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Fraternité Saint Pierre - Val de Marne Communauté attachée à la liturgie traditionnelle, bénéficiant du Motu proprio " Ecclesia Dei " du 2 juillet 1988 de S.S. Jean-Paul II |
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Eglise Saint André 22 Avenue de Verdun 94410 Saint Maurice |
Bulletin de Mars 2006 |
Le terme de « sens » est un de ceux qui reviennent le plus dans les débats d’idées, spécialement ceux qui concernent la crise que traverse notre société post-moderne. « La vie a-t-elle un sens ? Lequel ? Quelques expressions – qui écorchent la langue française – fleurissent aussi ici et là : « faire sens » (sic). Le terme de « sens » semble avoir remplacé le terme de « valeur », sans doute trop marqué par l’ombre du christianisme et d’une Vérité intangible qui s’impose à nous. Quoi qu’il en soit, notre société semble avoir du mal à fonder, construire et transmettre un art du vivre ensemble, sans lequel aucune société ne peut être pérenne. On en revient toujours au problème qu’il est illusoire – parce qu’impossible – de fonder une morale qui ne repose pas sur une métaphysique. Kant a essayé, mais ses héritiers n’ont pas tardé à contester des règles de comportement qui ne reposaient sur rien d’autre qu’un impératif catégorique. La raison humaine a trop soif de vérité (c’est son appétit naturel) pour ne pas réclamer des fondements plus convaincants à son agir. Laissons les amateurs d’efforts inutiles se fatiguer à chercher de nouvelles voies et de nouvelles bases pour donner un sens à notre vie. S’ils persévèrent, ils finiront bien par croiser un jour la petite voie, qui n’est pas seulement celle de la porte étroite, mais surtout celle de l’humilité et de l’enfance spirituelle. Là, ils trouveront le repos, celui du corps et celui de l’âme, celui de la personne dans la totalité de son mystère, et ils diront avec saint Augustin : « Fecisti nos ad Te, Domine, et cor nostrum inquietum est donc requiescat in Te » (Confessions I,1) « Tu nous a fait pour Toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en Toi »
Dieu nous a fait la grâce de Le connaître, et en Le connaissant de nous connaître. Et toute l’Histoire du monde – et notre histoire personnelle – n’est éclairée que par une seule lumière : la lumière de l’Amour, de l’Amour Incréé, et de l’amour créé. Est-ce oublier les drames nombreux qui affligent l’humanité depuis les origines ? Certes pas, mais ceux-ci n’ont pas le dernier mot et témoignent peut-être à leur manière que nous sommes faits pour autre chose que pour ce monde. Dans le Christ, Dieu nous a montré que l’amour est plus fort que la mort, le péché, et le mal. Dieu est fidèle, et s’Il nous a créés par amour, Il continue à nous poursuivre de son amour, à nous porter dans son amour, quand bien même Il nous serre avec Lui sur la croix.
Voilà bien la seule chose qui donne effectivement un sens à notre vie : l’Amour. L’Amour dont nous avons été aimés et qui attend notre réponse. Nous pouvons ne pas y croire, nous pouvons en avoir peur (être aimé d’un Dieu qui réclame mon amour !), nous ne pouvons pas le détourner de nous. Nous pouvons le repousser, nous ne pouvons pas le décourager. Il ne dépend pas de nous, il dépend de Dieu, et on ne change pas Dieu. Dieu est Amour .
C’est pourquoi toute vie mérite d’être vécue, y compris celle qui ne brille pas selon les critères du siècle. « Sainte pauvreté » qui faisait les délices d’un François d’Assise, « bienheureuse pénitence » qui attirait un Pierre d’Alcantara, et encore : « bienheureuse solitude, seule béatitude » d’un saint Bruno et de ses frères de la Chartreuse… Que nous sommes loin de l’épanouissement proposé (imposé devrait-on dire !) par les faiseurs d’opinion !
On entend parfois dire qu’il faut donner un sens à notre vie. C’est vrai si on l’entend des choix concrets à prendre (état de vie, profession, engagements divers, loisirs, etc.), mais il y a un danger s’il l’on en conclut que c’est nous qui donnons son sens profond à notre vie. Ce n’est pas nous, c’est Dieu qui donne un sens à notre vie, et heureusement ! Notre mission consiste simplement (mais comme c’est important !) à découvrir ce sens que Dieu a donné à ma vie. Et là encore c’est le Christ qui est la clef de lecture et d’interprétation, c’est Lui qui révèle l’homme à l’homme, comme aimait à le rappeler Jean-Paul II.
Sommes-nous loin du titre de cet éditorial : Carême et sens de la vie ? Nous y arrivons. Le carême, par sa triple invitation au jeûne, à la prière et à l’aumône, nous aide à rectifier notre jugement sur le monde et sur la vie, à redonner de la hauteur à notre regard, en le purifiant de ce qui l’encombre. Qu’est-ce qui l’encombre ? La liste pourrait être longue. Mais résumons en deux mots, et chacun personnalisera à sa guise : « Panem et circenses ». Rien de nouveau sous le soleil, même si maintenant il n’y a plus besoin d’aller au cirque pour se repaître de la bêtise et de la cruauté des hommes : elles pénètrent toutes seules chez vous, sur toutes sortes d’écrans… Allez parler ensuite de se priver de nourriture (quantité, qualité, gloutonnerie, respect du jeûne en dehors des repas…), de « perdre » du temps en prière (le matin, le soir, le dimanche un peu plus…), de regarder ceux qui souffrent dans leur corps ou dans leur âme comme des frères à aimer et à aider (par notre argent, notre temps, nos talents…) ! L’expérience nous prouve bien que nous ne pouvons servir deux maîtres. Le carême nous aide à nous détacher un peu de tous ces tyrans qui voudraient nous entraîner à leur service, toutes ces idoles, grandes ou petites, anciennes ou nouvelles, qui nous retiennent loin du service de Dieu, nous en éloignent de plus en plus, et nous font perdre le sens de notre vie. Puissions-nous retrouver, avec la grâce de Dieu, le chemin qui mène à Lui. Puissions-nous surtout Le trouver, Lui, et demeurer dans son amour.
« Je suis la vigne ; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit ; car hors de moi vous ne pouvez rien faire. Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il se dessèche ; on les ramasse et on les jette au feu et ils brûlent. Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et vous l'aurez. C'est la gloire de mon Père que vous portiez beaucoup de fruit et deveniez mes disciples. Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez en mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez en mon amour, comme moi j'ai gardé les commandements de mon Père et je demeure en son amour. Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète. Voici quel est mon commandement : vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés. Nul n'a plus grand amour que celui-ci : donner sa vie pour ses amis.
Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous appelle amis, parce que tout ce que j'ai entendu de mon Père, je vous l'ai fait connaître. Ce n'est pas vous qui m'avez choisi ; mais c'est moi qui vous ai choisis et vous ai établis pour que vous alliez et portiez du fruit et que votre fruit demeure, afin que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres » (Jn 17, 5-17)
Abbé Hugues de MONTJOYE
«Voyant les foules, Jésus eut pitié d’elles» (Mt 9, 36)
Chers frères et sœurs,
Le Carême est le temps privilégié du pèlerinage intérieur vers Celui qui est la source de la miséricorde. C’est un pèlerinage au cours duquel Lui-même nous accompagne à travers le désert de notre pauvreté, nous soutenant sur le chemin vers la joie profonde de Pâques. Même dans les «ravins de la mort» dont parle le Psalmiste (Ps 22 [23], 4), tandis que le tentateur nous pousse à désespérer ou à mettre une espérance illusoire dans l’œuvre de nos mains, Dieu nous garde et nous soutient. Oui, aujourd’hui encore le Seigneur écoute le cri des multitudes affamées de joie, de paix, d’amour. Comme à chaque époque, elles se sentent abandonnées. Cependant, même dans la désolation de la misère, de la solitude, de la violence et de la faim, qui frappent sans distinction personnes âgées, adultes et enfants, Dieu ne permet pas que l’obscurité de l’horreur l’emporte. Comme l’a en effet écrit mon bien-aimé Prédécesseur Jean-Paul II, il y a une «limite divine imposée au mal», c’est la miséricorde (Mémoire et identité, 4, Paris, 2005, pp. 35 ss.). C’est dans cette perspective que j’ai voulu placer au début de ce Message l’annotation évangélique selon laquelle, «voyant les foules, Jésus eut pitié d’elles» (Mt 9, 36). Dans cet esprit, je voudrais m’arrêter pour réfléchir sur une question très débattue parmi nos contemporains: la question du développement. Aujourd’hui encore le «regard» de compassion du Christ ne cesse de se poser sur les hommes et sur les peuples. Il les regarde sachant que le «projet» divin prévoit l’appel au salut. Jésus connaît les embûches qui s’opposent à ce projet et il est pris de compassion pour les foules: il décide de les défendre des loups, même au prix de sa vie. Par ce regard, Jésus embrasse les personnes et les multitudes, et il les remet toutes au Père, s’offrant lui-même en sacrifice d’expiation.
Éclairée par cette vérité pascale, l’Église sait que, pour promouvoir un développement plénier, il est nécessaire que notre «regard» sur l’homme soit à la mesure de celui du Christ. En effet, il n’est en aucune manière possible de dissocier la réponse aux besoins matériels et sociaux des hommes de la réponse aux désirs profonds de leur cœur. Il convient d’autant plus de souligner cela à notre époque de grandes transformations, où nous percevons de manière toujours plus vive et plus urgente notre responsabilité envers les pauvres du monde. Mon vénéré Prédécesseur, le Pape Paul VI, identifiait déjà avec précision les dommages du sous-développement comme étant un amoindrissement d’humanité. Dans cet esprit, il dénonçait dans l’Encyclique Populorum progressio «les carences matérielles de ceux qui sont privés du minimum vital, et les carences morales de ceux qui sont mutilés par l'égoïsme, (…) les structures oppressives, qu'elles proviennent des abus de la possession ou des abus du pouvoir, de l'exploitation des travailleurs ou de l'injustice des transactions» (n. 21). Comme antidote à de tels maux, Paul VI suggérait non seulement «la considération accrue de la dignité d'autrui, l'orientation vers l'esprit de pauvreté, la coopération au bien commun, la volonté de paix», mais aussi, «la reconnaissance par l’homme des valeurs suprêmes et de Dieu, qui en est la source et le terme» (ibid.). Dans cette ligne le Pape n’hésitait pas à proposer «la foi, don de Dieu accueilli par la bonne volonté de l'homme, et l'unité dans la charité du Christ» (ibid.). Donc, le «regard» du Christ sur la foule nous incite à affirmer le véritable contenu de «l’humanisme intégral» qui, toujours selon Paul VI, consiste dans le «développement intégral de tout l'homme et de tous les hommes» (ibid., n. 42). C’est pourquoi la première contribution que l’Église offre au développement de l’homme et des peuples ne se concrétise pas en moyens matériels ou en solutions techniques, mais dans l’annonce de la vérité du Christ qui éduque les consciences et enseigne l’authentique dignité de la personne et du travail, en promouvant la formation d’une culture qui réponde vraiment à toutes les interrogations de l’homme.
Face aux terribles défis de la pauvreté d’une si grande part de l’humanité, l’indifférence et le repli sur son propre égoïsme se situent dans une opposition intolérable avec le «regard» du Christ. Avec la prière, le jeûne et l’aumône, que l’Église propose de manière spéciale dans le temps du Carême, sont des occasions propices pour se conformer à ce «regard». Les exemples des saints et les multiples expériences missionnaires qui caractérisent l’histoire de l’Église constituent des indications précieuses sur le meilleur moyen de soutenir le développement. Aujourd’hui encore, au temps de l’interdépendance globale, on peut constater qu’aucun projet économique, social ou politique ne remplace le don de soi à autrui, dans lequel s’exprime la charité. Celui qui agit selon cette logique évangélique vit la foi comme amitié avec le Dieu incarné et, comme Lui, se charge des besoins matériels et spirituels du prochain. Il le regarde comme un mystère incommensurable, digne d’une attention et d’un soin infinis. Il sait que celui qui ne donne pas Dieu donne trop peu, comme le disait la bienheureuse Teresa de Calcutta: «La première pauvreté des peuples est de ne pas connaître le Christ». Pour cela il faut faire découvrir Dieu dans le visage miséricordieux du Christ: hors de cette perspective, une civilisation ne se construit pas sur des bases solides.
Grâce à des hommes et à des femmes obéissant à l’Esprit Saint, sont nées dans l’Église de nombreuses œuvres de charité, destinées à promouvoir le développement: hôpitaux, universités, écoles de formation professionnelle, micro-réalisations. Ce sont des initiatives qui, bien avant celles de la société civile, ont montré que des personnes poussées par le message évangélique avaient une préoccupation sincère pour l’homme. Ces œuvres indiquent une voie pour guider encore aujourd’hui l’humanité vers une mondialisation dont le centre soit le bien véritable de l’homme et conduise ainsi à la paix authentique. Avec la même compassion que Jésus avait pour les foules, l’Église ressent aujourd’hui encore comme son devoir de demander à ceux qui détiennent des responsabilités politiques et qui ont entre leurs mains les leviers du pouvoir économique et financier de promouvoir un développement fondé sur le respect de la dignité de tout homme. Une importante authentification de cet effort consistera dans la liberté religieuse effective, entendue non pas simplement comme possibilité d’annoncer et de célébrer le Christ, mais aussi comme contribution à l’édification d’un monde animé par la charité. Dans cet effort, s’inscrit également la considération effective du rôle central que les valeurs religieuses authentiques jouent dans la vie de l’homme, en tant que réponse à ses interrogations les plus profondes et motivation éthique par rapport à ses responsabilités personnelles et sociales. Tels sont les critères sur la base desquels les chrétiens devront aussi apprendre à évaluer avec sagesse les programmes de ceux qui les gouvernent.
Nous ne pouvons pas ignorer que des erreurs ont été commises au cours de l’histoire par nombre de ceux qui se disaient disciples de Jésus. Souvent, face aux graves problèmes qui se posaient, ils ont pensé qu’il valait mieux d’abord améliorer la terre et ensuite penser au ciel. La tentation a été de croire que devant les urgences pressantes on devait en premier lieu pourvoir au changement des structures extérieures. Cela eut comme conséquence pour certains la transformation du christianisme en un moralisme, la substitution du croire par le faire. C’est pourquoi, mon Prédécesseur de vénérée mémoire, Jean-Paul II, observait avec raison: «Aujourd'hui, la tentation existe de réduire le christianisme à une sagesse purement humaine, en quelque sorte une science pour bien vivre. En un monde fortement sécularisé, est apparue une ‘sécularisation progressive du salut’, ce pourquoi on se bat pour l'homme, certes, mais pour un homme mutilé, ramené à sa seule dimension horizontale. Nous savons au contraire que Jésus est venu apporter le salut intégral» (Encyclique Redemptoris missio, n. 11).
C’est justement à ce salut intégral que le Carême veut nous conduire en vue de la victoire du Christ sur tout mal qui opprime l’homme. En nous tournant vers le divin Maître, en nous convertissant à Lui, en faisant l’expérience de sa miséricorde grâce au sacrement de la Réconciliation, nous découvrirons un «regard» qui nous scrute dans les profondeurs et qui peut animer de nouveau les foules et chacun d’entre nous. Ce «regard» redonne confiance à ceux qui ne se renferment pas dans le scepticisme, en leur ouvrant la perspective de l’éternité bienheureuse. En fait, déjà dans l’histoire, même lorsque la haine semble dominer, le Seigneur ne manque jamais de manifester le témoignage lumineux de son amour. À Marie, «fontaine vive d’espérance» (Dante Alighieri, Le Paradis, XXXIII, 12), je confie notre chemin du Carême, pour qu’elle nous conduise à son Fils. Je lui confie spécialement les multitudes qui, aujourd’hui encore, éprouvées par la pauvreté, invoquent aide, soutien, compréhension. Dans ces sentiments, de grand cœur, j’accorde à tous une particulière Bénédiction apostolique.
Du Vatican, le 29 septembre 2005.
Benedictus PP. XVI
Le mois de mars est traditionnellement consacré à saint Joseph, dont la fête principale est célébrée le 19 (cette année le 20, en raison de la prééminence du dimanche). En 1989, le pape Jean-Paul II a écrit l’exhortation apostolique Redemptoris custos sur s. Joseph à l’occasion du centenaire de l’encyclique Quanquam pluries de Léon XIII. En voici un extrait.
Saint Joseph a été appelé par Dieu à servir directement la personne et la mission de Jésus en exerçant sa paternité: c’est bien de cette manière qu’il coopère dans la plénitude du temps au grand mystère de la Rédemption et qu’il est véritablement « ministre du salut » (1). Sa paternité s’est exprimée concrètement dans le fait « d’avoir fait de sa vie un service, un sacrifice au mystère de l’Incarnation et à la mission rédemptrice qui lui est liée; d’avoir usé de l’autorité légale qui lui revenait sur la sainte Famille, pour lui faire le don total de lui-même, de sa vie, de son travail; d’avoir converti sa vocation humaine à l’amour familial en une oblation surnaturelle de lui-même, de son cœur et de toutes ses forces à l’amour mis au service du Messie qui naquit dans sa maison. » (2)
La liturgie rappelle qu’ « à saint Joseph a été confiée la garde des mystères du salut à l’aube des temps nouveaux »(3), et elle précise qu’ « il fut le serviteur fidèle et prudent à qui Dieu confia la sainte Famille pour qu’il veille comme un père sur son Fils unique. »(4) Léon XIII souligne la sublimité de cette mission: « Joseph brille entre tous par la plus auguste dignité, parce qu’il a été, de par la volonté divine, le gardien du Fils de Dieu, regardé par les hommes comme son père. D’où il résultait que le Verbe de Dieu était humblement soumis à Joseph, qu’il lui obéissait et qu’il lui rendait tous les devoirs que les enfants sont obligés de rendre à leurs parents. »(5)
Il serait inconcevable qu’à une tâche aussi élevée ne correspondent pas les qualités voulues pour bien l’accomplir. Il convient donc de reconnaître que Joseph eut à l’égard de Jésus, « par un don spécial du ciel, tout l’amour naturel, toute l’affectueuse sollicitude que peut connaître un cœur de père. »(6)
En même temps que la puissance paternelle sur Jésus, Dieu a aussi accordé à Joseph l’amour correspondant, cet amour qui a sa source dans le Père, « de qui toute paternité, au ciel et sur la terre, tire son nom. » (Ep 3, 15).
Dans les Evangiles est clairement décrite la tâche de père qui est celle de Joseph à l’égard de Jésus. En effet, le salut, qui passe par l’humanité de Jésus, se réalise dans des gestes qui font partie de la vie familiale quotidienne, en respectant l’ « abaissement » inhérent à l’économie de l’Incarnation. Les évangélistes sont très attentifs à montrer que, dans la vie de Jésus, rien n’a été laissé au hasard et que tout s’est déroulé selon un plan divin préétabli. La formule souvent répétée: « Cela advint pour que s’accomplît… » et la référence de l’événement décrit à un texte de l’Ancien Testament tendent à souligner l’unité et la continuité du projet, qui atteint son accomplissement dans le Christ.
Par l’Incarnation, les « promesses » et les « figures » de l’Ancien Testament deviennent des « réalités »: les lieux, les personnes, les événements et les rites s’entremêlent selon des ordres divins précis, transmis par le ministère des anges et reçus par des créatures particulièrement sensibles à la voix de Dieu. Marie est l’humble servante du Seigneur, préparée de toute éternité à la mission d’être Mère de Dieu; Joseph est celui que Dieu a choisi pour être « l’ordonnateur de la naissance du Seigneur » (7), celui qui a la charge de pourvoir à l’entrée « dans l’ordre » du Fils de Dieu dans le monde, en respectant les dispositions divines et les lois humaines. Toute la vie « privée » ou « cachée » de Jésus est confiée à sa garde.
(1) Cf. S. JEAN CHRYSOSTOME, Homélie sur S. Matth. V, 3
L’intégralité de l’exhortation de Jean-Paul II en Français sur notre site
Les plus belles pages sur Saint Joseph sur la "toile" :
http://www.spiritualite-chretienne.com/st-joseph/st-joseph.html
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Nous recourons à vous dans notre tribulation, bienheureux Joseph, et après avoir imploré le secours de votre très sainte Epouse, nous sollicitons aussi avec confiance votre patronage. Par l'affection qui vous a uni avec la Vierge Immaculée, Mère de Dieu ; par l'amour paternel dont vous avez entouré l'Enfant Jésus, nous vous supplions de regarder avec bonté l'héritage que Jésus-Christ a acquis de son sang et de nous assister de votre puissance, de votre secours dans nos besoins. Protégez, ô très sage Gardien de la divine famille, la race élue de Jésus-Christ ; préservez-nous, ô père très aimant, de toute souillure d'erreur et de corruption ; soyez-nous propice et assistez-nous, du haut du ciel, ô notre très puissant Libérateur, dans le combat que nous livrons à la puissance des ténèbres, et de même que vous avez arraché autrefois l'Enfant Jésus au péril de la mort, défendez aujourd'hui la sainte Eglise de Dieu des embûches de l'ennemi et de toute adversité. Accordez-nous votre perpétuelle protection, afin que, soutenus par votre exemple et votre secours, nous puissions vivre saintement, pieusement mourir et obtenir la béatitude éternelle du ciel. Ainsi soit-il. |
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Léon XIII
enc. Quamquam pluries (1889).
Le 21 mars, on célèbre la mémoire de saint Benoît de Nursie, abbé († 547), patriarche des moines d’Occident. Voici les paroles du Souverain Pontife, qui a mis son pontificat sous son patronage, avant la récitation de l’Angélus, le 10 juillet dernier:
Saint Benoît Abbé, Patron de l'Europe, (…) m'est particulièrement cher, comme on peut le deviner à travers le choix de mon nom. Né à Nursie aux alentours de 480, Benoît accomplit ses études initiales à Rome mais, déçu par la vie de la ville, il se retira à Subiaco, où il demeura pendant près de trois ans dans une grotte – le célèbre sacro speco – se consacrant entièrement à Dieu. A Subiaco, se servant des ruines d'une villa cyclopéenne de l'empereur Néron, il construisit avec ses premiers disciples plusieurs monastères, donnant vie à une communauté fraternelle fondée sur le primat de l'amour du Christ, dans laquelle la prière et le travail s'alternaient de façon harmonieuse dans une louange à Dieu. Quelques années plus tard, sur le Mont Cassin, il donna sa forme définitive à ce projet, et le mit par écrit dans la "Règle", la seule de ses œuvres qui nous soit parvenue. Sur les cendres de l'Empire romain, Benoît, recherchant avant tout le Royaume de Dieu, jeta, peut-être même sans s'en rendre compte, la semence d'une nouvelle civilisation qui devait se développer, en intégrant les valeurs chrétiennes à l'héritage classique, d'une part, et aux cultures germanique et slave, de l'autre.
Il existe un aspect typique de sa spiritualité, que je voudrais souligner en particulier aujourd'hui. Benoît ne fonda pas une institution monastique ayant pour but principalement l'évangélisation des peuples barbares, comme d'autres grands moines missionnaires de l'époque, mais il indiqua à ses disciples comme objectif fondamental et même unique de l'existence, la recherche de Dieu: «Quærere Deum». Il savait toutefois que, lorsque le croyant entre en relation profonde avec Dieu, il ne peut se contenter de vivre de façon médiocre à l'enseigne d'une éthique minimaliste et d'une religiosité superficielle. On comprend alors mieux, sous cette lumière, l'expression que Benoît tira de saint Cyprien et qui résume dans sa Règle (IV, 21) le programme de vie des moines: «Nihil amori Christi præponere», Ne rien placer au-dessus de l'amour du Christ. C'est en cela que consiste la sainteté, proposition valable pour chaque chrétien et devenue une véritable urgence pastorale à notre époque où l'on ressent le besoin d'ancrer la vie et l'histoire à de solides références spirituelles.
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O notre père saint Benoît, patriarche des moines d’Occident et patron de l’Europe, nous te confions notre pape Benoît XVI qui a voulu placer son ministère sous ton patronage. Donne-lui de ne rien préférer à l’amour du Christ et de toujours accomplir l’œuvre de Dieu. Garde-lui le goût d’une vie d’intimité avec le Seigneur, irriguée par la source de l’évangile, illuminée par la louange et soulevée par la continuelle obéissance à la volonté du Père. Toi qui as trouvé la vraie sagesse dans la Parole de Dieu, continue de le guider dans la connaissance du mystère du salut et confirme-le dans la grâce de l’exposer avec courage et clarté. Toi qui as promu dans tes monastères l’ordre de la charité, donne-lui de favoriser la réconciliation des chrétiens divisés et d’aider toute la famille humaine à trouver son unité en servant la justice, en protégeant les plus faibles, en honorant tous les hommes et en respectant la création. Dans la tâche si lourde qui lui incombe, ménage-lui le silence-où mûrit la prière, la solitude où se purifie la parole et accorde-lui la joie de sentir la communion et l’affection de toute l’Église à lui confiée. Amen. |
Prière proposée sur l’autel des reliques de s. Benoît, à l’abbaye de Fleury (S.-Benoît-sur-Loire, Loiret)
Le «Décret n° 2006-121 du 6 février 2006 relatif à la recherche sur l'embryon et sur les cellules embryonnaires et modifiant le Code de la santé publique» vient d'être publié au Journal Officiel. Ce décret définit les conditions selon lesquelles les recherches sur les cellules souches embryonnaires et sur les embryons humains peuvent être autorisées et la manière dont les chercheurs peuvent se les procurer.
Les chercheurs pourront travailler sur des embryons issus de la fécondation in vitro (FIV) et abandonnés à la recherche par les parents de ces embryons. Leur autorisation devra être faite par écrit. Ces embryons seront les «rebus» du diagnostic préimplantatoire, (les embryons malades qui n'ont pas été sélectionnés pour être réimplantés) et des fécondations in vitro (les embryons «qui ne seraient pas susceptibles d'être transférés ou conservés» en raison de leur état de santé). Ils seront aussi les victimes du changement de projet parental (les embryons dits «surnuméraires»). Dans ce dernier cas, il faudra un délai de réflexion de 3 mois au couple pour donner son autorisation finale.
«Il existe environ 120.000 embryons humains conservés par congélation dans les centres français d'assistance médicale à la procréation» explique Carine Camby, directeur général de l'Agence de biomédecine. «Nous estimons à 40 % la proportion de ces embryons qui ne s'inscrivent plus aujourd'hui dans le cadre d'un projet parental. Notre mission sera d'assurer aux autorités comme à tout citoyen que les recherches sur l'embryon humain et sur les cellules qui en dérivent seront effectuées avec toutes les garanties d'éthique, de sécurité, de qualité et de transparence requises, dans le strict respect de la loi de bioéthique.»
L'Agence de biomédecine donnera les autorisations nécessaires aux laboratoires concernés, «pour une durée déterminée qui ne peut excéder cinq ans». Le directeur de l'Agence prendra sa décision après avis du conseil d'orientation. Ce conseil réunit des experts en sciences médicales, en sciences humaines et des associations et institutions diverses.
Par ce décret l'importation de cellules souches embryonnaires et tissus fœtaux reste autorisée à condition qu'ils proviennent d'avortements ou de fécondations in vitro réalisés «dans le respect des principes fixés par les articles 16 à 16-8 du code civil, avec le consentement préalable de la femme» ou «du couple géniteur», «sans qu'aucun paiement ne leur ait été alloué».
Ce décret n'est pas une surprise, il était attendu depuis la loi de bioéthique de 2004. Pourtant, il marque une étape importante dans l’histoire de notre civilisation. Il consacre l’instrumentalisation d'une catégorie d'êtres humains au profit d'une autre. C’est la première fois que le gouvernement français met en application une loi autorisant la vivisection de l'être humain au stade embryonnaire.
On décrète arbitrairement le sacrifice de certains hommes pour le confort d'autrui. Après une transgression aussi grave et une injustice aussi fondamentale, quelle légitimité accorder à l'autorité publique?
Aude Dugast
Fondation Jérôme-Lejeune Responsable de la communication
Source: www.libertepolitique.com
Générale : Que les jeunes, qui sont à la recherche du sens de la vie, soient compris, respectés et accompagnés avec patience et amour.
Missionnaire : Que dans toute l'Eglise grandisse une conscience missionnaire commune, susceptible de favoriser la collaboration et l'échange entre les opérateurs missionnaires.
L’Église nous offre des textes propres pour la messe de chaque jour.
Profitons-en pour mettre notre vie spirituelle
à l’école de la liturgie
«source première et indispensable du véritable esprit chrétien» (S. Pie X)
Est un documentaire qui a pour but de faire connaître les souffrances de l'avortement "interdites de parole" afin d'éclairer d'un jour nouveau les enjeux de l'IVG. Dans ce film, on observe le développement de l'enfant dans le sein maternel. A travers de nombreux témoignages, on découvre les souffrances et les traumatismes liés à l'avortement. Ils touchent les femmes mais aussi les hommes, le personnel médical et les fratries. Ils sont le plus souvent méconnus ou màme niés. Ils concernent pourtant, à des degrés divers, une femme sur deux ayant subi un avortement. On aborde ensuite, succinctement, les aides existantes pour les femmes ou les couples en difficulté qui ne souhaitent pas avorter. On y aborde également certains aspects spirituels de la question.
www.lavieestennous.net
La vie est en nous,
641 La Grangette,
84170 Monteux