Fraternité Saint Pierre - Val de Marne
Communauté attachée à la liturgie traditionnelle,
bénéficiant du Motu proprio " Ecclesia Dei "
du 2 juillet 1988 de S.S. Jean-Paul II
Eglise Saint André
22 Avenue de Verdun
94410 Saint Maurice


Bulletin de juin 2007





De la Pentecôte à la Saint Pierre et Saint Paul, en passant par la Fête-Dieu : l’Esprit-Saint, l’Eucharistie et l’Église.

Nous voici entre les fêtes de la Pentecôte et celle des Saints Pierre et Paul. Et dans cet intervalle prennent place les fêtes de la Sainte Trinité, de la Fête-Dieu et du Sacré-Cœur. Un vrai temps de joie! Mais il s’agit de le vivre du mieux possible, comme invités nous-mêmes à cette fête, prélude du festin éternel des noces de l’Agneau, non comme de pauvres spectateurs qui se contentent des miettes.

L’Église, étymologiquement «assemblée convoquée», naît de l’appel de Dieu à entrer en communion avec Lui qui est Un et Trine. Cet appel se déploie dans le temps. «Annoncée en figure dès l’origine du monde, merveilleuse-ment préparée dans l’histoire du peuple d’Israël et dans l’ancienne Alliance, établie enfin dans ces temps qui sont les derniers, [l’Église] s’est manifestée grâce à l’effusion de l’Esprit-Saint et, au terme des siècles, se consommera dans la gloire » (Vatican II, Constitution dogmatique Lumen Gentium 2). Dans cette histoire, l’événement de la Pentecôte revêt une importance particulière. C’est l’achèvement de la mission du Christ, le couronnement, le but de son Incarnation et de son sacrifice rédempteur: communiquer son Esprit qui est aussi l’Esprit du Père, et faire ainsi que l’Église vive du même Esprit, principe de vie et d’unité de tout le Corps mystique, du Christ total, Tête et membres. Aussi dit-on à juste titre que le Saint-Esprit est «l’âme de l’Église». La notion de communion est essentielle au mystère de l’Église: union intime à la Tête qu’est le Christ et aux membres qui sont les siens. Prenons la définition traditionnelle de l’Église par Saint Robert Bellarmin, longtemps retenue par tous les catéchismes - notamment celui de Saint Pie X: «L’Église est la communauté de tous les fidèles unis par la profession de la même foi et la participation aux mêmes sacrements, sous l’autorité des pasteurs légitimes et spécialement sous celle du Pontife romain, vicaire de Jésus-Christ sur la terre ». Cette définition est juste et nous devons la tenir, tout en sachant qu’elle n’épuise pas le mystère qu’elle définit. Elle répondait directement aux attaques de Luther qui refusait la dimension visible de l’Église, ses institutions, sa hiérarchie… Une communauté qui ne se définirait que comme la communauté de fidèles unis par la profession de la même foi et la participation aux mêmes sacrements, en évacuant la soumis-sion aux pasteurs légitimes, spécialement au Pontife Romain ne pourrait se réclamer de l’Église. Si bien que l’on peut dire que la définition la plus concise d’un catholique est: «quelqu’un qui est soumis au Pape». Dans cette définition sont implicitement comprises l’unité de foi, l’unité de culte et l’unité de gouvernement - ces deux dernières étant parfois regroupées sous le même titre d’unité de gouvernement. Il ne faut pas oublier le lien objectif, voulu par Dieu dans sa Sagesse et sa Bonté, entre cette communion visible et la communion invisible. Chez tous les Pères, à l’unité invisible du Chef invisible (Jésus-Christ) et de l’âme invisible (le Saint-Esprit) correspond l’unité visible du chef visible (le successeur de Saint Pierre) et de l’obéissance visible à la hiérarchie. Citons, un peu longuement, le Catéchisme du Concile de Trente :

« Saint Jérôme l’avait admirablement compris , et il le dit très bien contre Jovinien, «un seul est choisi, afin que le Chef une fois constitué, il n’y ait plus de prétexte au schisme». Et dans sa lettre au Pape Saint Damase: «que l’envie, que l’ambition et la grandeur romaine disparaissent! Je parle au successeur d’un pécheur et au disciple de la Croix. Ne suivant d’autre premier Chef que Jésus-Christ, je suis uni de communion à votre Sainteté, c’est-à-dire à la Chaire de Saint Pierre. Je sais que l’Église a été bâtie sur cette pierre. Quiconque mange l’Agneau hors de cette Maison est un profane ; tous ceux qui ne seront pas dans l’Arche de Noé au temps du déluge, périront dans les eaux».

Longtemps avant saint Jérôme, saint Irénée avait parlé dans le même sens; et saint Cyprien traitant à son tour de l’Unité de l’Église s’exprime ainsi: «Le Seigneur dit à Pierre: “Moi, je dis à toi que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église. ” - Ainsi Il bâtit son Église sur un seul. Et si, après sa Résurrection, Il accorde un pouvoir égal à tous ses Apôtres; s’Il leur dit: comme mon Père m’a envoyé, je vous envoie; recevez le Saint-Esprit; cependant pour rendre l’unité plus frappante, il veut dans son Autorité souveraine, que cette unité, dès son origine, ne découle que d’un seul.»

Optat de Milève dit à Parménion: «Vous ne pouvez vous excuser sous prétexte d’ignorance; car vous savez que la chaire épiscopale de Rome a été donnée d’abord à Saint Pierre, qui l’a occupée comme Chef de tous les Apôtres. C’est dans cette chaire unique que l’unité devait être conservée par tous, de peur que chacun des Apôtres ne prétendit se rendre indépendant dans la sienne. Dés lors celui-là est nécessairement schismatique et prévaricateur, qui ose élever une autre chaire contre celle-ci qui est unique.»

Puis c’est Saint Basile qui écrit: «Pierre a été placé pour être le fondement. Il avait dit à Jésus-Christ: vous êtes le Christ, Fils du Dieu Vivant: et à son tour il lui fut dit qu’il était Pierre, quoiqu’il ne fût pas pierre de la même manière que Jésus-Christ, qui est la figure immobile, mais seulement par la volonté de Jésus-Christ. Dieu communique aux hommes ses propres dignités. Il est prêtre, et Il fait des prêtres, Il est pierre, et Il donne la qualité de pierre, rendant ainsi ses serviteurs participants de ce qui lui est propre ».

Écoutons enfin Saint Ambroise: «Si quelqu’un objecte à l’Église qu’elle peut se contenter de Jésus-Christ pour Chef et pour Époux unique, et qu’il ne lui en faut point d’autre, la réponse est facile. Jésus-Christ est pour nous non seulement l’Auteur mais encore le vrai Ministre intérieur de chaque Sacrement. C’est vraiment Lui qui baptise et qui absout, et néanmoins, Il n’a pas laissé de choisir des hommes pour être les ministres extérieurs des Sacrements. Ainsi, tout en gouvernant lui-même l’Église par l’influence secrète de son Esprit, Il place aussi à sa tête un homme pour être son Vicaire et le dépositaire extérieur de sa Puissance. A une Église visible, il fallait un Chef visible. Voilà pourquoi notre Sauveur établit saint Pierre Chef et Pasteur de tout le troupeau des fidèles, lorsqu’Il lui confia la charge de paître ses brebis. Toutefois Il le fit en termes si généraux et si étendus qu’il voulut que ce même pouvoir de régir toute l’Église passât à ses successeurs ».

(Cat. Rom. I° partie Du symbole des Apôtres, ch. 10 Du 9° article du Symbole, §4 caractères propres de l’Église, unité) Pour les références des citations, vous pouvez vous reporter au texte du catéchisme, dans votre bibliothèque ou sur internet.

On devine combien est dangereux et absurde d’opposer l’Église hiérarchique et l’Église «spirituelle», l’unité de foi et l’unité de gouvernement, l’effusion de l’Esprit le la charge de Pierre.

Après une longue et riche maturation de la réflexion des théologiens au XIXe et XXe siècle sur le mystère de l’Église, le Concile Vatican II a apporté sa contribution en mettant en lumière la notion d’Église-communion. Ce n’est pas une nouveauté, mais, disons, un coup de projecteur sur une réalité déjà présente et vécue par l’Église depuis les origines. Un livre du Cardinal RATZINGER - que j’ai l’honneur de posséder dédicacé par l’auteur! - et intitulé Église, Œcuménisme et Politique (Fayard 1987, 364 p.) s’ouvre sur un chapitre capital concernant l’ecclésiologie du concile Vatican II. Je ne peux malheureusement tout citer ici, mais je vous en livre quelques bribes :

« Revenons-en au développement pré-conciliaire. La première phase de redécouverte intérieure de l’Église s’était centrée, nous l’avons dit, autour de la notion de Corps mystique du Christ, développée à partir de saint Paul et qui porte au premier plan les idées de présence du Christ et de dynamique propre du vivant. Des recherches ultérieures ont conduit à de nouvelles découvertes. Par-dessus tout, Henri de Lubac a montré, dans une œuvre grandiose et riche d’une ample érudi­tion, que le terme de Corps mystique signifie origi­nellement la très sainte Eucharistie, et que, chez saint Paul comme chez les Pères de l’Église, la conception de l’Église comme Corps du Christ a été indissoluble­ment liée à l’idée d’Eucharistie dans laquelle le Seigneur est corporellement présent et nous donne son Corps en nourriture. Ainsi apparaît une ecclésiologie eucha­ristique, appelée encore avec raison ecclésiologie de «communion». Cette ecclésiologie de la «communion» est devenue le cœur de la doctrine de l’Église du Concile Vatican Il, l’élément nouveau et en même temps pleinement originel que le Concile a voulu nous donner » (op. cit. p.17).

Suit un développement sur le rapport entre l’Église et l’Eucharistie qui montre l’Eucharistie comme principe causal de l’Église et en souligne les exigences. «Si nous revenons maintenant au texte du Concile, certaines subtilités vont nous apparaître. Le Concile, en effet, ne dit pas simplement que l’Église est présente entièrement dans toute communauté qui célèbre l’Eu­charistie, mais affirme au contraire que l’Église est vraiment présente en tous les légitimes groupements locaux de fidèles qui, unis à leurs pasteurs, reçoivent le nom d’Églises. Deux éléments sont importants dans cette phrase : la communauté doit être «légitime» pour être Église, et elle est «légitime» si elle est «unie à son pasteur». Qu’est-ce que cela veut dire? Cela signifie en premier lieu que personne ne peut se constituer par soi-même en Église. Un groupe ne peut pas simplement se réunir, lire le Nouveau Testament et dire: Nous autres, à présent, nous sommes Église, puisque le Seigneur est présent là où deux ou trois se réunissent en Son Nom» (id. p. 20).

Le Magistère est revenu à plusieurs reprises sur le sujet, spécialement dans la Lettre aux Evêques de l’Église Catholique sur certains aspects de l’Église comprise comme Communion du 28 mai 1992, de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, dans le Catéchisme de l’Église Catholique n° 772-773 et 813 à 822, dans l’encyclique de Jean-Paul II Ecclesia de Eucharistia du Jeudi-Saint 2003 aux n° 34 à 46, dans l’abrégé du CEC n° 145 à 162, et tout récemment l’exhortation apostolique de Benoît XVI Sacramentum Caritatis aux n° 14 et 15. J’espère que vous n’avez pas moins d’empressement à lire ces textes qui éclairent notre foi et nourrissent notre vie spirituelle que vous n’en avez à parcourir le journal ou les blogs et sites d’information (certains très bien faits) sur internet.

Terminons cet éditorial un peu austère en rendant grâces à Dieu pour le don de l’Esprit, de l’Eucharistie et de l’Église; pour le don de l’Esprit fait à son Église, pour le don de l’Eucharistie confiée à son Église, pour le don de l’Église qui nous communique l’un et l’autre et nous fait entrer dans la communion des trois Personnes divines. Si nous voulons plaire à Dieu en toutes choses, ne séparons pas ce que Dieu a uni!

Abbé H. de MONTJOYE

Revenir au sommaire Retour au sommaire


FIDÉLITÉ AU PAPE
(tiré du site: www.opusdei.fr)

«La fidélité au Souverain Pontife implique une obligation claire et déterminée: connaître la pensée du pape, telle qu’elle se manifeste dans les encycliques ou dans d’autres documents, et faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que tous les catholiques écoutent le magistère du Saint-Père et qu’ils ajustent leur manière de vivre à ces enseignements.» (Saint Josémaria, Forge, 633)

Qu’ils soient un comme nous (Jn 17, 11), crie le Christ à son Père. Que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous (Jn 17, 21).

Cette exhortation à l’unité jaillit constamment des lèvres de Jésus-Christ, parce que tout royaume divisé contre lui-même court à la ruine; et toute ville ou maison divisée contre elle-même ne saurait se maintenir (Mt 12, 25). Prédication qui devient un désir véhément : J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos ; celles-là aussi, je dois les mener ; elles écouteront ma voix, et il y aura un seul troupeau et un seul pasteur (Jn 10, 16).

Quels accents merveilleux Notre Seigneur a employés pour parler de cette doctrine! Il multiplie les mots et les images pour que nous le comprenions, pour que cette passion de l’unité reste gravée en notre âme. Je suis la vraie vigne et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui en moi ne porte pas de fruit, il le coupe et tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde, pour qu’il en porte davantage Demeurez en moi, comme moi en vous. Comme le sarment ne peut porter de fruit par lui-même, sans demeurer sur le cep, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez en moi. Je suis le cep ; vous êtes les sarments. Qui demeure en moi, comme moi en lui, porte beaucoup de fruits ; car hors de moi vous ne pouvez rien faire (Jn 15, 1-5).

Ne voyez-vous pas comment ceux qui se séparent de l’Église, même s’il leur arrive d’être couverts de feuillages, ne tardent pas à se dessécher, tandis que leurs fruits deviennent pourriture? Aimez l’Église, Sainte, Apostolique, Romaine, Une! Parce que, comme l’écrit saint Cyprien: Celui qui amasse ailleurs, en dehors de l’Église, dissipe l’Église du Christ (saint Cyprien, De catholicæ Ecclesiæ unitate, 6 ; PL 4, 503). Et saint Jean Chrysostome d’insister: Ne te sépare pas de l’Église. Rien n’est plus fort que l’Église. L’Église est ton espérance; l’Église est ton salut ; l’Église est ton refuge. Elle est plus haute que le ciel et plus vaste que la terre. Elle ne vieillit pas, sa vigueur est éternelle (Saint Jean Chrysostome, Homilia de capto Eutropio, 6).

Défendre l’unité de l’Église implique que nous vivions très unis à Jésus-Christ, notre vigne. Comment? En augmentant notre fidélité au Magistère immuable de l’Église : En effet, le Saint-Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierre afin que, par sa révélation, ils présentent une doctrine nouvelle, mais qu’avec son assistance, ils conservent saintement et enseignent fidèlement la révélation, ou dépôt de la foi, transmise par les apôtres (Concile Vatican I, constitution dogmatique sur l’Église, DS 3070 [1836]). C’est ainsi que nous maintiendrons l’unité : en vénérant notre Mère sans tache, en aimant le Souverain Pontife. (Aimer l’Église, 20)

Offre ta prière, ton expiation et ton action pour cette fin: ut sint unum - pour que nous tous, les chrétiens, nous ayons une même volonté, un même coeur, un même esprit: pour que, omnes cum Petro ad Iesum per Mariam, tous bien unis au pape, nous allions à Jésus par Marie. (Forge, 647)

tiré du site : www.opusdei.fr

Revenir au sommaire Retour au sommaire


DE L’ESPRIT DE JÉSUS VIVIFIANT NOS ÂMES

Mon très cher Frère,

Que l’Esprit-Saint remplisse votre âme pour y être votre consolation, votre joie, votre force, votre lumière et votre amour!

Notre bon Seigneur nous a envoyé son divin Esprit pour qu’Il soit toute notre vie, qu’Il opère en nous toutes les perfections et la sainteté qu’Il a opérées en Notre-Seigneur lui-même. Voyez, quelle bonté de la part de notre Dieu, quel miracle de grâce et d’amour, de nous envoyer un si grand Maître pour nous instruire de toutes les merveilles que le Père a mises en son Fils bien-aimé et pour les opérer en nos âmes! Quelle doit être notre sainteté, si nous sommes fidèles à écouter intérieurement le divin Esprit, si nous sommes dociles à suivre ses mouvements, si nous nous y prêtons et si nous Lui donnons pleine liberté d’établir en nos âmes sa propre vie aux dépens et au détriment de notre vie de chair! C’est une chose incompréhensible que Dieu ait daigné regarder favorablement des gens aussi corrompus que nous, et qu’Il ait voulu venir établir sa demeure dans nos âmes.

Mais aussi, pour qu’Il puisse demeurer en nous et y vivre, il faut que toute corruption, tout esprit propre, tout amour de soi, toute affection créée et toute vie humaine disparaissent ; car le divin Esprit est un esprit de sainteté, et sa vie une vie uniquement sainte ; dès que vous vivons de notre propre vie, nous n’avons plus en nous la vie de sainteté, car nous sommes complètement opposés à la sainteté de Dieu. Voilà pourquoi tâchez de vous prêtez le mieux que vous pourrez à cette vie unique de l’Esprit de Dieu. N’oubliez pas que vous ne parviendrez jamais à exterminer la chair ; elle sera toujours chair, toujours mauvaise, toujours ennemie de Dieu, et opposée à l’esprit de sainteté qui demeure en vous. Qu’un Esprit aussi saint et aussi pur puisse demeurer au milieu de cette imperfection continuelle, et souffrir sans cesse cette révolte contre lui et les mélanges de ce misérable esprit de chair, voilà où se montrent d’une manière admirable la bonté et la miséricorde divines. C’est inconcevable ; mais cela doit nous confondre et nous forcer à nous abîmer dans l’humiliation devant Dieu, en même temps que cela doit nous faire entrer dans les transports d’amour envers la Sainte Trinité; car c’est là le grand mystère de l’amour de notre Dieu et de notre propre confusion.

Soyez fidèle à ce que le divin Esprit veut faire en vous, suivez-le très doucement et dans une grande humiliation intérieure devant Lui. Tenez-vous toujours en repos, visez à amortir, adoucir et calmer toutes vos aigreurs, tous vos mouvements d’inquiétude, tous les découragements et tous les troubles qui tendent à s’élever dans votre âme. Tâchez de vivre dans une certaine liberté d’esprit, sans contrainte et sans effort. Lorsque vous vous sentez assailli par le désir de vous répandre dans les créatures, ne vous en troublez pas. Ne savez-vous pas ce que vous êtes? Mais que craignez-vous? L’Esprit de Jésus qui est en vous ne vous tient-il pas entre ses mains? Oh! oui bien sûrement; car si cela n’était, vous seriez bien loin hors de Lui, il y a longtemps. [...]

Ne vous étonnez pas que j’insiste tant là-dessus, car Je pense et suis bien persuadé que pour être parfait il faut que nous soyons absolument vidés de tout ce qui n’est pas Dieu. Le Saint-Esprit frappe à tout instant à la porte de notre cœur; nous désirons ardemment qu’Il entre, et par ce désir nous Lui ouvrons la porte; mais comment peut-Il y entrer s’Il n’y trouve pas de place, s’Il trouve ce cœur qui doit tant lui appartenir rempli d’affections ennemies? Il est donc obligé de rester dehors, et Il a la bonté inconcevable d’attendre jusqu’à ce qu’Il trouve une petite place et à mesure que nous nous débarrassons de ces misérables affections. Plus le Saint-Esprit est entré dans notre cœur, plus nous devenons forts pour chasser peu à peu les ennemis de Dieu qui s’en sont emparés. C’est pour cela qu’il est essentiel que nous aidions ce divin Esprit à les mettre dehors, car sans notre ferme volonté Il ne les forcera pas seul.

Il faut donc le prier ardemment et employer tout ce qu’Il nous donne de force pour l’aider à accomplir cette œuvre.

Vénérable François-Marie Libermann (1804-1852)
Extrait des Lettres spirituelles, Paris, Poussielgue, 1889
(lettre à un séminariste).


Prière au Saint-Esprit

O très saint et très adorable Esprit, faites-moi entendre votre douce et aimable voix. Je veux être devant Vous comme une plume légère, afin que votre souffle m’emporte où il veut et que je ne lui oppose jamais la moindre résistance.

Revenir au sommaire Retour au sommaire


Pour préparer le pèlerinage à NOTRE-DAME DE MONTLIGEON en Octobre (date fixée ultérieurement)

Dans le village de la Chapelle-Montligeon, situé en Basse-Normandie entre Dreux et Alençon, se trouve le sanctuaire de Notre-Dame libératrice des âmes du Purgatoire. Sa construction est due à une inspiration de l’abbé Paul Buguet. Nommé à 35 ans curé de La Chapelle-Montligeon, en 1878, il y trouve une église bien misérable; les maisons grises, de même, ne donnent guère une impression de richesse. La population, composée de cultivateurs et commerçants mais surtout de bûcherons, de charpentiers et de sabotiers, compte alors 770 habitants mais diminue car beaucoup partent chercher du travail en ville.

Très actif, il restaure la paroisse puis le lavoir, fait construire un bassin sur la place pour l’alimentation du bourg en eau potable, projette de créer une ligne de tramway... Toutefois, deux ans avant son arrivée à La Chapelle-Montligeon, l’abbé Buguet avait été profondément affligé par trois décès dans sa famille. A la Toussaint 1876, son frère Auguste était écrasé par la chute de la cloche de l’église Notre Dame de Mortagne. «Et son âme?», s’écrie alors le jeune abbé. Cet accident tragique est suivi de la mort de ses deux nièces âgées de 12 et 16 ans. «Une conséquence à tirer de ce que je viens de méditer, c’est la nécessité de soulager les âmes du Purgatoire. Je n’ai que trop tardé à réaliser l’Œuvre que j’avais projetée. Il faut que je travaille à délivrer ces âmes», note l’abbé Buguet dans son Journal quelques mois plus tard. L’idée de créer une œuvre pour “la délivrance des âmes délaissées du Purgatoire” germe dans son esprit. Elle va devenir réalité à La Chapelle-Montligeon.

Un des soucis qui le hantent dès lors est de prier et faire prier pour tous les défunts, surtout «ceux pour lesquels personne ne prie». Après plusieurs démarches, l’abbé Buguet obtient en 1884 de l’évêque de Séez l’approbation des statuts de l’Association pour la délivrance des âmes du Purgatoire. Il devient alors, comme il le dit lui-même, le «commis-voyageur des âmes du Purgatoire», quêtant de paroisse en paroisse pour bâtir son Œuvre.

En 1887, il se lance dans une autre aventure: «Je cherchais à concilier ce double but faire prier pour les âmes délaissées et, en retour, obtenir par elles le moyen de faire vivre l’ouvrier.» Pour cela, il décide de créer une imprimerie afin de publier les bulletins de l’Œuvre. Les deux premières années, il travaille dans son presbytère avec l’aide d’un sabotier. Le nombre de bulletins augmentant, il fait construire des hangars dans la cour et achète de vieilles maisons pour loger les ouvriers et les interprètes. Les commandes arrivant, en effet, de tous les coins d’Europe, il faut les traduire de l’anglais, de l’allemand ou du flamand…

ND de Montligeon

En 1894, l’imprimerie abandonne hangars et vieilles maisons pour s’installer dans de nouveaux murs : elle devient Société anonyme des établissements de La Chapelle-Montligeon et compte 31 ouvriers. En 1887, après le premier pèlerinage organisé pour prier pour «les saintes âmes», les pèlerins commencent à affluer de toute la France et de l’étranger. Le renom de Notre-Dame de Montligeon commence à s’étendre de par le monde.

«Nous voudrions élever, à Montligeon, une chapelle digne de notre grande et belle Œuvre où tous les jours viennent se réunir, pour monter ensemble vers Dieu, les recommandations de l’univers», peut-on lire en 1890. Très vite, pour répondre au souhait du curé, les dons affluent si bien que, le 22 septembre 1894, le premier coup de pelle est donné. Parallèlement, l’abbé Buguet commence ses grands voyages, toujours comme missionnaire des âmes du Purgatoire : Rome (1893) où il est encouragé par le pape Léon XIII, l’Europe occidentale (1895), les États-Unis (1897), l’Allemagne et l’Europe Centrale (1898), l’Espagne (1899). Il voyage.

Le 4 juin 1896, la première pierre de la future basilique Notre-Dame de Montligeon est bénie. En cette même année, l’abbé Paul Buguet quitte le presbytère et vient loger avec ses collaborateurs dans un immense bâtiment en haut de l’esplanade : la Maison des Chapelains. En mai 1905, le chœur et la nef principale sont achevés. La première messe a lieu le 1er juin 1911 et l’abbé est mort en 1918.

Source: site internet du sanctuaire www.sanctuaire-montligeon.com

Revenir au sommaire Retour au sommaire


SAINTE MARIE-MADELEINE DE PAZZI,
Carmélite (1566-1607)

Le 26 mai a été publié le message du Pape à l’archevêque de Florence (Italie), à l’occasion du 4e centenaire de la mort de sainte Marie-Madeleine de Pazzi, mystique carmélite née en 1566 et morte en 1607. Dans cette lettre, Benoît XVI écrit que cette sainte «demeure la source d’inspiration spirituelle des carmélites de la stricte observance, qui voient en Marie-Madeleine la sœur ayant suivi sa vie durant le parcours d’une transformation en Dieu qui fait de Marie, l’étoile du chemin de perfection. ( …) Cette grande sainte est aussi un maître spirituel pour les prêtres qu’elle aimait de toute son âme». Le Saint-Père conclut en souhaitant que «la grande mystique (continue) de faire entendre sa voix à l’Eglise entière et diffuser l’annonce de l’amour de Dieu envers tout homme»

Sa vie

Sainte Marie-Madeleine de Pazzi, l’une des fleurs les plus suaves qui aient embaumé les jardins du Carmel, naquit à Florence. Dès l’âge de sept ans, à l’école du Ciel, elle était formée à l’oraison, et elle paraissait presque un prodige de mortification. Toute une nuit elle porta une couronne d’épines sur sa tête, avec des douleurs inexprimables, pour imiter son Amour crucifié. Chaque fois que sa mère avait communié, l’enfant s’approchait d’elle et ne pouvait plus la quitter, attirée par la douce odeur de Jésus-Christ.

A partir de sa Première Communion, elle fut prête à tous les sacrifices, et c’est dès lors qu’elle fit à Jésus le vœu de n’avoir jamais d’autre époux que Lui. Aussi, quand plus tard, son père voulut la marier: «Je livrerais plutôt, s’écria-t-elle, ma tête au bourreau que ma chasteté à un homme.»

Madeleine

La sainte épouse du Christ entra au Carmel, parce qu’on y communiait presque tous les jours. Dès lors sa vie est un miracle continuel; elle ne vit que d’extases, de ravissements, de souffrances, d’amour. Pendant cinq années, elle fut assaillie d’affreuses tentations; son arme était l’oraison, durant laquelle elle s’écriait souvent: «Où êtes-vous, mon Dieu, où êtes-vous?» Un jour, tentée plus fortement qu’à l’ordinaire, elle se jeta dans un buisson d’épines, d’où elle sortit ensanglantée, mais victorieuse.

Elle avait tant de plaisir à proférer ces mots: «La Volonté de Dieu!» qu’elle les répétait continuellement, disant à ses sœurs: «Ne sentez-vous pas combien il est doux de nommer la Volonté de Dieu?» Un jour, ravie en extase, elle alla par tout le couvent en criant: «Mes sœurs, oh! que la Volonté de Dieu est aimable!» Il plut à Dieu de la crucifier longtemps par des douleurs indicibles, qui la clouaient sur son lit, dans un état d’immobilité en même temps que de sensibilité extraordinaire. Loin de demander un soulagement, elle s’écriait bien souvent: «Toujours souffrir et ne jamais mourir!»

Son cœur était un brasier ardent consumé par l’amour. Quinze jours avant sa mort, elle dit: «Je quitterai le monde sans avoir pu comprendre comment la créature peut se résoudre à commettre un péché contre son Créateur.» Elle répétait souvent: «Si je savais qu’en disant une parole à une autre fin que pour l’amour de Dieu, je dusse devenir plus grande qu’un Séraphin, je ne le ferais jamais.» Près de mourir, ses dernières paroles à ses sœurs furent celles-ci: «Je vous prie, au nom de Notre-Seigneur, de n’aimer que Lui seul!»

Sources: Vatican Information Services et Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950.

Revenir au sommaire Retour au sommaire


Intentions du Saint-Père pour Juin 2007

Générale : Que le Seigneur protège les marins et tous les gens de mer.

Missionnaire : Que par sa présence et par son action, l’Église d’Afrique du Nord témoigne de l’amour de Dieu envers chaque individu et chaque peuple.


Eglise Saint André - 94410 Saint Maurice Croix Fraternité Saint Pierre - Val de Marne
www.motuproprio94.org