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Fraternité Saint Pierre - Val de Marne Communauté attachée à la liturgie traditionnelle, bénéficiant du Motu proprio " Ecclesia Dei " du 2 juillet 1988 de S.S. Jean-Paul II |
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Eglise Saint André 22 Avenue de Verdun 94410 Saint Maurice |
Bulletin de Janvier 2007 |
Au début de la nouvelle année, je voudrais adresser aux Gouvernants des Nations, ainsi qu'à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté, mes vœux de paix. Je les adresse en particulier à ceux qui sont dans la douleur et dans la souffrance, à ceux qui vivent menacés par la violence et par la force des armes ou encore à ceux qui, bafoués dans leur dignité, attendent leur réintégration humaine et sociale. Je les adresse aussi aux enfants, qui, par leur innocence, enrichissent l'humanité de bonté et d'espérance et qui, par leurs souffrances, nous incitent tous à être des artisans de justice et de paix. Pensant précisément aux enfants, spécialement à ceux dont l'avenir est compromis par l'exploitation et par la méchanceté d'adultes sans scrupules, j'ai voulu, à l'occasion de la Journée mondiale de la Paix, que l'attention commune se focalise sur le thème: Personne humaine, cœur de la paix. Je suis en effet convaincu qu'en respectant la personne on promeut la paix et qu'en bâtissant la paix on jette les bases d'un authentique humanisme intégral. C'est ainsi que se prépare un avenir serein pour les nouvelles générations.
La personne humaine et la paix: don et tâche
2. La Sainte Écriture affirme: «Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme» (Gn 1,27). Parce qu'il est créé à l'image de Dieu, l'individu humain a la dignité de personne; il n'est pas seulement quelque chose, mais quelqu'un, capable de se connaître, de se posséder, de se donner librement et d'entrer en communion avec d'autres personnes. En même temps, il est appelé, par grâce, à une alliance avec son Créateur, à Lui offrir une réponse de foi et d'amour que nul autre ne peut donner à sa place (1). C'est dans cette admirable perspective que se comprend la tâche confiée à l'être humain de parvenir lui-même à une maturation de sa capacité d'aimer et de faire progresser le monde, en le renouvelant dans la justice et dans la paix. Dans une synthèse saisissante, saint Augustin enseigne: «Dieu, qui nous a créés sans nous, n'a pas voulu nous sauver sans nous»(2). Il est par conséquent du devoir de tous les êtres humains d'entretenir en eux-mêmes la conscience du double aspect de don et de tâche.
3. La paix est aussi à la fois un don et une tâche. S'il est vrai que la paix entre les individus et entre les peuples – capacité de vivre les uns à côté des autres en tissant des relations de justice et de solidarité – représente un engagement qui ne connaît pas de répit, il est aussi vrai, et même encore plus vrai, que la paix est un don de Dieu. La paix est en effet une caractéristique de l'agir divin, qui se manifeste à la fois dans la création d'un univers ordonné et harmonieux, et dans la rédemption de l'humanité, qui a besoin d'être rachetée du désordre du péché. Création et rédemption offrent donc la clé de lecture qui introduit à la compréhension du sens de notre existence sur la terre. Mon vénéré prédécesseur Jean-Paul II, en s'adressant à l'Assemblée générale des Nations unies le 5 octobre 1995, affirmait que «nous ne vivons pas dans un monde irrationnel ou privé de sens, mais que, au contraire, il y a une logique morale qui éclaire l'existence humaine et qui rend possible le dialogue entre les hommes et entre les peuples».(3) La «grammaire» transcendante, à savoir l'ensemble des règles de l'agir individuel et des relations mutuelles entre les personnes, selon la justice et la solidarité, est inscrite dans les consciences, où se reflète le sage projet de Dieu. Comme j'ai voulu le réaffirmer récemment, «nous croyons qu'à l'origine, il y a le Verbe éternel, la Raison et non l'Irrationalité».(4) La paix est donc aussi une tâche qui oblige chacun à une réponse personnelle en harmonie avec le plan divin. Le critère dont doit s'inspirer une telle réponse ne peut être que le respect de la «grammaire» écrite dans le cœur de l'homme par son divin Créateur.
Dans cette perspective, les normes du droit naturel ne doivent pas être considérées comme des directives s'imposant de l'extérieur, contraignant presque la liberté de l'homme. Au contraire, elles doivent être accueillies comme un appel à réaliser fidèlement le projet divin universel inscrit dans la nature de l'être humain. Guidés par de telles normes, les peuples – dans leurs cultures respectives – peuvent ainsi s'approcher du mystère le plus grand, qui est le mystère de Dieu. La reconnaissance et le respect de la loi naturelle constituent par conséquent, aujourd'hui encore, le grand fondement du dialogue entre les croyants des diverses religions, et entre les croyants et les non-croyants eux-mêmes. C'est là un grand point de rencontre et donc un présupposé fondamental pour une paix authentique.
Le droit à la vie et à la liberté religieuse
4. Le devoir de respecter la dignité de tout être humain, dont la nature reflète l'image du Créateur, comporte comme conséquence que l'on ne peut pas disposer de la personne selon son bon plaisir. La personne qui jouit d'un plus grand pouvoir politique, technologique, économique, ne peut pas s'en prévaloir pour violer les droits des personnes moins chanceuses. C'est en effet sur le respect des droits de tous que se fonde la paix. Consciente de cela, l'Église s'emploie à défendre les droits fondamentaux de toute personne. Elle revendique en particulier le respect de la vie et de la liberté religieuse de chacun. Le respect du droit à la vie à toutes ses étapes constitue un point fort d'une importance décisive: la vie est un don; le sujet n'en a pas la pleine disponibilité. De la même façon, l'affirmation du droit à la liberté religieuse met l'être humain en relation avec un Principe transcendant qui le soustrait à l'arbitraire de l'homme. Le droit à la vie et à la libre expression de la foi en Dieu ne relève pas du pouvoir de l'homme. La paix a besoin que s'établisse une frontière claire entre ce qui est disponible et ce qui ne l'est pas: on évitera ainsi d'introduire des éléments inacceptables dans le patrimoine de valeurs qui est propre à l'homme en tant que tel.
5. En ce qui concerne le droit à la vie, on doit dénoncer toutes les terribles violations qui lui sont faites dans notre société: outre les victimes des conflits armés, du terrorisme et des multiples formes de violence, il y a les morts silencieuses provoquées par la faim, par l'avortement, par l'expérimentation sur les embryons et par l'euthanasie. Comment ne pas voir en tout cela un attentat à la paix? L'avortement et l'expérimentation sur les embryons constituent la négation directe de l'attitude d'accueil envers l'autre, qui est indispensable pour instaurer des relations de paix durables. Pour ce qui concerne la libre expression de la foi, un autre symptôme préoccupant du manque de paix dans le monde est constitué par les difficultés que rencontrent souvent aussi bien les chrétiens que les croyants d'autres religions à professer publiquement et librement leurs convictions religieuses. En parlant particulièrement des chrétiens, je dois relever avec souffrance que, parfois, ils ne sont pas seulement empêchés; dans certains États, ils sont même persécutés, et récemment encore on a pu enregistrer de tragiques épisodes de violence abominable. Il y a des régimes qui imposent à tous une religion unique, tandis que des régimes indifférents nourrissent non pas une persécution violente, mais une dérision culturelle systématique des croyances religieuses. Dans tous les cas, un droit humain fondamental n'est pas respecté, avec des répercussions graves sur la convivialité pacifique. Cela ne peut que promouvoir une mentalité et une culture négatives pour la paix.
L'égalité de nature de toutes les personnes
6. À l'origine des nombreuses tensions qui menacent la paix, il y a assurément les innombrables et injustes inégalités qui sont encore tragiquement présentes dans le monde. Parmi elles, de manière particulièrement insidieuse, on trouve, d'une part, les inégalités dans l'accès aux biens essentiels, comme la nourriture, l'eau, un toit, la santé; d'autre part, les inégalités persistantes entre homme et femme dans l'exercice des droits humains fondamentaux.
La reconnaissance de l'égalité essentielle entre les personnes humaines, qui découle de leur commune dignité transcendante, constitue un élément de première importance pour l'édification de la paix. L'égalité à ce niveau est donc un bien de tous inscrit dans la «grammaire» naturelle, qui ressort du projet divin de la création; un bien qui ne peut pas être laissé de côté ou bafoué sans provoquer de graves répercussions mettant la paix en péril. Les très graves manques dont souffrent de nombreuses populations, spécialement sur le continent africain, sont à la source de revendications violentes et constituent donc une blessure profonde infligée à la paix.
7. Le fait que la condition féminine soit insuffisamment prise en considération introduit aussi des facteurs d'instabilité dans l'ordre social. Je pense à l'exploitation de femmes traitées comme des objets et aux nombreuses formes de manque de respect pour leur dignité; je pense également — dans un contexte différent — aux perspectives anthropologiques persistantes dans certaines cultures, qui réservent aux femmes une place encore fortement soumise à l'arbitraire de l'homme, avec des conséquences qui portent atteinte à leur dignité de personne et à l'exercice des libertés fondamentales elles-mêmes. On ne peut se faire illusion: la paix ne sera pas assurée tant que ces formes de discrimination, qui lèsent la dignité personnelle, inscrite par le Créateur en tout être humain, ne seront pas abolies.(5)
«L'écologie de la paix»
8. Dans l'encyclique Centesimus annus, Jean-Paul II écrit: «Non seulement la terre a été donnée par Dieu à l'homme qui doit en faire usage dans le respect de l'intention primitive, bonne, dans laquelle elle a été donnée, mais l'homme, lui aussi, est donné par Dieu à lui-même et il doit donc respecter la structure naturelle et morale dont il a été doté».(6) C'est en répondant à cette consigne, qui lui a été adressée par le Créateur, que l'homme, avec ses semblables, peut donner vie à un monde de paix. En plus de l'écologie de la nature, il y a donc une «écologie» que nous pourrions appeler «humaine», qui requiert parfois une «écologie sociale». Et cela implique pour l'humanité, si la paix lui tient à cœur, d'avoir toujours plus présents à l'esprit les liens qui existent entre l'écologie naturelle, à savoir le respect de la nature, et l'écologie humaine. L'expérience montre que toute attitude irrespectueuse envers l'environnement porte préjudice à la convivialité humaine, et inversement. Un lien indissoluble apparaît toujours plus clairement entre la paix avec la création et la paix entre les hommes. L'une et l'autre présupposent la paix avec Dieu. La poésie-prière de saint François, connue aussi comme «le Cantique de Frère Soleil», constitue un exemple admirable – toujours actuel – de cette écologie multiforme de la paix.
9. Le problème, chaque jour plus grave, des approvisionnements énergétiques nous aide à comprendre combien est étroit le lien entre ces deux écologies. Au cours des dernières années, de nouvelles Nations se sont engagées avec dynamisme dans la production industrielle, faisant croître les besoins en énergie. Cela est en train de provoquer une course aux ressources disponibles sans précédent. En même temps, dans certaines régions de la planète, il existe encore des situations de grand retard, où le développement est pratiquement bloqué, notamment en raison de la hausse des prix de l'énergie. Que deviendront les populations de ces régions? Quelle sorte de développement ou de non-développement leur sera imposée par la raréfaction des approvisionnements énergétiques? Quelles injustices et quelles oppositions provoquera la course aux sources d'énergie? Et comment réagiront les exclus de cette course? Ce sont des questions qui mettent en évidence que le respect de la nature est étroitement lié à la nécessité de tisser entre les hommes et entre les Nations des relations dans lesquelles on porte attention à la dignité des personnes et qui puissent satisfaire leurs besoins authentiques. La destruction de l'environnement, son usage impropre ou égoïste et la mainmise violente sur les ressources de la terre engendrent des déchirures, des conflits et des guerres, justement parce qu'ils sont le fruit d'une conception inhumaine du développement. En effet, un développement qui se limiterait à l'aspect technique et économique, négligeant la dimension morale et religieuse, ne serait pas un développement humain intégral et finirait, parce qu'il est unilatéral, par encourager la capacité destructrice de l'homme.
Visions réductrices de l'homme
10. Il est donc urgent, même dans le cadre des difficultés actuelles et des tensions internationales, de s'engager pour donner vie à une écologie humaine qui favorise la croissance de l'arbre de la paix. Pour tenter une telle entreprise, il est nécessaire de se laisser guider par une vision de la personne qui ne soit pas corrompue par les préjugés idéologiques et culturels, ou par des intérêts politiques et économiques, qui incitent à la haine et à la violence. Il est compréhensible que les visions de l'homme varient en fonction des cultures. À l'inverse, on ne peut admettre que soient entretenues des conceptions anthropologiques qui renferment en elles-mêmes le germe de l'opposition et de la violence. Les conceptions de Dieu qui incitent à l'intolérance envers nos semblables et au recours à la violence à leur égard sont également inadmissibles. C'est un point qu'il faut rappeler avec clarté: une guerre au nom de Dieu n'est jamais acceptable! Quand une certaine conception de Dieu est à l'origine de pratiques criminelles, c'est le signe qu'une telle conception s'est déjà transformée en idéologie.
11. Aujourd'hui, cependant, la paix n'est pas mise en question seulement par le conflit entre les visions réductrices de l'homme, à savoir entre les idéologies. Elle l'est aussi par l'indifférence pour ce qui constitue la véritable nature de l'homme. En effet, de nombreux contemporains nient l'existence d'une nature humaine spécifique et ils rendent ainsi possibles les interprétations les plus extravagantes au sujet des éléments qui sont essentiellement constitutifs de l'être humain. Ici aussi la clarté est nécessaire: une conception «faible» de la personne, qui laisse place à n'importe quelle conception, même excentrique, ne favorise la paix qu'en apparence. En réalité, elle empêche le dialogue authentique et elle ouvre la voie à l'apparition de positions autoritaires, conduisant ainsi à laisser la personne elle-même sans défense et, par conséquent, à en faire une proie facile de l'oppression et de la violence.
Droits humains et Organisations internationales
12. Une paix véritable et stable présuppose le respect des droits de l'homme. Si ces droits se fondent cependant sur une conception faible de la personne, comment n'en sortiraient-ils pas eux-mêmes affaiblis? On voit ici de manière évidente l'insuffisance profonde d'une conception relativiste de la personne, lorsqu'il s'agit d'en justifier et d'en défendre les droits. L'aporie est ici manifeste: les droits sont proposés comme absolus, mais le fondement qu'on invoque pour eux est seulement relatif. Faut-il donc s'étonner si, face aux exigences «dérangeantes» de tel ou tel droit, quelqu'un puisse se présenter pour le contester ou pour décider de le mettre de côté? Les droits qui sont attribués à l'homme peuvent être affirmés sans crainte d'être démentis seulement s'ils sont enracinés dans les exigences objectives de la nature, données à l'homme par le Créateur. Par ailleurs, il va de soi que les droits de l'homme impliquent pour ce dernier des devoirs. À ce sujet, le mahatma Gandhi déclarait à juste titre: «Le Gange des droits descend de l'Himalaya des devoirs». C'est seulement en faisant la clarté sur ces présupposés de fond que les droits humains, aujourd'hui soumis à des attaques continuelles, peuvent être défendus de manière appropriée. Sans une telle clarté, on finit par utiliser la même expression «droits humains», sous-entendant alors des sujets très différents entre eux: pour certains, la personne humaine marquée par une dignité permanente et des droits toujours valables, partout et pour quiconque; pour d'autres, une personne à la dignité changeante et avec des droits négociables dans leur contenu, dans le temps et dans l'espace.
13. Les Organisations internationales font constamment référence à la sauvegarde des droits humains, en particulier l'Organisation des Nations unies qui, par la Déclaration universelle de 1948, s'est donné comme tâche fondamentale la promotion des droits de l'homme. Cette Déclaration est vue comme une sorte d'engagement moral assumé par l'humanité tout entière. Cela comporte une vérité profonde, surtout si les droits décrits dans la Déclaration sont considérés comme ayant leur fondement non seulement dans la décision de l'assemblée qui les a approuvés, mais dans la nature même de l'homme et dans son inaliénable dignité de personne créée par Dieu. Il est donc important que les Organisations internationales ne perdent pas de vue le fondement naturel des droits de l'homme. Cela les soustraira au risque, malheureusement toujours latent, de glisser vers une interprétation qui serait uniquement positiviste. Si cela devait arriver, les Organismes internationaux seraient privés de l'autorité nécessaire pour jouer leur rôle de défenseur des droits fondamentaux de la personne et des peuples, principale justification de leur raison d'être et d'agir.
Droit international humanitaire et droit à l'intérieur des États
14. À partir de la prise de conscience qu'il existe des droits humains inaliénables liés à la nature commune des hommes, on a élaboré un droit international humanitaire, que les États se sont engagés à observer, même en cas de guerre. Cela n'a malheureusement pas été mis en œuvre de manière cohérente, indépendamment du passé, dans certaines situations de guerre qui se sont déroulées récemment. Cela s'est ainsi produit par exemple dans le conflit qui, il y a quelques mois, a eu pour théâtre le Liban sud, où l'obligation de «protéger et d'aider les victimes innocentes» et de ne pas impliquer les populations civiles a été en grande partie négligée. Le douloureux conflit du Liban et la nouvelle configuration des conflits, surtout depuis que la menace terroriste a mis en œuvre des formes inédites de violence, requièrent que la communauté internationale rappelle le droit international humanitaire et l'applique à toutes les situations actuelles de conflits armés, y compris à celles qui ne sont pas prévues par le droit international en vigueur. En outre, le fléau du terrorisme nécessite une réflexion approfondie sur les limites éthiques qui sont inhérentes à l'utilisation des instruments actuels de maintien de la sécurité nationale. De plus en plus, en effet, les conflits ne se déclarent pas, surtout lorsqu'ils sont déclenchés par des groupes terroristes décidés à atteindre leurs buts par tous les moyens. Devant les scénarios bouleversants de ces dernières années, les États ne peuvent pas ne pas éprouver la nécessité de se doter de règles plus claires, capables de s'opposer efficacement à la dérive dramatique à laquelle nous assistons. La guerre représente toujours un échec pour la communauté internationale et une grave perte d'humanité. Quand, malgré tout, on en arrive à ce point, il convient au moins de sauvegarder les principes essentiels et les valeurs qui fondent toute convivialité civile, en établissant des normes de comportement qui en limitent le plus possible les dommages et qui tentent d'atténuer les souffrances des civils et de toutes les victimes des conflits.(7)
15. Un autre élément qui suscite une vive inquiétude est la volonté manifestée récemment par certains États de se doter d'armes nucléaires. Face à une possible catastrophe atomique, un climat diffus d'incertitude et de peur s'est ensuite développé. Cela fait revenir en arrière, aux peurs et aux angoisses de la période dite de « la guerre froide ». On espérait alors que le péril atomique serait définitivement conjuré et que l'humanité pourrait finalement pousser un soupir de soulagement durable. Comme il apparaît actuel, à ce sujet, l'avertissement du Concile œcuménique Vatican II: «Tout acte de guerre qui tend indistinctement à la destruction de villes entières ou de vastes régions avec leurs habitants est un crime contre Dieu et contre l'homme lui-même, qui doit être condamné fermement et sans hésitation ».(8) Malheureusement, des ombres menaçantes continuent à s'amonceler à l'horizon de l'humanité. La voie qui peut assurer un avenir de paix pour tous passe non seulement par des accords internationaux en vue de la non-prolifération des armes nucléaires, mais aussi par l'engagement à poursuivre avec détermination leur diminution et leur démantèlement définitif. Que rien ne soit laissé de côté pour parvenir, par la négociation, à la réalisation de tels objectifs! C'est le destin de la famille humaine tout entière qui est en jeu!
L'Église pour la défense de la transcendance de la personne humaine
16. Je désire enfin adresser un appel pressant au peuple de Dieu, pour que tout chrétien se sente engagé à être un infatigable ouvrier de paix et un vaillant défenseur de la dignité de la personne humaine et de ses droits inaliénables. Dans un esprit de gratitude envers le Seigneur pour avoir été appelé à faire partie de son Église qui est, dans le monde, «signe et sauvegarde de la transcendance de la personne humaine»,(9) le chrétien ne se lassera jamais d'implorer du Seigneur le bien fondamental de la paix, qui a tant d'importance dans la vie de chacun. De plus, il éprouvera la fierté de servir avec un généreux dévouement la cause de la paix, allant à la rencontre de ses frères, spécialement de ceux qui, non seulement souffrent de la pauvreté et de privations, mais sont aussi privés de ce bien précieux. Jésus nous a révélé que «Dieu est amour» (1 Jn 4, 8) et que la vocation la plus grande de toute personne est l'amour. Dans le Christ, nous pouvons trouver les raisons suprêmes de devenir de fermes défenseurs de la dignité humaine et de courageux bâtisseurs de paix.
17. Que ne cesse donc jamais la contribution de chaque croyant à la promotion d'un véritable humanisme intégral, selon les enseignements des encycliques Populorum progressio et Sollicitudo rei socialis, dont nous nous apprêtons à célébrer respectivement le 40e et le 20e anniversaires. Au début de l'année 2007, je confie ma prière insistante pour l'humanité entière à la Reine de la Paix, Mère de Jésus Christ « notre paix » (Ep 2,14), vers laquelle nous nous tournons, au milieu des dangers et des problèmes, avec un cœur rempli d'espérance. Puisse Marie nous montrer en son Fils le chemin de la paix et illuminer nos yeux, pour qu'ils sachent reconnaître son Visage dans le visage de toute personne humaine, cœur de la paix!
Du Vatican, le 8 décembre 2006.
Benedictus PP. XVI
Le premier texte connu sur la statue de Notre-Dame de Paix provient d'un livre paru en 1660, du Père Médard de Compiègne, prédicateur capucin. «On assure que cette image est l'héritage de l'illustre Maison de Joyeuse, qui demeurait, par succession, à celui des enfants de cette illustre famille qui avait le plus de dévotion à la conserver.» S'appuyant sur ce texte, une tradition, sans fondement historique, a fait remonter au XIIIè siècle, voire au XIIè, l'origine de la statue. C'était la croyance à l'époque des fondateurs de la Congrégation des Sacrés-Cœurs.
Le P. Godefroy, archiviste capucin, a fait, en 1935, un travail très documenté : «En Provence, en Languedoc, en Aquitaine, la civilisation romaine avait laissé son empreinte... A la Renaissance, de nombreux artistes méridionaux se mettent à œuvrer d'après le canon d'Athènes et de Sparte. L'un d'eux entreprend de sculpter, en plein bois, sans doute sur commande, une statuette de la Madone. Artiste, il veut sa Vierge plus belle qu'une déesse. Français, dégoûté des horreurs de la guerre, il la conçoit comme une apparition de la Paix. Double dessein facile à réaliser pour un sculpteur languedocien. Les modèles foisonnent. Sa Vierge est de petite taille: 33 cm, piédestal non compris. Marie, légèrement hanchée à gauche, est vêtue du chiton, la tunique grecque, plissée et fermée. Ce vêtement tombe jusqu'aux pieds, découverts, chaussés de sandales, forme romaine... L'artiste revêt sa Madone, par-dessus son chiton, d'un casaquin Renaissance, décolleté en carré, lacé jusqu'à la taille... Les manches font kimono... En outre, l'artiste a jeté sur les épaules de Marie, selon la mode du temps, un fichu, très légèrement drapé, aux pans noués sur la poitrine et tombant court. Le reste du costume est spécifiquement grec. Marie se drape dans un peplos bordé d'un tuyauté araméen. Roulé autour du bras gauche, ce manteau laisse le bras droit libre et découvert.
Dans sa main droite, la Madone tient une branche d'olivier. Sur son bras gauche, repose, vêtu d'une chemise froncée, l'Enfant Jésus, bras tendus. Le Sauveur, tête nue, cheveux frisés, serre dans sa main droite la croix, et dans sa main gauche le globe du monde. La Vierge, elle aussi, porte, à l'antique, le chef découvert... mais sa coiffure offre une note Renaissance... Les cheveux de la Vierge, séparés sur le devant, s'étagent en deux nattes de chaque côté de la tête... Elles forment un chignon à l'arrière et retombent sur le dos en une natte unique. En outre, une cinquième natte, partant de la nuque et formant auréole, est nouée sur le milieu de la tête, en avant.»
Nous pouvons conclure en toute certitude : la statue a été sculptée dans le Languedoc à l'époque de la Renaissance Française par un artiste inconnu. Elle était primitivement peinte et habillée. L'œuvre a été décapée. Date de naissance? Présumons que la statue a été œuvrée, pour la famille de Joyeuse, à une époque voisine de 1530.
Le 9 juillet 1906, Notre-Dame de Paix et l'Enfant Jésus recevaient leurs couronnes, officiellement remises au nom de Saint Pie X.
L'histoire de la statue est intimement liée à celle de la famille de Joyeuse. Dès 1518, Jean de Joyeuse quitte le Château de Joyeuse, dans l'Ardèche, pour celui que Françoise de Voisins lui a apporté en dot, le Château de Couiza, dans le Bas-Languedoc. La statue, toute neuve, y arrive donc vers 1530.
Elle appartient ensuite à leur fils, Guillaume, le plus pieux, qui l'emporte en 1561 à l'hôtel de trésorerie de Toulouse où il est nommé.
De son mariage avec Marie de Batarnay, il a sept fils et c'est Henri qui recevra la statuette. Cahors, Limoges, Orléans, quinze jours de route à travers la France pour gagner Paris vers la mi-novembre 1576, au Collège de Navarre, puis en 1582 à l'hôtel du Bouchage, rue Saint-Honoré, à l'actuel emplacement du Temple de l'Oratoire. Henri, bien qu'attiré par la vie religieuse, est contraint d'épouser Catherine de La Vallette. Le couple s'installe, toujours rue Saint-Honoré, dans un hôtel contigu au monastère des Capucins et y aménage une chapelle pour Notre-Dame de Paix. Veuf, Henri confie sa fille Henriette-Catherine à sa mère, puis il entre chez les Capucins en 1587 et leur offre la moitié de son hôtel contenant la chapelle de Notre-Dame de Paix. Il meurt en 1608. Entre temps, les capucins, voulant agrandir leur monastère, sont contraints de démolir l'oratoire de la Madone. Ils aménagent dans la façade une petite niche pour exposer la statue à la vue du public. Elle y restera 63 ans. Les pèlerins, de plus en plus nombreux, poussent les capucins à l'installer dans leur propre chapelle, en 1651, puis à en construire une plus grande où elle prendra place en 1657.
1658, le roi Louis XIV tombe malade. La reine demande des prières. Les capucins s'adressent à Notre-Dame de Paix, et le 9 juillet, le roi est guéri, on parle de résurrection. En ex-voto, la reine demande une peinture à Mignard, une toile de 2 m 50 par 4 m. 81 et exposée actuellement au Château de Versailles.
Dans la tourmente révolutionnaire, en 1791, un capucin cache la statuette et la confie à Mlle Papin. Peu après, celle-ci la prête à Mme de Luynes, rue de l'Université. Soucieuse d'en établir l'authenticité, Mme de Luynes sollicite d'un vicaire épiscopal la rédaction d'un acte revêtu du sceau de l'Archevêque de Paris, cachet rouge toujours visible. Au décès de Mme de Luynes, c'est la sœur de Mlle Papin, Mme Coipel, qui est l'héritière de la précieuse statue. Elle désire la confier à un couvent et la propose aux fondateurs de la Congrégation des Sacrés-Cœurs et de l'Adoration, Henriette Aymer et Pierre Coudrin. Malgré tout, il faut multiplier les déplacements pour l'obtenir tant la statue est convoitée
Le 6 mai 1806, la Mère Henriette Aymer, fondatrice de la congrégation des Sacrés-Cœurs, arrive avec la statue de Notre-Dame de Paix. Le Père Coudrin la dépose provisoirement à l'autel de l'Étoile du Matin, dans la chapelle. Notre-Dame de Paix devient la Protectrice de toute la Congrégation, Pères et Sœurs.
Impossible d'énumérer les faveurs obtenues par l'intercession de Notre-Dame de Paix. Il semble que la Vierge se plaise à être invoquée sous ce vocable. La Bonne Mère a recours à la Vierge dans toutes les circonstances difficiles et exhorte les sœurs à la prier. C'est à l'intervention de Notre-Dame de Paix qu'elle attribue bien des guérisons obtenues.
Chaque année depuis 1806, le 9 juillet est, pour la Congrégation, la fête de Notre-Dame de Paix.
En 1915, plusieurs évêques expriment au pape Benoît XV leur désir que, dans la récitation des Litanies, l'invocation Reine du Très Saint Rosaire soit suivie de la nouvelle invocation Regina Pacis, ora Pro Nobis (Reine de Paix, priez pour nous.)
En 1917, Benoît XV rendait cette invocation officielle pour le monde entier. La Congrégation des Sacrés Cœurs avait cette autorisation depuis le 9 juillet 1839. «Que cette pieuse invocation monte de tous les coins de la terre. Qu'elle monte vers Marie qui est Mère de Miséricorde et toute puissante par grâce, qu'elle l'amène à obtenir au monde bouleversé la Paix demandée et qu'elle rappelle ensuite aux siècles futurs l'efficacité de sa médiation.» (Benoît XV)
Du pied de cette statue sont partis nombre de missionnaires, sœurs et frères, dont le Bienheureux Damien, «l'apôtre des lépreux». Ainsi la dévotion à Notre-Dame de Paix se répand-elle aux quatre coins du monde, là où l'Esprit Saint appelle à servir. Extraits de la revue Horizons Blancs, mars 2001
En 1794, pendant une période de la Révolution française que l'on appela la Terreur, la Guillotine, dans son périple parisien arrive place de la Nation. (Place du trône renversé) C'est là que furent guillotinées du 14 juin au 27 juillet plus de la moitié des victimes de cette période, soit un peu plus de 1300 personnes âgées de 14 à 90 ans, de toutes conditions sociales, Parisiens ou provinciaux ramenés tout exprès dans la capitale.
Les victimes dans leur majorité furent des gens du peuple, mais il y eut aussi des nobles, des militaires, des magistrats, des prêtres, des religieux et religieuses.
C'est ici que furent exécutées les Carmélites de Compiègne qui, à l'image du Christ offrirent à Dieu le sacrifice de leur vie et montèrent à l'échafaud puis moururent en chantant des cantiques.
Ils furent tous condamnés par un tribunal révolutionnaire sur des motifs souvent futiles, surtout considérés comme coupable de délits d'opinion pour n'avoir pas souscrit aux idées nouvelles partagées par certains auteurs de la Révolution française.
Leurs cadavres étaient jetés la nuit dans les fosses communes de ce cimetière de Picpus, et tout sera fait par la suite pour que ces tragiques événements tombent dans l'oubli.
Après la Révolution trois sœurs de la famille des Noailles voulurent retrouver le lieu où leur mère, comme d'ailleurs leur grand-mère et leur sœur avaient été enterrées après leur exécution.
Elles retrouvèrent l'emplacement des fosses communes grâce à l'aide d'une jeune fille, mademoiselle de Paris, qui avait réussi à repérer l'itinéraire des charrettes emportant les corps des suppliciés. Cet endroit avait été entre temps acheté et clos de murs par la Princesse Hohenzollern, sœur du Prince de Salm qui figurait également parmi les victimes.
Madame de Montaigu prit alors conscience avec ses sœurs que tous ces malheureux avaient été enterrés à la hâte, sans aucun service religieux, et que personne ne viendrait jamais plus se recueillir sur leur tombe.
C'est la raison pour laquelle elles firent le projet d'un lieu consacré au recueillement et à la prière, qui prit forme par l'achat des terrains entourant les Fosses Communes et à la construction d'une chapelle. Puis on sollicita un ordre religieux, les Sœurs de la congrégation des Sacrés Coeurs de Marie et de Jésus de l'Adoration Perpétuelle, afin qu'une prière perpétuelle s'élève en faveur des suppliciés.
Comme l'ont voulu les fondateurs l'on prie ici, dans ce lieu de mémoire non seulement pour les victimes, mais aussi pour leurs bourreaux, victimes eux aussi d'une des premières manifestations du totalitarisme opposé à toute dignité humaine. Picpus est également un lieu de méditation et de pardon pour les excès d'hommes égarés par les idéologies matérialistes et donc, avec la participation de la Congrégation des Sœurs, un lien d'amour des hommes et de la confiance dans l'avenir.
Le cimetière se trouve au 35 rue de Picpus (XII°) et est ouvert chaque jour de 14 à 16h.
NB : La sortie de fin d’année des catéchismes aura lieu cette année à Picpus. Nous remercions monsieur Guillaume de CHABOT, conservateur du Musée, de nous replonger dans l’histoire de notre pays et de sa capitale.
Pour les chrétiens, la Turquie devrait être la Terre Sainte tout autant que la Palestine ou Israël, ou au moins autant qu’une partie du Liban ou une partie de l’Égypte citées dans le Nouveau Testament. Cela n’est pas un effet oratoire mais une réalité historique. C’est en effet à Tarsus, en Turquie actuelle, que sont nés saint Paul, saint Pierre, saint Jean Évangéliste, saint Luc, saint Barnabé, saint André, l’apôtre saint Philippe, le diacre saint Philippe et ses filles. Sainte Marie de Magdala et la Vierge Marie elle-même vécurent sur cette terre turque! C’est sur cette terre de Turquie que furent rédigés plusieurs textes du Nouveau Testament: plusieurs lettres de saint Paul, les Évangiles, les lettres de saint Jean. Une grande part des activités missionnaires relatées dans le livre des Actes des Apôtres s’est d’ailleurs déroulée sur cette terre. Rappelons: Antioche sur l’Oronte, Antioche de Pisidie, Iconium, Atalya, etc. Rappelons enfin que les villes des sept assemblées (églises) chrétiennes mentionnées dans le livre de l’Apocalypse se situent en Turquie: Smyrne (Izmir), Pergame (Bergame), Thyatire (Akhisar), Sardes (Sarta), Philadelphie (Alasehir), Laocidée (Denizli) et Éphèse (Selçuk).
Parmi les témoins de l’événement Pentecôte à Jérusalem plusieurs venaient de «Turquie»: «Habitants de Mésopotamie, de Cappadoce, du Pont, d’Asie, de Phrygie.... Nous les entendons exprimer dans notre langue les merveilles de Dieu!...» (Ac 2, 9. 11).
C’est à Antioche sur l’Oronte que l’on emploie pour la première fois le nom de "chrétiens" pour désigner les disciples de Jésus de Nazareth, le Christ. (Ac 11, 26).
Sur la terre actuelle de Turquie ont eu lieu les sept grands conciles œcuméniques: 325, Concile de Nicée (Iznik).... Arianisme; 381, Concile de Constantinople (Istanbul). Et chaque dimanche quand nous participons à l’Eucharistie, nous récitons ensemble le Credo qui a été composé lors de ces deux conciles de Nicée et de Constantinople; 431, Concile d’Ephèse.... Le monothéisme; 451, Concile de Chalcédoine (Kadikoy); 553, Concile de Constantinople II; 681 Concile de Constantinople III; 787, Concile de Nicée II: Culte des icônes.
Sur cette terre ont vécu les plus grands théologiens et écrivains chrétiens: les Pères de l’Église tels Ignace d’Antioche, Polycarpe de Smyrne, les Cappadociens Basile le Grand (310-379), Grégoire de Nysse (335-394) et Grégoire de Naziance (330-390), Jean Chrysostome de Byzance (345-407), Éphrem le syrien [de Nisibe-Nusaybin] (306-373). Mais aussi Syméon le nouveau théologien, Théodore le studite, Diodore de Tarse et Théodore de Mopsueste.... Dans les trois premiers siècles de l’Église des centaines de martyrs témoignèrent de leur foi chrétienne à Malatya, Anavarsa, Nicée, Nicomédie, Éphèse... Dans le seul mois de février, nous pouvons célébrer 16 saints de Turquie:
La terre actuelle de Turquie, est aussi le berceau de grandes Églises. L’Empereur Constantin fonda la ville de Constantinople en 330. «Nouvelle Rome», elle devint rapidement le premier patriarcat d’Orient et le foyer d’un christianisme rayonnant. C’est dans cette Église que s’élabora le rite byzantin qui est aujourd’hui celui de près de 200 millions de chrétiens.
Mais d’autres Églises orientales ont ici une histoire longue, comme l’Église Assyro-Chaldéenne qui débute son existence avec Thomas Apôtre et, à partir du deuxième siècle évangélisa l’Osroëne (région d’Édesse – Sanli Urfa) et de plus en plus loin à l’Orient, en Inde et en Chine...
L’Église dite «de Syrie» prit son indépendance sous l’impulsion du prédicateur Jacques Bar Addai, d’où le surnom de «jacobite». Cette Église préfère néanmoins se nommer «l’Ancienne» – «Kadim» et son patriarcat se trouva longtemps à Deyr ul Zafaran (sud-est de la Turquie).
Quant à l’Église Arménienne qui remonte au IIIe siècle, à la suite de bien des invasions et des divisions, elle eut pour sa partie occidentale, son patriarcat en Cilicie, à Sis.
Et aujourd’hui? Il est dit et il est écrit que sur une population de 72 millions d’habitants, il n’y a pas plus de 100.000 chrétiens appartenant à des Églises officielles en Turquie. Mais il est très difficile de donner des statistiques fiables notamment en raison du vieillissement de la population des communautés chrétiennes et de l’exode des chrétiens depuis plus d’un siècle.
Parmi les non-catholiques, l’Église arménienne apostolique est la Communauté la plus nombreuse avec 50.000 fidèles répartis sur plus de 35 lieux de culte. La jeunesse fréquente ses écoles... L’Église syrienne jacobite «kadim» est la deuxième communauté avec. 8.000 fidèles à Istanbul et 2000 dans l’Est du pays. L’Église orthodoxe grecque (patriarcat œcuménique) ne compte guère plus de 1.800 ou 2.300 personnes. L’Église anglicane ne donne pas de chiffre, ni l’Église orthodoxe de Turquie. Quant à l’Église orthodoxe bulgare on la crédite de 200 à 300 fidèles (sans prêtre).
On ne sait pas le nombre de fidèles de l’Église évangélique allemande, mais elle très active dans les lieux touristiques... Les Églises dites «protestantes» revendiquent plus de 5.000 personnes.
Les catholiques compteraient environ 24.000 fidèles. Parmi lesquels, l’Église arménienne compte un seul diocèse, trois prêtres, plusieurs écoles, hôpitaux et paroisses, mais pas plus de 2.500 personnes. L’Église syrienne: un seul diocèse, une seule paroisse (Istanbul) avec un seul prêtre pour toute la Turquie. Environ 1800 - 2000 fidèles. L’Église Assyro-Chaldéenne: un seul diocèse, un seul prêtre, 4 lieux de culte ouverts (Diyarbakir, Mardin et deux à Istanbul), une école pour les enfants de réfugiés… La communauté compte 4.427 fidèles: 627 personnes et 3800 réfugiés (en provenance d’Irak). L’Église latine: 3 grands diocèses (Istanbul, Izmir et en Anatolie), plusieurs paroisses, écoles et un clergé nombreux, plusieurs congrégations travaillent en Turquie... Impossible de donner des chiffres précis car ces fidèles sont des étrangers qui viennent du monde entier et ne restent souvent que quelques années en Turquie. On peut estimer leur nombre autour de 14 à 16.000.
Toutes ces Églises ont leur hiérarchie propre (sauf les Byzantino-grecs et les Maronites). Les responsables de ces Églises se réunissent en une seule Conférence Episcopale de Turquie (la C.E.T).
Source : Œuvre d’Orient
Organisé par la schola Saint Grégoire le samedi 20 et Dimanche 21 Janvier
Informations et bulletin d'inscription
Il sera absent du dimanche 28 janvier au dimanche 4 février (en raison d’une semaine de marche dans le Hoggar sur les pas de Charles de Foucauld, organisée par monsieur et madame TESSIER)