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94410 Saint Maurice


BULLETIN N° 50 DE MAI 2009




“Priez le Maître de la moisson”

L e 3 mai est célébrée la journée mondiale de prière pour les vocations. à cette occasion, le Saint-Père publie un message que nous sommes tous invités à lire. Il est bref et dense. Cette grande intention de prière nous est proposée, ne l’oublions pas, par Notre-Seigneur Lui-même (cf Mt 9,38 et Luc 10,2). Les ouvriers étaient peu nombreux à l’époque : douze apôtres et quelques disciples. La prière a été exaucée, et l’église a peu à peu porté le message du salut à toute la création. Aujourd’hui, nous souffrons d’une pénurie de prêtres et de vocations religieuses dans de nombreuses régions anciennement christianisées. Quelle désolation de voir des ordres et congrégations anciennement florissants fermer maisons et couvents les uns après les autres et peiner à recruter de jeunes recrues. Les quelques exceptions que nous connaissons ne doivent pas nous faire illusion. Notre communauté et nos familles en général donnent régulièrement à l’église des vocations sacerdotales et religieuses, mais nous devons prier plus le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson : prêtres, religieux et religieuses. La moisson, c’est toute l’église, et non seulement nos communautés attachées à la forme extraordinaire du rite romain. Prions-nous assez à cette intention ? Pourquoi notre prière ne serait-elle pas exaucée ? Croyons en la puissance de la prière.

   Et pourquoi avons-nous besoin de prêtres, de religieux et de religieuses ? Pour que l’évangile soit proclamé ? Sans doute, mais pas seulement. Pourquoi, alors ? Pour témoigner d’une façon vivante de l’Amour de Dieu pour ses petites créatures. Chaque chrétien sans doute, est témoin du Christ, en vertu de son baptême, et plus encore de sa confirmation, mais la vie consacrée est une imitation radicale du Christ, une « sequela » totale de sa personne (cf homélie de Benoît XVI du 2 février 2009), une anticipation de la vie future. La consécration à Dieu, et spécialement la chasteté consacrée, est le plus beau témoignage de l’alliance d’amour entre Dieu et l’homme. Pas une alliance platonique, mais une alliance qui nous saisit tout entiers, corps et âme. L’alliance s’incarne dans un appel personnel, un appel à la conversion qui attend notre réponse également personnelle. L’appel a pu être entendu un jour, la réponse est à renouveler chaque jour. L’ange Gabriel a porté l’annonce une fois à Marie, et celle-ci a redit jour après jour : « Ecce ancilla Domini. Fiat mihi secundum verbum tuum » « Je suis la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta parole » (Luc 1,38). Marie, la Vierge pure, est le modèle de toute vie consacrée.

   Malgré nos imperfections, nous pouvons dès ici-bas aimer le Seigneur de tout notre cœur, et vouloir nous donner tout entiers à Lui, pour la vie et pour l’éternité. « Suscipe me Domine, secundum eloquium tuum et vivam et non confundas me ab expectatione mea » « Recevez-moi, Seigneur, selon votre parole et je vivrai et ne permettez pas que je sois confondu dans mon espérance » (Ps 118,116). Quel trésor que cette consécration, que cette offrande de notre vie, peut-être dès notre jeunesse (« nos plus belles années ») ! Avoir un cœur non partagé (cf 1 Cor 7,32), suivre l’Agneau partout où Il va (cf Ap 14,4). Ce n’est pas une fuite du monde, un mépris du mariage (un grand et beau sacrement honoré et défendu de tout temps par l’église), ou  un égoïsme caché qui renâclerait aux contraintes de la vie commune. C’est un choix positif du Seigneur comme seul Amour, ou plus précisément comme suprême Amour qui ordonne tous les autres. Car il ne s’agit pas de ne pas aimer sa famille, ses amis, ses proches et tous les hommes, mais il s’agit de les aimer dans le Christ, comme le Seigneur Lui-même les aime. Donc les aimer infiniment et parfaitement. En reconnaissant toujours que tout amour vient d’en-haut.

   Si le mariage est le signe de l’alliance du Christ et de l’église (cf Eph 5,32), nous pouvons dire que la virginité consacrée en est déjà l’accomplissement. Si pour la plupart le mariage est le chemin, le célibat consacré touche au terme du chemin (cf Mt 22,30). Certes tous ne comprennent pas ce mystère, mais seulement ceux à qui cela est donné. « Il y a des eunuques qui le sont de naissance, dès le sein de leur mère; il y a aussi des eunuques qui le sont devenus par la main des hommes; et il y en a qui se sont faits eunuques eux-mêmes à cause du Royaume des cieux. Que celui qui peut comprendre, comprenne » (Mt 19,12) (cf CEC 1618).

   C’est pourquoi l’église enseigne à ses enfants comme une vérité de foi la supériorité de l’état de consécration sur l’état du mariage (cf Concile de Trente session XXIV, canon 10 sur le sacrement de mariage ; Pie XII, encyclique « Sacra Virginitas » n°23 ; Concile Vatican II, décret « Optatam Totius » sur la formation des prêtres n°10). Vérité qui a été trop mise sous le boisseau : oubliée par certains, contestée par d’autres, ignorée en tout cas du grand nombre. L’exemple du Christ et de sa Très sainte Mère témoigne pourtant en sa faveur. Cela ne signifie pas, il est vrai, qu’il suffise d’être consacré pour être plus saint que les gens mariés. La sainteté consiste dans la conformité de notre volonté à celle de Dieu, signe de l’authenticité de notre charité (cf Jn 15,14).

   Comme nous comprenons ces mots enflammés de saint Ambroise ! : « L’on m’accuse, dit l’évêque de Milan, d’enseigner la virginité, et de la persuader à un grand nombre. Puissé-je être convaincu d’un si grand crime, plus encore par les fruits de ma parole que par la parole de mes accusateurs ! L’on dit que j’empêche de se marier les jeunes filles qui se vouent à la virginité. Puissé-je plutôt y retenir même celles qui veulent se marier ! Puissé-je leur faire échanger le voile nuptial pour le voile virginal ! Et quel étrange renversement, que l’on prétende m’imputer à opprobre ce qui a toujours relevé de la grâce sacerdotale, de jeter des semences d’intégrité et de fomenter le goût de la virginité » (cité par l’abbé V-A BERTO, in Pour la Sainte église Romaine, article « la Virginité et la Personne »).

   Sans doute, tous ne sont pas appelés à une telle vocation, et il ne faut pas forcer les plans de Dieu dans ce domaine, pour quelque raison que ce soit. Mais heureux celui qui entend l’appel à suivre le Christ de plus près, et qui répond généreusement à cet appel ! Et que ne soient pas jaloux ceux qui ne sont pas appelés ! Qu’ils se souviennent : 1. que nous sommes tous appelés à la sainteté. 2. que Dieu nous en donne à tous les moyens. 3. qu’il dépend de nous de les employer. 4. qu’au ciel la seule hiérarchie qui demeure est celle de la sainteté.

   Heureux, bienheureux celui ou celle qui a le Christ pour unique époux ! Jésus seul est l’époux parfait, qui jamais ne déçoit. L’homme, lui, est toujours plus ou moins décevant, en raison de ses lourdeurs, de son opacité, des imperfections de sa nature blessée par le péché. L’homme promet souvent plus qu’il ne peut donner. Hélas ! Nous décevons ou nous décevrons toujours, en particulier ceux qui attendent le plus de nous ! Qu’ils nous le pardonnent d’avance ! Nous sommes hommes, et non pas Dieu ! Qu’ils prient avec nous et pour nous, pour que ces déceptions, grandes ou petites, nous rendent le Dieu de toute Beauté plus désirable encore, la terre plus petite et le Ciel plus attirant. Dieu seul, Beauté incréée est source de toute beauté créée, cause de toute joie véritable. Nous marchons tous vers Lui, mais nous ne sommes pas encore arrivés, et nous ne faisons que participer à sa sainteté infinie. Comment pourrions-nous donner plus que Lui, nous qui recevons tout de sa main ? Non, Dieu, le vrai Dieu, le seul vrai Dieu, ne déçoit pas et ne peut pas décevoir. Si l’homme croit être déçu par Dieu, c’est qu’il L’a confondu avec une idole. Qu’il se retourne alors vers Celui dont le Christ nous a révélé le visage.

   Comment ne pas voir la beauté et le trésor que constitue la vie consacrée et spécialement la virginité consacrée et le célibat sacerdotal ? Comment peut-on réclamer comme un progrès, une victoire à conquérir, l’abrogation de ce dernier ? Pensée charnelle et non pensée de Dieu ! Même si la question du célibat sacerdotal est une question plus disciplinaire que dogmatique (l’Orient, même catholique, accepte l’ordination d’hommes mariés), la convenance demeure forte, même chez les Orientaux, entre sacerdoce et célibat (les évêques ne sont choisis que chez les célibataires, et on ne peut plus se marier après la réception du sacrement de l’ordre). Le démon n’aime pas la virginité consacrée, c’est certain, et il fait tout pour la dénigrer, la ternir, la rendre suspecte. Le Pape Saint Pie X, dans sa très belle exhortation « Haerent animo » au clergé catholique, du 4 août 1908, soulignait la force irremplaçable de la vertu de chasteté dans l’exercice  du ministère : « Maintenant plus que jamais, le clergé a besoin avant tout d’une vertu qui ne soit pas ordinaire ; d’une vertu absolument exemplaire, ardente, active, tout à fait disposée enfin à faire de grandes choses et à souffrir beaucoup pour le Christ. Et il n’y a rien que Nous demandions à Dieu et que Nous vous souhaitions avec plus d’ardeur à tous et à chacun de vous. Qu’en vous donc resplendisse d’un éclat inaltérable la chasteté, le plus bel ornement de notre ordre sacerdotal car par la beauté de cette vertu, le prêtre devient semblable aux anges, apparaît plus digne de la vénération du peuple chrétien et produit en plus grande abondance des fruits de salut ».

   Nous ne pouvons ignorer le caractère radical d’une telle vie et ses exigences, mais nous ne pouvons taire la surabondance de joie et de grâces que le Seigneur répand sur ceux qui se donnent à Lui totalement d’un cœur sans réserve. « Je vous le dis en vérité, nul n'aura quitté maison, ou frères, ou sœurs, ou père, ou mère, ou enfants, ou champs, à cause de moi et à cause de l'évangile, qui ne reçoive le centuple maintenant, en ce temps-ci : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et champs, avec des persécutions, et, dans le siècle à venir, la vie éternelle »  (Mc 10, 29-30 // Mt 19,27-30 // Luc 18,28-30). Le Seigneur ne ment pas, et la présence de la Croix (« les persécutions ») ne fait que mettre en relief plus saisissant encore combien l’Amour de Dieu est INFINI. Chacun sent plus ou moins confusément que seul l’amour peut rendre la vie aimable et délicieuse. Rien ne lui est comparable pour porter les épreuves de la vie. Et que dire quand il s’agit d’un Amour éternel et divin ? Comment exprimer l’ineffable ? Ne s’agit-il pas du « secret du Roi » (Tob 12,7) ? « Arcana verba quae non licet homini loqui » « des paroles ineffables qu'il n'est pas permis à un homme de révéler » (2 Cor 12,4).

   Certes la vie consacrée, fut-elle contemplative, n’est pas un Thabor permanent, mais toujours une recherche inlassable de Dieu. Union particulière, alliance d’Amour, mais aussi tension vers l’èpoux encore caché. Il n’est pas loin sans doute, juste « derrière le mur » (Cant. 2,9). L’épouse du Cantique des Cantiques est bien l’image de l’âme consacrée. Nous retrouvons aussi, derrière ces lignes du Cantique, Marie-Madeleine, modèle des âmes contemplatives, cherchant le Christ au tombeau, le trouvant et ne voulant pas le lâcher : « Sur ma couche, la nuit, j'ai cherché celui que mon coeur aime. Je l'ai cherché, mais ne l'ai point trouvé. Je me lèverai donc, et parcourrai la ville.  Dans les rues et sur les places, je chercherai celui que mon coeur aime. Je l'ai cherché, mais ne l'ai point trouvé ! Les gardes m'ont rencontrée, ceux qui font la ronde dans la ville: "Avez-vous vu celui que mon coeur aime ?" à peine les avais-je dépassés, j'ai trouvé celui que mon coeur aime. Je l'ai saisi et ne le lâcherai point » (Cant. 3,1-4).

   Merci, mon Dieu de m’avoir appelé ! « Dominus pars hereditatis meae et calicis mei tu es qui restitues hereditatem meam mihi. Funes ceciderunt mihi in praeclaris etenim hereditas mea praeclara est mihi » « Le Seigneur est ma part d’héritage et  ma coupe ; c’est Vous, mon Dieu, qui me rendrez mon héritage. Le cordeau a mesuré pour moi une magnifique part ; oui, un lot splendide m’est échu en partage » (Ps 15,5-6). Puissent de nombreux jeunes entendre cet appel au fond de leur cœur !  « Le Maître est là et Il t’appelle ! » (Jn 11,28). 

Abbé Hugues de MONTJOYE

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PRIèRE POUR LES VOCATIONS

Jésus, Bon Pasteur, accueille notre louange et notre humble remerciement pour toutes les vocations que, par Ton Esprit, Tu donnes continuellement à Ton église. Assiste les évêques, les prêtres, les missionnaires et toutes les personnes consacrées : fais qu'ils donnent l'exemple d'une vie vraiment évangélique. Rends forts et persévérants dans leur résolution ceux qui se préparent au ministère sacré et à la vie consacrée. Multiplie les ouvriers de l'évangile pour annoncer Ton Nom à toutes les nations. Garde tous les jeunes de nos familles et de nos communautés ; accorde-leur promptitude et générosité pour Te suivre. Donne à tous les appelés la force de tout laisser pour ne choisir que Toi qui es l'Amour. Pardonne les non-correspondances et les infidélités de ceux que Tu as choisis. écoute, ô Christ, nos invocations par l'intercession de Marie Très Sainte, Ta Mère et la Reine des apôtres, elle qui, ayant reçu et répondu généreusement, a été la cause de notre joie ; qu'elle accompagne de sa présence et avec son exemple ceux que Tu appelles au service total de Ton règne. Amen.

S. S. Jean-Paul II, 1984


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« La Volière de l’Enfant-Jésus »

Pour les exilés de la terre,

Le bon Dieu créa les oiseaux;

Ils vont, gazouillant leur prière,

Dans les vallons, sur les coteaux.

Les enfants joyeux et volages,

Ayant choisi leurs préférés,

Les emprisonnent dans des cages

Dont les barreaux sont tout dorés.

O Jésus, notre petit Frère,

Pour nous, tu quittas le beau ciel

Mais, tu le sais bien, ta volière,

Divin Enfant, c'est le Carmel.  

Le petit oiseau toujours chante;

Son pain ne l'inquiète pas...

Un grain de millet le contente,

Jamais il ne sème ici-bas.

Comme lui, dans notre volière,

Nous recevons tout de ta main ;

L'unique chose nécessaire,

C'est de t'aimer, Enfant divin !

Aussi nous chantons tes louanges

Avec les purs esprits du ciel ;

Et, nous le savons, tous les Anges

Aiment les oiseaux du Carmel.

Jésus, pour essuyer les larmes

Que te font verser les pécheurs,

Tes oiseaux redisent tes charmes,

Leurs doux chants te gagnent des cœurs.

Un jour, loin de la triste terre,

Lorsqu'ils entendront ton appel,

Tous les oiseaux de ta volière

Prendront leur essor vers le ciel.

Avec les charmantes phalanges

Des petits chérubins joyeux,

Eternellement, tes louanges

Nous les chanterons dans les cieux !


Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus

 
 
 

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« DE LA SAINTE VIRGINITE »

POURQUOI LA VIRGINITÉ DOIT ÊTRE HONORÉE (chap. 8)

 

    Aucune fécondité de la chair ne peut donc être comparée à la sainte virginité, même à la virginité corporelle. Si nous honorons cette virginité, ce n'est pas en tant qu'elle est virginité, mais en tant qu'elle est consacrée à Dieu; car si c'est dans la chair qu'elle se conserve c'est surtout par la religion et par la dévotion de l'esprit. En ce sens, quoi de plus spirituel que la virginité même du corps, quand elle est vouée et conservée parla continence religieuse? En effet, de même que toute souillure, avant de se produire dans le corps, a déjà été conçue dans l'esprit; de même la chasteté du corps suppose toujours la chasteté de l'esprit. Si donc, quoique s'appliquant à la chair, la chasteté a pour principe non pas la chair, mais l'esprit qui retient la chair dans les limites de la pudeur conjugale, combien plus devons-nous mettre au nombre des biens les plus glorieux de l'âme, cette continence qui voue, consacre et conserve l'intégrité pour en faire honneur au Créateur de l'âme et de la chair !

 

GLOIRE EXCELLENTE ET SPÉCIALE RÉSERVÉE AUX VIERGES (chap. 27)

   

   Courage donc, enfant de Dieu, Jeunes gens et jeunes filles , hommes et femmes vierges; persévérez jusqu'à la fin. Louez le Seigneur avec d'autant plus de suavité que vous pensez à lui plus fréquemment; espérez d'autant plus heureusement en lui que vous le servez avec d'autant plus de constance; aimez-le avec d'autant plus d'ardeur que vous apportez plus de soins à lui plaire. " Les reins ceints et la lampe allumée, attendez le Seigneur à son retour des noces ". Aux noces de l'Agneau vous apporterez un cantique nouveau, que vous chanterez sur vos harpes. Ce cantique ne sera pas celui que chante toute la terre, à laquelle il est dit : " Chantez au Seigneur un cantique nouveau; que toute la terre chante le Seigneur ". Ce cantique, vous seuls pourrez le chanter. C'est vous qu'a vus dans l'Apocalypse ce disciple bien-aimé qui reposa sa tête sur la poitrine de son Maître, et y aspira à longs traits., pour les célébrer ensuite, les merveilles du Verbe de Dieu. Il vous a vus en nombre incalculable, chantant sur vos harpes la virginité sans tache dans le corps, et la vérité pure dans le coeur. Il a écrit de vous que vous suivez l'Agneau partout où il va . Et où donc va l'Agneau, quand nul autre que vous n'ose ou ne peut le suivre? Où va-t-il? Dans quelles forêts? Dans quels gras pâturages? Là sans doute où la joie surabonde, non pas cette vaine joie du siècle, ces mensonges insensé; non pas même cette joie que goûteront dans le royaume des cieux, ceux qui ne sont pas vierges; mais une joie différente de toutes les autres joies, la joie des vierges, joie de Jésus-Christ, en Jésus-Christ, avec Jésus-Christ, après Jésus-Christ, par Jésus-Christ, pour Jésus-Christ. La joie propre aux vierges de Jésus-Christ, n'est pas la même que la joie des époux, qui pourtant appartiennent aussi à Jésus-Christ. Aux autres, d'autres joies, mais à personne une joie aussi grande. Plongez-vous-y, suivez-y l'Agneau, car la chair de l'Agneau est vierge aussi. En croissant, l'Enfant divin a conservé en lui-même ce trésor qu'il n'a ravi à sa mère ni dans sa conception, ni dans sa naissance. Il est donc vrai de dire que vous le suivez parla virginité du coeur et de la chair. En effet, qu'est-ce. que suivre quelqu'un, sinon l'imiter? "Jésus-Christ a souffert pour nous, nous donnant l'exemple, afin, dit saint Pierre, que nous marchions sur ses traces  ". Chacun le suit dans ce en quoi il l'imite, non pas en tant qu'il est le Fils unique de Dieu, par qui tout a été fait, mais en tant qu'il est le Fils de l'homme, car c'est ainsi qu'il s'est posé comme modèle et a réalisé dans sa personne tout ce .qu'il nous est nécessaire d'imiter. Combien de choses pour tous à reproduire dans sa personne ! Quant à la virginité de la chair, elle n'est point donnée à tous, car elle est devenue absolument impossible à ceux qui l'ont une première fois perdue.

 

LES VIERGES DOIVENT AIMER JÉSUS-CHRIST DE TOUT LEUR CŒUR (chap. 54)

   

   Puisque vous avez renoncé au mariage humain qui vous eût rendus pères où mères, aimez de tout votre cœur le plus beau des enfants des hommes. Il est tout entier à vous, puisque votre cœur est libre des liens du mariage. Contemplez la splendeur de votre bien-aimé : voyez-le égal à son Père et soumis à sa mère; régnant au ciel et serviteur sur la terre; créateur de tout être créé, et créé parmi tout. Contemplez avec amour ce qu'insultent en lui les orgueilleux; c'est sa beauté. Jetez les yeux de votre cœur sur les blessures du divin Crucifié, sur les cicatrices du divin Ressuscité, sur le sang d'un Dieu qui meurt, sur le prix de votre foi, sur le salaire de votre Rédemption. Appréciez la valeur de ces bienfaits; pesez-les dans la balance de la charité, et tout ce que vous aviez d'amour à dépenser pour votre mariage, donnez-le à l'Epoux.

   

BONHEUR D'AIMER L'ÉPOUX DIVIN (chap. 55)

   Ce qu'il recherche , c'est la beauté intérieure de cette âme par laquelle il vous a donné le pouvoir de devenir les filles bien-aimées de Dieu . Pour cela il ne demande pas de vous un beau corps, mais de belles moeurs pour réprimer les élans de la chair. Il n'est pas menteur dans ses promesses, et ne soulève pas la jalousie cruelle. Voyez avec quelle sécurité vous jouissez de son amour, car vous n'avez pas à craindre de lui déplaire par des soupçons. Le mari et la femme s'aiment parce qu'ils se voient, et ils craignent réciproquement ce qu'ils ne voient pas; ce qu'il voient ne peut donc leur procurer une joie assurée, puisque souvent ils soupçonnent intérieurement ce qui n'est pas. Dans Celui que vous ne voyez pas de vos yeux, mais que vous apercevez par la foi, vous ne trouvez rien qui puisse vous blesser et vous n'avez pas à craindre qu'il s'offense de ce qui n'existe pas. Dans le mariage, vous auriez été ténues à un grand amour pour vos époux; quel amour ne devez-vous donc pas à Celui que vous avez préféré à tous les époux ? Tenez fixé dans votre cœur Celui qui pour vous fut attaché à la Croix; qu'il possède dans votre âme tout ce que vous avez refusé d'engager par le mariage. Il ne vous est pas permis de n'aimer que faiblement Celui pour qui vous avez refusé d'aimer, même ce que vous pouviez aimer. Or, si vous aimez de la sorte Celui qui fut doux et humble de coeur, je ne crains pour vous aucune espèce d'orgueil.

   

CONCLUSION (chap. 56)

 

    Nous avons traité suffisamment, selon notre faible pouvoir, de la sainteté qui vous a mérité le nom de vierges consacrées, et de l'humilité qui est le moyen de conserver ce qui fait votre grandeur. Du reste, je laisse à ces trois enfants, que rafraîchissait dans les flammes Celui qu'ils aimaient de tout leur coeur, le soin de vous faire goûter. ce petit ouvrage; ils le feront en beaucoup moins de paroles, mais avec une autorité bien plus imposante, dans cet hymne où ils chantent la gloire de Dieu. En joignant l'humilité à la virginité dans les âmes invitées à bénir Dieu, ces enfants nous ont appris, jusqu'à la dernière évidence, que plus on est élevé dans la sainteté, plus on doit se mettre en garde contre les séductions de l'orgueil. Vous aussi, louez donc Celui, qui, au milieu des ardeurs de ce siècle, ne permet pas que vous brûliez des feux de la concupiscence, quoique vous ne soyez pas engagées dans les liens du mariage, et, en priant aussi pour nous, répétez : " Saints et humbles de coeur, bénissez le Seigneur, chantez l'hymne de la louange et tressaillez dans tous les siècles  ".

Saint Augustin


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Temps pascal, temps de la foi

L

e temps pascal forme dans l’année liturgique une période plus spécialement consacrée à la foi. Le fondement de notre foi en effet, c’est la Résurrection de Jésus, que célèbre tout le temps pascal.

      L’épître du dimanche de Quasimodo ne manquait pas de nous le rappeler : « Bien-aimés, tout ce qui est né de Dieu remporte la victoire sur le monde, et cette victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi » (1Jn 5, 4).

      C’est donc d’abord par la foi que nous nous associons à la victoire de Jésus, victoire sur la mort physique qui n’est pas sans rapport avec la victoire sur Satan et le péché. Croire à la Résurrection comme à l’ensemble de l’enseignement de Jésus, c’est relativiser le monde et ses mirages, c’est s’ouvrir la possibilité d’une espérance qui dépasse les limites de ce monde, lequel d’ailleurs peine à satisfaire les espoirs pourtant relatifs qu’il suscite…

      Cependant, la foi dont nous parlons n’est pas d’abord une conquête de notre volonté ou de notre bon vouloir. Venue dans notre âme avec l’espérance et la charité grâce au baptême, elle est premièrement un don gratuit, conféré libéralement par Dieu, et dont la croissance aussi est œuvre divine comme nous l’indique suffisamment la prière des apôtres : « Seigneur, augmente en nous la foi » (Lc 17, 5).

      Il reste que nous avons notre part à assumer dans la conservation et les progrès de notre foi. C’est une excellente habitude, par exemple, de réciter l’Acte de foi ou le Credo chaque jour. Comment ne pas évoquer également la nécessité d’une culture chrétienne proportionnée à notre culture profane ? Nous y reviendrons un peu plus loin.

     Moins directement, mais plus profondément, si notre vie n’est pas en accord avec les commandements de Dieu, notre foi peut en être entamée, diminuée, affaiblie, voire minée et finalement éteinte.

      Le monde ne s’en prend pas toujours directement à notre foi. Mais si nous adoptons ses usages et manières de faire, nous nous éloignons dans cette mesure de notre foi. à force de ne pas vivre comme l’on croit, on finit par croire comme on a vécu. Des objections contre la foi peuvent prendre force à nos yeux parce que nous avons de fait embrassé, en tel ou tel domaine, par telle ou telle habitude, un mode de vie incompatible avec notre foi.

      Nous ne vivons pas dans un environnement chrétien ; l’eau du bocal dans lequel nous évoluons est recyclée dans une station d’épuration, dont le fonctionnement, conscient ou non, tend à diminuer la concentration en christianisme et à augmenter les doses non évangéliques…

   La culture chrétienne nous encadre ainsi beaucoup moins que dans le passé ; cette culture formait tout à la fois comme le développement et l’écrin de la vie liturgique : ainsi par exemple de la manière de vivre le dimanche, déploiement de la messe dominicale qui en formait le cœur. Des bonnes âmes ont la charité de nous suggérer que cette culture avait ses limites : mais qu’y a-t-il, en matière de vie ici bas, qui n’ait pas ses limites ? Même la théologie a ses limites !

   à nous de réaliser concrètement ce changement survenu dans la culture ambiante et de prendre des dispositions pratiques pour nourrir notre foi en tenant compte de la situation. Dieu est fidèle : il donne à tout homme les grâces nécessaires à la vie éternelle, et, en particulier, puisque la foi est une condition d’accès à cette vie éternelle, tout homme reçoit suffisamment de grâces pour jouir de la foi. Aucun homme ne sera en mesure de déclarer au Seigneur Jésus lors du jugement : « Seigneur, je n’ai pas cru en Toi parce que Tu as négligé de m’en donner les moyens », ou : « Seigneur, j’ai laissé tomber la foi de mon baptême parce que Tu ne m’as pas assez aidé à la conserver. »

   Pour nous résumer : le don que Dieu nous a fait de la foi comme Père ne vient pas réduire le don qu’Il nous a fait de l’intelligence et de la volonté comme Créateur : à nous de mettre en œuvre les secondes pour soutenir, avec la grâce de Dieu, la première.

   Si le fait de vivre en chrétien constitue la première garantie de la foi, il convient néanmoins de nourrir sa foi et de veiller à son instruction chrétienne. Une réflexion d’un converti, le chansonnier Paul Misraki (1908-1998), peut nous aider à prendre conscience de cette nécessité : « La plupart des gens se croient religieux parce qu’ils ont appris le catéchisme à l’école et fait leur première communion ; après quoi, ils sont allés à la messe tous les dimanches. Quelle est la science, quel est le métier, quel est l’art dont on puisse parler avec autorité, lorsqu’on a mis un terme à ses études, dès l’âge de douze ans ? Sera-t-on ingénieur pour avoir joué au Meccano ? On potasse à fond l’histoire, la chimie, le droit, et l’on néglige, jusqu’à l’oublier, la science divine sans laquelle on croit pouvoir vivre. »

      Une seconde observation, celle de l’apôtre de l’école Normale Supérieure, Pierre Poyet (1887-1913), donne un éclairage supplémentaire : « Votre devoir, disait-il à ses condisciples, est d’exceller dans les études profanes : physique, chimie, philo, math, etc… mais en même temps d’acquérir et de maintenir une science religieuse proportionnée à votre science humaine. Faute de quoi, ceci finira par tuer cela ; votre philosophie, votre philologie, votre physique ruinera votre foi. »

   Et le jeune ouvrier Marcel Callo, béatifié par Jean-Paul II, ne manquait pas d’étudier sérieusement et régulièrement la doctrine sociale de l’église.

     Réfléchissons donc simplement à ces deux questions en ce temps pascal : est-ce que je vis en chrétien dans tous les aspects de ma vie ? Est-ce que j’ai soin d’entretenir ma culture chrétienne ?

 
abbé Pierre Rineau

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MESSAGE DU SAINT-PÈRE POUR LA 46ème JOURNÉE MONDIALE DE PRIÈRE POUR LES VOCATIONS
MAI 2009 – IVe DIMANCHE DE PÂQUES
Thème: "La confiance en l’initiative divine et la réponse humaine"


     Vénérables Frères dans l’épiscopat et dans le Sacerdoce, chers frères et sœurs!

 
P

our la prochaine Journée Mondiale de prière pour les vocations au sacerdoce et à la vie consacrée, qui sera célébrée le 3 mai 2009, Quatrième Dimanche de Pâques, j’ai choisi d’inviter tout le Peuple de Dieu à réfléchir sur le thème: la confiance en l’initiative divine et la réponse humaine. L’exhortation de Jésus à ses disciples résonne sans cesse dans l’église: «Priez donc le Maître de la moisson, afin qu’il envoie des ouvriers à sa moisson!» (Mt 9,38). Priez! L’appel pressant du Seigneur montre comment la prière pour les vocations doit être incessante et confiante. C’est, de fait, seulement si elle est animée par la prière que la communauté chrétienne peut effectivement «avoir plus de foi et d'espérance en l'initiative divine» (Exhort. apost. post-synodale Sacramentum caritatis, n. 26).

   La vocation au sacerdoce et à la vie consacrée constitue un don divin spécial qui s’insère dans le vaste projet d’amour et de salut que Dieu a sur chaque homme et sur l’humanité entière. Dans sa lettre aux éphésiens, l’apôtre Paul, dont nous faisons mémoire de façon spéciale pendant cette Année paulinienne du bimillénaire de sa naissance, dit: «Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis par toutes sortes de bénédictions spirituelles, aux cieux, dans le Christ, nous a élus en lui dès avant la création du monde pour être saints et immaculés en sa présence, dans l’amour» (Ep 1,3-4).

   Dans l’appel universel à la sainteté se détache l’initiative spéciale de Dieu qui choisit certains afin qu’ils suivent son Fils Jésus Christ de plus près et soient ses ministres et ses témoins privilégiés. Le Divin Maître appela personnellement les Apôtres «pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer prêcher avec le pouvoir de chasser les démons» (Mc 3,14-15); ceux-ci, à leur tour, se sont associés d’autres disciples, fidèles collaborateurs dans le ministère missionnaire. Et c’est ainsi que dans l’église, au long des siècles, en répondant à l’appel du Seigneur et en se montrant dociles à l’action de l’Esprit Saint, une multitude de prêtres et de personnes consacrées se sont mises au service exclusif de l’évangile. Rendons grâce au Seigneur qui, encore aujourd’hui, continue d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il est vrai que dans telle ou telle région de la terre on constate un manque préoccupant de prêtres et que des difficultés et des obstacles se dressent sur le chemin de l’église; cependant nous sommes soutenus par la ferme certitude que le Seigneur guide l’église avec sûreté sur les sentiers de l’histoire vers l’accomplissement définitif du Royaume, lui qui choisit librement et invite à sa suite des personnes de toute culture et de tout âge, selon les insondables desseins de son amour miséricordieux.

   Notre premier devoir est donc de maintenir vivante, par une prière incessante, notre supplication pour que s’exerce cette initiative divine dans les familles et les paroisses, dans les mouvements et les associations engagés dans l’apostolat, dans les communautés religieuses et dans toutes les structures de la vie diocésaine. Nous devons prier pour que le peuple chrétien tout entier grandisse dans la confiance en Dieu, dans la certitude que le «maître de la moisson» ne cesse pas de demander à certains de consacrer librement leur existence pour collaborer plus étroitement avec lui à l’œuvre du salut. Et de la part de ceux qui sont appelés, il faut une écoute attentive et un discernement prudent, une prompte et généreuse adhésion au projet divin, un sérieux approfondissement de ce qui est le propre de la vocation sacerdotale et religieuse afin d’y correspondre de façon responsable et convaincue. Le Catéchisme de l’église Catholique rappelle avec justesse que la libre initiative de Dieu requiert la libre réponse de l’homme. Il s’agit d’une réponse positive qui présuppose toujours l’acceptation du projet que Dieu a sur chacun et la coopération à celui-ci; une réponse qui accueille l’initiative d’amour du Seigneur et devienne pour qui est appelé une exigence morale qui engage, un hommage reconnaissant à Dieu et une pleine coopération au plan qu’il poursuit dans l’histoire (cf. n. 2062).

   En contemplant le mystère eucharistique, qui exprime de la façon la plus haute le don libre fait par le Père dans la Personne de son Fils Unique pour le salut des hommes, et la disponibilité pleine et docile du Christ à boire jusqu’à la lie la «coupe» de la volonté de Dieu (cf. Mt 26,39), nous comprenons mieux comment «la confiance dans l’initiative divine» modèle et donne valeur à la «réponse humaine». Dans l’Eucharistie, don parfait qui réalise le projet d’amour pour la rédemption du monde, Jésus s’immole librement pour le salut de l’humanité. «L'église - a écrit mon bien-aimé prédécesseur Jean-Paul II - a reçu l'Eucharistie du Christ son Seigneur non comme un don, pour précieux qu'il soit parmi bien d'autres, mais comme le don par excellence, car il est le don de lui-même, de sa personne dans sa sainte humanité, et de son œuvre de salut» (Encycl. Ecclesia de Eucharistia, n. 11).

   Les prêtres sont destinés à perpétuer ce mystère salvifique à travers les siècles jusqu’au retour glorieux du Seigneur, et c’est précisément dans le Christ eucharistique qu’ils peuvent contempler le modèle parfait d’un «dialogue vocationnel» entre la libre initiative du Père et la réponse confiante du Christ. Dans la célébration eucharistique, c’est le Christ qui agit en ceux qu’Il choisit comme ses ministres; il les soutient pour que leur réponse se déploie en une attitude de confiance et de gratitude qui dissipe toute peur, même quand devient plus forte l’expérience de la faiblesse personnelle (cf. Rm 8,26-30) ou plus rude le contexte d’incompréhension, voire même de persécution.

   La conscience d’être sauvés par l’amour du Christ, que chaque Messe alimente chez les croyants et spécialement chez les prêtres, ne peut pas ne pas susciter en eux un abandon confiant dans le Christ qui a donné sa vie pour nous. Croire au Seigneur et accepter son don conduit donc à s’abandonner à Lui avec un cœur reconnaissance, en adhérant à son projet salvifique. Quand cela advient, volontiers l’«appelé» abandonne tout et se met à l’école du divin Maître; un dialogue fécond s’instaure alors entre Dieu et l’homme, une rencontre mystérieuse se réalise entre l’amour du Seigneur qui appelle et la liberté de l’homme qui lui répond dans l’amour tandis que résonnent en lui les paroles de Jésus: «Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi qui vous ai choisis et vous ai établis pour que vous alliez et portiez du fruit, et que votre fruit demeure» (Jn 15,16).

   Cet échange d’amour entre l’initiative divine et la réponse humaine est également présent, d’une manière admirable, dans la vocation à la vie consacrée. Le Concile Vatican II rappelle: «Les conseils évangéliques de la chasteté consacrée à Dieu, de la pauvreté et de l'obéissance, fondés sur les paroles et les exemples du Seigneur et recommandés par les Apôtres, les Pères, les docteurs et les pasteurs de l'église, sont un don divin que l'église a reçu de son Seigneur et qu'elle conserve toujours avec sa grâce» (Const. Lumen gentium, n. 43). Là encore, Jésus est le modèle exemplaire d’une pleine et confiante adhésion à la volonté du Père, que chaque personne consacrée doit regarder. Attirés par lui, une multitude d’hommes et de femmes ont, depuis les premiers siècles du christianisme, abandonné famille, propriétés, richesses matérielles et tout ce qui est humainement désirable, pour suivre généreusement le Christ et vivre sans compromis son évangile devenu pour eux une école de sainteté radicale. Aujourd’hui encore, beaucoup parcourent cet exigeant chemin de perfection évangélique et réalisent leur vocation par la profession des conseils évangéliques. Le témoignage de ces frères et de ces sœurs, dans les monastères de vie contemplative comme dans les instituts et les congrégations de vie apostolique, rappelle au peuple de Dieu «le mystère du Royaume de Dieu, qui agit déjà dans l'histoire, mais qui attend de prendre sa pleine dimension dans les cieux» (Exhort. apost. post-synodale Vita consecrata, n. 1).

   Qui peut se juger digne d’accéder au ministère sacerdotal? Qui, en ne comptant que sur ses seules forces humaines, peut embrasser la vie consacrée? Il est utile, une fois encore, de rappeler que la réponse de l’homme à l’appel divin – quand on est conscient que c’est Dieu qui prend l’initiative et que c’est lui aussi qui conduit le projet salvifique à son terme – ne ressemble jamais au calcul craintif du serviteur paresseux qui, par peur, a enfoui dans la terre le talent qui lui a été confié (cf. Mt 25, 14-30), mais s’exprime en une prompte adhésion à l’invitation du Seigneur, comme le fit Pierre quand il n’hésita pas à jeter de nouveau les filets en se fiant à sa parole, alors qu’il avait peiné toute la nuit sans rien prendre (cf. Lc 5,5). Sans abdiquer en rien sa responsabilité personnelle, la libre réponse de l’homme à Dieu devient ainsi «coresponsabilité», responsabilité dans et avec le Christ, dans la puissance de l’action de son Esprit Saint; elle devient communion avec Celui qui nous rend capables de porter beaucoup de fruit (cf. Jn 15,5).

   Nous trouvons une réponse humaine emblématique, une réponse de totale confiance en l’initiative divine, dans l’«Amen» généreux et plénier que la Vierge de Nazareth a prononcé dans une adhésion humble et décidée aux desseins du Très-Haut que l’envoyé céleste lui a communiqués (cf. Lc 1,38). La promptitude de son «oui» lui permit de devenir la Mère de Dieu, la Mère de notre Sauveur. Marie dut ensuite répéter tant d’autres fois ce premier «fiat», jusqu’au moment culminant de la crucifixion de Jésus, alors qu’elle «se tenait près de la croix», comme le note l’évangéliste Jean, participant à l’atroce douleur de son Fils innocent. Et précisément sur la croix, Jésus mourant nous l’a donnée comme Mère et nous a confiés à elle comme ses fils (cf. Jn 19,26-27), Mère spécialement des prêtres et des personnes consacrées. Je voudrais lui confier ceux qui entendent l’appel de Dieu à se mettre en marche sur la route du sacerdoce ministériel ou de la vie consacrée.

   Chers amis, ne vous découragez pas devant les difficultés et les doutes; confiez-vous à Dieu et suivez fidèlement Jésus, et vous serez les témoins de la joie qui jaillit de l’union intime avec lui. A l’imitation de la Vierge Marie, que les génération proclament bienheureuse parce qu’elle a cru (cf. Lc 1,48), engagez-vous avec toute votre énergie spirituelle pour réaliser le projet salvifique du Père céleste, en cultivant comme elle, dans votre cœur, la capacité de vous émerveiller et d’adorer Celui qui a le pouvoir de faire de «grandes choses» parce que Saint est son nom (cf. ibid., 1,49).

 

Du Vatican, le 20 janvier 2009

 
BENEDICTUS PP. XVI


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Lettre de saint Bernard sur la vie religieuse
(Lettre 411  à Thomas, prévôt de BEVERLA)

 

  Saint Bernard, dans cette lettre aussi douce que le miel, invite Thomas de Béverla à embrasser la vie religieuse, nonobstant tous les péchés de sa vie passée, et lui dit qu'il n'est rien au monde de préférable au bonheur d'une bonne conscience.

 
 
A

son bien-aimé fils Thomas, Bernard, abbé de Clairvaux, salut et encouragement à courir au-devant de l'Epoux et de l'Epouse.

   1. Quoique je n'aie pas l'avantage d'être connu de vous, je me permets de vous écrire pour céder aux instances d'Yves, votre ami, qui m'a fait part de tout le bien qu'il sait de vous, et aux suggestions pressantes de la charité qui croit tout le bien qu'elle apprend (I Cor., XIII, 7) et ne peut y demeurer indifférente; elle l'est si peu, du moins en moi, après ce que j'ai entendu dire de vous, qu'elle veut que je vous écrive, que je vous exhorte même et que je prie Dieu pour vous; plaise au Ciel que la démarche qu'elle m'inspire ne soit pas perdue pour vous. Laissez-moi vous dire que ce qui me plaît et me charme dans ce qu'on rapporte de vous, ce n'est pas la noblesse de votre naissance, vos manières distinguées, la beauté de toute votre personne non plus que vos richesses et vos dignités; tous ces avantages ne brillent que dans la chair et ressemblent à la fleur des champs; mais c'est la vivacité de votre esprit, la candeur de votre âme, et par-dessus tout cet amour de la sainte pauvreté qui vient de naître dans votre âme, dit-on, au sein même de l'opulence; voilà les biens et les avantages dont je vous félicite et qui me font concevoir de vous de grandes espérances; fasse le Ciel qu'elles ne soient pas vaines! Je voudrais que les anges pussent bientôt partager notre joie et fêter votre conversion dans les cieux comme ils sont heureux de célébrer celle des autres pécheurs. Que je m'estimerais heureux s'il m'était donné de cultiver de mes mains la fleur de votre jeunesse, de diriger une nature si distinguée, de la conserver pour Dieu comme un parfum d'un prix inestimable et de la lui offrir dans sa première pureté.

   2. Peut-être me répondrez-vous que je nie hâte un peu trop de parler de parfums conservés dans leur pureté première, attendu qu'ils se trouvent aujourd'hui altérés par la mauvaise odeur d'une foule de crimes; que m'importe? j'ai trop péché moi-même pour avoir horreur d'un pécheur, et je suis trop malade pour ne pas savoir compatir au mal des autres, si à ce prix je puis les gagner. D'ailleurs je n'ai point oublié le conseil de l'Apôtre: «Si vous êtes spirituel, ayez soin de relever celui qui est tombé, faites un retour sur vous-même et craignez d'être tenté comme il l'a été (Gal., VI, 1.») Comment voulez-vous que je compte pour quelque chose la grandeur de votre mal quand j'ai tant de fois éprouvé moi-même, dans mes langueurs mortelles, l'habileté et la charité du médecin qui doit vous soigner? De quelques vices que votre conscience soit flétrie et souillée, si grands qu'aient été les débordements de votre jeunesse, quand même vous auriez vieilli pendant de longues années dans l'ordure du péché comme la bête de somme sur sa litière, vous reviendrez, n'en doutez pas, net et blanc comme la neige, et vous retrouverez, comme l'aigle, une seconde jeunesse. En puis-je douter quand il est dit: «La grâce surabondera là même où le péché avait abondé (Rom., V, 20)? et quand nous savons quel est cet excellent médecin qui guérit toutes nos infirmités et satisfait tous les désirs de notre coeur en nous comblant de ses biens (Psalm. CII, 3 et 5)?»

   3. La bonne conscience est un trésor inestimable, c'est. un bien plus doux et plus précieux que tous les biens du monde; il n'est pas de fortune plus solide et plus sûre, car une bonne conscience défie les coups du sort, brave les attaques des langues malveillantes, et n'a rien à craindre de ce qui ne s'attaque qu'au corps; la mort même pour elle est plutôt un triomphe qu'une défaite. Quel bien sur la terre peut-on lui comparer? Qu'est-ce que le monde, dans ses promesses flatteuses, peut offrir de pareil à ses partisans, que peut-il même promettre d'approchant aux insensés qu'il abuse? Sera-ce des domaines immenses, des palais grandioses, les plus hautes dignités de l'Eglise, des sceptres, des couronnes? Mais sans parler de ce qu'il en coûte de peines et de dangers pour se les procurer ou pour les conserver, la mort ne nous les enlèvera-t-elle pas tous d'un seul coup? «Ils se sont endormis au sein de l'opulence, dit le Psalmiste, et tous ces riches de la terre se sont trouvés les mains vides à leur réveil (Psalm. XXV, 6).» Il n'en est pas ainsi de la bonne conscience, c'est un trésor qui gagne en vieillissant, une plante que le souffle brûlant des épreuves ne peut dessécher, et même sous la faux de la mort elle refleurit au lieu de se faner. La bonne conscience nous réjouit pendant la vie, nous console à nos derniers moments et nous fait revivre après la mort, et revivre d'une vie éternelle. Mais pourquoi perdre le temps en paroles quand j'ai des faits à donner à l'appui de ce que j'avance? Il ne dépend que de vous de voir si je dis la vérité et si je vous promets de véritables richesses; venez et mettez-vous à l'oeuvre pour tenter l'expérience. Avec quel empressement n'irai-je point au-devant de vous les mains pleines du pain du Prophète pour vous recevoir dans votre fuite (Isa., XXI, 14)! L'enfant prodigue n'aura point reçu de plus doux embrassements que ceux qui vous attendent ici; je m'empresserai de vous rendre votre première robe d'innocence, de remettre à votre doigt l'anneau qu'il a cessé de porter, en m'écriant: «Mon fils était mort, et le voilà ressuscité; il était perdu, et je l'ai retrouvé (Luc., XV, 24) ! »

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Reprendre aujourd’hui les intuitions de Pauline Jaricot

   180 ans après la fondation du Rosaire Vivant, l'héritage spirituel de Pauline Jaricot est conservé par les Dominicains de la province de Lyon, les équipes du Rosaire et les Œuvres Pontificales Missionnaires.

   Après la lettre apostolique de Jean-Paul Il sur le Rosaire (16 octobre 2002) et à l'occasion de la restauration de la maison de Lorette, avec les encouragements du Cardinal Barbarin, archevêque de Lyon, en octobre 2005, des fidèles lyonnais se regroupent en « Missionnaires du Rosaire Vivant ». Une conviction les anime: ce Rosaire Vivant a été un brasier, il faut le rallumer. Les intuitions de Pauline valent toujours en notre époque de déchristianisation.

   « Il est urgent de trouver et de retrouver l'usage quotidien de cette belle prière. »

   Et Jean-Paul Il continue de nous exhorter: « N'ayons pas peur de l'apparente pauvreté du chapelet. A travers sa simplicité, la Trinité déverse des flots d'infinie miséricorde sur le monde actuel. Propageons ce sourire de la sainte Vierge et cette tendresse de Dieu pour notre humanité inquiète. »

            Quelques adaptations ont été apportées au projet de Pauline:

   - Depuis la lettre de Jean-Paul Il, au schéma classique des quinze mystères joyeux, douloureux et glorieux) ont été ajoutés cinq mystères lumineux (vie publique de Jésus) ; les groupes se composent donc de vingt personnes.

         - On médite les mystères à l'aide d'un petit livret tiré des écrits d'un saint.

         - Les groupes se réunissent autour d'un prêtre pour prier, s'instruire et méditer un mystère du Rosaire. Liés les uns aux autres par un lien de communion et de fraternité dans le Christ, nous sommes une famille, et il est bon de nous retrouver chaque mois.

         - Chaque mois, un tableau précise les intentions générale et missionnaire du Pape et du diocèse de Lyon, ainsi que les mystères à méditer chaque semaine.

         Cette douce chaîne de prière pour le Pape et pour le diocèse est un chemin de sainteté qui nous mène au Christ.

 

Fonctionnement d’un groupe de Missionnaires du Rosaire Vivant

 

   - Le but d’un  groupe est qu'un rosaire quotidien soit prié, aux intentions du pape et du diocèse, par 20 personnes: chacune médite le même mystère pendant une semaine et récite chaque jour une dizaine de chapelet (un Notre Père, dix Je vous salue Marie et un Gloire au Père).

   - Chaque groupe se retrouve une fois par mois (dans la journée ou le soir en fonction de la composition du groupe) autour d'un prêtre, pour méditer un texte de l'ëvangile ou un mystère du Rosaire et réciter ensemble une dizaine de chapelet. Cette réunion, qui ne dépasse pas ¾ h, permet de se soutenir, de s'encourager mutuellement et de maintenir le brasier constamment allumé.

   - Chaque mois, le responsable du groupe prépare pour les vingt membres un tableau (un modèle existe, à compléter). Ce tableau fixe par rotation les mystères à méditer par chacun des participants et indique les intentions de prières du Pape (intention générale et intention missionnaire) et celles du diocèse.

   - Pour méditer le Rosaire, on utilisera avec profit la collection éditée par le Monastère de Chambarand (38940  ROYBON) ou d’autres livrets de méditation sur les mystères du Rosaire.

   - Chaque trimestre, les membres reçoivent une circulaire donnant des informations et des nouvelles des Missionnaires du Rosaire Vivant, accompagnée d'une réflexion spirituelle.

 

Nous souhaitons constituer un premier groupe de Missionnaires du Rosaire Vivant, persuadés que cette formule ne fait pas double emploi avec les autres groupes existants (Domus Christiani, Equipes N-D, AFC, chantiers-éducation, …) et qu’il peut être source d’un vrai renouvellement spirituel de nos familles, de nos communautés paroissiales et de notre diocèse. Il peut certainement contribuer à établir et développer des liens de charité et de communion entre fidèles de différentes paroisses, puisque la formule, pour être pratique, vise à être surtout locale : regrouper dans votre quartier, votre ville, ou votre secteur des paroissiens qui veulent prier ensemble la Vierge, sans nécessairement assister à la messe au même endroit.  Merci à ceux qui sont intéressés de se manifester auprès de l’abbé de MONTJOYE. Parlez-en à vos voisins et amis !


Croix
Eglise Saint André - 94410 Saint Maurice - Val de Marne
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