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Fraternité Saint Pierre - Val de Marne Communauté attachée à la liturgie traditionnelle, bénéficiant du Motu proprio " Ecclesia Dei " du 2 juillet 1988 de S.S. Jean-Paul II |
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Eglise Saint André 22 Avenue de Verdun 94410 Saint Maurice |
Bulletin d'Octobre 2006 |
Et voilà, le mois du Rosaire est ouvert. trente-et-un jours de prière mariale plus intense, trente-et-un jours d’efforts plus généreux pour vivre avec Marie, trente-et-un jours de progrès, trente-et-un jours de joie. Encore un beau mois. Si nous récitons chaque jour notre chapelet cela fera au bout du mois 1643 Ave Maria. Si nous y rajoutons quelques Ave par-ci par-là dans la journée nous devrions pouvoir monter à 1800. Presque 2000. Autant d’invocations pleines d’amour et de désir vers celle qui aime tant nous exaucer, celle qui est l’intendante des grâces de Dieu, la médiatrice de toutes grâces. Comment résisterait- elle à tant d’appels pressants et persévérants, pour autant que la confiance et l’humilité soit aussi au rendez-vous ? Le chapelet est une arme redoutable !
Mais croyons-nous seulement à l’efficacité de nos prières ? Aimons- nous vraiment la prière ? Je crois que nous ignorons particulièrement le secret de la prière perpétuelle. Ne manquons-nous pas en fait cruellement d’estime pour celle-ci ? Je dis cruellement car en agissant ainsi nous sommes nos propres bourreaux, ne donnant pas à notre âme l’air dont elle a besoin pour respirer, la sève dont elle a besoin pour vivre et se développer. Nous nous imaginons que si nous avons récité un Pater et un Ave le matin et le soir nous sommes quittes avec le Bon Dieu. Quelle méprise ! Pourquoi pas lui offrir un paquet de dix et être débarrassés pour dix jours ! Si nous devinions seulement un tout petit peu combien Dieu aime nos prières, combien Il les attend, combien Il nous attend dans cet échange mystérieux où les cœurs se rencontrent et se fondent l’un dans l’autre. Le curé d’Ars disait que la prière élargissait nos pauvres petits cœurs aux dimensions du cœur de Dieu, c’est-à-dire à l’infini. Et nous sommes faits pour ‘infini. Nous pourrions dire que la prière donne à Dieu l’occasion, d’entrer dans le monde, et d’y déverser les flots de tendresse qui sont comprimés dans son cœur.
Revenons au chapelet. Avoir à portée de main une arme si puissante et ne pas s’en servir pour la meilleure des causes, c’est pour le moins manquer d’intelligence. Disons tout net : c’est stupide ! Dieu a voulu accorder de telles grâces à ceux qui réciterons le chapelet que nous devrions lui donner une place d’honneur dans notre journée. A ceux qui s’étonnent que la Vierge Marie ait demandé lors des apparitions à Fatima la récitation quotidienne du chapelet et non l’assistance quotidienne à la messe, sœur Lucie répond que c’est sans doute parce que la récitation du chapelet est possible à tous, petits et grands, tandis qu’il n’est pas possible pour tout le monde de participer à la messe chaque jour. « Mais moi, je n’ai même pas le temps de réciter mon chapelet » - Ah bon ! si vous le dites, ce doit être vrai, mais en vous excusant ainsi, vous dévoilez une culpabilité plus grande : comment se fait-il que vous vous laissiez dominer par un tel emploi du temps ? Et Dieu dans tout cela ? Est-ce vraiment nécessaire de travailler tant ? (j’avance l’excuse du travail, car les gens ne se cacheront pas derrière le vain prétexte du temps perdu devant la télévision ou l’ordinateur). Nous avons tellement besoin de la prière, de nous reposer un peu chaque jour en Dieu, de Lui parler de tout, de lui abandonner nos intentions si nombreuses et parfois si préoccupantes : pour nous-mêmes, nos proches, nos amis, la France, l’Eglise, sans oublier nos ennemis, les persécutés, les voyageurs, les malades, les agonisants…
Bien sûr, pour que notre prière monte bien haut, nous devons nous efforcer nous-mêmes de plaire à Dieu. Alors vivons ce mois du Rosaire avec Marie ; apprenons d’elle l’imitation du Christ ; Renouvelons ou préparons notre consécration à son Cœur Immaculé. Nous avons le projet de proposer à tous une grande neuvaine préparatoire à la fête de l’Immaculée Conception (du 30 novembre au 8 décembre). Et le vendredi 8 décembre, nous pourrons ensemble consacrer solennellement notre communauté, nos familles, nos personnes au Cœur Immaculé (nous en reparlerons au mois de novembre)
Abbé H. de MONTJOYE
FSSP, Vicaire.
Dans deux conclaves dominés par les puissances apparaissent au XVIIIe siècle deux papes "indépendants": Benoît XIII et Benoît XIV. Différents sur bien des points, ils ont en commun, outre leur nom, une tentative sincère de réforme
Il faut attendre le XVIIIe siècle pour voir réapparaître le nom de Benoît dans la liste des papes. Cela s’explique peut-être par le fait que les derniers à avoir choisi ce nom au XIVe et au XVe siècle, étaient deux antipapes.
Le premier à le reprendre au moment de son élection au pontificat, en mai 1724, est le cardinal Pietro Francesco Orsini soit, sous son nom de religieux de l’ordre dominicain, frère Vincenzo Maria Orsini. Il se référait en choisissant ce nom au bienheureux pape dominicain Benoît XI du début du XIVe siècle (1303- 1304), l’humble successeur de Boniface VIII – et non à Pie V, par exemple, un pape dominicain d’époque plus récente et proclamé saint quelques années avant, en 1712 – indiquant par là, comme nous le verrons, à qui voulait l’entendre, la signification de son pontificat.
Issu d’une famille noble et très religieuse des Pouilles (sa mère, restée veuve, allait prendre en 1658 l’habit dominicain) il fit, en février 1669, alors qu’il avait à peine plus de dix- neuf ans, sa profession parmi les dominicains, au grand déplaisir de ses proches qui lui préparaient alors un mariage digne de l’héritier du duc de Gravina. Mais ceux-ci ne se laissèrent pas abattre et trouvèrent une solution en arrangeant l’union du second fils de la famille avec la nièce du pape régnant alors, Clément X Altieri, et en faisant en même temps nommer cardinal, à son grand déplaisir cette fois, le frère Vincenzo Maria peu après son ordination sacerdotale, en 1672.
Il pouvait s’agir du début de l’une de ces carrières ecclésiastiques typiques de l’ancien régime. Et, d’une certaine façon, il en fut ainsi. À cette époque, tout cardinal devait son titre à un arrangement entre le trône et l’autel. Mais qui peut faire abstraction du moment historique dans lequel il vit? Luigi Fiorani écrit cependant dans le Dictionnaire historique de la papauté que «son [celui de Benoît XIII] itinéraire et son ascension ne suivent que partiellement le modèle de carrière d’un prélat de haut rang» (DHP, I, p. 212).
Certains aspects de son pontificat entrent eux aussi difficilement dans un schéma préétabli bien que, si on lui applique certains paramètres, il soit proche d’autres pontificats “faibles” de l’âge moderne. Frère Vincenzo Maria Orsini, soixante- quinze ans, italien, “zelante” c’est-à- dire faisant partie du groupe des cardinaux qui déclaraient n’avoir en vue que le bien de l’Église, fut élu à l’unanimité parce que les puissances du moment, qui se reflétaient dans le conclave, se mirent finalement d’accord, après s’être opposées pendant plus de deux mois, sur un candidat qui était considéré comme politiquement inoffensif. D’autant plus inoffensif, dans le cas d’Orsini, que sa neutralité n’était pas tactique mais résultait d’une profondeur religieuse authentique. Le cardinal Cienfuegos écrivait à l’empereur quelques jours après l’élection de Benoît: «Le pronostic que l’on fait au sujet du gouvernement du Pape se réduit à penser qu’il sera très ferme dans les choses ecclésiastiques et que lorsqu’il s’agira de celles-ci, il pourra bien faire faire la grimace aux couronnes. Pour le reste, ses intentions sont parfaitement droites et sa vie le canonise comme saint» (cité par Pastor, Storia dei Papi, XV, p. 502, note 2).
Ce que les historiens soulignent dans leurs jugements, c’est surtout le zèle religieux de Benoît XIII. Un jugement que l’on peut lire comme un éloge, lequel finit par nier l’incapacité politico-diplomatique plus ou moins voulue (nous en reparlerons) de ce Pape ou comme une manière, à peine voilée, de faire remonter son incapacité politico-diplomatique à ce zèle. Si, dans l’article qui le concerne comme “serviteur de Dieu” dans le Ier Supplément de la Bibliotheca Sanctorum (dans le sillage, il est facile de le comprendre, de la monumentale “memoria difensiva” que G. B. Vignato lui a consacrée entre 1952 et 1976), on lit que «ce fut sa réputation de “saint” qui attira sur lui le consensus unanime [ingénument souligné dans le texte] des cardinaux» (p. 159), Pastor, tout en confirmant qu’«il ne peut y avoir de doute sur le fait qu’il ait été l’un des papes les plus dévots et les plus humbles», le condamne à la fin de son article par cette sentence: «Il ne suffit pas d’être un excellent religieux pour faire un pape capable» (XV, p. 638). On peut alors se demander – qu’on nous permette cette audace – si les plus de cent cinquante pages d’analyse ultra- documentée que Pastor consacre à Benoît XIII (nous les avons toutes parcourues) ne sont pas, dans ce cas, un dossier judiciaire d’accusation plus qu’une véritable tentative de compréhension historique.
En tous cas, pour mettre à l’abri la sainteté du Pape, les historiens de chacune des deux tendances ainsi que ceux du tiers parti historiographique, font retomber la responsabilité de sa faible action gouvernementale sur la très grande corruption d’un groupe d’hommes de Bénévent dont le Pape s’entoura, et en particulier sur Niccolò Coscia, son ancien secrétaire à Bénévent, créé cardinal en juin 1725 et devenu le factotum de son pontificat. «Un homme de sentiments très bas», dit Pastor avec une emphase de juge, «il abusa de la façon la plus honteuse de la confiance que lui avait accordée Benoît XIII» (XV, p. 507). Dans ce cas d’ailleurs, les historiens sont d’accord et leur jugement coïncide avec une véritable condamnation dont Coscia fut l’objet après la mort de Benoît XIII. Ses manoeuvres réussirent, semble-t-il, à influer sur les rapports internationaux du Saint-Siège dans le cas des négociations concordataires avec l’empereur pour la Sicile et avec les Savoie pour le Royaume de Sardaigne.
our comprendre la raison de cette influence décisive qu’eurent sur lui ses conseillers de Bénévent, il faut rappeler que Benoît XIII avait gardé, après même qu’il fut devenu pape, un lien privilégié avec l’archidiocèse de Bénévent pour lequel il avait dépensé pendant 38 ans, non sans recevoir des gratifications personnelles, le meilleur de ses énergies. Il avait fait là l’expérience de l’intercession de saint Philippe Neri, son saint préféré, à qui il attribua son salut lors du tremblement de terre qui sema la mort à Bénévent en 1688. Il avait procédé là à une profonde réforme de l’organisation ecclésiastique en accomplissant une bonne quinzaine de visites pastorales. Il avait pris là des initiatives de caractère fiscal et social. La ville de Bénévent n’était pas seulement en effet un important siège archiépiscopal, elle faisait partie des États pontificaux, elle formait une enclave, presque un Avignon post litteram, à l’intérieur du Royaume de Naples; et l’archevêque avait naturellement aussi des tâches de gouvernement civil.
«Il serait difficile de surévaluer l’oeuvre de réforme menée pendant presque quarante ans par Orsini dans la province de Bénévent [...], preuve qu’il n’était pas, comme on l’a toujours dit, aussi dépourvu d’expérience dans le domaine administratif et politique et exclusivement adonné aux pratiques ascétiques», écrit G. De Caro dans son pénétrant article du Dizionario biografico degli italiani consacré à Benoît XIII (DBI, VIII, p. 385). Ce ne fut donc probablement pas par pure «bêtise» (Pastor, XV, p. 638) qu’il se fia aux conseillers de Bénévent. Le Pape pensait qu’en s’appuyant sur les “siens”, qu’il connaissait bien, il jouirait d’une plus grande liberté d’action pour «la politique nouvelle qu’il méditait» (DBI, VIII, p. 394).
En effet, il eut le courage de faire un pas en arrière, ou, si l’on préfère, en avant par rapport à ses prédécesseurs immédiats, non seulement sur le plan de la discipline ecclésiastique (il suffit de penser au Synode romain célébré en 1725, le premier depuis l’époque d’Innocent III!), non seulement sur le plan social (il suffit de penser à la fameuse procession d’esclaves libérés qui eut lieu à Rome à l’occasion du Jubilé de cette même année, en obéissance littérale au sens de celui-ci et sur laquelle Guido Miglietta a récemment attiré l’attention, ou à son entreprise de facilitation du crédit, semblable à celle qu’il avait déjà expérimentée à Bénévent, et de défiscalisation correspondante). Mais sur le terrain miné de ce que l’on appelait les rites chinois (l’usage des convertis du Céleste Empire de continuer à célébrer les rites traditionnels de leurs ancêtres) et sur celui de la querelle sur la grâce (dont les échos se faisaient encore entendre en France), il avait aussi tenté une oeuvre de réconciliation. Presque comme un émule, à des siècles de distance, de son lointain prédécesseur Benoît XI, Benoît XIII dans un bref de novembre 1724 cherchait à reconquérir les dissidents français en concédant que «la doctrine de la grâce efficace en elle même et de la prédestination à la gloire sans prévision de mérites était une doctrine ancienne conforme à l’Écriture Sainte, aux décrets pontificaux et aux enseignements de saint Augustin et de saint Thomas» (DBI, VIII, p. 390).
Mais ce sont les “siens” qui s’opposent à lui. D’un côté la Curie, et plus précisément les “zelanti”, c’est-à-dire le mouvement auquel le Pape appartenait à l’origine, repoussèrent en accord avec les puissances très chrétiennes et très catholiques «les ouvertures doctrinales tentées par Benoît XIII» (DBI, VIII, p. 389), sans s’interdire l’usage de procédés peu honnêtes comme celui d’interpoler des textes dogmatiques du Synode de 1725. Les forbans de Bénévent, d’un autre côté, firent échouer la tentative innovatrice de politique fiscale en empochant les recettes avec leurs camarades. Et ils ne s’arrêtèrent pas là.
C’est peut-être dans cette “presbytie”, en partie volontaire, qui le faisait se fier ou l’obligeait à se fier, presque trop aveuglément, à ses proches et le faisait soupçonner ou l’obligeait à soupçonner, avec presque trop d’acuité, ceux qui étaient loin de lui, que réside l’effective faiblesse de Benoît XIII. «Orsini se montrait inflexible à l’égard des attaques extérieures, effectives ou présumées», lit-on dans l’article du DBI (VIII, p. 386) qui le concerne. Ce jugement, quoique porté dans un passage marginal de l’article, peut en réalité constituer une efficace clef de lecture du pontificat de Benoît. Mais il est aussi éclairant sur un autre point. Il nous permet en effet de prendre conscience de la façon dont les deux citoyennetés de saint Augustin ont été progressivement réduites au cours du deuxième millénaire à l’opposition entre le fait d”être des nôtres” et celui d’”être des leurs”, sans que soit tenu compte du dynamisme de la grâce. Et cela, justement, de la part de ceux qui ont peut-être cherché à rester fidèles à la Tradition. Il n’est pas fortuit que ce soit Benoît XIII qui ait, au faîte de son pontificat, étendu à toute l’Église le culte de saint Grégoire VII et aggravé ainsi la situation, donnant lieu à un véritable esclandre diplomatique. Il fit alors plus que «faire faire la grimace aux couronnes», comme l’avait pronostiqué dans sa prose ronflante le cardinal Cienfuegos.
Mais justement, tout ce bruit pour rien nous incite à chercher la véritable clef du pontificat de Benoit XIII (en attendant que de nouvelles études, souhaitées de tous, viennent éclairer son personnage) dans certains faits et dates que personne, nous semble-t-il, n’a jusqu’à présent soulignés. On ne peut pas ne pas remarquer, en effet, que la date du 22 février, à commencer celle de sa mort qui survint, en 1730, la veille de la fête de la Chaire de Saint Pierre, a toujours accompagné Benoît XIII comme un présage. C’est en effet, en 1700, le jour de la mort de sa mère à laquelle avait été prédit durant sa gestation le destin de son fils, celui où il fut créé cardinal et déjà auparavant ordonné diacre. Et même s’il n’a gardé que deux jours ce titre, comme c’était alors l’usage, Benoît XIII, qui avait pour nom de baptême Pietro Francesco, ne pouvait avoir pour destin que celui d’être toute sa vie, et au-delà, un pape “diacre”, un serviteur (des serviteurs) de Dieu. C’est le titre que la Tradition lui a donné et qui accompagne encore sa mémoire.
(dans le prochain numéro : Benoït XIV)
(Lorenzo Cappelletti, tiré de « 30 jours »)
Entretien avec Aude Dugast, directrice de la communication de la Fondation Jérôme Lejeune, diffusé sur www.libertepolitique.com
L'épreuve du baccalauréat 2005 en Sciences de la vie de la terre (SVT) avait été le triste révélateur des failles du programme dans l'enseignement de la biologie, spécialement à propos de la procréation. La Fondation Jérôme Lejeune a étudié les manuels scolaires pour évaluer l'état des connaissances délivrées aux élèves. Son travail a donné lieu à la publication du Manuel BIOéthique des Jeunes, qu'on peut se procurer gratuitement sur notre site.
Liberté Politique : Vous abordez avec le Manuel BIOéthique des Jeunes des questions essentielles. Quelle approche avez-vous choisie ?
Aude Dugast. — L'objectif premier est d'informer les jeunes des enjeux éthiques de nombreuses pratiques banalisées auxquelles ils sont et seront confrontés dans leur vie. Ce manuel a pour second objectif de "mettre à l'endroit" l'enseignement dispensé dans les livres de SVT. Il adopte un ton résolument scientifique en développant à la fin de chaque chapitre une approche éthique. Présenté par thème (l'embryon, l'avortement, la fécondation in vitro, le diagnostic prénatal et préimplantatoire, le clonage, l'euthanasie), cet ouvrage n'est pas consensuel mais factuel. Il rappelle la réalité des faits biologiques et leurs implications éthiques.
LP : Que pensez-vous de l'enseignement dispensé dans les livres scolaires ?
AD : Globalement peu d'erreurs sont à dénoncer : heureusement ! Mais une seule peut suffire pour orienter toute la réflexion éthique. Il fallait la ou les repérer. Nous en avons trouvé deux majeures.
La première est une erreur d'approche : l'esprit avec lequel le sujet de la procréation est traité. Le chapitre correspondant à l'étude de la procréation s'intitule : "Maîtrise de la procréation." Cette approche est réductrice. Elle invite à la connaissance technique de toutes les méthodes contraceptives et abortives mais n'aborde pas la réflexion éthique pourtant intrinsèque à l'origine de la vie. Avec cette façon d'enseigner la procréation, on déshumanise les moments les plus intimes de la vie.
La seconde est une erreur scientifique. Vers le septième jour après la fécondation, le blastocyte s'implante dans l'endomètre utérin. C'est la nidation. Les élèves apprennent que c'est le moment où "la grossesse commence véritablement". Si la grossesse commence à la nidation, à sept jours, il est facile ensuite de sous entendre qu'avant cette date : 1/ on ne parle pas d'avortement mais de contraception, 2/ l'embryon in vitro n'est pas véritablement un être humain et 3/ la recherche sur l'embryon ne détruit pas un petit homme.
LP : À qui s'adresse le Manuel BIOéthique des Jeunes ?
AD : Conçu spécialement pour les 15-25 ans, il a séduit ceux qui l'ont lu. Ils ont apprécié le ton "ni trop ni pas assez technique", l'organisation simple des chapitres (faits, législation, approche éthique) et la présentation pédagogique. De façon plus large, il s'adresse à toutes les personnes désirant promouvoir les valeurs de la vie et pouvant servir de relais de transmission.
LP : Vous lancez aussi en région parisienne les “Dîners BIOéthiques” : quel est le concept ?
AD : Après avoir lu le Manuel BIOéthique des Jeunes, beaucoup souhaitent aller plus loin. Ils ont le sentiment de se faire "ballader" par les media et d'arriver bientôt à l'âge des choix et des responsabilités, sans avoir la formation suffisante pour discerner librement. Nous leur proposons avec le Réseau Lejeune's la formule des Dîners BIOéthiques. Il leur suffit d'organiser un dîner de 10 à 15 personnes à la date de leur choix et un intervenant de la Fondation Jérôme Lejeune se met à leur disposition. Chacun peut poser ses questions d'ordre technique ou éthique et cela permet des discussions très libres.
LP : Quel est l'enjeu pour les nouvelles générations ?
AD : Il est urgent d'améliorer nos connaissances pour affiner notre conscience et percevoir notre mission. On entend sans arrêt que les pratiques décrites dans le manuel doivent toutes être permises dans la loi dès lors qu'elles sont possibles techniquement. Résistons à ces idées courtes, en apparence libérales, mais en réalité totalitaires car elles conduisent à l'arbitraire des plus forts. On entend aussi parler de choix. Mais de quel choix s'agit-il ? Que signifie le pouvoir de vie et de mort sur quelqu'un parce que la loi le permet ? Ce qui est légal n'est pas nécessairement juste. Et les lois injustes ne sont pas des lois.
LP : Quel avenir nous promet une société où le modèle féminin prétend construire son identité en tuant son enfant ? Enfin comment ne pas être complice d'une organisation où le meurtre programmé apparaît comme un sommet de compassion ?
AD : Parce que la vie est belle il est urgent de retrouver un regard d'émerveillement et de lever les obstacles qui nous bouchent la vue. Nous souhaitons que le Manuel BIOéthique des Jeunes y contribue.
(tiré de : libertepolitique.com)
Fondation Jérôme-Lejeune : 31 rue Galande 75005 Paris
www.fondationlejeune.org
Voir aussi : www.genethique.org
(revue de presse quotidienne, 26 dossiers en ligne pour s’informer, législation, forum de discussion …)
1. En union avec votre très- amère douleur, ô seigneur Jésus, vous qui avez pris sur vous la cause de ma douleur, et avez entrepris de satisfaire pour mes péchés, avec tous ceux qui souffrent, avec tous les vrais pénitents et tous ceux qui cherchent la vérité en vous, je vous confesse tous mes péchés, tout le mal que j'ai commis, tout le bien que j'ai omis, ou que j'ai fait sans pureté d'intention, ou avec négligence, selon le nombre, le poids et dans la mesure que vous connaissez mieux que moi; tous les jours de ma vie que j'ai perdus en vous offensant, en diminuant votre gloire, en m'éloignant de vous, qui êtes le souverain bien et en entraînant mon prochain dans ma chute. Recevez donc, Seigneur, les années qui me restent de ma misérable vie; et pour celles que j'ai perdues en vivant mal et pendant lesquelles j'ai vécu en me perdant, ne dédaignez point, ô mon Dieu, un coeur contrit et humble. Mes jours penchent vers leur couchant, ils se sont écoulés sans fruit. Impossible à moi de les rappeler en arrière; mais daignez trouver bon que je les repasse en esprit dans l'amertume de mon âme. Seigneur, l'abîme de ma profonde misère appelle l'abîme de votre profonde miséricorde. Ne renfermez point dans les bornes de votre courroux, vos miséricordes, et ne permettez pas que pour moi la source en soit tarie, à cause de mes péchés, ô vous qui avez pitié de tous les hommes, qui n'avez pas de haine pour aucune des créatures de vos mains, et qui faites comme si vous ne voyiez point leurs péchés dès qu'elles se repentent. C’est à vous, Seigneur, de nous remettre nos péchés; ayez pitié de moi pendant que dure le temps de la grâce et de la miséricorde. Et, puisqu'il est temps encore pour moi de faire pénitence, faites-moi la grâce de mériter la gloire de la bénédiction, et de ne point mériter d'entendre une parole de malédiction me frapper au jour où tout sera consommé.
2. Seigneur, faites-moi, je vous en prie, renoncer à mes péchés d’habitude, et faire ce qui vous plait. Donnez-moi de déployer désormais,, pour accomplir votre sainte volonté, le zèle que j'ai mis jusqu'à ce jour à vous offenser. Que votre grâce surabonde là où le péché a abondé. Je vous prie par vous-même et au nom de l'amour de votre très-pieuse mère, la vierge Marie, et par l'intercession de tous les Saints et tous les élus, de me pardonner mes péchés, mes négligences, et mes ignorances, de ne pas me perdre avec toutes mes iniquités et de ne point garder jusqu'à la fin dans votre colère le mal que j'ai fait. Rap pelez-vous, Seigneur, qu'il ne vous convient pas de perdre aucun de ceux que votre père vous a donnés, et que, tout au contraire, c'est à vous de vous montrer toujours plein de miséricorde, nous épargner et de sauver tout le monde, bien loin de perdre personne. Car votre père vous a envoyé dans le monde non pour juger le monde, mais pour que nous eussions la vie par vous, pour que vous fussiez notre propitiation, et notre avocat contre nous-mêmes. Aussi, avez-vous acquitté la dette que nous avions faite, suppléé ce que nous avions négligé de faire.
3. Que votre satisfaction abondante ou plutôt surabondante me serve donc, Seigneur, dans l'extrémité où je me vois réduit; que votre mort amère, le prix inestimable de votre sang, la mémoire de votre satisfaction, le vénérable mystère de votre corps et de votre sang qui est offert tous les jours dans l'Église pour le salut de vos fidèles serviteurs et dans lequel vous êtes vous-même le sacrifice et le sacrificateur, celui qui offre, et la victime offerte, que tout cela me serve à me mériter, dans la vie présente, la grâce que je ne mérite point, et, dans la vie future, le repos et la gloire que votre mort si amère a mérités pour moi. Seigneur Jésus, votre eeil a vu mes imperfections; mais vous qui êtes bon, miséricordieux, et secourable pour le pécheur, ne me condamnez point à un supplice éternel, vous qui avez préordonné tout pour le souverain bien et pour le bien parfait avec une bonté, une perfection et une sagesse infinies, ne permettez point que je sois rayé du livre de vie donnez-moi plutôt la part d'héritage qui me revient, grâce au bienfait de votre précieuse passion, par laquelle vous avez voulu avoir l'homme pour cohéritier dans la terre des vivants.
4. Seigneur, que la considération de la fragilité humaine touche votre coeur et l'incline à la miséricorde, vous connaissez la substance de l'homme, et vous savez que ce n'est pas en vain que vous l'avez établi sur la terre. Je suis l'oeuvre de votre bonté, conservez- moi. Si vous ne voulez point avoir travaillé en vain à me faire, et que votre sang immaculé n'ait coulé en pure perte pour moi, ô vous qui rendez pur un pécheur, après m'avoir purifié de la souillure de mes péchés et avoir répandu votre lumière sur la face de mon âme, faites-moi la grâce de vous connaître et, vous connaissant, de tendre sans cesse vers vous, afin que j'aie le bonheur d'arriver enfin à vous, Jésus-Christ, mon Dieu et mon Seigneur, qui vivez avec le Père et le Saint-Esprit, etc.
source: http://www.abbaye-saint-benoit.ch
Il y a des jours, comme aujourd'hui, où nous prenons mieux conscience qu'à travers la liturgie et la proclamation de la Parole de Dieu, le Seigneur s'adresse vraiment à nous et vient nous rejoindre au cœur des préoccupations qui sont les nôtres, pour nous encourager dans un combat qui n'est pas le nôtre, mais le sien.
« Prenant alors un enfant, il le plaça au milieux d'eux, l'embrassa et leur dit : « celui qui accueille un enfant comme celui-ci, c'est moi qu'il accueille. Et celui qui m'accueille, ne m'accueille pas, moi, mais celui qui m'a envoyé ».
L'accueil de l'enfant, l'accueil de la vie est donc au centre de notre rencontre avec Dieu.
Et comment pourrait-il en être autrement puisque Dieu est le Dieu de la Vie, le Vivant, le Dieu de la Création, le Dieu de la Résurrection…
La vie est le premier don de Dieu, elle est sa première bénédiction. « Croissez et multipliez-vous ».
Lorsque Dieu bénit Abraham, il lui promet que sa descendance sera « aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que les grains de sable au bord de la mer ».
Depuis lors, la lutte entre le bien et le mal revêt le visage du combat entre la vie et la mort.
« Des fils, voilà ce que donne le Seigneur, des enfants, la récompense qu'il accorde, comme les flèches au main d'un guerrier ainsi les fils de la jeunesse.
Heureux l'homme vaillant qui garnit son carquois de telles armes, S'il affronte ses ennemis sur la place, il ne sera pas humilié ».
En venant en pèlerinage à Sainte-Anne d'Auray, il y a dix ans, Jean-Paul II nous a rappelé que le but fondamental de la famille est le service de la vie.
La famille a pour vocation de collaborer avec Dieu dans l'ordre de la création et de transmettre ainsi, de générations en générations, avec la bénédiction divine, l'icône même de Dieu qui créa l'homme à son image.
L'amour des époux est une participation particulière au mystère de la vie et de l'amour de Dieu lui- même.
Ainsi donc, la morale qui découle de la foi et de l'anthropologie chrétienne n'est pas réductible à une somme d'interdits et de négations, elle est tout entière orientée vers la réalisation de la plus positive des finalités : la vie.
On ne planifie pas la vie. On ne manipule pas la vie. On ne fait pas d'expérience sur la vie. Elle transcende toutes les légis- lations. Elle transcende toutes les organi- sations sociales. Elle est le critère de toute éthique. S'en prendre à la vie, c'est s'en prendre à Dieu ! Dans la crise des consciences qui marque notre temps, beaucoup en viennent à se demander si la vie est un bien.
Certains, comme Job, en viennent à douter qu'elle soit une bénédiction (« Que périsse le jour où je suis né… que ce jour s'en aille aux ténèbres…Pourquoi donner la lumière à un malheureux, et la vie à ceux qui iront dans la peine ? » (Jb 3, 3 ss)
D'autres enfin, privilégiant la préoccupation exclusive de l'avoir, sur le primat de l'être, s'enferment dans une vision individualiste, matérialiste et hédoniste de l'existence.
Le développement des sciences et des techniques donne aux uns et aux autres la possibilité d'aller jusqu'au bout de leurs doutes et de mettre en œuvre leurs objectifs.
L'habitude prise de poser des actes sans tenir compte de leur finalité naturelle crée une perte de sens, qui, en provoquant un véritable naufrage de l'intelligence et du goût des responsabilités favorise l'émergence d'une culture du non sens et de la mort qui s'oppose au plan de Dieu.
« Pendant que tu dormais, ton ennemi a semé de l'ivraie dans ton champ ». Frères et Sœurs, n'avons-nous pas trop souvent dormi face aux nouveaux défis que nous lançait le monde ? N'avons-nous pas trop souvent baissé les bras quand il aurait fallu agir ? Ne nous sommes-nous pas trop souvent tus quand il aurait fallu parler?
Une conception erronée du dialogue et de la tolérance ne nous a- t-elle pas fait adhérer à un faux irénisme, à la recherche d'une fausse paix ignorant la justice et la vérité ?
N'avons-nous pas trop souvent oublié qu'il existe une vérité objective sur Dieu et sur l'homme, qui ne dépend pas des appréciations et moins encore des caprices de ce dernier ?
Avons-nous toujours été conscients que l'éclipse du sens de Dieu provoque inexorablement l'éclipse du sens de l'homme ?
La Vérité sans la charité est un fruit amer. La charité sans la Vérité est un fruit pourri !
Nous le constatons dans nos sociétés humaines : la désagrégation de la famille encouragée par des législations qui ne s'enracinent pas dans le droit naturel entraîne une instabilité toujours plus grande pour les personnes et pour le corps social tout entier.
Car la famille est le lieu privilégié et irremplaçable où toute personne apprend à recevoir et à donner l'amour qui fait vivre et qui pacifie.
C'est en elle que l'on apprend à comprendre et à vivre les valeurs personnelles et interpersonnelles selon la logique du don et de la gratuité et non selon la logique de la possession égoïste et de l'exploitation de l'autre qui génère la violence.
Ne pourrions-nous pas faire le même constat dans la vie de l'Eglise ?
Que d'efforts qui restent désespérément sans fruits ?
Que de structures jadis florissantes mystérieusement frappées d'infécondité !
Que la courbe des vocations suive celle de la natalité n'a pas seulement une explication mathéma- tique.
Il y a une mystérieuse corrélation entre l'accueil de la vie et l'octroi des autres bénédictions de Dieu.
Dieu est fidèle à ses promesses. Dieu est fidèle à son alliance. Dieu n'est pas avare de ses bénédictions, mais à qui les refuse il ne les donne pas.
Ici même, il y a dix ans, Jean- Paul II a invité les chrétiens à un sursaut de conscience.
Il a appelé les familles, réunies autour de lui, à témoigner de l'amour et de la vie et du lien irremplaçable entre ces deux réalités à la fois divines et humaines.
Il a opposé la culture de la vie à la culture de mort.
Ce n'est pas une figure de rhétorique. Ce n'est pas une lutte d'influence, ce n'est pas un combat d'arrière-garde.
C'est le combat titanesque que chante la liturgie pascale : « Mors et via duello Conflixere mirando Dux vitae mortuus Regnat Vivus » « La mort et la vie se sont affrontées dans un duel surhumain. Le Roi de la Vie mourut. Vivant, il règne. »
Notre Dieu est le Dieu de Résurrection, et c'est à une résurrection qu'Il nous appelle.
Comment faut-il s'y prendre ?
Dans l'Evangile d'aujourd'hui, Jésus pose un acte prophétique pour répondre à cette question :
« Prenant un enfant, il le plaça au milieu d'eux, l'embrassa et leur dit : « Celui qui accueille un enfant comme celui-ci, c'est moi qu'il accueille. Et celui qui m'accueille ne m'accueille pas, moi, mais celui qui m'a envoyé ».
+ Raymond CENTENE
Evêque de Vannes
De Notre-Dame des Victoires au Sacré-Coeur de Montmartre
Pour en savoir plus...
Avec l’aimable autorisation de la Postulation de la Cause de Béatification de Jean-Paul II.
« J’étais atteinte d’une maladie de Parkinson diagnostiquée en juin 2001, celle-ci était latéralisée à gauche ce qui m’handicapait beaucoup, étant gauchère. La maladie évoluait doucement au début mais, au bout de 3 ans les symptômes s’amplifiaient, accentuant les tremblements, les raideurs, les douleurs, les insomnies... À partir du 2 avril 2005 la maladie me ravageait de semaine en semaine, je me voyais diminuer de jour en jour, je ne pouvais plus écrire étant gauchère ou si je le faisais, j’étais difficilement lisible. Conduire ne m’était quasiment plus possible hormis sur des trajets très courts car ma jambe gauche connaissait des périodes de «blocage» et la raideur ne facilitait pas la conduite. Il me fallait de plus en plus de temps pour accomplir mon travail celui-ci était devenu très difficile, travaillant en milieu hospitalier. J’étais fatiguée et épuisée.
Après l’annonce du diagnostic, j’avais beaucoup de difficulté à regarder Jean-Paul II à la télévision. Cependant, j’étais très proche de lui par la prière et je savais que lui pouvait comprendre ce que je vivais. De même, j’admirais sa force et son courage qui me stimulaient pour me battre et aimer cette souffrance, car sans amour cela n’avait pas de sens. Je peux dire que c’était un combat au quotidien mais mon seul désir était de le vivre dans la foi et d’adhérer avec amour à la volonté du Père.
À Pâques 2005, je voulais regarder notre Saint-Père Jean-Paul II à la télévision car je savais intérieurement que ce serait la dernière fois que je pourrais le voir. Toute la matinée, je me suis préparée à cette rencontre sachant que cela serait très difficile pour moi (il me renvoyait à ce que je serais dans quelques années). Cela était dur pour moi étant relativement jeune. Mais un imprévu dans le service ne me permit pas de le revoir.
Puis, le 2 avril 2005 au soir, nous étions réunies en communauté pour vivre en direct avec Rome la veillée de prière sur la place Saint- Pierre grâce à la chaîne de télévision française du diocèse de Paris (KTO). Avec mes Sœurs, nous avons appris en direct le décès de Jean-Paul II. Pour moi, tout a basculé, c’était l’effondrement, je venais de perdre un ami, celui qui me comprenait et me donnait la force d’avancer. Dans les jours qui suivirent, je ressentis comme un grand vide mais en même temps j’avais la certitude qu’il était toujours présent.
Le 13 mai, en la fête de Notre Dame de Fatima, le pape Benoît XVI rend officielle la dispense pour l’ouverture du procès de béatification de Jean-Paul II. À partir du 14 mai, mes Sœurs de toutes les communautés de France et d’Afrique ont prié par l’intercession de Jean-Paul II pour demander ma guérison. Elles prieront sans relâche jusqu’à l’annonce de ma guérison.
J’étais à ce moment-là en vacances. Mon temps de repos terminé, je rentre ce 26 mai, complètement épuisée par la maladie. Or, depuis ce 14 mai, un verset de l’Évangile de Saint Jean m’habite: «Si tu crois, tu verras la Gloire de Dieu.»
Le 1er juin, je n’en peux plus, je lutte pour avancer et tenir debout. Le 2 juin après-midi, je vais trouver ma supérieure pour lui demander d’arrêter mon activité professionnelle. Celle-ci, me demande de tenir encore un peu jusqu’à mon retour de Lourdes au mois d’août et elle ajoute: «Jean-Paul II n’a pas dit son dernier mot.» Au cours de cette rencontre avec ma supérieure, Jean-Paul II était présent à notre échange, échange qui s’est déroulé dans la paix et la sérénité. Elle me tend un stylo et me demande d’écrire «Jean-Paul II», il est 17 heures. Avec beaucoup de difficultés, j’écris «Jean-Paul II». Devant l’écriture illisible nous restons un long moment en silence. La fin de la journée se déroule comme les autres. Une grande paix m’enveloppait
Après la prière du soir de 21 heures, je repassai par mon bureau puis regagnai ma chambre. Il était entre 21 h 30 et 21 h 45. J’ai ressenti alors le désir de prendre un stylo pour écrire. Un peu comme si quelqu’un me disait: «Prends ton stylo et écris.» À ma grande surprise, l’écriture était très lisible. Je ne compris pas très bien et je me couchai. Cela faisait exactement 2 mois que Jean-Paul II nous avait quittés pour la Maison du Père. À 4 h 30, je me réveillai, stupéfaite d’avoir dormi. D’un bond, je sortis de mon lit, mon corps n’était plus endolori, plus aucune raideur et intérieurement je n’étais plus la même. Puis, un appel intérieur, une force me poussait à aller prier devant le Saint-Sacrement. Je descendis à l’oratoire. Je priais devant le Saint Sacrement. Une grande paix m’enveloppait, une sensation de bien- être. Quelque chose de trop grand, un mystère difficile à expliquer avec des mots. Ensuite, toujours devant le Saint-Sacrement, je méditais les mystères lumineux de Jean-Paul II. Puis, à 6 heures, je suis sortie pour rejoindre mes sœurs à la Chapelle pour un temps d’oraison suivi de l’Eucharistie. J’avais environ 50 mètres à parcourir et là je me suis aperçue que mon bras gauche balançait à la marche contrairement à d’habitude où celui-ci restait immobile le long de mon corps. Je remarquais aussi une légèreté dans tout mon corps, une souplesse que je ne connaissais plus depuis longtemps. Au cours de cette Eucharistie, j’étais habitée par une grande joie et une grande paix. C’était le 3 juin, fête du Cœur Sacré de Jésus. À la sortie de la messe, j’étais convaincue que j’étais guérie... ma main ne tremblait plus du tout. Je partis écrire de nouveau et à midi j’arrêtai brutalement tous mes médicaments.
Le 7 juin, je me suis rendue comme prévu chez le neurologue qui me suivait depuis 4 ans. Celui-ci a constaté avec surprise la disparition de tous les signes alors que je ne prenais plus de traitement depuis 5 jours. Dès le lendemain, ma supérieure générale a confié notre action de grâce à toutes les communautés. Toute la congrégation a alors commencé une neuvaine d’action de grâce à Jean-Paul II.
Cela fait maintenant 10 mois que j’ai cessé tout traitement. J’ai repris une activité normale, j’écris sans aucune difficulté, je conduis de nouveau et sur de très longues distances. Je peux dire que cela est comme une seconde naissance, une nouvelle vie car rien n’est plus comme avant.
Aujourd’hui, je peux dire qu’un ami est parti loin de notre terre et est cependant si proche maintenant de mon cœur. Il a fait grandir en moi le désir de l’adoration du Saint- Sacrement et l’amour de l’Eucharistie qui ont une place primordiale dans ma vie de chaque jour.
Ce que le Seigneur m’a donné de vivre par l’intercession de Jean- Paul II est un grand mystère difficile à expliquer avec des mots, tellement c’est grand, tellement c’est fort... mais rien n’est impossible à Dieu. Oui, «si tu crois, tu verras la gloire de Dieu.»