Fraternité Saint Pierre - Val de Marne
Communauté attachée à la liturgie traditionnelle,
bénéficiant du Motu proprio " Ecclesia Dei "
du 2 juillet 1988 de S.S. Jean-Paul II
Eglise Saint André
22 Avenue de Verdun
94410 Saint Maurice


Bulletin de Mai 2006






  1. SUIVRE LE CHRIST
  2. MESSAGE DU SAINT-PÈRE POUR LA 43È JOURNÉE MONDIALE DE PRIÈRE POUR LES VOCATIONS
  3. MGR LABILLE: HOMÉLIE DE LA MESSE CHRISMALE
  4. L’ASCENSION, SOURCE DE JOIE
  5. PRIÈRE A LA B. VIERGE MARIE REINE (Pie XII)
  6. Intentions du Saint-Père pour Mai 2006
  7. Annonces diverses



SUIVRE LE CHRIST


ALORS QUE le Christ est entré le premier dans la Vie éternelle après être passé par la mort, il ne veut pas nous laisser derrière Lui. Durant ses trois années de vie publique, il avait appelé ses disciples à le suivre: «Si quelqu’un veut être mon disciple, (…) qu’il me suive» (Mt 16, 24). Il ne s’agissait pas de le suivre seulement jusqu’à la croix, mais de le suivre toujours. « Viens, suis-moi!» (Mt 19, 21) Il faut le suivre pour aller au Père «Nul ne va au Père que par moi» (Jn 14, 6). Voilà la loi à laquelle on ne peut se dérober. Mais on ne suit pas le Christ comme on suit un maître impitoyable et tyrannique. C’est pourquoi il s’est présenté lui-même sous les traits du bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis. «Je suis le bon Pasteur. Le bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis (...). Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, comme mon Père me connaît et que je connais le Père» (Jn 10, 11sq).

Le Christ nous connaît parfaitement, intimement. Il sait nos faiblesses, nos lâchetés, nos peurs, nos blessures, mais aussi notre bonne volonté, notre volonté d’aimer, nos désirs et nos espoirs les plus secrets. Rien ne le surprend, pas même nos chutes, puisqu’elles sont dues à une trop grande confiance en nous-mêmes, ou à un manque de confiance en Lui – ou les deux. Il sait que nous ne pouvons être fidèles que grâce à Lui, par sa grâce, ce secours divin qui nous arrache à la pesanteur de ce monde pour nous soumettre à son propre attrait. Aussi ne s’étonne-t-il pas non plus de notre fidélité et de notre sainteté quand nous consentons à cette «pesanteur» d’en-haut.

Le Christ nous connaît et il nous appelle par notre nom. Il nous appelle pour nous dire son amour et nous introduire dans sa familiarité, dans sa famille, celle du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Il nous appelle parce qu’il a un projet pour nous. Pour chacun d’entre nous, Dieu a un dessein particulier, unique, que personne ne pourra remplir à notre place, si petit et modeste soit-il. «A celui qui vaincra, je donnerai une pierre blanche, et sur cette pierre est écrit un nom nouveau que personne ne connaît, si ce n’est celui qui la reçoit» (Ap 2, 17). Dieu nous appelle donc tous, et par notre nom. Appeler, en latin, se dit «vocare», d’où le mot français de vocation. Ainsi, nous avons tous une vocation particulière. Nous devons être à l’écoute du Seigneur pour savoir ce qu’il attend de nous. «Parle, Seigneur, car ton serviteur écoute!» (1 S 3, 10). disait le petit Samuel dans sa prière. «Seigneur, que voulez-vous que je fasse?» (Ac 9, 6) doit dire tout chrétien dans sa prière. Peu nous importe, au fond, d’être ceci ou cela, pourvu que nous soyons à la place que Dieu nous a préparée. C’est d’ailleurs là que nous serons le plus heureux, puisque nous correspondrons à ce pour quoi nous sommes faits. L’épisode du jeune homme riche, dans l’évangile (Mc 10, 17-27), nous montre assez bien que dire non à Dieu ne rend pas heureux, même quand ce refus est motivé par la recherche d’un bonheur auquel on est attaché, ici l’amour de la richesse. La liberté de l’homme ne s’épanouit que dans le bien et le vrai. Autant dire que notre liberté, à laquelle nous sommes justement attachés puisqu’elle est un don de Dieu, et un don précieux, notre liberté ne s’épanouira, et nous ne nous épanouirons nous-mêmes que dans l’amour et le respect de la sainte volonté de Dieu. «Non pas ma volonté, mais la tienne!» (Lc 22, 42). Non pas comme je veux, mais comme Tu veux.

Sans cette disposition du cœur, nous sommes certains de passer à côté de l’essentiel, et nous risquons de nous rendre malheureux. Il ne s’agit donc pas de vouloir la vocation sacerdotale ou religieuse plus que le mariage, il s’agit de vouloir ce que Dieu veut. Disons-Lui: «Seigneur, si vous m’appelez à votre service et au service de votre Église dans la vie consacrée, je suis prêt. Si vous m’appelles ailleurs, je suis prêt aussi.» Le sacerdoce ou la vie religieuse ne sont pas des assurances «salut éternel», car ils ne donnent pas la sainteté d’office – hélas! –, mais en tant qu’état de vie, la vie consacrée est plus parfaite que le mariage, puisqu’elle nous fait imiter et suivre le Seigneur de plus près et nous dispose à être tout au Seigneur, sans avoir le cœur partagé (cf. 1 Co 7, 32) et jamais on ne louera assez la beauté et la gloire du sacerdoce qui nous fait renouveler chaque jour à l’autel, malgré notre indignité, le sacrifice même du Fils de Dieu en Croix. Offrir le sacrifice Rédempteur par nos mains, laver les âmes de leurs péchés, les abreuver à la fontaine de la Parole de Dieu, les nourrir du Pain de Vie, les guider vers le Père, comme le Christ, bon Pasteur, peut-il y avoir chose plus haute sur la terre? Le dimanche 7 mai, ce sera la journée mondiale de prière pour les vocations et le dimanche suivant aura lieu à Créteil l’adoration mensuelle pour les vocations (à la cathédrale N.-D., à 17h30). Ne laissons pas passer ces occasions sans prier pour que le Maître envoie de nombreux ouvriers à sa vigne (cf. Lc 10, 2). Et pour nous remettre entre les mains du Seigneur s’il compte sur nous. La raréfaction des prêtres que nous connaissons en France n’est pas irréversible, surtout si nous prions et si nous faisons prier nos enfants. «Ne nous conformons pas à la mentalité de ce monde» (Rm 12, 2) si nous voulons faire de nos foyers des havres de paix où puissent naître et mûrir de belles vocations.

Abbé Hugues de MONTJOYE



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Message du Saint Père pour la 43ième journée mondiale de prière pour les vocations

(Dimanche 7 mai 2006)
La Vocation dans le mystère de l’Église

Vénérés Frères dans l’Épiscopat,
Chers frères et sœurs,
LA CÉLÉBRATION de la prochaine Journée mondiale de Prière pour les Vocations m’offre l’occasion d’inviter tout le Peuple de Dieu à réfléchir sur le thème de la Vocation dans le mystère de l’Église. L’apôtre Paul écrit: «Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ… En Lui, Il nous a choisis avant la création du monde… Il nous a d’avance destinés à devenir pour lui des fils par Jésus Christ» (Ep 1, 3-5). Avant la création du monde, avant notre venue à l’existence, le Père céleste nous a choisis personnellement, pour nous appeler à entrer en relation filiale avec Lui, par Jésus, Verbe incarné, sous la conduite de l’Esprit Saint. En mourant pour nous, Jésus nous a introduits dans le mystère de l’amour du Père, amour qui l’enveloppe totalement et qu’Il nous offre à tous. De cette façon, unis à Jésus, qui est le Chef, nous formons un seul corps, l’Église.

Le poids de deux millénaires d’histoire rend difficile la perception de la nouveauté du mystère fascinant de l’adoption divine, mystère qui est au centre de l’enseignement de saint Paul. Le Père, rappelle l’Apôtre, «nous a dévoilé le mystère de sa volonté, ... le dessein de réunir tout sous un seul Chef, le Christ» (Ep 1, 9.10). Et il ajoute, non sans enthousiasme: «Quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu’ils sont appelés selon le dessein de son amour. Ceux qu’il connaissait par avance, il les a aussi destinés à être l’image de son Fils, pour faire de ce Fils l’aîné d’une multitude de frères» (Rm 8, 28-29). La perspective est vraiment fascinante: nous sommes appelés à vivre en frères et sœurs de Jésus, à nous sentir fils et filles du même Père. C’est un don qui bouleverse toute idée et tout projet exclusivement humains. La confession de la vraie foi ouvre grand les esprits et les cœurs à l’inépuisable mystère de Dieu, qui pénètre l’existence humaine. Que dire alors de la tentation, très forte de nos jours, de nous sentir autosuffisants jusqu’à nous fermer au mystérieux plan de Dieu à notre égard? L’amour du Père, qui se révèle dans la personne du Christ, nous interpelle.

Pour répondre à l’appel de Dieu et se mettre en chemin, il n’est pas nécessaire d’être déjà parfaits. Nous savons que la conscience de son péché a permis au fils prodigue de se mettre sur le chemin du retour et de faire ainsi l’expérience de la joie de la réconciliation avec son Père. La fragilité et les limites humaines ne représentent pas un obstacle, à condition qu’elles contribuent à nous rendre toujours plus conscients du fait que nous avons besoin de la grâce rédemptrice du Christ. Telle est l’expérience de saint Paul, qui confiait: «Je n’hésiterai pas à mettre mon orgueil dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ habite en moi» (2 Co 12, 9). Dans le mystère de l’Église, Corps mystique du Christ, la puissance divine de l’amour change le cœur de l’homme, le rendant capable de communiquer l’amour de Dieu à ses frères. Au cours des siècles, tant d’hommes et de femmes, transformés par l’amour divin, ont consacré leurs existences à la cause du Royaume. Déjà sur les rives de la mer de Galilée, beaucoup se sont laissés séduire par Jésus: ils étaient à la recherche de la guérison du corps ou de l’esprit, et ils ont été touchés par la puissance de sa grâce. D’autres ont été choisis personnellement par Lui et sont devenus ses apôtres. Nous trouvons aussi des personnes, comme Marie-Madeleine et d’autres femmes, qui l’ont suivi de leur propre initiative, simplement par amour, mais qui, comme le disciple Jean, ont occupé également une place spéciale dans son cœur. Ces hommes et ces femmes, qui ont connu à travers le Christ le mystère de l’amour du Père, représentent la multiplicité des vocations présentes depuis toujours dans l’Église. Le modèle de celui qui est appelé à témoigner d’une manière particulière de l’amour de Dieu est Marie, la Mère de Jésus, directement associée, dans son pèlerinage de foi, au mystère de l’Incarnation et de la Rédemption.

Dans le Christ, Chef de l’Église, qui est son Corps, tous les chrétiens forment «la race choisie, le sacerdoce royal, la nation sainte, le peuple qui appartient à Dieu pour annoncer ses merveilles» (1 P 2, 9). L’Église est sainte, même si ses membres ont besoin d’être purifiés, pour que la sainteté, don de Dieu, puisse resplendir en eux jusqu’à son plein éclat. Le Concile Vatican II met en lumière l’appel universel à la sainteté, en affirmant que «les disciples du Christ, appelés par Dieu, non au titre de leurs œuvres mais au titre de son dessein et de sa grâce, justifiés en Jésus notre Seigneur, sont véritablement devenus, dans le baptême de la foi, fils de Dieu, participants de la nature divine et, par conséquent, réellement saints» (Lumen gentium, n. 40). Dans le cadre de cet appel universel, le Christ, Souverain Prêtre, dans sa sollicitude pour l’Église, appelle ensuite, à chaque génération, des personnes qui prendront soin de son peuple; en particulier, il appelle au ministère sacerdotal des hommes qui exerceront une fonction paternelle, dont la source est dans la paternité même de Dieu (cf. Ep 3, 14). La mission du prêtre dans l’Église est irremplaçable. Par conséquent, même si on note dans certaines régions une pénurie de prêtres, il ne faut jamais perdre la certitude que le Christ continue à susciter des hommes qui, comme les Apôtres, en abandonnant toute autre préoccupation, se consacrent totalement à la célébration des saints mystères, à la prédication de l’Évangile et au ministère pastoral. Dans l’Exhortation apostolique Pastores dabo vobis, mon vénéré Prédécesseur Jean-Paul II écrivait à ce sujet: «La relation du prêtre avec Jésus Christ et, en lui, avec son Église s’inscrit dans l’être même du prêtre, en vertu de sa consécration ou de l’onction sacramentelle, et dans son agir, c’est-à-dire dans sa mission ou dans son ministère. En particulier, ‘le prêtre ministre est serviteur du Christ présent dans l’Église mystère, communion et mission. Du fait qu’il participe à l’’onction’ et à la ‘mission’ du Christ, il peut prolonger dans l’Église sa prière, sa parole, son sacrifice, son action salvifique. Il est donc serviteur de l’Église mystère parce qu’il accomplit les signes ecclésiaux et sacramentels de la présence du Christ ressuscité’» (n. 16).

Une autre vocation spéciale, qui occupe une place d’honneur dans l’Église, est l’appel à la vie consacrée. À l’exemple de Marie de Béthanie qui, «se tenant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole» (Lc 10, 39), de nombreux hommes et femmes se consacrent à une suite totale et exclusive du Christ. Tout en accomplissant divers services dans le domaine de la formation humaine ou du soin des pauvres, dans l’enseignement ou dans l’assistance aux malades, ils ne considèrent pas ces activités comme le but principal de leur vie, parce que, comme l’a bien souligné le Code de Droit canonique, «la contemplation des réalités divines et l’union constante à Dieu dans la prière seront le premier et principal office de tous les religieux» (can. 663, § 1). Et, dans l’Exhortation apostolique Vita consecrata, Jean-Paul II notait: «Dans la tradition de l’Église, la profession religieuse est considérée comme un approfondissement unique et fécond de la consécration baptismale en ce que, par elle, l’union intime avec le Christ, déjà inaugurée par le Baptême, se développe pour être le don d’une conformation qu’exprime et réalise plus complètement la profession des conseils évangéliques» (n. 30).

En nous souvenant de la recommandation de Jésus: «La moisson est abondante, et les ouvriers sont peu nombreux; priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson!» (Mt 9, 37), nous éprouvons grandement le besoin de prier pour les vocations au sacerdoce et à la vie consacrée. Il n’est pas surprenant que, là où l’on prie avec ferveur, les vocations fleurissent. La sainteté de l’Église dépend essentiellement de l’union avec le Christ et de l’ouverture au mystère de la grâce, qui agit dans le cœur des croyants. C’est pourquoi, je voudrais inviter tous les fidèles à cultiver une relation intime avec le Christ, Maître et Pasteur de son peuple, en imitant Marie, qui gardait dans son cœur les divins mystères et les méditait assidûment (cf. Lc 2, 19). Avec elle, qui tient une place centrale dans le mystère de l’Église, nous prions:

Ô Père, fais se lever parmi les chrétiens de nombreuses et saintes vocations au sacerdoce, qui maintiennent la foi vivante et gardent une mémoire pleine de gratitude de ton Fils Jésus, par la prédication de sa Parole et l’administration des Sacrements, par lesquels tu renouvelles continuellement tes fidèles.
Donne-nous de saints ministres de ton autel, qui soient d’attentifs et fervents gardiens de l’Eucharistie, sacrement du don suprême du Christ pour la rédemption du monde.
Appelle des ministres de ta miséricorde, qui dispensent la joie de ton pardon par le sacrement de la Réconciliation.
Ô Père, fais que l’Église accueille avec joie les nombreuses inspirations de l’Esprit de ton Fils et, qu’en étant docile à ses enseignements, elle prenne soin des vocations au ministère sacerdotal et à la vie consacrée.
Soutiens les évêques, les prêtres, les diacres, les personnes consacrées et tous les baptisés dans le Christ, afin qu’ils accomplissent fidèlement leur mission au service de l’Évangile.
Nous te le demandons par le Christ notre Seigneur. Amen.
Marie, Reine des Apôtres, prie pour nous!

Du Vatican, le 5 mars 2006.



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MGR LABILLE: HOMÉLIE DE LA MESSE CHRISMALE


Mercredi saint 12 avril a eu lieu à Créteil la messe chrismale ainsi dénommée parce que l’évêque du diocèse y bénit les huiles qui servent dans les cérémonies de certains sacrements: l’huile des catéchumènes, l’huile des malades et le saint-chrême (en grec chrisma). Voici l’homélie que notre Évêque a prononcée au cours de la messe.

Daniel Labille

ICI, dans le Val de Marne, Jésus a choisi de se rendre présent et de continuer sa mission par la vie et l’action de celles et de ceux qu’il a appelés à le suivre par le baptême et la confirmation. Nous sommes ces femmes et ces hommes, ces jeunes et ces enfants que Dieu s’est choisis pour annoncer l’Évangile ici.

Nous ne sommes pas les premiers à avoir accueilli l’appel de la Foi: depuis le 5è siècle, des croyants nous ont précédés et ont travaillé à l’évangélisation de notre terre. C’est pour nous en souvenir qu’ont été placés devant l’autel les restes de quelques-uns des martyrs qui ont ensemencé cette terre avec leur sang, en particulier, Saint Agoard, Saint Aglibert et leurs compagnons.

Comme eux, nous nous efforçons d’accueillir le Christ dans nos vies et de l’identifier nous précédant dans le cœur des hommes et des femmes qui sont nos compagnons de route dans nos quartiers, nos associations, dans notre travail et nos loisirs.

Le texte d’Isaïe et celui de l’Évangile nous donnent des repères pour identifier la présence du Christ au milieu de nous et le salut qu’il est en train d’opérer parmi nous. Les deux textes le désignent comme celui qui est habité par l’Esprit Saint et qui a reçu l’onction. Être consacré par l’onction cela veut dire être choisi par Dieu pour la mission que celui-ci lui confie.

Aujourd’hui encore l’onction faite avec le Saint Chrême, que je vais consacrer devant vous dans quelques instants, a la même signification: l’onction au Saint Chrême faite au baptême veut dire que Dieu nous choisit pour être membre de son peuple; à la confirmation, elle veut dire que Dieu nous choisit pour témoigner de l’Évangile; à l’ordination des prêtres et de l’évêque, elle veut dire que Dieu nous choisit pour annoncer l’Évangile et pour être pasteurs de son peuple.

Quelle est cette mission qui nous est confiée, en quoi consiste-t-elle?
Le texte, par touches successives, donne un contenu à cette mission: porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, guérir les blessés de la vie dans leur corps et dans leur cœur, libérer ceux qui sont prisonniers au sens propre et au figuré, annoncer aux aveugles qu’ils verront la lumière, la consolation à ceux et celles qui pleurent.

Ce sont autant de signes qui nous traduisent concrètement que Dieu aime tous les hommes, qu’il n’y a pas d’hommes que Dieu n’aimerait pas parce qu’ils sont pauvres, ou parce qu’ils sont en prison, ou parce qu’ils sont migrants, ou parce qu’ils sont malades, ou parce qu’ils traversent des épreuves, ou parce qu’ils ne voient plus clair dans la vie. Le salut est pour tous les hommes. Le mal qui nous arrive n’est pas une punition de Dieu. Personne n’est exclu de l’amour de Dieu que Jésus nous a révélé comme son Père et notre Père.

Jésus nous confie cette mission que le Père lui a, lui-même, confiée: assurer chaque homme, chaque femme de notre diocèse qu’il est aimé de Dieu, et notre parole ne sera crédible à leurs yeux que s’ils découvrent que nous, les disciples de Jésus, nous sommes en train de les aimer, c’est-à-dire en train de porter sur eux le regard de Dieu le Père, en train de leur manifester qu’ils comptent aux yeux de Dieu, parce qu’ils comptent à nos propres yeux, parce que nous sommes en train de les respecter, parce qu’ils sont, comme chacun et chacune de nous, des fils et des filles de Dieu.

Le secteur de Saint-Maur, qui a préparé cette célébration, a choisi de nous introduire dans sa recherche de carême intitulée: «La solidarité n’est pas une matière à option». C’est une façon de traduire que Dieu aime tous les hommes, et qu’ils ont besoin non seulement de le savoir, mais aussi de le constater par notre vie et par nos actions, par notre façon de prier et par notre façon de les aimer.

Il y a d’abord l’amour mutuel des croyants entre eux. «A ceci on reconnaîtra que vous êtes mes disciples, à l’amour que vous avez les uns pour les autres », a dit Jésus (Jn 13, 35).

Il y a aussi l’amour que nous devons à tous les hommes, sans que, pour ceux- ci, il devienne nécessairement réciproque: «Si vous aimez ceux qui vous aiment – dit encore Jésus –, qu’y a-t-il d’extraordinaire? Les païens en font autant, aimez donc vos ennemis et ceux qui vous persécutent!» (Mt 5, 46 et 45). C’est une autre façon d’annoncer l’universalité du salut.

Tous ceux-là en feront la découverte à travers les actions de solidarité, qui traduiront concrètement que nous reconnaissons leur dignité de fils ou de fille de Dieu, que nous reconnaissons en eux l’image de Dieu à la ressemblance de qui ils ont été créés.

Toutes les actions que nous pouvons mener avec d’autres pour soulager ceux qui ont faim, pour un développement qui respecte les hommes, pour améliorer la santé des malades, pour veiller à de meilleures conditions de vie, de logement, de travail, pour favoriser l’accès de tous à la culture et à l’instruction, pour aider des familles à accueillir des enfants, tout ce qui peut être entrepris pour donner une place à chacun dans notre société, pour assurer le respect des étrangers, pour faciliter les liens sociaux entre les générations et les religions, toutes ces entreprises ne sont pas pour des croyants simplement des actions humanitaires, elles sont des chemins que nous sommes invités à emprunter, pour révéler aux hommes de notre département que Dieu est en train de les aimer et de les sauver.

Les souffrances et les épreuves comme aussi les joies et les espoirs vécus avec tous les hommes sont des lieux où peut se partager le sens que, nous-mêmes, nous donnons à notre vie: une vie d’alliance avec le Christ, guidée par son Esprit, une vie d’action de grâce au Père. On ne peut pas séparer l’amour de Dieu et l’amour du prochain. En Dieu est la source de l’amour qui nous fait accueillir tout homme comme notre prochain. Là est notre mission commune, là est le cœur de l’amour de Dieu qui a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique pour que tout homme qui croit en Lui ne périsse pas, mais ait la vie (cf. Jn 3, 15).

Sur le sol devant l’autel a été tracé le logo de notre diocèse. C’est une route qui nous conduit à l’intersection des bras de la croix. Ce chemin est celui de notre vie, celui des 40 ans de notre diocèse, celui que nous parcourons avec les hommes et les femmes qu’il nous est donné de rencontrer, il est notre chemin d’Emmaüs, avec ses questions, ses doutes, ses lumières et ses découvertes.

La découverte au terme de cette recherche, elle est au cœur de cette croix où ce soir a été placé le Livre de la Parole de Dieu. Pour comprendre la croix, nous avons besoin d’être éclairés par la Parole de Dieu, comprendre que la mort de Jésus en croix ne signe pas l’échec de sa mission mais elle en est l’accomplissement, elle est le don total qu’il fait de sa vie par amour du Père, par amour de tous les hommes. A cause de cela, à cause de cet amour toujours présent, la route est malgré tout parsemée de fleurs parce que l’amour sera toujours plus fort que la mort.

Les prêtres donnent tous les jours leur vie pour que tous nous ayons part à ce mystère d’amour universel. Accueillons le renouvellement des promesses de leur ordination et prions pour que de jeunes accueillent l’appel de Dieu à le suivre comme pasteurs de son peuple!



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L’ASCENSION, SOURCE DE JOIE


L’ASCENSION de Jésus fait naître dans l’âme fidèle qui la contemple avec dévotion de multiples sentiments. Si le Christ ne mérite plus, son ascension a pourtant la vertu de produire efficacement les grâces qu’elle signifie ou symbolise.

Elle affermit notre foi en la divinité de Jésus; elle accroît notre espérance par la vision de la gloire de notre chef; en nous animant à l’observation de ses commandements, qui fonde nos mérites, eux-mêmes principe de notre béatitude future, elle rend notre amour plus ardent. – Elle engendre en nous l’admiration pour un si merveilleux triomphe, la reconnaissance pour la participation que le Christ nous en donne. – «Élevant nos âmes vers les réalités célestes, elle avive en elles le détachement des choses qui passent» (Col 3, 1- 2); elle nous donne la patience dans les adversités d’ici-bas. Car, dit S. Paul, «si nous avons partagé les souffrances du Christ, nous serons associés à sa gloire» (Ro 8, 17).

Il est toutefois deux sentiments auxquels je veux m’arrêter avec vous quelques instants parce que, jaillissant avec une particulière abondance de la contemplation pieuse de ce mystère, ils sont singulièrement féconds pour nos âmes: ce sont la joie et la confiance.

Et d’abord pourquoi nous réjouir?
Notre-Seigneur disait lui-même à ses apôtres avant de les quitter: «Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais à mon Père» (Jn 14, 28). A nous aussi, le Christ redit ces paroles. Si nous l’aimons, nous nous réjouirons de sa glorification; nous nous réjouirons de ce que, ayant achevé sa course, il remonte à la droite de son Père, pour y être exalté au plus haut des cieux, pour y goûter après ses travaux, ses souffrances et sa mort, un repos éternel dans une gloire incommensurable. Une félicité, pour nous incompréhensible, l’enveloppe et le pénètre pour toujours dans le sein de la divinité; la suprême puissance lui est donnée sur toute créature.

Comment ne pas nous réjouir de ce que toute justice est ainsi rendue, en toute plénitude, à Jésus, par son Père?
Voyez combien l’Église nous invite, dans sa liturgie, à célébrer avec allégresse cette exaltation de son Époux, notre Dieu et notre Rédempteur.
Tantôt elle presse toutes les nations de faire éclater la plénitude de leur joie en des hymnes répétées. «Nations entières, applaudissez! Exaltez Dieu en des cris de jubilation! Car le Seigneur s’élève au milieu des acclamations, et les trompettes célèbrent sa venue dans le ciel. Chantez à notre Dieu! Chantez à notre Roi! Chantez d’harmonieux cantiques! Car le Seigneur règne sur les nations, et siège sur son trône saint. Exaltez le Roi des rois, et chantez un hymne à Dieu!» (Ps 46, 1. 6-7. 9).

Tantôt elle interpelle les puissances angéliques. «Ouvrez vos portes, princes des cieux, afin que le Roi de gloire fasse son entrée.» – Étonnés, les anges demandent: «Qui est ce Roi de gloire?» – «C’est le Seigneur plein de force et de puissance, le Seigneur qui fait éclater sa vigueur dans les combats.» Et les esprits célestes répètent: «Quel est donc ce Roi de gloire?» – «C’est le Seigneur des armées, lui seul est le Roi de gloire» (Ps 33, 7-16).

Tantôt enfin, en un langage plein de poésie emprunté au psalmiste, elle s’adresse à Jésus lui-même. «Élevez-vous, Seigneur, par votre divine force, car nous chanterons et nous célébrerons vos triomphes» (Ps 20, 14). «Votre gloire resplendit dans les hauteurs des cieux» (Ps 8, 2). «Des nuées, vous faites votre char; vous vous avancez sur les ailes des vents; vous vous êtes revêtu de majesté et de splendeur; vous vous êtes enveloppé de lumière comme d’un manteau» (Ps 103, 1-3).

Oui, réjouissons-nous! Ceux qui aiment Jésus éprouvent une joie profonde et intense à le contempler dans le mystère de son ascension, à remercier le Père d’avoir donné une telle gloire à son Fils, à féliciter Jésus d’en être l’objet. Réjouissons-nous encore de ce que ce triomphe et cette glorification de Jésus sont aussi les nôtres.

«Je m’en retourne à mon Père qui est aussi votre Père, à mon Dieu qui est aussi votre Dieu» (Jn 20, 17). Jésus ne fait que nous précéder: il ne se sépare pas de nous, il ne nous sépare pas de lui. S’il pénètre dans son royaume glorieux, c’est «pour nous y préparer une place» (Jn 14, 2-3); il promet de «revenir un jour nous prendre» pour nous y faire asseoir, afin, dit-il, «que nous soyons où il est» (Jn 14, 2-3). Ainsi, nous sommes déjà, en droit, dans la gloire et la félicité du Christ Jésus; nous y serons un jour en réalité. Ne l’a- t-il pas demandé à son Père? «Père, je veux que là où je suis, ceux-là aussi soient avec moi» (Jn 17, 24). – Quelle puissance dans cette prière et quelle douceur dans cette promesse!

Laissons donc aller nos cœurs à cette joie intime et toute spirituelle. Rien ne «dilate» tant nos âmes que ce sentiment, rien ne les fait «courir avec plus de générosité dans la voie des préceptes du Seigneur» (Ps 118, 32). Répétons souvent au Christ Jésus, durant ces saints jours, les aspirations ardentes de l’hymne de la fête:

«Soyez notre joie, ô vous, qui serez un jour notre récompense; et que toute notre gloire demeure en vous, à jamais, pour tous les siècles!»

Bx Columba Marmion († 1923)
Le Christ dans ses mystères, pp. 379-381.



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PRIÈRE A LA B. VIERGE MARIE REINE (Pie XII)


Le 11 octobre 1954, le Pape Pie XII signait l’encyclique Ad Cæli Reginam par laquelle il instituait la fête de la bienheureuse Vierge Marie, Reine, la fixant au 31 mai (texte intégral de l’encyclique sur notre site internet). Le 1er novembre suivant, au cours d’une audience, le Pape a récité à genoux la prière suivante:

DU FOND de cette terre de larmes, où l’humanité souffrante se traîne péniblement, dans les remous d’une mer sans cesse agitée par le vent des passions, nous levons les yeux vers vous, ô Marie, Mère très aimée, pour puiser du réconfort dans la contemplation de votre gloire et pour vous saluer Reine et Maîtresse des cieux et de la terre, Notre Reine et Notre Dame.

Votre Royauté, nous voulons l’exalter avec une légitime fierté de fils et la reconnaître comme due à la suprême excellence de tout votre être, ô très douce et vraie Mère de Celui qui est Roi par droit propre, par héritage, par conquête.

Régnez, ô Notre Reine et Notre Dame, nous montrant le chemin de la sainteté, nous dirigeant et nous assistant, afin que nous ne nous en éloignions jamais.

Au plus haut des cieux, vous exercez votre Royauté sur les chœurs des anges qui vous acclament comme leur Souveraine, sur les légions des saints qui se réjouissent dans la contemplation de votre éclatante beauté; régnez donc aussi sur le genre humain tout entier, surtout en ouvrant le chemin de la foi à ceux qui ne connaissent pas encore votre divin Fils.

Régnez sur l’Église qui professe et fête votre suave domination et qui recourt à vous comme à un sûr refuge au milieu des calamités de notre temps. Mais régnez spécialement sur cette portion de l’Église qui est persécutée et opprimée, lui donnant la force pour supporter les adversités, la constance pour ne pas plier sous les injustes pressions, la lumière pour ne pas tomber dans les embûches de l’ennemi, la fermeté pour résister aux attaques ouvertes, et, à chaque instant, une inébranlable fidélité à votre royaume.

Régnez sur les intelligences, afin qu’elles ne recherchent que la vérité; sur les volontés, afin qu’elles ne suivent que le bien; sur les cœurs, afin qu’ils aiment uniquement ce que vous aimez vous-même.

Régnez sur les individus et sur les familles, comme sur les sociétés et les nations; sur les assemblées des puissants, sur les conseils des sages, comme sur les aspirations des humbles.

Régnez sur les routes et sur les places publiques, dans les cités et les villages, dans les vallées et les montagnes, dans les airs, sur terre et sur mer; et accueillez la prière de ceux qui savent que votre royaume est un royaume de miséricorde, où toute supplication est entendue, toute douleur réconfortée, toute infortune soulagée, toute infirmité guérie et où, comme sur un signe de vos très douces mains, la vie renaît souriante de la mort elle-même.

Accordez-nous que ceux qui maintenant, dans toutes les parties du monde, vous acclament et vous reconnaissent Reine et Maîtresse puissent jouir un jour au ciel de la plénitude de votre royaume, dans la vision de votre divin Fils, qui vit et règne, avec le Père et le Saint-Esprit, dans les siècles des siècles.

Ainsi soit-il!

(trad. fr. de la Documentation catholique, t. 51 [1954], col. 1426-1427.)



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Intentions du Saint-Père pour Mai 2006

Générale : Pour que la richesse des dons que le Saint-Esprit dispense dans l’Église contribue à faire grandir la paix et la justice dans le monde.

Missionnaire : Pour que, dans les pays de Mission, les responsables des institutions publiques promeuvent et défendent la vie humaine depuis sa conception jusqu’à son terme naturel, avec l’appui de lois opportunes.



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Annonces diverses

MOIS DE MARIE

Méditation mariale suivie du chapelet devant l’autel de la sainte Vierge une demi-heure avant chaque messe (sauf mercredi et dimanche).

L’ABBÉ DE MONTJOYE

L'abbé sera absent du dimanche 14 (après la messe) au lundi 22 mai. Il suivra une session de formation organisée par la Fraternité Saint-Pierre sur la direction spirituelle, donnée par l’abbé Max Huot de Longchamp puis gagnera Lourdes pour le PMI.

Chorale Polyphonique

On recherche désepéremment des voix sopranes et alti pour la chorale polyphonique ! Merci au bonnes volontées.
Répétitions le jeudi de 20h30 à 21h30 et le dimanche de 10h30 à 11h00.

Retraite de Confirmation et préparation de la Première Communion

La retraite de préparation à la Confirmation aura lieu du jeudi 25 mai (Ascension), après la messe, au samedi 27 à 11 h00, au monastère des Annonciades, à Thiais. RDV à la grand-messe de 11h15 avec un pique-nique. Nous rappelons que les confirmations seront conférées par Monseigneur daniel LABILLE, notre évêque le dimanche 11 juin au cours de la messe qui sera célébrée à 16h par l’abbé Xavier GARBAN, supérieur du District de France de la Fraternité Saint-Pierre.

. La récollection préparatoire à la Première Communion aura lieu le samedi 17 juin, de 9h00 à 17h à Saint-André. Les Premières Communions auront lieu le lendemain, dimanche de la Fête-Dieu, 18 juin. (Ne pas oublier la procession de la Fête-Dieu l’après-midi à Saint-Maurice (église des Saints-Anges Gardiens)

PÉLERINAGE DE CHARTRES

Cette année, pour le pèlerinage de Pentecôte (du 3 au 5 juin), la communauté propose:

les ados (12 à 16 ans) peuvent s’inscrire dans un chapitre pastouriaux directement auprès de N.-D. de Chrétienté (tél. 01.39.07.27.00 ou www.nd- chretiente.com ).

DÉPART DU PÈRE GAVOIS

Samedi 17 Juin à 18h, aura lieu la messe de départ du P. Gavois, curé de S.- André depuis 2002. Elle sera suivie d’un barbecue dans la cour de la Cité paroissiale. S’inscrire auprès du secrétariat de la paroisse (tél. 01.43.68.04.18).

FÊTE DU GROUPE SCOUT

La fête de groupe, initialement prévue le samedi 17 juin, est reportée en septembre. En remplacement, nous proposons un pique-nique le dimanche 18 juin, entre la messe de la Fête-Dieu (premières communions) et la procession. S’adresser aux responsables.

JEAN-PAUL II, héritage et fécondité

Un cycle de conférences sur ce sujet est organisé par l’IPC à l’occasion de la sortie en France de sa pièce de théâtre La boutique de l’orfèvre. Conférence à 19h00, suivie de la représentation, à la Fondation Eugène Napoléon (254 rue du Faubourg-Saint-Antoine, Paris XIIè). Entrée libre, participation aux frais. Renseignements: www.ipc-asso.com (tél. 01.43.35.38.50) et www.laboutiquedelorfevre.net



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www.motuproprio94.org