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Fraternité Saint Pierre - Val de Marne Communauté attachée à la liturgie traditionnelle, bénéficiant du Motu proprio " Ecclesia Dei " du 2 juillet 1988 de S.S. Jean-Paul II |
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Eglise Saint André 22 Avenue de Verdun 94410 Saint Maurice |
Bulletin de avril 2007 |
Nous entrons dans la « Grande Semaine », celle de l’Heure de Jésus, celle du combat final et décisif. L’Eglise revit le Cénacle, Gethsémani, et le Golgotha avec une ferveur renouvelée. Sa prière, comme celle de Celui qui va être immolé, se fait plus pressante, plus dépouillée, plus grave aussi. Tout semble s’estomper devant le drame qui se dénoue, autour duquel tourne la terre et l’histoire des hommes. « Stat crux, dum volvitur orbis ».
« J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous » ; « Mon âme est triste à en mourir » ; « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Méditons quelques- unes des paroles du Christ dans sa Passion, pour avoir en nous « les sentiments qui étaient au Christ Jésus » (Phil. 2,5). Pour cela, nous pouvons nous aider des antiennes des ténèbres du Jeudi Saint, du Vendredi Saint, et du Samedi Saint1 .
« Mors et vita duello conflixere mirando ». « La mort et la Vie se sont affrontées dans un duel gigantesque ». C’est en fait le seul combat qui explique tous les autres combats, toutes les autres guerres ; le seul combat que nous ne devons jamais perdre de vue, le seul auquel on ne peut se dérober, celui dans lequel la neutralité est impossible. Le seul affrontement qui ne connaîtra ni paix, ni armistice jusqu’à la consommation des siècles.
Et pourtant, l’Auteur de la Vie a déjà triomphé. Pour emporter le Royaume des Cieux, Il a souffert la Passion. Par la Croix, Il a vaincu la mort. C’est pour toujours l’étendard de la victoire. « Vexilla Regis prodeunt ». Quelle leçon pour nous ! « Le Royaume des cieux souffre violence, et ce sont les violents qui l’emportent » (Mt 11,12). C’est la voie étroite qui mène à la vie, pour nous, pour tous les hommes, pour les hommes d’aujourd’hui .
Le duel gigantesque, nous l’évoquions à l’instant, est toujours actuel, nous voudrions dire plus actuel que jamais, tant l’ennemi du genre humain déploie d’artifices pour inoculer ses germes de mort à notre monde orgueilleux et aveugle, où semble triompher la culture de mort. Sa victoire apparente sera sinon éphémère –nous n’en savons rien- du moins temporaire.
Culture de vie contre culture de mort. Le thème n’est pas nouveau. Jean-Paul II a voulu attirer l’attention des hommes, en premier lieu des chrétiens, mais au-delà de tous les hommes de bonne volonté sur cette question FONDAMENTALE pour la société tout entière du respect de TOUTE VIE. « Vox clamantis in deserto ». Les chrétiens eux-mêmes semblent parfois (euphémisme !) gênés par le devoir impérieux et premier de défendre la vie. On préfère défendre la qualité de la vie, quand ce n’est pas la qualité de l’air… Et pendant ce temps, le sang des victimes innocentes continue de couler et de crier vengeance vers le ciel. Il ne s’agit pas d’ignorer l’importance du problème de la faim dans le monde, du logement, du travail, de la santé, de l’éducation, du respect des femmes, de l’accueil des pauvres et des étrangers, du régime des retraites, etc. Il s’agit de comprendre que le droit fondamental, sur lequel reposent tous les autres, est le droit à la Vie. Ce que l’Eglise, par la voix du Vicaire de Jésus-Christ sur la terre, ne cesse de clamer sur tous les toits et sur tous les tons.
Mettre cette question de côté (« On verra ça plus tard !») c’est choisir le camp de celui qui est homicide dès l’origine. C’est la Vie, et non le chômage, qui est au cœur du combat qui oppose les ténèbres aux lumières, le « Prince de ce monde » au « Prince de la vie » (Actes 3,15) ! Comment en est-on arrivé à ce degré d’aveuglement et d’insensibilité, que les chrétiens eux-mêmes se soient habitués au crime légalisé et remboursé. Et comble de l’horreur, les premières victimes sont les plus faibles et les plus innocents de nos frères : les enfants dont on ne veut pas, les malades et les handicapés qu’on ne sait pas soigner, les vieux dont on ne veut plus. A quand la mise à mort en pleine rue des handicapés ? La veille de la naissance ils ne méritent aucun respect, on peut les massacrer en toute légalité (comme pour toute « Interruption Médicale de Grossesse » !), le lendemain, ils deviennent tout d’un coup dignes d’attention et de respect . Crime de l’homme qui se déclare maître de la vie et de la mort. Crime contre la vie, crime contre l’homme qu’on prive de la vie, crime contre Dieu, seul Maître de la vie et de la mort. « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie » (Jn 14,6) « Ce que vous aurez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à Moi que vous l’aurez fait » (Mt 25,40). Et on s’accommoderait de cette situation ?
Face à une telle décadence, on se sent tiraillé entre la colère des prophètes appelant Yahvé à exercer sa justice contre les pécheurs et l’intercession d’Abraham pour détourner la colère légitime de Yahvé (cf Gn 18, 16-33). Mais Sodome fut détruite. Si le Seigneur réprimanda Jacques et Jean, les « fils du tonnerre » lorsqu’ils voulurent faire descendre le feu du ciel pour punir les habitants d’un bourg inhospitalier (cf Luc 9,54), Il a par ailleurs annoncé la ruine de Jérusalem infidèle. « Ah! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t'environneront de retranchements, t'investiront, te presseront de toute part. Ils t'écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas reconnu le temps où tu fus visitée! » (Luc 19, 41-44).
L’injustice et la paix ne peuvent coexister. Le mépris de Dieu et de ses lois va de pair avec le mépris de l’homme ; le respect de la loi naturelle -dont le Décalogue est une expression fidèle- est la base fondamentale et inéluctable de toute société stable et harmonieuse. La Parole de Dieu est sans détour : « Nisi Dominus aedificaverit domum in vanum laboraverunt qui aedificant eam » « Si le Seigneur ne bâtit la cité, en vain travaillent les bâtisseurs » (Ps. 126,1) Rappelons sans nous lasser qu’on ne peut prétendre travailler au bien de la société si on laisse massacrer les plus innocents de ses membres. Une telle société appelle la colère de Dieu et court à sa perte. Ce n’est pas une menace, c’est une sonnette d’alarme. « Prendrai-je plaisir à la mort du méchant,- oracle du Seigneur Yahvé N'est-ce pas plutôt à ce qu'il se détourne de ses voies et qu'il vive? » (Ezéchiel 18, 23). Les Ninivites l’ont compris, ils ont fait pénitence et Dieu a détourné sa colère (cf Jonas, 3 et 4).
L’Eglise ne saurait rester muette devant le spectacle d’une société qui veut se construire sans Dieu, qui refuserait de se soumettre à des lois supérieures, universelles et intangibles, que Dieu seul peut garantir – et sanctionner ! Et au-delà, ce n’est pas un crac boursier, une famine ou une guerre civile que nous redoutons, mais la perte des âmes, une perte éternelle. Si la société temporelle n’a pas en charge directement le bien éternel mais le bien commun temporel, elle ne saurait se désintéresser de celui-là et oublier que l’homme est en marche vers la Patrie céleste. « Si un pasteur reste muet en voyant Dieu offensé et les âmes s’égarer, malheur à lui »2 disait le saint curé d’Ars.
C’est pourquoi le Magistère de l’Eglise, qui nous est donné pour éclairer notre conscience, enseigne avec insistance et fermeté qu’il y a dans le débat public et l’engagement politique des points non négociables pour les catholiques. – « Bon, sur ces points on n’est pas d’accord avec lui, mais chez les autres, c’est pire ! » – « Et il y a aussi beaucoup d’éléments positifs, l’analyse est pertinente et le programme réaliste ! » - « Et il semble avoir les qualités d’un chef d’Etat ! » - Aucun argument valable ne tient quand des valeurs non négociables sont bafouées !
En la solennité du Christ Roi de l’univers, 24 novembre 2002, le Pape Jean-Paul II ordonnait la publication par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi d’une « Note doctrinale concernant certaines questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique », malheureusement passée un peu inaperçue, du moins en France. On y lisait entre autres ceci : « La conscience chrétienne bien formée ne permet à personne d’encourager par son vote la mise en œuvre d’un programme politique ou d’une loi dans lesquels le contenu fondamental de la foi et de la morale serait évincé par la présentation de propositions différentes de ce contenu ou opposées à lui. […]Tel est le cas des lois civiles en matière d’avortement et d’euthanasie […]. De même, il faut préserver la protection et la promotion de la famille, fondée sur le mariage monogame entre personnes de sexe différent, et protégée dans son unité et sa stabilité, face aux lois modernes sur le divorce » (n° 3). Nous vous invitons fortement à relire attentivement toute la note, spécialement les n° 2 et 3.3 Dans le même sens, le Pape Benoît XVI, dans un discours aux membres du Parti Populaire Européen le 30 mars 2006 rappelait : « En ce qui concerne l'Église catholique, l'objet principal de ses interventions dans le débat public porte sur la protection et la promotion de la dignité de la personne et elle accorde donc volontairement une attention particulière à certains principes qui ne sont pas négociables. Parmi ceux-ci, les principes suivants apparaissent aujourd'hui de manière claire:
Ces principes ne sont pas des vérités de foi, même si ils reçoivent un éclairage et une confirmation supplémentaire de la foi; ils sont inscrits dans la nature humaine elle-même et ils sont donc communs à toute l'humanité. L'action de l'Eglise en vue de leur promotion n'est donc pas à caractère confessionnel, mais elle vise toutes les personnes, sans distinction religieuse. Inversement, une telle action est d'autant plus nécessaire que ces principes sont niés ou mal compris, parce cela constitue une offense contre la vérité de la personne humaine, une blessure grave infligée à la justice elle-même».
Combien de catholiques incohérents, prêts à pactiser avec les ennemis de l’ordre voulu par Dieu, promoteurs d’une société destructurée et destructurante ! Sous couvert de distinction des pouvoirs spirituels et temporels (chose légitime que la société – curieusement amnésique !- doit au christianisme), nous assistons à un véritable totalitarisme de l’Etat, arbitre de toutes les croyances, et juge suprême des valeurs à respecter. Ce que l’on a pu appeler « la dérive totalitaire du libéralisme » 4, réalité souvent dénoncée par Jean-Paul II 5. L’esprit embrumé par les fumées d’un pernicieux laïcisme et d’un démocratisme érigé en dogme, les catholiques français gobent servilement la manne quotidienne distribuée par les moyens de communication de masse : télévisions, radios, journaux… autant dire : la pensée unique, le politiquement correct, le moralement correct 6. « Big Brother is watching you ! » (George ORWELL, 1984). Il est difficile de penser autrement ! D’où vient sinon cette distorsion chez beaucoup entre une foi professée (dont on ignore souvent le contenu, la richesse, les lumières) et un engagement qui la contredit dans la cité ? Avec notre complicité plus ou moins active, la culture de mort étend chaque année ses ravages et multiplie ses victimes : Sept millions d’avortements recensés en France depuis 1975 (cinquante millions dans le monde)! Et il faudrait noyer cette honte dans le flot des autres sujets de campagne !
Tout récemment, dans son exhortation apostolique « Sacramen-tum Caritatis » le Saint-Père revenait sur ces valeurs fondamentales et non négociables, en soulignant notamment la nécessité d’être cohérents pour qui veut s’approcher de la Sainte Eucharistie: « Le culte agréable à Dieu […]requiert un témoignage public de notre foi. […]Par conséquent, les hommes politiques et les législateurs catholiques, conscients de leur grave responsabilité sociale, doivent se sentir particulièrement interpellés par leur conscience, justement formée, pour présenter et soutenir des lois inspirées par les valeurs fondées sur la nature humaine. Cela a, entre autres, un lien objectif avec l'Eucharistie (cf. 1 Co 11, 27-29). Les Évêques sont tenus de rappeler constamment ces valeurs; cela fait partie de leur responsabilité à l'égard du troupeau qui leur est confié. » (n° 83). A méditer !
Malgré tout, ne nous décourageons pas, ne perdons ni la patience, ni l’espérance, ni la paix, ni la joie. « Mors et vita duello conflixere mirando / dux vitae mortuus, regnat vivus ! ». « Le Prince de la vie, ayant connu la mort, règne vivant ». Le Christ vainqueur nous invite à entrer dans sa victoire et à annoncer la joie.
Notre Pape a choisi pour devise: « cooperatores veritatis ». Essayons, à notre place, d’être aussi les coopérateurs de la vérité, pour le bien de l’homme et de son authentique libération. « La Vérité vous rendra libres » (Jn 8,32). La vérité libère, mais elle a ses exigences : le courage, la persévérance, la patience, l’humilité… Saint Paul en avertissait son cher Timothée : « Je t'adjure devant Dieu et devant le Christ Jésus, qui doit juger les vivants et les morts, au nom de son Apparition et de son Règne: proclame la parole, insiste à temps et à contretemps, réfute, menace, exhorte, avec une patience inlassable et le souci d'instruire. » (2 Tim. 4, 1-2).
Abbé de MONTJOYE
PS : L’Eglise n’a pas, en soi, à donner des consignes de vote, mais à rappeler certains principes dont l’action politique ne saurait s’affranchir. Si l’application de ces principes conduit à écarter un candidat, un parti, un programme, ce n’est pas que l’Eglise « prend parti », mais que la justice, la charité, et la vérité ne sauraient s’accommoder d’une autre attitude.
402. Quel est le rapport entre la personne et la société ?
Le principe, le sujet et la fin de toutes les institutions sociales sont et doivent être la personne. Certaines sociétés, telles que la famille et la cité, lui sont nécessaires. D'autres associations lui sont aussi utiles, tant à l'intérieur de la société politique que sur le plan international, dans le respect du principe de subsidiarité.
403. Que signifie le principe de subsidiarité ?
Ce principe signifie qu'une société d'ordre supérieur ne doit pas assumer des fonctions qui reviennent à une société d'ordre inférieur, la privant de ses compétences. Elle doit plutôt la soutenir en cas de nécessité.
404. Que requiert d'autre un authentique vivre ensemble humain ?
Il requiert le respect de la justice, une juste hiérarchie des valeurs, la subordination des dimensions physiques et instinctives aux dimensions intérieures et spirituelles ; En particulier, là où le péché pervertit le climat social, il faut faire appel à la conversion des cœurs et à la grâce de Dieu, afin d'obtenir des changements sociaux qui soient réellement au service de toute personne et de toute la personne. La charité, qui exige la justice et rend capable de la pratiquer, est le plus grand commandement social.
407. Qu'est-ce que le bien commun ?
Par bien commun, on entend l'ensemble des conditions de la vie sociale qui permettent aux groupes et aux personnes d'atteindre leur perfection.
408. Que comporte le bien commun ?
Le bien commun comporte le respect et la promotion des droits fondamentaux de la personne ; le développement des biens spirituels et temporels des personnes et de la société ; la paix et la sécurité de tous.
409. Où se réalise d'une façon plus complète le bien commun ?
La réalisation la plus complète du bien commun se trouve dans la communauté politique, qui défend et promeut le bien des citoyens et des corps intermédiaires, sans négliger le bien universel de la famille humaine.
416. En quoi consiste la loi morale naturelle ?
La loi naturelle, inscrite par le Créateur dans le cœur de tout homme, consiste en une participation à la sagesse et à la bonté de Dieu. Elle exprime le sens moral originel, qui permet à l'homme de discerner, par la raison, le bien et le mal. Elle est universelle et immuable, et elle pose les bases des devoirs et des droits fondamentaux de la personne, ainsi que de la communauté humaine et de la loi civile elle-même.
503. Que déclare le septième commandement ?
Il déclare la destination et la distribution universelles des biens, la propriété privée, le respect des personnes et de leurs biens, et le respect de l'intégrité de la création. Dans ce commandement, l'Église trouve aussi le fondement de sa doctrine sociale, qui comprend la rectitude dans l'action, que ce soit dans le domaine économique, dans la vie sociale et politique, dans le droit et le devoir du travail humain, dans la justice et la solidarité entre les nations, ou dans l'amour pour les pauvres.
509. Quel est le contenu la doctrine sociale de l'Église ?
La doctrine sociale de l'Église, en tant que développement organique de la vérité de l'Évangile sur la dignité de la personne humaine et sa dimension sociale, contient des principes de réflexion, formule des critères de jugement, et présente des normes et des orientations pour l'action.
510. Quand l'Église intervient-elle en matière sociale ?
L'Église intervient en portant un jugement moral en matière économique et sociale, quand cela est exigé par les droits primordiaux de la personne, par le bien commun ou par le salut des âmes.
511. Comment doit s'exercer la vie sociale et économique ?
La vie sociale et économique doit s'exercer selon ses méthodes propres, dans le cadre de l'ordre moral, pour le service de l'homme dans son intégralité et pour le service de toute la communauté humaine, dans le respect de la justice sociale. Elle doit avoir l'homme comme auteur, centre et fin.
512. Qu'est-ce qui s'oppose à la doctrine sociale de l'Église ?
S'opposent à la doctrine sociale de l'Église les systèmes économiques et sociaux qui sacrifient les droits primordiaux des personnes ou qui font du profit leur règle exclusive et leur fin ultime. C'est pourquoi l'Église réfute les idéologies associées au cours de la période moderne au « communisme » ou aux autres formes athées et totalitaires de « socialisme ». En outre, dans la pratique du « capitalisme », elle réfute l'individualisme et le primat absolu de la loi du marché sur le travail humain.
519. Comment les chrétiens participent-ils à la vie politique et sociale ?
Les fidèles laïcs interviennent directement dans la vie politique et sociale en animant avec un esprit chrétien les réalités temporelles et en collaborant avec tous, comme authentiques témoins de l'Évangile et artisans de paix et de justice.
Tiré du Compendium du Cathéchisme de l'Eglise Catholique promulgué par le Pape Benoît XVI le 28 juin 2005, à ne pas confondre avec le Compendium de Doctrine Sociale de l’Eglise Catholique, publié par le Conseil Pontifical « Justice et Paix » également en 2005 (mais daté de 2004)
Face à une échéance politique aussi déterminante que l’élection présidentielle, les catholiques peuvent-il se contenter de viser le moindre mal ?
La politique est, par définition l’art du meilleur possible. Le chrétien sait que notre humanité est blessée par le péché. Il ne doit donc pas viser le paradis sur terre et doit tolérer le moindre mal ! La loi positive d’un état est toujours imparfaite à quelque degré ; elle tend de manière asymptotique, sans jamais l’épouser parfaitement, vers la loi naturelle, laquelle reste comme telle non écrite, non codifiable. C’est pourquoi l’Église a développé la doctrine de la tolérance : l’état doit renoncer à réprimer tout le mal de la société pour éviter un mal pire encore ... C’est paradoxal, mais la justice poussée à bout en ce monde-ci conduit à la suprême injustice. La tentation totalitaire consiste justement à vouloir extirper radicalement le mal. Saint Louis a légiféré sur les maisons de tolérance dans l’idée qu’une répression drastique de la prostitution aurait des conséquences plus fâcheuses encore. De même, l’Église a toléré l’esclavage, le servage, les guerres féodales ou l’immoralité des rois, sans jamais les approuver pour autant. La tolérance au nom du moindre mal ne doit pas signifier la permissivité.
Pour autant, est-il possible de tout tolérer dans les programmes des candidats ?
La Note du cardinal Ratzinger sur l’engagement des chrétiens en politique (**) répond évidemment par la négative. Une conscience chrétienne, affirme-t-elle, ne peut "favoriser par son vote la mise en acte d’une loi ou d’un programme politique dans lequel les contenus fondamentaux de la foi et de la morale sont détruits". Il y a des exigences éthiques fondamentales auxquelles on ne peut renoncer. La Note donne comme exemples, outre l’avortement et l’euthanasie, les menaces contre la famille fondée sur le mariage monogame entre personnes de sexe différent.
Au final, il reste très peu de candidats compatibles ...
Il faut revenir à la question du moindre mal. Quand une loi comme celle autorisant l’avortement est déjà en vigueur, la Note, à la suite de l’encyclique Evangelium Vitae, permet d’apporter son soutien à des propositions législatives encore moralement imparfaites, mais susceptibles d’en limiter de quelque manière la nocivité morale. Les catholiques français peuvent voter pour un programme électoral si celui-ci n’aggrave pas, mais au contraire atténue en quelque domaine, les atteintes à la personne humaine que comporte la législation actuellement en vigueur. A condition, bien sûr, qu’il n’introduise pas par ailleurs de nouvelles atteintes à la personne humaine dans d’autres domaines que celui de la vie. Le vote catholique ne peut se déterminer en fonction d’un aspect isolé de la doctrine sociale, si important soit-il. Il existe d’autres principes moraux incontournables, comme la liberté religieuse, la liberté d’éducation des enfants ou l’économie au service de la personne et du bien commun.
Le choix du prochain président sera-t-il forcément un dilemme ?
Cela pourrait bien être le cas au second tour. Les catholiques risquent de se trouver devant des exigences éthiques aux conséquences redoutables. Aujourd’hui, on constate déjà de graves divergences entre la législation en vigueur et certains principes éthiques non négociables. Il appartiendra à chacun d’apprécier, en prudence, si le programme de l’un des deux candidats en lice est susceptible d’améliorer quelque peu la situation. C’est dans l’appréciation de ce moindre mal que sera engagée la responsabilité morale de l’électeur.
On peut voter pour un programme moralement imparfait, mais seulement à condition que celui-ci atténue de quelque manière les imperfections éthiques de la législation actuelle.
Si tel n’est pas le cas, la Note, ne permet pas de voter pour lui seulement parce qu’il semble moralement moins nocif que l’autre, ou parce qu’il ne comporte pas comme celui-ci d’autres menaces. En somme, la Note ne permet de choisir le moindre mal que dans une dynamique de redressement éthique par rapport à la situation présente. Si ce n’est pas le cas, elle laisse les catholiques devant une objection de conscience électorale.
(*) du magazine "Famille chrétienne"
(**) Note doctrinale de la Congrégation pour la doctrine de la foi, sur l’engagement des catholiques dans la vie politique (24 Novembre 2002)
II. Quelques points-clés dans le débat culturel et politique actuel
2. La société civile se trouve aujourd’hui dans un processus culturel complexe qui signe la fin d’une époque et l’incertitude pour celle qui se profile à l’horizon. Les grandes conquêtes auxquelles on assiste invitent à vérifier quel chemin positif l’humanité a parcouru dans le progrès et dans l’acquisition de conditions de vie plus humaines. La croissance de responsabilité vis-à-vis de pays encore en voie de développement est évidemment un signe de grande importance qui montre une sensibilité grandissante pour le bien commun. Mais en même temps, il n’est pas possible de passer sous silence les graves dangers vers lesquels certaines tendances culturelles voudraient orienter les législations, et par voie de conséquence les comportements des futures générations.
On constate aujourd’hui un certain relativisme culturel qui se manifeste de manière évidente en érigeant en théorie et en défendant le pluralisme éthique, qui est la preuve de la décadence et de la dissolution de la raison et des principes de la loi morale naturelle. Dans la ligne de cette tendance, il n’est malheureusement pas rare de rencontrer, dans des déclarations publiques, des assertions qui soutiennent qu’un tel pluralisme éthique est la condition de la démocratie[12]. Il en résulte que, d’une part, les citoyens revendiquent la plus complète autonomie pour leurs choix moraux, tandis que, de l’autre, les législateurs pensent qu’il faut respecter cette liberté de choix, en formulant des lois qui font fi des principes de l’éthique naturelle pour se montrer indulgent uniquement envers certaines orientations culturelles ou morales transitoires[13], comme si toutes les conceptions possibles de la vie avaient une égale valeur. En même temps, en s’appuyant de façon trompeuse sur la valeur de la tolérance, on demande à une bonne partie des citoyens – et notamment aux catholiques – de renoncer à participer à la vie sociale et politique de leur pays selon la conception de la personne et du bien commun qu’ils pensent humainement vraie et juste, qui serait à mettre en œuvre par les moyens licites que le système juridique démocratique met de façon égale à la disposition de tous les membres de la communauté politique. L’histoire du XXe siècle suffit à montrer que les citoyens qui ont raison sont ceux qui jugent totalement fausse la thèse relativiste selon laquelle il n’existe pas une norme morale enracinée dans la nature même de l’homme, au jugement de laquelle doit se soumettre toute conception de l’homme, du bien commun et de l’État.
3. Cette conception relativiste du pluralisme n’a rien à voir avec la légitime liberté qu’ont les citoyens catholiques de choisir, parmi les opinions politiques compatibles avec la foi et la loi morale naturelle, celle qui, selon leur propre critère, correspond le mieux aux exigences du bien commun. La liberté politique n’est pas fondée, et ne peut pas l’être, sur l’idée relativiste selon laquelle toutes les conceptions du bien de l’homme ont la même vérité et la même valeur, mais sur le fait que les activités politiques visent, pour chaque cas, à la réalisation extrêmement concrète du vrai bien humain et social, dans un contexte historique, géographique, économique, technologique et culturel bien déterminé. La réalisation concrète et la diversité des circonstances engendrent généralement une pluralité d’orientations et de solutions, qui doivent toutefois être moralement acceptables. Il n’appartient pas à l’Église de formuler des solutions concrètes – et encore moins des solutions uniques – pour des questions temporelles que Dieu a laissées au jugement libre et responsable de chacun, bien qu’elle ait le droit et le devoir de prononcer des jugements moraux sur des jugements temporels, lorsque la foi et la loi morale le requièrent[14]. Si les chrétiens sont tenus «de reconnaître la légitime multiplicité et diversité des options temporelles»[15], ils sont également appelés à s’opposer à une conception du pluralisme marquée par le relativisme moral, qui est nuisible pour la vie démocratique elle-même, celle-ci ayant besoin de fondements vrais et solides, c’est-à-dire de principes éthiques qui, en raison de leur nature et de leur rôle de fondement de la vie sociale, ne sont pas «négociables».
En ce qui concerne le militantisme politique concret, il faut noter que le caractère contingent de certains choix en matière sociale, le fait que diverses stratégies sont souvent possibles pour réaliser ou garantir une même valeur substantielle de fond, la possibilité d’interpréter de manière différente certains principes fondamentaux de la théorie politique, ainsi que la complexité technique d’une bonne partie des problèmes politiques, tout cela explique le fait qu’il y ait en général une pluralité de partis à l’intérieur desquels les catholiques puissent choisir de militer, pour exercer – surtout à travers la représentation parlementaire – leurs droits et leurs devoirs dans la construction de la vie civile de leur pays [16]. Ce constat évident ne peut cependant se confondre avec un pluralisme indéterminé dans le choix des principes moraux et des valeurs fondamentales auxquels on se réfère. La légitime pluralité des options temporelles garde intacte la source d’où provient l’engagement des catholiques dans la politique, et cette dernière se réfère directement à la doctrine morale et sociale chrétienne. C’est à cet enseignement que les laïcs catholiques doivent toujours se conformer pour avoir la certitude que leur participation à la vie politique est empreinte d’une responsabilité cohérente à l’égard des réalités temporelles.
L’Église a conscience que si, d’une part, le chemin de la démocratie exprime au mieux la participation directe des citoyens aux choix politiques, d’autre part, il n’est possible que dans la mesure où il est fondé sur une juste conception de la personne[17]. Sur ce principe, l’engagement des catholiques ne peut tolérer aucun compromis, car, autrement, le témoignage de la foi chrétienne dans le monde, ainsi que l’unité et la cohérence interne des fidèles eux-mêmes, feraient défaut. La structure démocratique sur laquelle entend se construire un État moderne aurait une certaine fragilité si elle ne prenait pas comme fondement le caractère central de la personne. C’est d’ailleurs le respect de la personne qui rend possible la participation démocratique. Comme l’enseigne le Concile Vatican II, «la sauvegarde des droits de la personne est en effet la condition indispensable pour que les citoyens, individuellement ou en groupe, puissent participer activement à la vie et à la gestion de la Nation»[18]
L’Osservatore Romano (éd. Française), 20 février 2007
Au moment où s’ouvre, en France, la campagne présidentielle officielle, l’Alliance pour les Droits de la Vie (www.adv.org) lance, dès ce vendredi 23 mars, la distribution massive d’un "Programme pour la vie". Ce sont 3 000 volontaires qui se mobilisent dans 183 villes de France pour distribuer aux Français, de la main à la main, dans les rues des centres-villes, un million d’exemplaires du "Programme pour la vie". L’opération se poursuivra tout le week-end et pendant toute la campagne électorale. Le "Programme pour la vie" se présente en 4 volets : procréation et bioéthique, grossesse et maternité, enfance et sexualité, dépendance et fin de vie. Il propose d’engager le débat sur la protection de la vie humaine autour de 4 mesures-clés. Il interpelle ainsi les 12 candidats à l’élection présidentielle et mobilise les électeurs. Chaque destinataire est invité à apporter sa contribution au "Programme pour la vie" afin qu’il soit pris en compte dans le débat : On peut découvrir en ligne ce "Programme pour la vie" et apporter des réflexions ou des témoignages. On peut aussi faire connaître cette initiative, et participer à la distribution, ou soutenir le "Programme pour la vie".
http://www.adv.org/
Le "Programme pour la vie" est une initiative de l’Alliance pour les Droits de la Vie à laquelle sont associées trois associations : le Comité protestant pour la dignité humaine (CPDH), l’association « Life parade » et la «Fondation de service politique», et deux sites d’aide aux personnes :
www.sosfindevie.org
www.sosenfance.org
Association loi de 1901, l’Alliance pour les Droits de la Vie agit selon deux axes : l’aide aux personnes confrontées à des épreuves de la vie, et la sensibilisation de tous à la protection de la vie humaine
(tiré de : http://www.zenit.org/)
Nous avons commandé pour vous ces "Programmes pour la vie" remarquablement bien faits. Demandez-en et organisez des distributions dans la rue. Ne restons pas passifs ! Et ceci n’est pas réservé aux jeunes !
Nous avons également à votre disposition (au bureau paroissial et sur la table au fond de l’église) des manuels bioéthiques des jeunes (lui non plus n’est pas que pour les jeunes)de la Fondation LEJEUNE. Excellents également, et à diffuser massivement !

Cœur de Jésus, broyé à cause de nos péchés,
Cœur attristé par tant de crimes et de fautes,
Cœur victime de toutes les iniquités,
Je Vous aime de toute mon âme et par-dessus toutes choses,
Je Vous aime pour ceux qui vous méprisent et Vous délaissent,
Je Vous aime pour ceux qui Vous outragent et Vous empêchent de régner,
Je Vous aime pour ceux qui Vous abandonnent seul dans la Sainte Eucharistie,
Je Vous aime pour les âmes ingrates qui osent profaner
votre Sacrement d'Amour par leurs insultes et leurs sacrilèges,.
Cœur de Jésus, pardonnez aux pécheurs: ils ne savent pas ce qu'ils font!
Cœur de Jésus, soutenez ceux qui propagent votre Saint Nom!
Cœur de Jésus soutenez tous ceux qui souffrent et qui luttent!
Cœur de Jésus, faites que la société s'inspire en tout de votre Saint Evangile,
seule sauvegarde de la justice et de la paix!
Cœur de Jésus, que les familles et les nations proclament vos droits!
Cœur de Jésus, régnez sur ma patrie!
Cœur de Jésus, que votre règne arrive,
par le Cœur Immaculé de Marie!
A la demande de Son Eminence le Cardinal Lépicier, Sa Sainteté Pie XI a spécialement béni et approuvé cette prière le 26 avril 1930