la chose commandée est pour nous la plus parfaite que nous puissions faire, le contraire fût-il même meilleur devant Dieu » (Bacci, l. 1, ch. 20).
19. Ceci s'applique non seulement aux religieux, mais aussi aux personnes du monde soumises à la
direction de leur père spirituel. En se faisant prescrire, dans le détail, par leur directeur, la
conduite à tenir dans les exercices de piété et dans leurs occupations journalières, elles ont
l'assurance de faire toujours ce qui est le meilleur. Aux âmes soucieuses de leur progrès dans les
voies de Dieu, saint Philippe de Néri recommandait la soumission à un confesseur éclairé et de lui
obéir comme à Dieu même. « Qui agit de la sorte, assurait-il, n'aura point à rendre compte de ses
actions au souverain Juge. » « Ayez foi dans votre confesseur, ajoutait-il, car le Seigneur ne
permettra pas qu'il se trompe. Il n'est rien qui déjoue les pièges du démon comme la soumission
de la volonté à celle d'un autre dans la pratique du bien; et il n'est rien de plus dangereux comme
de vouloir se conduire d'après son propre jugement » (Bacci, loc. cit.). Parlant à son tour de
la direction comme moyen de s'acheminer en sécurité dans les voies de la perfection, saint François
de Sales a écrit : « C’est ici l'avertissement des avertissements. Quoi que vous cherchiez, dit le
dévot Avila, vous ne trouverez jamais aussi assurément la volonté de Dieu que par le chemin de cette
humble obéissance, tant recommandée et pratiquée par tous les anciens dévots » (Introd., p. 1, ch. 4).
Saint Bernard, saint Bernardin de Sienne, saint Antonin, saint Jean de la Croix, sainte Thérèse,
Jean Gerson, tous les théologiens et tous les maîtres de la vie spirituelle tiennent le même langage.
Le doute sur cette doctrine, dit saint Jean de la Croix, est presque un doute contre la foi. Voici
ses paroles textuelles : « Ne pas se contenter de la décision du confesseur, c'est orgueil et manque
de foi » (Traité des ép., t. 3, col. 4, n° 8). Parmi les maximes de saint François de Sales, il
en est deux fort consolantes pour les âmes scrupuleuses : 1°) Jamais un vrai obéissant ne s’est
perdu; 2°) le directeur affirmant qu'on suit le bon chemin, il faut se contenter de cette affirmation
sans chercher à en savoir plus long.
Gerson, saint Antonin, Cajetan, Navarro, Sanchez, Bonacina, Corduba, Castropalaus, les Docteurs de
Salamanque et beaucoup d'autres, enseignent que c'est une obligation grave pour le scrupuleux
d'aller contre ses scrupules quand il y a crainte fondée que les scrupules entraînent un grave
dommage pour le corps ou pour l'âme, comme serait la perte de la santé ou de la raison. Aussi,
les scrupuleux doivent concevoir plus de scrupules de désobéir au confesseur que d'aller contre
leurs scrupules.
Concluons ce chapitre par l'abrégé de ce que réclament notre salut et notre
perfection:
1°) renoncer à nous-mêmes
2°) accomplir la volonté de Dieu
3°) prier sans cesse pour avoir la force de faire l'un et l'autre.
« Qu’y a-t-il pour moi dans le ciel ? et qu'ai-je désiré de vous sur la terre?... Vous êtes le Dieu
de mon coeur, et mon partage pour l'éternité. » (Ps. 72, 25-26). Mon Rédempteur bien-aimé, ô
amabilité infinie, vous êtes descendu du ciel pour vous donner tout à moi; que chercherai-je donc
en dehors de vous au ciel et sur la terre; vous êtes le souverain Bien, le seul bien digne d'être
aimé. Soyez donc l’unique maître de mon coeur, possédez-le tout entier. Que mon âme vous aime vous
seul, à vous seul obéisse et ne cherche à plaire qu'à vous. Que les mondains jouissent de leurs
richesses; moi, je ne veux que vous; vous êtes et vous serez mon trésor en cette vie et dans
l'éternité.
O mon Jésus, je vous donne entièrement mon coeur et ma volonté. Cette volonté fut un temps rebelle;
mais, maintenant, je vous la consacre entièrement. « Seigneur, que voulez-vous que je fasse? »
Dictez-moi vos volontés, puis prêtez-moi votre secours, car je les veux accomplir toutes. De moi,
et de ce qui m'appartient, disposez à votre gré; j'accepte tout, je souscris à tout.
O amour, digne d'un amour infini, vous avez poussé l’amour jusqu'à mourir pour moi! Je vous aime
de tout mon coeur, je vous aime plus que moi-même, et entre vos mains j'abandonne mon âme.
Aujourd'hui, je renonce à toute affection terrestre; je prends congé de tout le créé et ne veux
plus appartenir qu'à vous. Par les mérites de votre Passion, acceptez-moi, et rendez-moi fidèle
jusqu'à la mort. O Jésus, Jésus, désormais je vivrai pour vous seul, je n'aurai d'autre amour que
le vôtre et d'autre souci que l'accomplissement de votre volonté.
Soutenez-moi par votre grâce, et vous, ô mon espérance, Marie, donnez-moi assistance et protection.
S. Alphonse de Ligori, évêque et Docteur de l’église (1696-1787) in : La Pratique de l’amour envers Jésus-Christ Chapitre XIII
Nous avions annoncé cette visite, dont le but était de rencontrer notre communauté pour mieux
la connaître. Nous donnons, pour ceux qui n’y étaient pas, un petit compte-rendu. Mgr Labille est
arrivé vers 17h30, pour rencontrer en premier un petit groupe de jeunes (15 - 20 ans), ayant pour la
plupart participé aux JMJ avec différentes organisations (Juventutem, Communauté Saint-Martin,
Diocèse de Toulon, Opus Dei, ...) Chacun a pu donner son témoignage et ses attentes. Il est
ressorti de cette rencontre que les jeunes étaient en recherche de réponses fortes et claires
sur la foi, et partageaient le désir de témoigner ensuite de cette foi autour d’eux. La beauté de
la liturgie les soutient dans leur vie de prière et les aide à rencontrer le Christ. Plusieurs
participent également à la vie dans d’autres paroisses (par des implications comme cheftaines
aux Scouts d’Europe aux Saints Anges Gardiens par exemple)
Puis à 19h le « trio-double » (petit groupe de dialogue entre les deux communautés des messes de
10h et de 11h15 qui se réunit tous les deux ou trois mois : trois paroissiens de chaque communauté,
le Père GAVOIS et l’abbé de MONTJOYE) a présenté à l’évêque le chemin parcouru depuis deux ans,
date de création du groupe : les difficultés rencontrées, celles qui ont été surmontées, celles qui
demeurent, les projets, les craintes et les espoirs. L’abbé de MONTJOYE devant célébrer la messe
de 19h30, la rencontre s’est terminée sans lui.
A 20h, Monseigneur nous rejoignait à l’église pour exposer le Saint-Sacrement et donner la
bénédiction après 1/2 h d’adoration (essentiellement) silencieuse à laquelle participaient,
comme chaque premier vendredi du mois, des paroissiens des deux communautés (un peu plus que
d’habitude en fait).
Après quoi tous ceux qui le désiraient étaient conviés à partager
un verre de l’amitié avec Monseigneur dans une des salles de catéchisme, chacun
pouvant l’aborder et lui parler librement
A 21h nous nous rassemblions dans l’autre salle pour une rencontre plus générale. Une bonne
trentaine de parents étaient présents, membres pour la plupart du conseil paroissial (le nôtre)
ou responsables de services sur la communauté (catéchisme, scoutisme, groupes de foyers, ...), ainsi
bien sûr que notre cher abbé ARAGO. Chacun a commencé par se présenter, en mentionnant
notamment les responsabilités exercées ou les implications diverses à Saint-André ou dans sa
paroisse territoriale. Monseigneur a pu ainsi constater que la communauté était largement ouverte
aux diverses réalités de notre diocèse (accueil dans les paroisses, préparations aux mariage,
service du catéchuménat, AFC, chantiers éducation, scoutisme, responsables d’APEL, etc.). S’en
est suivi une requête de l’abbé de MONTJOYE, espérant que les confirmations puissent avoir lieu
un jour à Saint-André avec notre évêque selon les livres liturgiques de 1962. Quelques échanges
ont eu lieu entre Monseigneur et les paroissiens, faisant part de leur perception des choses, dans
une grande spontanéité qui n’a pas échappé à notre évêque, qui lui aussi s’est exprimé très
simplement et sans détours. La question du scoutisme a été aussi évoquée. Elle a retenu l’attention de
Monseigneur qui a invité les responsables à venir le rencontrer à l’évêché pour en reparler. Les
parents ont aussi largement évoqué leur souci d’éducateurs, et les problèmes qu’ils rencontrent
dans certaines écoles où ils ne trouvent pas de vrai soutien dans leur tâche de parents chrétiens.
Les activités communes entre les deux communautés ont été saluées comme autant de jalons sur le
chemin de l’unité des coeurs : activités spirituelles (adoration commune, pèlerinages à Lisieux,
Reims, Saint-Wandrille,) ou plus festives (galette des rois, soirée-crêpes, ...). Le Père GAVOIS
a pu en profiter pour annoncer que la procession de la Fête-Dieu reprendra en 2006 avec la paroisse
des Saint-Anges Gardiens et chez eux, ce dont nous nous sommes tous réjouis. Il serait trop long de
relater dans le détail toutes les interventions de cette soirée poursuivie jusqu’à 23h, mais tout
le monde a été très content de rencontrer notre évêque dans cet échange sincère et très largement
détendu.
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Monsieur l’Ambassadeur,
C’est avec joie que je reçois de vos mains les Lettres qui vous accréditent comme Ambassadeur
extraordinaire et plénipotentiaire de France près le Saint-Siège. En vous remerciant des paroles
courtoises que vous avez bien voulu m’adresser, je vous souhaite une cordiale bienvenue à l’occasion
de cette rencontre solennelle qui inaugure la mission qui vous a été confiée ici. Je suis sensible
aux souhaits de Son Excellence Monsieur Jacques Chirac, Président de la République française, vous
priant de lui exprimer en retour mes voeux les meilleurs pour lui-même et pour l’ensemble du peuple
de France.
Vous savez l’attention particulière de l’église catholique et du Saint-Siège envers la nation
française. Vous connaissez aussi l’engagement de l’église catholique dans la société, à tous les
niveaux. Par votre intermédiaire, permettez-moi, Monsieur l’Ambassadeur, d’adresser mes salutations
fraternelles aux Pasteurs et aux fidèles catholiques de votre pays, les encourageant à poursuivre
leur mission apostolique et leurs actions de solidarité fraternelle dans les paroisses, les
mouvements, les associations; ce sont des attitudes qui appartiennent à la tradition chrétienne
et qui trouvent leur fondement dans l’amour du Christ pour chaque personne, digne d’être aimée
pour elle-même.
Votre pays célèbre cette année le centenaire de la loi de séparation des églises et de l’état.
Comme l’a rappelé mon prédécesseur le Pape Jean-Paul II dans la lettre qu’il adressait le 11 février
dernier aux évêques de France, le principe de laïcité consiste en une saine distinction des pouvoirs,
qui n’est nullement une opposition et qui n’exclut pas cependant pour l’église «de prendre une part
toujours plus active à la vie de la société, dans le respect des compétences de chacun» (n. 2).
Une telle conception doit aussi permettre de promouvoir davantage l’autonomie de l’église, que ce
soit dans son organisation ou dans sa mission. à ce propos, je salue l’existence et les rencontres
des instances de dialogue entre l’église et les Autorités civiles, à tous les niveaux. Je suis sûr
que cela permettra de faire concourir au bien des citoyens toutes les forces ainsi mises en oeuvre
et portera des fruits dans la vie sociale.
Comme vous l’avez rappelé, votre pays vient de vivre une période difficile sur le plan social,
faisant apparaître la profonde insatisfaction d’une partie de la jeunesse; une telle situation
semble avoir atteint non seulement les banlieues des grandes villes, mais plus profondément toutes
les couches de la population. Les violences internes qui marquent les sociétés et que l’on ne peut
que condamner constituent cependant un message, notamment de la part de la jeunesse, nous invitant
à prendre en considération les requêtes des jeunes et à avoir, comme le rappelait Mgr Jean-Pierre
Ricard, Archevêque de Bordeaux et Président de la Conférence des évêques de France au terme de
l’Assemblée de Lourdes au mois de novembre dernier, «une réponse à la hauteur de ces tensions
dramatiques de notre société». Permettez-moi de saluer ici tous ceux qui se sont engagés, notamment
par le dialogue et la proximité fraternelle avec les jeunes, pour que le climat social soit à
nouveau pacifié, car il s’agit là d’une responsabilité de tous les citoyens.
Votre pays a accueilli de nombreux travailleurs étrangers et leurs familles, qui ont largement contribué au développement de la Nation depuis la fin de la deuxième Guerre mondiale. Il importe aujourd’hui de les remercier, eux et leurs descendants, de cette richesse économique, culturelle et sociale à laquelle ils ont participé. La plupart d’entre eux sont devenus ainsi des citoyens français à part entière. Le défi consiste aujourd’hui à vivre les valeurs d’égalité et de fraternité, qui font partie des valeurs mises en exergue par la devise de la France, prenant soin de faire en sorte que tous les citoyens puissent réaliser, dans le respect des différences légitimes, une véritable culture commune, porteuse des valeurs morales et spirituelles fondamentales. Il importe aussi de proposer aux jeunes un idéal de société et un idéal personnel, pour qu’ils conservent des raisons de vivre et d’espérer, et qu’ils aient davantage confiance en un avenir meilleur leur permettant d’édifier leur existence, de trouver un travail pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille, pour avoir le bien-être auquel ils ont naturellement droit. C’est donc en définitive à faire un pas supplémentaire pour l’intégration de tous dans la société que votre pays est invité, de même que d’autres nations du Continent, au nom même de la dignité intrinsèque de toute personne et de son caractère central dans la société, que rappelait le Concile œcuménique Vatican II (Gaudium et spes, n. 9), comme vous l’évoquiez vous-même. La paix sociale est en grande partie à ce prix.
Il convient aussi de porter une attention toute spéciale à l’institution conjugale et familiale, à laquelle aucune autre forme d’organisation relationnelle ne peut être comparée. Elle est en effet le fondement de la vie sociale et elle a un rôle irremplaçable dans l’éducation de la jeunesse, associant autorité et soutien affectif, donnant à tous les jeunes les valeurs indispensables à leur maturation personnelle et le sens du bien commun, ainsi que les repères nécessaires à la vie en société. Pour ce faire, elle doit être aidée et soutenue, pour ne pas démissionner de sa mission éducative et laisser alors les jeunes livrés à eux-mêmes. Je veux saluer ici les éducateurs, le milieu scolaire et tous les mouvements qui s’attachent à soutenir les parents dans leur tâche éducative, les aidant à former la conscience des jeunes, pour que ces derniers puissent être demain des adultes responsables non seulement d’eux-mêmes mais aussi de leurs frères en humanité et de la bonne marche de la société. Que tous sachent que l’église, qui s’attache partout à défendre la famille, veut les aider dans leur tâche.
D’autre part, il importe que les jeunes soient accompagnés, pour qu’ils puissent prendre leur vie en main et se sentir membres à part entière de la société. Tout cela contribuera grandement à la cohésion nationale entre les générations et à la création d’un tissu social plus fort. Dans ce même esprit, je souhaite attirer aussi l’attention de tous les hommes de bonne volonté sur les décisions et les actions en matière de bioéthique, qui montrent que l’on a de plus en plus tendance à considérer l’être humain, notamment dans les premiers instants de son existence, comme un simple objet de recherche. Il importe d’envisager les questions éthiques non pas d’abord du point de vue de la science, mais de celui l’être humain, qui doit impérativement être respecté. Sans acceptation de ce critère moral fondamental, il sera difficile de créer une société vraiment humaine, respectueuse de tous les êtres qui la composent, sans distinctions aucunes.
Pour de multiples raisons, votre pays est attentif aux pays émergents et à ceux qui peinent à engager un véritable développement économique et social. Le récent sommet Afrique-France, qui s’est tenu au Mali, en est une expression. Les pays riches ont une grande responsabilité dans la croissance des sociétés et dans l’épanouissement des citoyens des nations en difficulté, non seulement pour leur fournir des aides financières, mais aussi pour former techniquement les cadres et le personnel qui rendront ces nations de plus en plus autonomes et protagonistes dans l’économie mondiale. Ils sont appelés à participer notamment à l’établissement de structures locales autosuffisantes permettant aux habitants d’avoir les ressources nécessaires à leur subsistance. Il devient en effet plus que jamais urgent que se poursuivent et s’intensifient les actions les plus concrètes possibles, prenant appui sur les populations locales, en particulier les femmes et les jeunes, qui, notamment dans les sociétés africaines, ont une place primordiale et peuvent grandement donner un nouvel élan à l’économie et à la vie sociale.
Au terme de notre rencontre, je vous adresse, Excellence, mes voeux les plus cordiaux pour la mission que vous inaugurez aujourd’hui. Soyez assuré que vous trouverez toujours auprès de mes collaborateurs l’attention et l’aide dont vous pourrez avoir besoin.
En confiant le peuple de France et ses Autorités à la bienveillance de Notre-Dame de Lourdes et aux nombreux saints et saintes de votre terre, si chers au coeur de bon nombre de vos compatriotes, je demande au Seigneur de les soutenir tous, afin que, puisant dans le patrimoine et la longue tradition spirituels qui sont les leurs, ils puissent édifier une société de paix et de justice, et contribuer à une solidarité toujours plus grande entre les personnes et entre les peuples. Bien volontiers, je vous accorde, Excellence, la Bénédiction apostolique, ainsi qu’à vos collaborateurs et à vos proches
Deux frères de 7 et 11 ans vont recevoir une indemnité de 12.800 euros, pour « le préjudice moral et affectif » subi après la naissance en 2001 de Catalina, leur petite soeur trisomique. La justice a, en effet, condamné le gynécologue, qui n’avait pas décelé ce handicap, à verser cette somme à ces deux enfants, estimant qu’ils « avaient reçu de leur mère moins d’affection, moins de temps et moins de moyens d’éducation ».
L’OCH (l’Office chrétien des personnes handicapées) et l’ASFHA (l’Association Nationale des Soeurs et Frères de personnes handicapées) ne peuvent rester silencieux face à cette décision. « Certains seraient-ils jugés moins dignes de vivre que d’autres? Comment accepter que la personne handicapée ne soit qu’un préjudice qu’il faut indemniser, à défaut d’avoir pu l’éliminer ? », interroge Philippe de Lachapelle, directeur de l’OCH.
« Ce jugement a peut-être le mérite de reposer la question de la solidarité nationale et de souligner la charge souvent cachée et néanmoins prépondérante de la personne handicapée dans la fratrie, mais il laisse entendre que la suppression de Catalina aurait été préférable à sa vie », regrette Michel Boyancé, président.
« Avoir un frère ou une soeur handicapée est une épreuve, mais c’est aussi une expérience qui apporte beaucoup et, en aucune manière, un préjudice à indemniser. Aider les frères et soeurs à trouver leur juste place et travailler à la reconnaissance de la dignité des personnes handicapées constitue notre première tâche », précise Michel Donzel, président de l’ASFHA, « en ce sens, la décision des juges de Reims nous choque profondément. »
Les conséquences de ce jugement sont lourdes de traumatismes:
- pour les personnes handicapées qui s’entendent dire qu’il était
préférable qu’elles ne soient pas venues au jour,
- pour les parents qui se voient reprocher l’amour qu’ils ne donneraient pas à
leurs autres enfants,
- pour les fratries qui ne se voient pas reconnues dans ce qu’elles donnent et reçoivent de
leur frère ou soeur handicapé au delà des difficultés,
- pour le corps médical soumis à une pression toujours plus pesante.
L’OCH tient à réaffirmer Le caractère unique et sacré de chaque vie humaine. Plus que jamais, il faut assurer les parents qu’ils ne sont pas seuls, soutenir les frères et soeurs, dire aux personnes handicapées que nul n’est fondé à estimer la valeur de leur vie. Le 13 mai 2006, La 11è journée nationale des frères et soeurs de personnes handicapées permettra aux fratries de partager, d’échanger et d’approfondir leurs expériences, afin que, par delà l’épreuve, la personne handicapée soit porteuse d’une espérance pour notre société toute entière.
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La statue de l’Enfant Jésus de loin la plus connue se trouve à Prague dans l’église des carmes, Notre-Dame de la Victoire, dans le quartier de Mala Strana. L’histoire de ses origines demeure obscure. Une tradition rapporte que cette statue de quarante-sept centimètres de haut, modelée en cire sur un noyau de bois, aurait appartenu un certain temps à sainte Thérèse d’Avila. De fait, la grande réformatrice du carmel emmenait volontiers avec elle une statue de l’Enfant Jésus lors de ses voyages. Il est sûr que la statue de l’Enfant Jésus de Prague appartenait à la famille princière espagnole des Manrique. D’après une tradition familiale, elle fut donnée en cadeau à la fille aînée lors de son mariage. L’Enfant Jésus vint donc en Bohême quand Dona Maria Manrique Polyxena épousa le prince Zdenki Adalbert de Lobkowitz, grand chancelier du royaume de Bohême. N’ayant pas de fille, elle résolut d’offrir l’Enfant Jésus aux carmes de l’église Notre-Dame de la Victoire à Prague.
Lorsqu’en 1628 la statue trouva là sa demeure définitive, la Guerre de Trente ans durait déjà depuis une dizaine d’années. Elle avait éclaté en Bohême, pays qui depuis les jours de Jean Huss n’avait jamais plus connu le calme. Cinq confessions se disputaient la prééminence, et l’opposition entre Allemands et Tchèques augmentait encore la tension. Plus des trois quarts de la population s’étaient déjà séparés de l’église. La noblesse de Bohême devenue protestante se rebella contre son seigneur légitime, l’empereur Ferdinand II, mais fut mise en déroute à la bataille de la Montagne Blanche, près de Prague, le 8 novembre 1620. On attribua le mérite considérable de ce succès des armes catholiques au supérieur général de l’ordre des carmes, le père Dominique de Jésus-Marie, un saint religieux qui avait accompagné comme légat pontifical l’armée catholique commandée par Maximilien Ier, duc de Bavière. Malgré leurs hésitations, le moine encouragea les chefs de l’armée catholique à se lancer à l’attaque des troupes protestantes qui s’étaient retranchées à leur avantage sur les hauteurs de la Montagne Blanche. Un certain temps, l’issue du combat parut incertaine ; Dominique de Jésus-Marie demanda alors un cheval, attacha à son cou un tableau de la sainte Vierge, nommée plus tard « Vierge de Strakonitz », et se lança avec Maximilien, duc de Bavière, contre l’ennemi qui, pris de panique, se mit à fuir. Paraphrasant le mot de César, le Bavarois annonça ainsi la victoire au pape : « Je suis venu, j’ai vu, Dieu a vaincu. » Grande fut la joie dans tout le monde catholique devant le triomphe de la cause chrétienne. L’opposition à Ferdinand II s’effondra. Pour exprimer sa reconnaissance, l’empereur promit au général des carmes d’ériger des fondations de son ordre à Vienne et à Prague.
C’est donc en 1628 que vint au couvent de Prague la statue de l’Enfant Jésus offerte par Polyxena de Lobkowicz. Les religieux la placèrent dans l’oratoire des novices et bientôt on attribua à sa vénération les premières prières exaucées.
En février 1634, les Suédois envahirent la Bohême et mirent le siège devant Prague. Les habitants du couvent s’enfuirent à nouveau. Mais, même après leur retour à Prague, la paix ne revint pas. Un mécontentement croissant se manifesta parmi eux et se traduisit par de nombreux changements dans la distribution des charges de la communauté, le transfert du noviciat à Munich et le souhait de nombreux religieux d’être nommés dans une autre maison. On vit plus tard, dans ces malheurs, une punition du ciel due au manque de respect à l’égard de la statue miraculeuse.
On recommença à la vénérer lorsque le père Cyrille de la Mère de Dieu, un Luxembourgeois, arriva à la Pentecôte 1637 au couvent des carmes déchaux à Prague. Il y avait passé le temps de son noviciat et avait une particulière dévotion pour cette statue. Il la retrouva couverte de poussière et la remit à l’honneur. Suite aux nombreuses grâces obtenues, la dévotion à l’Enfant Jésus de Prague se répandit de plus en plus non seulement parmi le peuple, mais aussi au sein de la noblesse de Bohême. Les carmes décidèrent alors de rendre la statue accessible à la vénération publique en l’exposant dans l’église du couvent. Le père Cyrille de la Mère de Dieu composa à l’adresse de l’Enfant Jésus une prière qui fut plus tard traduite en de nombreuses langues.
Il y avait déjà plus d’un quart de siècle que le Saint Empire était durement éprouvé par la guerre. La longueur de ce conflit s’ajoutant au fait que la guerre entretient la guerre, amena des souffrances interminables sur ce pays et ses habitants. Une quatrième phase commença en 1635 avec l’entrée en guerre de la France. La stratégie consista en une suite d’opérations souvent incohérentes qui eurent plus ou moins de succès.
L’empereur Ferdinand III, successeur de son père Ferdinand II depuis 1637, convoqua une Diète à Ratisbonne pour septembre 1640 dans le but de rétablir la paix. Tandis que l’on y menait de difficiles tractations, les Suédois, commandés par le général Jan Banér, conçurent l’audacieux projet de s’emparer de l’empereur et de la Diète. Depuis la Thuringe, les Suédois et leurs alliés français partirent à marche forcée vers le sud, alors que les unités impériales avaient déjà rejoint leurs quartiers d’hiver. Un mouvement de diversion des troupes ennemies devait donner l’impression que leur objectif était la Bohême. A la mi-janvier, on entendait déjà à Ratisbonne le tonnerre des canons ennemis. En raison d’un hiver très rude, le Danube était couvert de glace et les routes et chemins fortement gelés. Il aurait été facile à l’ennemi d’encercler la ville et de faire prisonnier l’empereur et la Diète. Effrayés, les membres de la Diète étaient déjà décidés à partir, mais l’empereur réussit à les retenir. Il dépêche des estafettes à ses généraux, mais aussi un coursier à Prague pour qu’il demande aux carmes d’implorer le secours de l’Enfant Jésus. De son côté, il fait voeu d’aller en pèlerinage à la statue miraculeuse dès que les circonstances le lui permettraient.
Jour et nuit les carmes se mettent à supplier l’Enfant Jésus de bien vouloir sauver de ce danger l’empereur et sa Maison et de les protéger. Et tout à coup le dégel arrive, sur le Danube la glace se brise. La débâcle ne permettant pas à l’ennemi de traverser le fleuve en bateau, le coup de main prévu échoue. Alors de tous côtés arrivent les troupes impériales et, la situation de Banér devenant toujours plus précaire, il ne lui reste plus qu’à se retirer vers le nord.
Déjà en 1639 les Suédois avaient interrompu de façon inattendue le siège de Prague, alors qu’ils avaient réussi à ouvrir une brèche dans les murs de la ville. On avait attribué ce surprenant départ de l’ennemi aux prières persévérantes des carmes adressées à l’Enfant Jésus sur la demande de leur prieur.
Le 15 octobre 1647, en la fête de sainte Thérèse d’Avila, réformatrice du carmel, l’empereur Ferdinand III rendait visite au carmel de Prague et remerciait l’Enfant Jésus au pied de sa statue pour tous les bienfaits qu’il lui avait accordés ainsi qu’à ses sujets.
C’est en Bohême que la Guerre de Trente ans avait commencé, c’est là aussi qu’elle devait prendre fin. En mai 1648, le maréchal suédois Hans Christoph von Königsmark faisait à nouveau irruption en Bohême. Un lieutenant-colonel de l’armée impériale, du nom d’Odowalsky, qui avait été limogé, blessé et aigri par la manière dont il avait été traité par les fonctionnaires impériaux, offrit ses services à l’ennemi. Avançant nuit et jour à marche forcée, les Suédois arrivèrent à l’improviste devant Prague aux premières heures du 26 juillet 1648. Vers deux heures du matin, Odowalsky réussit, grâce à la connaissance exacte qu’il avait des fortifications, à introduire une avant-garde dans la ville profondément endormie. En l’espace d’une heure, l’ennemi s’était rendu maître du quartier de Mala Strana et de la colline du Hradschin. Königsmark avait autorisé ses troupes à se livrer au pillage pendant trois jours. De nombreux habitants sans défense, parmi lesquels des prêtres et des chanoines, trouvèrent la mort ou furent blessés. Le cardinal prince-évêque Harrach ainsi que de nombreux autres dignitaires furent faits prisonniers dans le but d’exiger une lourde rançon. Le lendemain matin l’attaque des Suédois contre les quartiers de la vieille ville et de la nouvelle ville commença, mais ils ne réussirent pas à s’en emparer. Les Suédois reçurent du renfort, mais de son côté approchait également une armée de secours des impériaux. Il n’y eut cependant plus de combat, car le 24 octobre 1648 après de difficiles négociations à Münster et Osnabrück, la paix de Westphalie avait été signée.
Lors de la prise de Mala Strana par les Suédois, l’église et le couvent des carmes avaient été visiblement épargnés, tandis que tout le quartier alentour, y compris les établissements religieux, avait été pillé de la pire manière. Le général Königsmark, bien connu par ailleurs pour sa haine du catholicisme, prit le couvent sous sa protection, lui donna une garde et accorda aux religieux un sauf-conduit. Durant la prise de ce quartier de Mala Strana, les carmes n’avaient pas cessé d’implorer la protection et l’aide de l’Enfant Jésus et, tout au long de l’occupation suédoise, les religieux se relayèrent sans interruption pour prier devant son autel. Avec le temps, il s’installa entre le couvent et l’armée d’occupation une sorte d’entente cordiale, si bien que des habitants du voisinage vinrent se réfugier chez les carmes durant plusieurs semaines, sachant qu’ils n’y seraient en aucune façon molestés.
En 1649, Mala Strana et tous les alentours du couvent des carmes furent atteints par l’épidémie de peste. Au milieu des jeûnes et des prières, les religieux firent des voeux à l’Enfant Jésus qui, cette fois encore manifestement, les prit sous sa protection spéciale. Les pères carmes, bien qu’en contact permanent avec le monde extérieur, furent tous, à l’exception du prieur, épargnés par l’épidémie qui faisait rage autour d’eux. On put aussi observer que des familles qui étaient venues implorer l’Enfant Jésus avaient été préservées de la contagion.
Par la suite encore l’Enfant Jésus de Prague répondit avec une clémence toute particulière à la vénération et à la dévotion des fidèles lors d’un fléau dévastateur, la dysenterie rouge, qui fit vingt mille victimes d’août 1713 à mars 1714. Au même moment une peste bovine frappa près de deux millions de bêtes. Ni le couvent, ni les voisins qui étaient venus se joindre aux exercices de piété organisés par les carmes ne furent touchés par la catastrophe.
A partir de 1648, lorsque le bruit des armes cessa en Europe, le nombre des pèlerins de l’Enfant Jésus de Prague ne cessa d’augmenter. La statue de l’Enfant Jésus fut portée solennellement en procession dans les différentes églises de Prague. L’Enfant Jésus fut acclamé comme sauveur de la ville face aux dangers de la Guerre de Trente ans, proclamé roi et couronné. Quatre ans plus tard, le 4 avril 1655, eut lieu un couronnement encore plus solennel par l’évêque auxiliaire Joseph Corta au nom du cardinal-archevêque. Martinitz avait offert pour l’occasion une couronne en or richement ornée de pierres précieuses et de perles. Il fit aussi don à l’Enfant Jésus d’une copie de l’insigne de l’ordre de la Toison d’or, la plus haute décoration des Habsbourg, que le roi d’Espagne lui avait remise peu de temps auparavant.
Grâce à l’ouvrage Grande et Petite chronique de Prague (1737), la popularité de l’Enfant Jésus de Prague se répandit bien au-delà des frontières de la Bohême. Son auteur, le père Emmerich de S. Stephano, prieur du carmel de Prague, y a rassemblé l’essentiel de ce qu’il savait sur cette dévotion, son histoire, les prières exaucées et les miracles obtenus.
La population de Prague expérimenta encore la protection de son Enfant Jésus durant la guerre de succession d’Autriche qui fut menée de 1740 à 1748 en faveur de l’archiduchesse Marie-Thérèse, fille de l’empereur Charles VI mort sans héritier. Le 26 novembre 1741, les troupes françaises, bavaroises et saxonnes envahirent Prague, où un seigneur étranger, le prince électeur de Bavière Karl Albrecht, se fit proclamer roi de Bohême. Poussés par la peur, les habitants de la ville se précipitèrent en foule à l’église des carmes et prièrent l’Enfant Jésus de bien vouloir les préserver du pillage et des assassinats. Ils attribuèrent au divin Enfant d’avoir été si bien épargnés lors de la prise de la ville. Il n’y eut pas de pillage et les tirs d’artillerie ne causèrent pas de gros dégâts. La population se montra reconnaissante envers son protecteur. On organisa une quête dont le montant servit à fondre un boulet de canon en argent sur lequel furent gravés ces mots en latin : « Offrande de la ville de Prague, épargnée par la grâce de l’Enfant Jésus. »
L’impératrice Marie-Thérèse avait vingt-trois ans lorsqu’elle accéda au trône. Elle dut employer plus du tiers de ses quarante années de règne à défendre son patrimoine et ses couronnes contre une puissante coalition européenne. Bien qu’elle vécût et régnât au siècle des lumières et que ses conseillers et ministres fussent en partie des déistes étrangers au catholicisme, l’impératrice possédait personnellement une religiosité profonde et presqu’enfantine qu’aucun doute ne venait troubler. Lors de son couronnement à Prague en 1742 comme reine de Bohême, elle rendit visite avec son époux, Franz Stephan de Lorraine, au saint Enfant Jésus et fit don pour sa statue d’un magnifique ornement qu’elle avait elle-même brodé.
L’Enfant Jésus de Prague dispose d’une riche garde-robe. Les personnes qui le vénèrent à travers le monde entier lui ont offert une soixantaine d’habits. Au fil des mois, il en est orné selon les couleurs liturgiques.
Après la mort de l’impératrice en 1780, son fils Joseph II établit une nouvelle politique religieuse, désignée plus tard sous le nom de joséphisme. Tous les couvents contemplatifs furent supprimés, sous prétexte qu’ils n’étaient d’aucune utilité pour le bien commun. Le carmel de Prague fut touché lui aussi par cette mesure. Son domaine fut confisqué, les moines chassés et l’apostolat confié aux chevaliers de Malte. Sous l’influence du joséphisme, l’état était mal disposé envers les dévotions populaires. De ce fait, la vénération du saint Enfant Jésus ne fut plus encouragée comme au temps des carmes et l’intérêt pour sa statue diminua parmi la population.
Mais le culte envers l’Enfant Jésus de Prague ne tomba pas complètement dans l’oubli.
Vers le milieu du XIXe siècle, il reprit de l’importance et trouva un nombre toujours croissant
d’adeptes dans les pays les plus éloignés. Les reproductions de la statue miraculeuse
bénies par le contact avec l’original jouirent d’une grande vogue et se répandirent
jusqu’en Amérique du Nord et du Sud, ainsi qu’en Asie. En 1894 des catholiques chinois offrirent
à l’Enfant Jésus un vêtement richement brodé par les carmélites de
Tou-se-we, près de Shanghai, qui porte sur la bordure inférieure l’inscription
suivante :
« Divin Enfant Jésus, ayez pitié de la Chine ! Donnez-lui la foi et libérez-la
de la nuit du mauvais esprit ! »
En 1895 fut érigée dans l’église Notre-Dame de la Victoire à Prague une « confrérie en l’honneur de l’Enfant Jésus de Prague ». Cette association compta bientôt un grand nombre d’adhérents.
Par la suite, d’autres pèlerinages à l’Enfant Jésus de Prague virent le jour ; le plus connu est celui des carmes déchaux d’Arenzano près de Gênes, où depuis 1902 une reproduction de l’Enfant Jésus de Prague est vénérée. La Pia unione del Santo Bambino di Praga qui y fut érigée, publie une revue dans laquelle il est souvent fait mention de prières exaucées et de grâces accordées par l’Enfant Jésus.
En notre siècle, le cardinal-archevêque de Prague, Karl Kaspar (1931-1945) fut un grand dévot du saint Enfant Jésus en même temps qu’un propagateur de sa dévotion. Il s’employa par la parole et l’écrit à la répandre sur place et à l’étranger.
Avec le temps, l’Enfant Jésus de Prague fut toujours plus connu dans le monde catholique. A ceux qui l’ont prié dans une intention particulière, il a accordé aide et réconfort un nombre incalculable de fois
Toutefois, comme on vient de le voir, la Providence divine s’est manifestée à plusieurs reprises dans le cours de l’histoire à la faveur de cette dévotion, spécialement lors de la Guerre de Trente ans, alors qu’il s’agissait de défendre le Saint Empire romain germanique, la principale puissance catholique, menacé alors de l’extérieur par ses ennemis protestants.
Ô Petit Enfant ! mon unique Trésor, je m'abandonne à tes Divins Caprices. Je ne veux pas d'autre joie que celle de te faire sourire. Imprime en moi tes grâces et tes vertus enfantines, afin qu'au jour de ma naissance au Ciel, les anges et les saints me reconnaissent en ta petite épouse.
Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus (Pri 14)
Générale : Pour que l’effort d’union des chrétiens mène à la réconciliation de tous les peuples.
Missionnaire : Pour que les chrétiens accueillent les migrants en voyant en eux l’image de Dieu.