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Fraternité Saint Pierre - Val de Marne Communauté attachée à la liturgie traditionnelle, bénéficiant du Motu proprio " Ecclesia Dei " du 2 juillet 1988 de S.S. Jean-Paul II http://www.motuproprio94.org/ |
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Eglise Saint André 22 Avenue de Verdun 94410 Saint Maurice |
Bulletin Eté 2007 |
Le livre de Benoît XVI-Joseph Ratzinger est, on le sait, un succès de librairie. Et pourtant il ne s’agit pas d’un livre racoleur ou sensationnel. Pas de sous-titre comme : «les derniers secrets sur Jésus-Christ». Non! simplement une lecture méditée de certains passages de l’évangile, abondamment nourrie des Pères et des théologiens; ni un livre d’exégète –certains le lui reprocheront peut-être!- ni un cours de christologie. Un livre qui ose faire confiance aux évangiles et tout entier illuminé des lumières de la foi. Un livre très éloigné du scepticisme qui ronge tant de nos contemporains, y compris dans la sphère soi-disant catholique. Un livre riche qui s’adresse à tous ceux qui cherchent sincèrement la vérité .
Quelle différence avec les fariboles qui ressortent régulièrement - et de plus en plus souvent - en livres ou en films, sur les prétendus secrets cachés par l’Eglise, ou les découvertes révolutionnaires sur le vrai Jésus, et qui vont toutes dans le sens d’une démystification de la personne du Christ et du message de l’évangile! On ne peut que penser à ce que Saint Paul écrivait déjà à Timothée : «Un temps viendra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine, mais au gré de leurs passions ils collectionneront les maîtres pour satisfaire leur démangeaison d’entendre. Ils détourneront leurs oreilles de la vérité pour se tourner vers les fables.» (2 Tim 4,3) Ce livre nous ramène à l’essentiel et l’essentiel, c’est bien la personne et le message de Jésus, c’est la Révélation du mystère de Dieu à travers la personne du Fils, c’est la découverte ultime du mystère même de l’homme et de sa destinée dans la lumière du Verbe Incarné.
Benoît XVI nous rappelle que finalement ce que Jésus-Christ a apporté au monde, ce n’est ni un système politique, ni un programme social, ni un progrès dans les sciences et les arts ; Il n’a ni inventé la machine à calculer ni le moteur à explosion, mais Il nous a donné beaucoup plus que cela : Il nous a donné DIEU. Il nous l’a montré et nous en a montré le chemin. C’est l’éternelle nouveauté du message évangélique qui nous appelle non seulement à la connaissance de Dieu, mais à la conversion : «Après que Jean eut été livré, Jésus vint en Galilée, prêchant l'évangile de Dieu et disant : " Le temps est accompli, et le royaume de Dieu est proche; repentez-vous et croyez à l'évangile» (Marc 1, 14-15).
Comment se résigner à ce que les hommes vivotent alors qu’ils sont appelés à une vie pleine et riche, et belle, et éternelle? Comment accepter qu’ils aient une image déformée du Christ et de la vie dans le Christ? A quoi bon leur proposer un programme de vie avec l’étiquette «catholique» si le contenu a été vidé de sa substance, de ses exigences, de son parfum? Nous n’aurons pas fait des chrétiens, et ce qui est plus grave encore, nous leur aurons laissé croire qu’ils l’étaient.
En écrivant cela nous ne plaidons pas pour une Eglise des purs, celle-ci a toujours été du côté des hérétiques. Nous plaidons seulement pour un message clair, et cohérent de la foi et de la vie de foi. S’il est exigeant - puisqu’il nous invite tous à la sainteté – il nous offre en même temps les secours divins dont nous avons besoin, et il reste miséricordieux pour ceux qui peinent dans cette montée vers Dieu. Pour aller au Père, il faut passer par le Christ. Mais comment passer par Lui, comment Le rejoindre si nous ne Le cherchons pas? Posons-nous sincèrement la question : Le cherchons-nous? Qui est finalement le Christ pour nous? un inconnu? un lointain personnage? un vague ami? un Dieu un peu bonasse? ou bien est-Il l’ami fidèle, le frère, le guide, le maître à nul autre pareil, le Dieu qui a donné sa vie et versé son sang pour nous, pour moi? Puis-je envisager une vie loin du Christ ou sans Lui? Ai-je envie de Le faire connaître autour de moi? de Lui donner ma vie, de témoigner de son amour incompréhensible pour sa créature sourde, aveugle et si souvent rebelle? Laissons-nous saisir par le Christ et son amour.
«Désormais je considère tout comme désavantageux à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur. A cause de lui j'ai accepté de tout perdre, je considère tout comme déchets, afin de gagner le Christ, et d'être trouvé en lui, n'ayant plus ma justice à moi, celle qui vient de la Loi, mais la justice par la foi au Christ, celle qui vient de Dieu et s'appuie sur la foi; le connaître, lui, avec la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances, lui devenir conforme dans sa mort, afin de parvenir si possible à ressusciter d'entre les morts. Non que je sois déjà au but, ni déjà devenu parfait; mais je poursuis ma course pour tâcher de saisir, ayant été saisi moi-même par le Christ Jésus. Non, frères, je ne me flatte point d'avoir déjà saisi; je dis seulement ceci : oubliant le chemin parcouru, je vais droit de l'avant, tendu de tout mon être, et je cours vers le but, en vue du prix que Dieu nous appelle à recevoir là-haut, dans le Christ Jésus». (St Paul aux Philippiens 3, 8-14)
Benoît XVI, par son livre, nous permet de l’accompagner dans sa propre recherche, pas à pas. Cherchons avec notre intelligence comme avec notre cœur, cherchons le Christ toute notre vie, dans la prière comme dans nos diverses activités, dans l’Eglise et dans les plus petits de nos frères.
Abbé H. de MONTJOYE
« Écoute, Seigneur, je t’appelle! Pitié! Réponds-moi! Mon cœur m’a redit ta parole : “ Cherchez ma face” C’est ta face, Seigneur, que je cherche : Ne me cache pas ta face.» (Psaume 26)
Ce que l’on doit affirmer de la foi chrétienne, c’est qu’en Jésus ressuscité, il nous est donné de faire l’expérience de Dieu d’une manière unique et insurpassable. Il nous est donné de saisir, avec une profondeur renouvelée, cette recherche de Dieu qu’atteste le psalmiste de l’Ancien Testament, et dont la recherche a quand même quelque chose de dramatique. Dramatique parce que l’homme de la Torah, l’homme de la Loi, porte en son cœur un immense désir de Dieu, placé là par Dieu lui-même, mais un désir encore en attente d’exaucement, un désir suppliant, «ne me cache pas ta face», puisque le croyant de l’A.T. n’a pas encore trouvé la source pouvant étancher sa soif, lui procurer l’eau vive à laquelle il aspire. D’où le piège des observances et des préceptes de la loi mosaïque où le croyant risque de s’enfermer et de se durcir.
Pourtant, le psalmiste nous l’atteste, la soif de Dieu est bien présente en lui, obsédante même pour ce fidèle observateur de la Loi, pour l’ami de Dieu, le pauvre, celui qu’on appelle l’anawim, et qui fait de Dieu son tout, qui l’appelle de tout son cœur.
C’est pourquoi la prière de l’auteur des psaumes, qu’on appelle «le psalmiste», demeure toujours en Église le fondement de toute prière. «Écoute, Seigneur, je t’appelle! Pitié! Réponds-moi!» Ce cri gardera toujours son actualité et il est la clef de voûte de toute prière véritable. Car le croyant qui se tourne vers Dieu ne saurait prétendre entrer dans cette communion, qui le dépasse infiniment, sans une remise complète et totale de lui-même à Celui qui l’a appelé à la vie. Il ne s’agit pas ici d’un abaissement pour s’humilier ou s’anéantir.
Dans cette remise totale de soi à Dieu, il doit y avoir, de la part de celui qui prie, la volonté de se donner entièrement à Dieu, sans réserve, sans condition, sans rien garder pour soi. La disponibilité à l’action de Dieu au cœur de notre vie est à ce prix, à l’exemple du fils de Dieu, qui ne garda rien pour lui et qui donna tout : «Ma vie nul ne la prend, c’est moi qui la donne».
Jésus a tout donné. Et dans ce face à face avec Dieu que constitue la prière, il nous faut nous aussi tout donner. Donner toute notre détresse, toutes nos fragilités, toutes nos soifs. C’est alors que le cœur peut s’ouvrir à Celui qui ne demande qu’à y entrer. Il faut que je diminue pour qu’il croisse en moi. Il faut avoir le courage d’entrer dans cette dynamique de la prière où l’on se place devant Dieu avec notre faible espérance au creux des mains, qui appelle la miséricorde de Dieu et qu’Il accueille comme la plus belle des offrandes. L’on pense que tout donner est exigeant alors qu’il s’agit tout simplement de faire confiance en s’offrant totalement, et en appelant Dieu de toutes nos forces : «Écoute, Seigneur, je t’appelle! Pitié! Réponds-moi!».
C’est alors que s’engage le véritable dialogue dans la prière. Le psalmiste l’affirme : «Mon cœur m’a redit ta parole.» Dans la prière Dieu donne sa parole. Notre Dieu veut se faire connaître. Et au cœur de la prière, imperceptiblement, Il se dit, Il nous parle. Lui, la source même du moindre souffle en nous, Il nous guide patiemment vers Lui par sa Parole et nous fait communier à son amour pour nous.
Nous ne pourrons jamais nous représenter la grandeur de l’amour de Dieu pour nous, «un amour qui fera toujours notre étonnement ici-bas, parce que dépassant absolument tout ce que nous pourrions concevoir, et dont nous ne pourrons jamais toucher le fond. Pour connaître le fond de l’amour de Dieu, il faudrait être Dieu» (Journet, Charles. Traité sur la grâce. P.14). Et pourtant Dieu veut se donner à nous en partage.
«Cherchez ma face». L’expérience de foi confiante à laquelle nous sommes appelés est toute orientée vers la recherche même de Dieu dans l’expérience de son amour pour nous. Comme si Dieu voulait qu’on le cherche pour mieux le trouver, et qu’on le trouve pour mieux le chercher encore. L’auteur sacré n’affirme-t-il pas que nul ne peut voir Dieu face à face sans mourir, et pourtant Dieu nous invite à le chercher Lui, à le chercher sans cesse. Et l’on peut comprendre la prière suppliante du psalmiste qui devant cette invitation s’écrie : «C’est ta face que je cherche Seigneur : ne me cache pas ta face.» Car sa quête de Dieu, qui traduit toute l’espérance d’Israël, est déjà porteuse de la réponse de Dieu. Cette quête du psalmiste, cette quête des pauvres d’Israël, enfantera littéralement l’exaucement de Dieu à leur supplication.
Dieu a mis dans le cœur de l’homme la soif même que lui seul peut rassasier et il n’a eu de cesse de faire grandir cette soif au cours de l’histoire d’Israël, son enfant chéri. Et quand les temps furent venus, quand l’espérance d’Israël eut atteint son comble dans l’humble servante Marie, la mère de la promesse, Dieu acquiesça à la demande du psalmiste. Il lui dévoila son visage témoignant ainsi du plus grand amour qui soit : il nous donna son Fils, son Unique.
«Montre-moi ta face!» A cette supplication, dont l’écho remonte les millénaires jusqu’à nous, et que nous faisons nôtre aujourd’hui, Dieu répond en nous donnant sa Parole vivante, son Fils Bien-Aimé, qu’Il a ressuscité d’entre les morts. Jésus seul pouvait nous dévoiler le vrai visage de Dieu, car seul le Fils du Père pouvait nous aimer comme le Père nous aime : «Comme le Père vous a aimé, moi aussi je vous ai aimé.»
C’est pourquoi, aujourd’hui, lorsque nous cherchons la face de Dieu avec le psalmiste, nous nous tournons vers le Christ qui nous conduit vers le Père. En lui, Dieu s'est laissé voir, entendre, et toucher. Notre foi, fondée sur celle des Apôtres nous l’atteste :
«Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché du Verbe de vie -- car la vie s'est manifestée, et nous avons vu et nous rendons témoignage et nous vous annonçons la vie éternelle, qui était tournée vers le Père et s'est manifestée à nous --, ce que nous avons vu et entendu, nous vous l'annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Et notre communion est communion avec le Père et avec son Fils Jésus Christ.» (1 Jean 1, 1-2).
C’est pourquoi, lorsque résonne en nous la parole de Dieu où il nous dit : «Cherchez ma face», nous savons désormais que son «visage» est enfoui à la fois au cœur du monde, au cœur des masses humaines qui le cherchent, et, à la fois, au plus intime de nous-mêmes, là où il habite par son Esprit. La Galilée où le Ressuscité nous attend, commence tout d’abord par cette terre en friche sur laquelle s’ouvre la porte de notre cœur, terre qu’il vient sanctifier par le don de son Esprit, nous transformant ainsi en Temple vivant afin que nous puissions déjà le contempler en nous. Cette Galilée qui commence en nous, s’étend jusqu’aux extrémités du monde, là où notre prière a la force, par l’action de l’Esprit Saint en Église, de rejoindre tous ceux et celles vers qui le Christ nous envoie.
Puisque Dieu se donne à ceux qui le cherchent, il nous faut donc sans cesse rechercher la face de Dieu, rechercher sa présence au cœur de nos vies, avec la même détermination suppliante que le psalmiste : «Ne me cache pas ta face», tout en sachant que cette prière que nous faisons monter vers Dieu a déjà trouvé son exaucement en Jésus Christ, lui l’unique révélateur du visage du Père.
R.P. Yves Bériault, o.p.
Pourquoi saint François “est un vrai maître” pour les chrétiens d’aujourd’hui
Et pourquoi saint Augustin l’est aussi.
Depuis Assise et Pavie, destinations de ses deux derniers voyages en Italie, Benoît XVI propose les deux grands convertis comme modèles. Et il critique leurs “mutilations” modernes.
Benoît XVI a consacré ses deux derniers voyages en Italie, à Pavie et à Assise, à deux saints de tout premier rang et d’une influence exceptionnelle dans l’histoire de l’Église: Augustin et François.
Dans les deux cas, le pape a concentré son attention sur un moment précis de la vie des deux saints: la conversion.
La conversion – a expliqué le pape – est le tournant crucial de l’existence de chaque chrétien. La vie de chaque homme y prend une nouvelle forme grâce au Christ auquel il se confie. Dès lors, sa vie se distingue par le fait qu’elle est marquée par le Christ.
Si François est ainsi “un vrai maître” dans la recherche de la paix, dans la sauvegarde de la nature, dans la promotion du dialogue entre tous les hommes, il l’est d’une manière unique, qui ne peut pas être mutilée: «il l’est à partir du Christ».
L’«esprit d’Assise» n’a donc rien à voir avec l’indifférentisme religieux, justement parce que la vie et le message de François «reposent si visiblement sur le Christ»:
«Ne pas réussir à concilier l’accueil, le dialogue et les respect pour tous avec cette certitude de foi que chaque chrétien, à l’image du saint d’Assise, est tenu de cultiver, en annonçant le Christ comme le chemin, la vérité et la vie de l’homme (cf. Jn 14,6) et l’unique Sauveur du monde, ne pourrait pas être un comportement évangélique, ni franciscain.»
D’autres fois, déjà, Benoît XVI avait critiqué les “abus” et les “trahisons” qui selon lui dénaturent la figure exemplaire de François.
Mais, le dimanche 17 juin à Assise, le pape a repris d’une manière plus organique sa prédication sur la personne du saint et en particulier sur sa conversion, dont on fête le huitième centenaire en 2007.
Il l’a fait en particulier lors de l’homélie de la messe. Comme il l’avait déjà fait à Pavie le dimanche 22 avril, évoquant saint Augustin, dont le corps repose dans cette ville.
Dans les autres discours ponctuant la journée passée à Assise, le pape a tout autant insisté sur la présentation du visage authentique du saint, en repoussant les travestissements qui en sont faits. Un exemple, lorsqu’il a adressé la recommandation suivante aux prêtres, aux diacres et au clergé régulier de la ville:
«Les millions de pèlerins qui empruntent ces rues, attirés par le charisme de François, doivent être aidés à cueillir le noyau essentiel de la vie chrétienne et à parvenir à sa ‘dimension la plus élevée, qui est justement la sainteté. Il ne suffit pas qu’ils admirent François: à travers lui, ils doivent pouvoir rencontrer le Christ, pour l’écouter et l’aimer avec ‘une foi droite, une espérance ferme et une charité parfaite’ (Prière de François devant le Crucifix, 1: FF 276). Les chrétiens de notre époque se retrouvent toujours plus souvent à devoir faire face à la tendance d’accepter un Christ diminué, c'est-à-dire un Christ admiré par son extraordinaire humanité, mais repoussé dans le mystère profond de sa divinité. François lui-même subit une sorte de mutilation quand on le fait intervenir comme témoin de valeurs certes importantes et appréciées dans la culture d’aujourd’hui, mais en oubliant que le choix profond – l’on pourrait dire le cœur de sa vie – est le choix du Christ. A Assise, une ligne pastorale exigeante est plus que jamais nécessaire. A cette fin, c’est à vous, prêtres et diacres, et à vous, qui avez consacré votre vie à Dieu, de sentir avec force le privilège et la responsabilité de vivre en ce territoire de grâce. Certes, nombreux sont ceux qui, en passant par cette ville, reçoivent un message bénéfique simplement par ses ‘pierres’ et son histoire. Cela ne dispense pas d’une proposition spirituelle robuste, qui aide aussi à affronter les nombreuses séductions du relativisme qui caractérise la culture de notre époque.»
Mon très cher Frère,
Que l’Esprit-Saint remplisse votre âme pour y être votre consolation, votre joie, votre force, votre lumière et votre amour!
Notre bon Seigneur nous a envoyé son divin Esprit pour qu’Il soit toute notre vie, qu’Il opère en nous toutes les perfections et la sainteté qu’Il a opérées en Notre-Seigneur lui-même. Voyez, quelle bonté de la part de notre Dieu, quel miracle de grâce et d’amour, de nous envoyer un si grand Maître pour nous instruire de toutes les merveilles que le Père a mises en son Fils bien-aimé et pour les opérer en nos âmes! Quelle doit être notre sainteté, si nous sommes fidèles à écouter intérieurement le divin Esprit, si nous sommes dociles à suivre ses mouvements, si nous nous y prêtons et si nous Lui donnons pleine liberté d’établir en nos âmes sa propre vie aux dépens et au détriment de notre vie de chair! C’est une chose incompréhensible que Dieu ait daigné regarder favorablement des gens aussi corrompus que nous, et qu’Il ait voulu venir établir sa demeure dans nos âmes.
Mais aussi, pour qu’Il puisse demeurer en nous et y vivre, il faut que toute corruption, tout esprit propre, tout amour de soi, toute affection créée et toute vie humaine disparaissent ; car le divin Esprit est un esprit de sainteté, et sa vie une vie uniquement sainte ; dès que vous vivons de notre propre vie, nous n’avons plus en nous la vie de sainteté, car nous sommes complètement opposés à la sainteté de Dieu. Voilà pourquoi tâchez de vous prêtez le mieux que vous pourrez à cette vie unique de l’Esprit de Dieu. N’oubliez pas que vous ne parviendrez jamais à exterminer la chair ; elle sera toujours chair, toujours mauvaise, toujours ennemie de Dieu, et opposée à l’esprit de sainteté qui demeure en vous. Qu’un Esprit aussi saint et aussi pur puisse demeurer au milieu de cette imperfection continuelle, et souffrir sans cesse cette révolte contre lui et les mélanges de ce misérable esprit de chair, voilà où se montrent d’une manière admirable la bonté et la miséricorde divines. C’est inconcevable ; mais cela doit nous confondre et nous forcer à nous abîmer dans l’humiliation devant Dieu, en même temps que cela doit nous faire entrer dans les transports d’amour envers la Sainte Trinité; car c’est là le grand mystère de l’amour de notre Dieu et de notre propre confusion.
Soyez fidèle à ce que le divin Esprit veut faire en vous, suivez-le très doucement et dans une grande humiliation intérieure devant Lui. Tenez-vous toujours en repos, visez à amortir, adoucir et calmer toutes vos aigreurs, tous vos mouvements d’inquiétude, tous les découragements et tous les troubles qui tendent à s’élever dans votre âme. Tâchez de vivre dans une certaine liberté d’esprit, sans contrainte et sans effort. Lorsque vous vous sentez assailli par le désir de vous répandre dans les créatures, ne vous en troublez pas. Ne savez-vous pas ce que vous êtes? Mais que craignez-vous? L’Esprit de Jésus qui est en vous ne vous tient-il pas entre ses mains? Oh! oui bien sûrement; car si cela n’était, vous seriez bien loin hors de Lui, il y a longtemps. [...]
Ne vous étonnez pas que j’insiste tant là-dessus, car Je pense et suis bien persuadé que pour être parfait il faut que nous soyons absolument vidés de tout ce qui n’est pas Dieu. Le Saint-Esprit frappe à tout instant à la porte de notre cœur; nous désirons ardemment qu’Il entre, et par ce désir nous Lui ouvrons la porte; mais comment peut-Il y entrer s’Il n’y trouve pas de place, s’Il trouve ce cœur qui doit tant lui appartenir rempli d’affections ennemies? Il est donc obligé de rester dehors, et Il a la bonté inconcevable d’attendre jusqu’à ce qu’Il trouve une petite place et à mesure que nous nous débarrassons de ces misérables affections. Plus le Saint-Esprit est entré dans notre cœur, plus nous devenons forts pour chasser peu à peu les ennemis de Dieu qui s’en sont emparés. C’est pour cela qu’il est essentiel que nous aidions ce divin Esprit à les mettre dehors, car sans notre ferme volonté Il ne les forcera pas seul.
Il faut donc le prier ardemment et employer tout ce qu’Il nous donne de force pour l’aider à accomplir cette œuvre.
R.P. Yves Bériault, o.p.
Rome, Mardi 19 juin 2007 (ZENIT.org) – Benoît XVI proclamera, jeudi 28 juin, en la basilique Saint-Paul-hors les Murs, une «Année Saint-Paul», annonce l’abbaye bénédictine.
Le pape présidera les premières vêpres de la solennité des saints Pierre et Paul en la basilique Saint-Paul hors les Murs, à 17 h 30, à l’occasion du bimillénaire de la naissance de l’Apôtre des Nations, située entre 6 et 10 après Jésus-Christ.
Un triduum pétro-paulinien sous le signe de l’œcuménisme sera célébré en la basilique Saint-Paul les 26, 27, 28 et 29 comme chaque année à l’occasion de la fête des saints patrons de l’Église de Rome.
Comme nous l’indiquions le 28 février dernier, l’archiprêtre de la basilique Saint-Paul hors les Murs, le cardinal Andrea Cordero Lanza di Montezemolo, avait annoncé cette possibilité lors de la présentation à la presse des fouilles qui ont permis de mettre à jour le catafalque de saint Paul, sous l’autel principal de la basilique, mais aussi des restes de la basilique du IVe siècle.
Le cardinal avait évoqué l’éventualité d’une année consacrée à l’apôtre saint Paul du 29 juin 2008 au 29 juin 2009.
Il s’agirait en outre d’impliquer les sanctuaires du monde entier dans cette initiative, notamment sur les lieux pauliniens en Turquie, au Moyen Orient, et à Jérusalem.
Ce sera aussi l’occasion de publier de nouveaux dépliants pour présenter aux visiteurs l’ensemble du sanctuaire de Saint-Paul. Mais le pape Benoît XVI a également souligné l’importance œcuménique de la basilique de Saint-Paul : ce sera un aspect important de ce triduum.
A la fin des vêpres œcuméniques du 27 juin, à 18 heures, les représentants de différentes confessions chrétiennes proclameront ensemble «l’hymne à la charité» de l’Epître de saint Paul aux Corinthiens (1 Co 13) auprès de la «Confession» de saint Paul, le tombeau récemment rendu accessible aux pèlerins.
Mardi 26 juin, les vêpres et la messe seront présidées à 17 h 30 par le cardinal secrétaire d’Etat Tarcisio Bertone. Des représentants et des fidèles de différentes Eglises chrétiennes de Rome s’uniront également à la traditionnelle «procession de la chaîne» qui conclut le triduum le 29 juin, à 20 heures: cette relique de saint Paul rappelle les paroles de l’apôtre qui se disait «enchaîné pour le Christ». La chaîne est devenue le symbole de l’unité des baptisés qui, dans la profession de foi dans le Ressuscité sont liés au Christ.
Les secondes vêpres de la solennité seront célébrées à 17 h 30 et seront suivies de la messe solennelle présidée par le P. Abbbé Edmund Power, osb, en présence du cardinal archiprêtre, Andrea Cordero Lanza di Montezemolo.
M. X. prend part au Congrès de Musique Sacrée qui se tiendra à Rome aux vacances de Pâques. Je ne sais exactement ni la date d’arrivée, ni la durée du séjour. Mais je compte que, comme tu seras libre aussi, tu seras son compagnon pour l’aider à faire voir Rome à sa chorale. Tu ne demanderas pas mieux, certainement! Mon avis est qu’il faut visiter Rome par quartier. On part le matin, on mange où l’on est, sans revenir au restaurant pour le déjeuner; autrement on perd un temps précieux. Comme ils veulent, les misérables, aller aussi à Assise, je ne crois pas qu’ils aient plus de cinq jours à passer à Rome. Faut-il être impie! Quand ils arriveront à la porte du Paradis, ils seront bien reçus! Saint Pierre les priera d’aller voir ce qui se passe à Assise, et ils ne l’auront pas volé. Romain que tu es, prépare-leur cinq itinéraires, et ne manque pas de leur dire: «Nous ne verrons pas ceci, et nous ne verrons pas cela, ni ceci encore, ni cela encore; pas le temps! pas le temps! Ah, si vous n’alliez pas à Assise (ou: si vous n’étiez pas allés à Assise) ce serait différent!» Fais-leur sentir de quoi ils se privent, il faut qu’il leur en cuise, il faut les tenir sur le gril, pour leur apprendre qu’on n’a jamais assez de temps à passer à Rome. Mène-les au triple galop via dei Coronari, pour qu’ils ne fassent qu’entrevoir sans pouvoir s’arrêter les merveilleuses profondeurs des impasses chevauchées par des arcs, et les merveilleuses ficelles où le «popolo romano», le vrai Peuple-roi, étend royalement son merveilleux linge sale, en se fichant éperdument de ce qu’en pensera la vermine nettoyée de Londres ou de Copenhague. Essouffle-les dans le Transtévère, et si tu leur passes Sainte-Cécile, condamne-les à ne pas entrer à San Benedetto-in Piscinula. Empêche-les d’entendre un Tantum ergo comme celui qui a failli nous faire crever de rire à Santa-Maria de je ne sais plus quoi, tout près de chez nous, parce que nous Romains nous avions parfaitement le droit de crever de rire, attendu que nous ne partageons pas notre amour, mais dont ne sont pas dignes les oreilles de gens qui vont passer trois jours à Assise au lieu de les donner à Rome. Qu’ils n’entrent pas dans le restaurant della Miniera; qu’ils n’entendent jamais le garçon leur dire ce «Come no?» que seul peut proférer comme il faut un serveur de plats qui a derrière lui trois mille ans de souveraineté, et devant lui les siècles des siècles. Bref, châtie-les, punis-les, mets-les à la torture et qu’ils partent de Rome déchirés par toutes les tenailles du remords, et aplatis sous des tonnes de honte.
Je suis «fana» ? Parfaitemént, je suis «fana» de Rome, et j’attendrai pour ne l’être plus qu’on ait cessé dans l’Église de chanter que Rome à elle seule surpasse toutes les beautés du monde: «Horum cru ore purpurata, ceteras Excellis orbis una pulchritudines.» (Hymne Decora lux. Bréviaire, 29 juin)
Voilà trois pages que je ne m’attendais pas à écrire, mais de t’annoncer tout platement en deux lignes que M. X va à Rome, c’est plus que je ne peux tirer de moi. Dès que le nom de Rome vient sous ma plume, le cœur me saute et il faut qu’il s’épanche. Que je dise «Rome», et que je passe à autre chose, pas moyen. Que Dieu soit béni de m’avoir donné ce grand amour, et qu’il m’y fasse mourir. Il y a des siècles qu’on a remarqué que l’anagramme de ROMA c’est AMOR, comme pour signifier qu’on ne doit penser qu’avec amour à la Ville où le Seigneur a établi le Rocher de son Église. Aimons donc Rome sans mesure, et prions Dieu que tous les chrétiens l’aiment ainsi.
Abbé V.-A. Berto
Notre-Dame de Joie
(15 mars 1964)
Après ceux de Prague (1997) Genève (1999) et Mexico (2004), le quatrième Congrès Mondial de la Famille s’est tenu à Varsovie les 11, 12 et 13 mai 2007.
L’objectif principal de ces Congrès internationaux est de réunir tous ceux qui font du lobbying en faveur de la vie et de la famille. Dans un contexte démographique alarmant, il relève de la nation de contribuer au bien-être de chaque famille parce que les familles sont l’avenir de la nation.
Parce que l’identité et le rôle de la femme en tant que fille, femme, épouse et mère est irremplaçable dans la recherche du bien-être des familles la place de FEMINA EUROPA dans ce congrès était incontournable (…)
Au cours de ce congrès qui rassemblait plus de vingt pays sont intervenues de nombreuses personnalités de grande valeur http://www.worldcongress.ptprogram.php.
Ce Congrès a permis de soutenir les positions claires et courageuses du gouvernement polonais en faveur de la famille. Le ministre de l’Education Nationale a insisté sur les menaces que faisait peser sur la famille la promotion de valeurs contraires telles que l’euthanasie, l’homosexualité, la pornographie et l’avortement. « Sans la famille, pas de civilisation, pas de culture, pas de nation »
Parmi les intervenants nous avons pu nous entretenir personnellement avec M. Jean-Didier Lecaillon, M. Stéphane Buffetaut, M. Austin Ruse, M. William Saunders, M. Tobias Teuscher et Mme Zaborska. Nous avons rencontré longuement les deux représentantes de Nouvelles Femmes pour l’Europe (NWFE), association dont nous sommes très proches, qui a monté depuis quelques années un lobby européen alternatif au tout puissant Lobby Européen des Femmes (LEF-réseau véhiculant l’idéologie des féministes radicales) (…)
Il faut reconnaître que nous étions quasiment les seules. Les Américains, inventeurs du lobbying, sont très en avance sur nous. Tout en préservant notre culture et nos spécificités, il serait dommage de ne pas profiter de leur compétence. Nous les avons vus à l’œuvre à l’ONU, ils sont bien organisés. Les relations entre les différentes associations, experts ou politiques gagnent en confiance et en profondeur à chaque rencontre, d’où l’importance de la participation régulière aux différents congrès nationaux et internationaux pour entretenir des relations durables et constructives. Ainsi nous eûmes l’heureuse surprise de rencontrer pour la première fois une délégation de japonais à qui nous avons promis de donner des nouvelles. C’est à ces conditions qu’un véritable lobby mondial en faveur de la famille deviendra efficace.
Les interventions de M. Lecaillon et M. Buffetaut nous ont ouvert des perspectives concrètes, leur travail d’expert est essentiel à la construction d’une vraie politique de la famille qui ne soit pas de l’assistanat. La famille doit être reconnue comme une institution et ne pas être considérée comme une simple unité de consommation, mais comme un investissement à long terme. Un système fiscal appuyant une vraie politique familiale soutiendra la famille non pas en tant que pauvre mais en tant que facteur reconnu du développement économique durable. « La famille crée de la richesse. » On ne peut pas non plus passer sous silence « l’hiver démographique » dans lequel se trouve l’Europe, dans certains pays, le nombre d’avortements dépasse celui des naissances ! Les différents intervenants sont revenus à de nombreuses reprises sur les conséquences économiques et culturelles de cet appauvrissement de nos sociétés.
Avec nos interlocuteurs, nous avons abordé plusieurs fois les différents textes adoptés récemment par le Parlement Européen, notamment sur les thérapies innovantes et la résolution contre l’homophobie. Il est clair qu’un rassemblement comme ce congrès permet d’harmoniser les stratégies et de coordonner les différentes actions de lobbying, chaque ONG gardant sa compétence.
Si nous suivons toujours avec intérêt l’Alliance Européenne de la Famille créée par Madame Von der Leyen, nous devons rester vigilants quant au respect du principe de subsidiarité des Etats. Les Etats membres sont souverains en ce qui concerne la politique familiale et doivent le rester. Une harmonisation européenne pourrait paraître à première vue séduisante mais au cours des riches échanges de ce congrès il est apparu clairement que les défenseurs de la famille considèrent comme un danger une politique familiale qui relèverait davantage de l’UE que des nations Etats membres tout en se réjouissant que ce mot « famille » ait réapparu dans les textes.
Un des objectifs atteint par ce congrès fut de soutenir les hommes et les femmes politiques courageux, particulièrement les parlementaires qui prennent position par leurs votes en faveur de la vie et de la famille.
La famille est l’unité fondatrice de tous les apprentissages où l’amour est le ciment qui relie et transmet les valeurs comme la fidélité, la générosité, l’honnêteté, la responsabilité et la gratuité du don. La femme et l’homme, différents mais complémentaires, sont nécessaires à la construction de la civilisation de l’Amour.
Comme le disait si bien Carlo Casini, député italien, « La succession des générations nous enseigne que nous avons à construire quelque chose de collectif. L’homme est appelé à vivre non seulement l’amour mais aussi à construire la civilisation de l’amour. » Et une citation enfin de Madame Sauerbrey, secrétaire d’Etat américain chargée de la population, des réfugiés et des immigrés : « Ce n’est pas l’Etat qui crée la famille, c’est la famille qui crée l’Etat. »
Inès Gérard, Présidente de Femina Europa. info@femina-europa.com
Pour ceux et celles qui veulent aller plus loin vous pourrez trouver des informations sur le site des différentes associations et organisations mentionnées en particulier : la lettre d’Austin Ruse (Friday Fax) sur http://www.spiritualite2000.comwww.c-fam-org, celui de Human Life International www.hli.org et du congrès www.worldcongress.org ainsi que Patrick Fagan www.frc.org.
«Telle est la grande question qui nous accompagnera tout au long de ce livre: qu'est-ce que Jésus a vraiment apporté, s'il n'a pas apporté la paix dans le monde, le bien-être pour tous, un monde meilleur? Qu'a-t-il apporté? La réponse est très simple: Dieu. Il a apporté Dieu. Il a apporté le Dieu dont la face s'est lentement et progressivement dévoilée depuis Abraham jusqu'à la littérature sapientielle, en passant par Moïse et les prophètes – le Dieu qui n'avait montré son vrai visage qu'en Israël, et qui avait été honoré dans le monde des gentils sous des avatars obscurs – c'est ce Dieu, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, le Dieu véritable qu'il a apporté aux peuples de la terre. Il a apporté Dieu: dès lors, nous connaissons sa face, dès lors nous pouvons l'invoquer. Dès lors, nous connaissons le chemin que, comme hommes, nous devons prendre dans ce monde. Jésus a apporté Dieu et avec lui la vérité sur notre origine et notre destinée: la foi, l'espérance et l'amour.» (Benoît XVI)
22, 50 € – Vendu sur internet par la Librairie Catholique (www.librairiecatholique.com)
| Générale : | Pour que tous les citoyens aient la possibilité, individuellement et en groupe, de participer activement à la vie et à la gestion des affaires publiques. |
| Missionnaire : | Pour que tous les chrétiens, conscients de leur devoir missionnaire, aident efficacement les personnes engagées dans l'évangélisation des peuples. |
| Générale : | Pour que tous ceux qui traversent des moments de difficulté intérieure et d'épreuve trouvent dans le Christ la lumière et le soutien qui les conduisent à découvrir le vrai bonheur. |
| Missionnaire : | Pour que l'Eglise en Chine témoigne d'une cohésion interne toujours plus grande, et qu'elle puisse manifester sa communion effective et visible avec le Successeur de Pierre. |