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Fraternité Saint Pierre - Val de Marne Communauté attachée à la liturgie traditionnelle, bénéficiant du Motu proprio " Ecclesia Dei " du 2 juillet 1988 de S.S. Jean-Paul II |
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Eglise Saint André 22 Avenue de Verdun 94410 Saint Maurice |
Bulletin de juin 2006 |
Abbé Hugues de MONTJOYE
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Cœur de Jésus, broyé à cause de nos péchés, Ainsi soit-il. |
![]() La statue du Sacré Coeur dans l'église Saint André |
Le mercredi 15 mars dernier, après avoir achevé le cycle commencé par son prédécesseur sur Psaumes et sur les Cantiques
des Laudes et des Vêpres, Benoît XVI a commencé un nouveau cycle de catéchèses de l’audience générale du mercredi
consacré «au mystère de la relation entre le Christ et l'Eglise, en le considérant à partir de l'expérience des Apôtres, à la lumière
du devoir qui leur a été confié» (discours du 15 mars).
Le 26 avril dernier, le Souverain Pontife a parlé de la Tradition. Voici
le texte complet de cette catéchèse (traduction www.zenit.org ).
Chers frères et sœurs,
Merci pour votre affection ! Dans la nouvelle série de catéchèses, commencée depuis peu, nous cherchons à comprendre le dessein originel de l'Eglise voulue par le Seigneur, pour mieux comprendre ainsi également notre place, notre vie chrétienne, dans la grande communion de l'Eglise. Jusqu'à présent, nous avons compris que la communion ecclésiale est suscitée et soutenue par l'Esprit Saint, conservée et promue par le ministère apostolique. Et cette communion, que nous appelons Eglise, ne s'étend pas seulement à tous les croyants d'un moment historique déterminé, mais comprend également tous les temps et toutes les générations. Nous avons donc une double universalité: l'universalité synchronique — nous sommes unis avec les croyants dans toutes les parties du monde — et également une universalité dite diachronique c'est-à-dire : que tous les temps nous appartiennent, les croyants du passé et les croyants de l'avenir également forment avec nous une grande et unique communion. L'Esprit apparaît comme le garant de la présence active du mystère dans l'histoire, Celui qui en assure la réalisation au cours des siècles. Grâce au Paraclet, l'expérience du Ressuscité, faite par la communauté apostolique aux origines de l'Eglise, pourra toujours être vécue par les générations successives, dans la mesure où elle est transmise et actualisée dans la foi, dans le culte et dans la communion du Peuple de Dieu, pèlerin dans le temps. Et ainsi, à présent, au cours du temps pascal, nous vivons la rencontre avec le Ressuscité, non seulement comme un événement du passé, mais dans la communion présente de la foi, de la liturgie, de la vie de l'Eglise. C'est dans cette transmission des biens du salut, qui fait de la communauté chrétienne l'actualisation permanente, dans la force de l'Esprit, de la communion originelle, que consiste la Tradition apostolique de l'Eglise. Elle est ainsi appelée car elle est née du témoignage des Apôtres et de la communauté des disciples au temps des origines, elle a été consignée sous la direction de l'Esprit Saint dans les écrits du Nouveau Testament et dans la vie sacramentelle, dans la vie de la foi, et c'est à elle — à cette Tradition, qui est toute la réalité toujours actuelle du don de Jésus — que l'Eglise se réfère constamment comme étant son fondement et sa norme, à travers la succession ininterrompue du ministère apostolique.
Jésus, toujours dans sa vie historique, limitait sa mission à la maison d'Israël, mais faisait déjà comprendre que ce don était destiné non seulement au peuple d'Israël, mais au monde entier et à tous les temps. Le Ressuscité confie ensuite de façon explicite aux Apôtres (cf. Lc 6, 13) la tâche de faire des disciples de toutes les nations, garantissant sa présence et son aide jusqu'à la fin des temps (cf. Mt 28, 19sq). L'universalisme du salut demande, par ailleurs, que le mémorial de la Pâque soit célébré sans interruption dans l'histoire jusqu'au retour glorieux du Christ (cf. 1 Co 11, 26). Qui actualisera la présence salvifique du Seigneur Jésus à travers le ministère des Apôtres — chefs de l'Israël eschatologique (cf. Mt 19, 28) — et à travers toute la vie du peuple de la nouvelle alliance? La réponse est claire: l'Esprit Saint. Les Actes des Apôtres — en continuité avec le dessein de l'Evangile de Luc — présentent sur le vif l'interpénétration entre l'Esprit, les envoyés du Christ et la communauté qu'ils ont rassemblée. Grâce à l'action du Paraclet, les Apôtres et leurs successeurs peuvent réaliser dans le temps la mission reçue par le Ressuscité: « C'est vous qui en êtes les témoins. Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis...» (Lc 24, 48sq). « Mais vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit, qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8). Et cette promesse, au début incroyable, s'est déjà réalisée à l'époque des Apôtres: « Quant à nous, nous sommes les témoins de tout cela, avec l'Esprit Saint, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent » (Ac 5, 32).
C'est donc l'Esprit lui-même qui, à travers l'imposition des mains et la prière des Apôtres, consacre et envoie les nouveaux missionnaires de l'Evangile (tel que, par exemple, dans Ac 13, 3sq. et 1 Tm 4, 14). Il est intéressant de noter que, alors que dans certains passages, on dit que Paul établit les prêtres dans les Eglises (cf. Ac 14, 23), on affirme ailleurs que c'est l'Esprit qui constitue les pasteurs du troupeau (cf. Ac 20, 28). L'action de l'Esprit et celle de Paul apparaissent ainsi profondément interpénétrées. A l'heure des décisions solennelles pour la vie de l'Eglise, l'Esprit est présent pour la guider. Cette présence-guide de l'Esprit Saint se ressent particulièrement dans le Concile de Jérusalem, dans les paroles conclusives duquel retentit l'affirmation: «L'Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé...» (Ac 15, 28); l'Eglise grandit et marche « dans la crainte du Seigneur [...] avec l'assistance de l'Esprit Saint » (Ac 9, 31). Cette actualisation permanente de la présence active de Jésus Seigneur dans son peuple, opérée par l'Esprit Saint et exprimée dans l'Eglise à travers le ministère apostolique et la communion fraternelle, est ce que l'on entend au sens théologique avec le terme Tradition: celle-ci n'est pas la simple transmission matérielle de ce qui fut donné au début aux Apôtres, mais la présence efficace du Seigneur Jésus, crucifié et ressuscité, qui accompagne et guide dans l'Esprit la communauté qu'il a rassemblée.
La Tradition est la communion des fidèles autour des pasteurs légitimes au cours de l'histoire, une communion que l'Esprit Saint alimente en assurant la liaison entre l'expérience de la foi apostolique, vécue dans la communauté originelle des disciples, et l'expérience actuelle du Christ dans son Eglise. En d'autres termes, la Tradition est la continuité organique de l'Eglise, Temple de Dieu le Père, érigé sur le fondement des Apôtres et tenu ensemble par la pierre angulaire, le Christ, à travers l'action vivifiante de l'Esprit: « Et donc, vous n'êtes plus des étrangers ni des gens de passage, vous êtes citoyens du peuple saint, membres de la famille de Dieu, car vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondations les Apôtres et les prophètes; et la pierre angulaire c'est le Christ Jésus lui-même. En lui, toute la construction s'élève harmonieusement pour devenir un temple saint dans le Seigneur. En lui, vous êtes, vous aussi, des éléments de la construction pour devenir par l'Esprit Saint la demeure de Dieu » (Ep 2, 19-22). Grâce à la Tradition, garantie par le ministère des Apôtres et de leurs successeurs, l'eau de la vie qui jaillit du côté du Christ et son sang salutaire rejoignent les femmes et les hommes de tous les temps. Ainsi, la Tradition est la présence permanente du Sauveur qui vient nous rencontrer, nous racheter et nous sanctifier dans l'Esprit à travers le ministère de son Eglise, à la gloire du Père.
En conclusion et en résumé, nous pouvons donc dire que la Tradition n'est pas une transmission de choses ou de paroles, une collection de choses mortes. La Tradition est le fleuve vivant qui nous relie aux origines, le fleuve vivant dans lequel les origines sont toujours présentes. Le grand fleuve qui nous conduit aux portes de l'éternité. Et étant ainsi, dans ce fleuve vivant se réalise toujours à nouveau la parole du Seigneur que nous avons entendue au début sur les lèvres du lecteur: « Et moi que je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde » (Mt 28, 20).
ROME, Jeudi 25 mai 2006 (ZENIT.org) – Le Père Jacques-Marie Guilmard, moine de Solesmes, vient de publier - à
Rome dans la revue bénédictine « Ecclesia orans » - une étude sur l’origine précise du chant grégorien.
Il en livre l’essentiel dans l’édition de France Catholique n°3027, en kiosque le 2 juin 2006 (www.france-catholique.fr), ou
(www.monde-catholique.com), et la primeur aux lecteurs de Zenit.
Zenit : Père Jacques-Marie Guilmard, le chant grégorien remonte-t-il au pape saint Grégoire?
P. Jacques-Marie Guilmard : On ne prête qu’aux riches. Ce patronage a été attribué au chant grégorien en raison de l’influence immense qu’a eue ce grand pape (590-604) dans l’Église latine. En fait, ce chant est né en Gaule aux VIIIe et IXe siècles. Il est le fruit des réformes de Pépin le Bref, Charlemagne (768- 814) et Louis le Pieux. Pour le répertoire de la Messe, on sait qu’il n’existait pas encore vers 750 et qu’il existait vers 800 (date du premier manuscrit donnant les pièces de chant selon l’ordonnance grégorienne). On sait qu’il n’est pas romain (puisqu’il comporte des particularités étrangères à Rome), et qu’il s’insère exactement dans la révolution liturgique de l’époque carolingienne.
De quelle révolution s’agit-il?
L’époque de Charlemagne n’a pas connu seulement une refonte de la liturgie, comme celle qui a suivi le Concile Vatican II, elle a connu le remplacement des liturgies gallicanes par une liturgie entièrement nouvelle. Le pape Étienne II est venu en 753 séjourner en Gaule, afin d’obtenir l’aide militaire de Pépin contre les incursions des guerriers lombards. Mais le pape ne pouvait se déplacer sans sa cour, ni sans la liturgie de l’église dont il était le Pontife. Il avait donc amené avec lui ses chantres et tout ce qu’exigeait une liturgie solennelle. Bien sûr, il a présidé de grandes cérémonies (dont celle du sacre de Pépin et de ses fils). Le faste romain a plu, et Pépin a voulu que les églises de son royaume adoptent les usages du pape, aux dépens des usages locaux. C’est ce qui fut fait presque partout en Europe dans les décennies qui suivirent.
Comment était-il possible d’adopter hors de Rome les usages du pape?
Ce n’était pas facile. Donnons l’exemple du calendrier. Fêter en Gaule les saints et les saintes de la ville de Rome n’était pas très naturel. On le fit pourtant et jusqu’au Concile Vatican II, non seulement en France, mais aussi dans le monde entier. D’autres éléments étaient plus faciles à accueillir, comme l’ordonnance des lectures de la Messe, ou le chant. C’est pourtant dans ce dernier domaine que les Gaulois ont pris le plus de distance par rapport à leur modèle appelé "chant vieux-romain". Les compositeurs de ce pays ont gardé le cadre romain des pièces de chant, mais ils ont modifié les mélodies selon leur goût ; le résultat fut ce qu’on appelle le "chant grégorien".
Doit-on parler d’un chant nouveau?
D’un point de vue global, la réponse est négative, puisque le cadre, les textes, la manière de chanter, etc. sont romains. D’un point de vue musical, la réponse est positive. Les manuscrits qui donnent le chant romain primitif, montrent qu’il était bien plus pauvre que le grégorien. Les compositeurs gallicans ont été géniaux, et l’on est confondu d’une telle création en si peu de temps. En fait, il y avait urgence, puisqu’il fallait pourvoir de chants la célébration des Messes ; or, un répertoire complet a été composé en quelques années. Le chant vieux-romain (qui est antérieur au VIIe siècle) et le chant grégorien sont les ensembles musicaux les plus anciens connus du monde entier. On n’a rien de tel pour un répertoire asiatique ou africain, rien pour la musique byzantine.
Depuis quand sait-on la manière dont s’est passée cette révolution?
Les historiens ne s’intéressent guère à la musique, et les liturgistes manquent souvent de dons pour la musique, ce qui les oblige à faire abstraction du chant, c’est pourquoi le contexte et la chronologie de la création du chant grégorien sont connus avec certitude, depuis seulement une cinquantaine d’années. Il y a certes encore des réticences chez des personnes qui s’intéressent au grégorien. En effet, des musicologues anglo-saxons peu au fait de la liturgie, ne comprenant pas la portée des arguments propres à la liturgie, leur préféreraient les démonstrations habituellement utilisées pour les phénomènes historiques ordinaires. De même, des fidèles poussés par une piété sentimentale préfèrent imaginer que le chant grégorien fait suite directement aux chants de la Synagogue ou qu’il est en dépendance des mélodies de l’Espagne ou de l’Orient chrétiens. Cette conception supprime d’un revers de main les problèmes liés à la création du grégorien.
Mais si l’histoire est déjà faite, alors qu’apportez-vous de plus?
On sait depuis déjà plusieurs décennies que le chant grégorien de la Messe a été créé vers 765, à Metz, sous l’autorité de l’évêque saint Chrodegang. Cela comprend les chants d’entrée ou introïts (par exemple ceux qui étaient jadis si connus : Quasimodo, Laetare, etc.), les chants d’offertoire et de communion, et tous les autres chants ornés utilisés pour la Messe. Mais le grégorien comprend aussi le chant des Vêpres, des Matines, des Complies, etc. : c’est ce que l’on appelle l’Office. Or, jusqu’à présent, on ignorait tout de l’origine du chant de l’Office, si ce n’est qu’il avait été créé peu après la composition des mélodies de la Messe.
Comment avez-vous procédé pour déterminer la date d’origine et le lieu où est apparu le répertoire de l’Office?
La méthode a été simple, même si la rigueur de la démonstration a exigé un gros travail. Le chant grégorien est arrivé jusqu’à nous, non grâce à des disques, mais par des transcriptions faites dans des manuscrits. Il reste quelques centaines de ces témoins. Pourtant, malgré leur diversité d’âge et de lieu, ils donnent presque toujours les mêmes mélodies et bien d’autres détails, sans modifications notables. Or, s’ils mentionnent – comme il se doit – les fêtes des saints romains et celles de leurs saints locaux propres, ils ajoutent toujours quatre saints : Martin, Brice, Maurice et Symphorien qui avaient leur culte à Tours vers l’an 800. Ces saints n’étant jamais réunis, nulle part ailleurs à cette époque, dans un culte commun, on conclut que l’Office a été mis au point et diffusé à partir de Saint-Martin de Tours vers 800, sans doute sous l’égide du grand Alcuin.
Quel rôle Alcuin a-t-il eu pour la liturgie?
Alcuin était un Anglais formé dans le grand centre intellectuel qu’était York. Appelé par Charlemagne à la cour d’Aix-la-Chapelle, il devint le maître du prince et celui de beaucoup de jeunes gens qui se formaient à l’École du Palais. Plus que professeur, il était une sorte de ministre de la Culture, tant au plan profane que religieux. Vers la fin de sa vie, Charlemagne le nomma supérieur de Saint-Martin de Tours, un centre religieux où les fidèles de tout l’Occident venaient en pèlerinage. L’influence d’Alcuin – directe, ou indirecte et posthume – a été à l’origine d’un grand nombre de dévotions qui fleurirent au Moyen Age et jusqu’à nos jours : fêtes de la Trinité et de la Toussaint, samedi consacré à Notre Dame, mais aussi fête de saint Martin qui recevait désormais un culte liturgique largement uniformisé. C’est sans doute à Alcuin que l’on doit la célébration de la Décollation de saint Jean-Baptiste au 29 août et l’ancienne fête de la Croix du 3 mai.
Vous vous êtes aussi intéressé à l’origine de la fête de sainte Madeleine…
En occident, la dévotion envers sainte Marie-Madeleine doit son essor principalement au pape saint Grégoire le grand (590-604). Cela ne veut pas dire qu’elle ait été à cette époque l’objet de fêtes liturgiques, comme c’est le cas aujourd’hui pour saint Martin ou pour sainte Jeanne d’Arc. La célébration liturgique de sainte Marie-Madeleine trouve son origine vers 790 à Flavigny en Côte d’Or, lorsque des auteurs d’ouvrages liturgiques ont confondu les saints époux Marius et Marthe avec les sœurs Marie (de Béthanie) et Marthe mentionnées dans l’Évangile, et qu’ils ont posé au 19 janvier les fondements d’une messe en l’honneur des deux amies de Jésus. Or, en occident, cette Marie de Béthanie était identifiée avec Marie-Madeleine ; c’est donc tout naturellement qu’un premier culte liturgique – placé au 19 janvier – a été progressivement transféré au 22 juillet (date actuelle) où des recueils de saints donnaient la fête de sainte Marie- Madeleine seule. La dévotion privée à sainte Marie-Madeleine, qui s’est ainsi doublée d’un culte liturgique, a eu, comme chacun sait, une diffusion extraordinaire durant tout le Moyen Age, ainsi qu’en témoignent les sanctuaires de Saint-Maximin de Provence et de Vézelay.
Quel a été l’avenir de cet l’Office grégorien?
Cet Office, qui était prévu pour les collégiales et les cathédrales, a été adapté très vite par les moines de Saint- Denis à l’usage des bénédictins. J’ai remarqué en effet que les manuscrits bénédictins qui donnent l’Office grégorien, mentionnent toujours, en plus des saints habituels, non seulement saint Benoît, le patron des moines, mais aussi saint Denis, dont la vie venait d’être écrite par Hilduin, abbé du monastère de Saint-Denis, tout juste après que cette communauté se soit soumise à la pratique de la Règle de saint Benoît (832). L’adaptation a donc été réalisée par cet abbé Hilduin à Saint-Denis vers 835. Dès lors, l’office grégorien a existé sous deux formes qui serviront de base respective à la liturgie des séculiers et à celle des bénédictins jusqu’au XXe siècle. C’est dire combien ces créations faites à Tours et à Saint-Denis ont marqué l’Église en Occident d’une manière cachée mais universelle et profonde.
En quoi une telle découverte peut-elle intéresser les chrétiens d’aujourd’hui?
Il faut sans cesse revenir aux racines de l’Église et de sa liturgie. Le chant grégorien est né en même temps que l’Europe chrétienne : des Romains, des Francs, des Germains, des Anglais et peut-être des Wisigoths sont impliqués dans sa création. Il est donc bon de se référer à l’idéal chrétien des VIIIe et IXe siècles durant lesquels ont été plantées les racines chrétiennes de l’Europe, et où la liturgie avait une place prépondérante. De la sorte, on sera à même de proposer aux fidèles de notre époque des cérémonies qui « surnaturalisent » leur vie spirituelle et leur vision religieuse du monde, on pourrait dire aussi leur "politique", au sens de conception de la vie civile. L’avenir de l’Europe passe nécessairement par un renouveau qui prenne sa direction et son élan dans les temps anciens chrétiens.
A l’occasion du quarantième anniversaire du diocèse, en 2006, les reliques des martyrs de Créteil seront installées pour la vénération des fidèles dans la crypte de l’église Saint Christophe. Elles seront présentées dans trois reliquaires, deux anciens et un contemporain réalisé par Anne Bernot.
Saint Agoard et saint Aglibert ne sont pas sans importance dans l’histoire de la ville de Créteil. Depuis quinze siècles et plus, ils n’ont pas quitté la ville et ont attiré de nombreux pèlerins sur la route de S.-Jacques de Compostelle ou des pèlerins venus de Paris se recueillir sur la tombe des martyrs. Des sujets royaux, à l’exemple de la reine Anne d’Autriche, venue peut-être demander un héritier au trône en 1637 (l’année suivante, la reine donna naissance au Dauphin, futur Louis XIV), se sont rendus à Créteil pour les vénérer.
La plus ancienne description du culte des martyrs de Créteil remonte au IXè siècle. Vers 865, le moine bénédictin Usuard, dans son Martyrologe, mentionne Saint Agoard, Saint Aglibert et leurs compagnons. Un texte du Xè siècle, le Martyrium, dont une copie est conservée dans les archives de l’église de Créteil, a été publié au XVIIè siècle. Ce texte, qui doit être soumis à la critique historique mais qui évoque quelques précieuses traditions, peut être ainsi résumé : « Agoard et Aglibert habitaient Créteil, au lieu dit de l’Orme Caillotin. Deux missionnaires, Éodald et Altin, s’arrêtèrent à Créteil, surpris par la consonance du toponyme Cristolium (= la clairière sur la crête) avec le nom de Celui dont ils prêchaient le message. Les missionnaires virent un temple où la population s’apprêtait à offrir à ses dieux un sacrifice. Ils prêchèrent à la foule assemblée la parole du Dieu unique et tout puissant. Deux notables du lieu, Agoard et Aglibert demandèrent à être baptisés avec leur famille. Animés d’un saint zèle, ils ne tardèrent pas à renverser les statues du temple.
La nouvelle de la destruction des idoles fut portée au préfet Agrippinus. Un juge, aussitôt envoyé sur place, fit comparaître les coupables et les exhorta à sacrifier aux dieux romains. Agoard et Aglibert refusèrent avec éloquence et furent, ainsi que leurs compagnons, condamnés à périr par le glaive. Ils auraient été mis à mort au lieu dit «Tabourel». Quelques chrétiens échappés au massacre recueillirent les corps et les cachèrent. »
Agoard et Aglibert portent des noms d’origine barbare en usage depuis déjà plus d’un siècle dans la Gaule romaine. Ils sont vénérés et fêtés au cours des siècles suivants. La fête de saint Agoard et saint Aglibert est célébrée par des processions les 24 et 25 juin. Ce sont des jours de prière et de repos pour tous les cristoliens. Le 31 décembre (jour de la fête des saints Innocents) sont célébrés leurs compagnons. Leurs reliques sont, vraisemblablement, conservées dans la crypte actuelle située au voisinage du temple païen. A la fin du IXè siècle, une église romane, dédiée à saint Christophe, est édifiée à l’ouest de cette crypte ; Cette église, pourvue au XIè siècle d’un clocher roman, sera remplacée, à partir de la fin du XIIè siècle, par un édifice plus vaste que l’on souhaitait gothique. C’est l’église que nous connaissons.
Quelques dates révèlent l’importance des martyrs à travers la vie des chrétiens. En 1379, une bulle du pape Clément VII encourage le pèlerinage à Créteil en échange d’indulgences. La première confrérie est créée en 1672 pour protéger et honorer les reliques. Le mobilier de l’église se multiplie et s’enrichit : elle reçoit une chaire ornée de panneaux représentant les saints. Au cours du XVIIIè siècle beaucoup de cristoliens reçoivent au baptême le prénom d’Agoard.
Les reliques sont menacées par les guerres civiles qui explosent en France. Mais elles sont toujours protégées comme en témoigne leur histoire. C’est le cas au cours du XVIè siècle, quand éclatent les guerres de religion. Pour être protégées des Huguenots, elles sont habilement cachées dans l’épaisseur d’un mur de l’église. En 1628, lors de la construction de la sacristie derrière le chevet, elles retrouvent une place honorable dans le choeur de l’église, dans deux niches spécialement aménagées de part et d’autre d’un autel baroque. La Révolution menace saint Agoard, saint Aglibert et leurs compagnons. En 1793, leurs reliques sont retirées de l’église, devenue lieu de rassemblement populaire, et enterrées par le sacristain Jacques-Noël Viet dans le cimetière voisin. En 1803, après la signature du Concordat, les cristoliens demandent la restauration de la confrérie de saint Agoard et de saint Aglibert. Les activités de celle-ci s’éteignent progressivement après les années 1870. Pourtant leur souvenir réapparaît grâce aux cheminots de la paroisse de saint Rémi de Maisons-Alfort, en 1942. Ils choisissent comme patrons Saint Agoard et Saint Aglibert et obtiennent des fragments des reliques. Leur curé, l’abbé Joulin, les transporte à bicyclette en 1944!
Les reliques rétablies dans l’église depuis 1795, reçoivent deux nouvelles châsses. Monseigneur de Belloy, archevêque de Paris, y appose les scellés le 20 avril 1807. Saint Agoard et saint Aglibert sont placés dans l’église haute ; leurs compagnons, sont déposés dans le tombeau de la crypte, dans une caissette. Mais en 1906, après la séparation de l’Église et de l’État, toutes les reliques sont réunies dans une seule châsse et placées sous la protection du curé (l’abbé Dambrine). Elles ne seront réintroduites dans l’église qu’en 1928 par l’abbé Louis Begin.
En 1964, lors de la transformation de l’église saint Christophe, la majeure partie de son mobilier est dispersée et les reliques disparaissent. Retrouvées quinze ans plus tard dans le grenier de la maison paroissiale, elles sont aussitôt installées dans le tombeau de la crypte. En 2002, elles sont exhumées pour en vérifier l’état et on entreprend la restauration des châsses. C’est alors que notre évêque suggère que les reliques soient déposées pour la vénération des fidèles sous l’autel de la crypte selon l’usage antique de l’Église.
Déja, le 21 septembre 2003, lors de la Dédicace, Mgr Daniel Labille place dans le nouvel autel de pierre de la cathédrale Notre-Dame de Créteil des fragments des reliques des Martyrs. Le quarantième anniversaire de notre jeune diocèse sera l’occasion d’affirmer la place des martyrs, les premiers témoins de la foi à Créteil, dans la prière et la vie des chrétiens, par la réalisation du reliquaire (confiée à Anne Bernot) et le réaménagement de la crypte de l’église S.-Christophe. Quinze siècles d’une histoire mouvementée et de vénération constante font de ces reliques un gage de confiance dans l’avenir pour les chrétiens du diocèse. Le reliquaire en métal vieilli créé par Anne Bernot souligne l’antiquité du martyre des saints et de leurs compagnons relaté par les textes. Leurs silhouettes se découpent sur un fond de lumière, laissant apparaître les châsses. Elles suggèrent la souffrance des martyrs et dans un mouvement ascendant, leur progression vers les Cieux, vers la plénitude. Cette œuvre inspire à la fois la compassion et l’espérance. Elle prolonge, dans le XXIè siècle, la prière qui entoure depuis des temps reculés saint Agoard, saint Aglibert et leurs compagnons.
Commission diocésaine d’Art Sacré
(Sources : Madeleine Jurgens)
Parents catholiques, nous inscrivons nos chers petits au catéchisme et dans une bonne école primaire; puis vient le moment du collège et là, les choses sérieuses commencent.« Un enfant doit avoir son baccalauréat! » et tout prend alors une autre orientation. L' objectif est tracé, la carrière de l'enfant est programmée.
Quel rôle décidons-nous d'assumer? Faire comme tout le monde, sachant que notre première faiblesse entraînera toutes les autres? Que signifie à 1 'heure actuelle un collège ou un lycée « reconnu» ? Des professeurs dont nous ne connaissons pas les convictions, des études de textes sans moralité, des camarades que nous n'aurons pas envie d'inviter chez nous?
Nous deviendrons des parents inquiets, espérant que nos enfants profiteront de ce qui est utile et éviteront (peut-être par miracle...) les dangers. Où est l'acte d'éducation?
Eduquer, c'est élever, c'est faire grandir cet être qui nous est confié, c'est choisir pour lui ce qui l'aidera à épanouir ses talents car c'est de l'usage de ses talents que lui et nous aurons à répondre un jour.
Soyons des parents et éduquons nos enfants pour qu'ils trouvent leur place dans la société avec un équilibre humain, intellectuel et spirituel. Chaque génération a connu plus ou moins de difficultés dans l'éducation de ses jeunes; mais c'est toujours lorsqu'il y a une communion de valeurs et de principes entre la famille et l'école que l'éducation porte ses meilleurs fruits.
Éduquer et instruire est toujours possible, c'est à nous de le vouloir.
Madame Marson Directrice du collège Padre-Pio
Le collège Padre-Pio est un collège catholique, hors contrat, situé à Saint-Maur-des-Fossés. Il accueille les élèves en sixième, cinquième
et ouvre sa classe de quatrième à la rentrée prochaine.
Collège Padre Pio : 45, rue du Pont de Créteil, 94100 Saint-Maur-des-Fossés
tél. 01.55.96.38.06
mail: collegepadrepio@wanadoo.fr.
Générale : Pour que les familles chrétiennes accueillent avec amour chaque enfant venant au monde, et pour qu'elles entourent avec affection les malades et les personnes âgées qui ont besoin de soins et d'assistance.
Missionnaire : Pour que les pasteurs et les fidèles chrétiens considèrent le dialogue interreligieux et l'œuvre d'inculturation de l'Évangile comme un service quotidien à rendre à la cause de l'évangélisation des peuples.
. Les confirmations seront conférées à 19 de nos enfants par Monseigneur Daniel LABILLE, notre évêque, le dimanche 11 juin au cours de la messe qui sera célébrée à 16h par l’abbé Xavier GARBAN, supérieur du District de France de la Fraternité Saint-Pierre. Il y aura bien une messe le matin à 11h15, mais dans la mesure du possible, les fidèles sont invités à venir l’après-midi entourer les confirmands.
. La récollection préparatoire à la Première Communion aura lieu le samedi 17 juin, de 9h00 à 17h à Saint-André. Les Premières Communions auront lieu le lendemain, dimanche de la Fête-Dieu, 18 juin. (Ne pas oublier la procession de la Fête- Dieu l’après-midi à Saint-Maurice (église des Saints-Anges Gardiens). Le pique-nique, prévu à midi aux abords de l’église des SS. Anges, est annulé.
Le mois de juin est souvent celui des ordinations sacerdotales. Le samedi 10, pour les Quatre-Temps, le cardinal Medina ordonnera 7 prêtres à Wigratzbad, pour la Fraternité S.-Pierre. Prions pour eux!
Samedi 17 Juin à 18h, aura lieu la messe de départ du P. Gavois, curé de S.-André depuis 2002. Elle sera suivie d’un barbecue dans la cour de la Cité paroissiale. S’inscrire auprès du secrétariat de la paroisse (tél. 01.43.68.04.18). Un cadeau est organisé en commun avec les paroissiens de la messe de 10h, vous pouvez joindre votre participation par chèque à l’ordre de M. Cochin et le déposer à la paroisse. Merci.